La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

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Adrian Crowley

The watchful eye of the stars

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Pour enregistrer son neuvième elpee, Adrian Crowley a mis les petits plats dans les grands. D’abord, le Dublinois a reçu le concours de John Parish. A la production, bien sûr. Mais aussi à l’instrumentation. Puis Nadine Khouri et Katell Keineg aux chœurs. Ensuite Jim Barr (Portishead), à la contrebasse. Et cerise sur le gâteau, le Crash Ensemble, un orchestre irlandais de musique nouvelle (violoncelle, alto, trombone, clarinette, double basse, flûte, piano, claviers et percus) qui se mue, pour la circonstance, en orchestre de chambre baroque. Les sessions se sont déroulées en studio ou à domicile, selon, au cours desquelles Adrian s’est servi initialement d’un mellotron et d’une gratte aux cordes en nylon.

Remarquable parolier, Crowley possède une voix qui envoûte… ou vous glace le sang. Au choix ! Un peu dans le registre de Michael Gira. Et cet organe colle vraiment bien à sa musique tour à tour intimiste, complexe, mélancolique, lugubre (le minimaliste « I still see you among strangers », au cours duquel Adrian adopte un timbre falsetto). Il relate même une histoire touchante, sur « Crow Song ». Il avait ainsi recueilli un corbeau blessé, et après l’avoir soigné, il l’a relâché dans la nature ; mais le volatile n’est malheureusement pas parvenu à survivre à ses blessures… Tel un conteur, il témoigne de son émerveillement lors de ses voyages ; que ce soit par la mer ou la route…

Parmi les meilleures plages de cet opus, on épinglera surtout celles au cours desquelles le Crash Ensemble est de la partie. A l’instar de « Northbound stowaway », la ritournelle lumineuse « Ships on the water », qui s’enrichit d’instrumentation au fil du morceau, ainsi que les très subtils « Bread & wine » et « The coulours of the night ».

« The watchful eye of the stars » est en outre paru chez Chemikal Underground, le label qui a permis de découvrir Arab Strap et Mogwai.  

Adrian Crowley

Some Blue Morning

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Un jour comme un autre, en rentrant chez soi, on choisit de placer au hasard l’une des nouveautés musicales du moment dans son lecteur, de l’écouter d’une oreille distraite, en fond sonore. Le hasard a voulu qu’un samedi soir, elle soit happée par les premières notes de « Some Blue Morning », plage titulaire et éponyme de l’album d’Adrian Crowley. Et elle n’a été inattentive que durant les premières notes… J’écoute le disque une fois, deux fois, trois fois, je fouine un peu : « Some Blue Morning » constitue le septième opus de l’Irlandais et non pas le premier, comme je l’avais tout d’abord pensé… parce qu’il me semblait tout bonnement impossible d’être passé à côté d’un tel artiste !

On retrouve à ses côtés, en tant qu’ingénieur du son et producteur, mais également comme musicien, son ami de toujours Steve Shannon mais aussi Kevin Murphy (aux violoncelles), Katie Kim (pour les chœurs) et Emma Smith (aux violons notamment). Une fabuleuse équipe en compagnie de laquelle il a enregistré à Dublin ce septième effort studio et qui, on l’espère, l’accompagnera encore longtemps et pour cause : l’elpee fait la part belle aux arrangements, aux ambiances et au jeu sur les textures sonores.

C’est son parti pris depuis ses débuts, en 1999, lorsqu’il a gravé « A Strange Kind » : Adrian Crowley va à l’essentiel et le premier titre, « Some Blue Morning » donc, n’échappe pas à cette règle. Une vision ‘euphorique’ où les larmes font peu à peu place au ravissement (‘Some blue morning soon / We will rise and step into the glowing / Where once were tears there shall be gladness / Where once were splinters hope shall rise.’) Une idée qui traverse l’elpee et qu’on retrouve ici et là (‘The embers wink before they die’, dans par exemple « The Hungry Grass »). Adrian l’explique mieux que quiconque : son travail sur « Some Blue Morning » est différent de ce qu’il a pu faire, notamment sur le précédent LP, « I See Three Birds Flying », sans l’être totalement. ‘I wrote the songs for “I See Three Birds Flying” all in the same room and I wrote the songs for ‘Some Blue Morning’ in a different room… but both rooms are in the same house. I think that is an accurate description of my approach in more ways than one.’ (Propos d’Adrian Crowley recueillis par Mark Carry)

On retiendra « The Stranger », sans doute le morceau le plus personnel de « Some Blue Morning », le plus inspiré par la vie d’Adrian. « The Stranger », une lente rêverie dans les méandres de l’esprit d’un cœur brisé, de son introspection sur un amour qui a mal tourné.

Et dans le même temps on saluera le magnifique « The Wild Boar », véritable pièce maîtresse de l’œuvre à mon sens, un ‘spoken word’ inspiré autant par la mythologie celte que par des faits ‘récents’ (une histoire que l’Irlandais a entendue lors d’un passage chez nos voisins français). Adrian Crowley réussit ici le tour de force de moderniser la forme du conte et l’adapte à notre siècle tout en parvenant à captiver l’auditeur par l’histoire racontée prouvant, si besoin était, son implacable talent de storyteller. Et de refermer l’album par « Golden Palominos » qui malgré son sujet plus sombre (l’inévitable passage de nos vies) se permet une ‘envolée positive’ grâce à ses magnifiques arrangements.

Les fantômes de Leonard Cohen et de Nick Cave ne sont jamais loin de ce « Some Blue Morning » et l’oeuvre n’est donc clairement pas accessible à toutes les oreilles… Mais pour qui s’y risquerait, un verre de vieux bourbon à la main, au coin d’un bon feu de bois, plongé entre les cordes, les chœurs, les textures et les méandres de cet album, quel bonheur… Adrian Crowley ne se parviendra malheureusement pas davantage à se faire connaître chez nous s’il continue dans cette voie ; mais dieu que son chant sépulcral, hypnotique et authentique sur des harmonies de cordes sonne bien… Des contes ordinaires d’une puissance et d’une élégance rarement égalées.

Adrian Crowley

Season Of The Sparks

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Malheureusement peu connu hors de ses frontières, le poète irlandais Adrian Crowley nous invite à étoffer mystérieusement nos songes à travers les ballades oniriques de son cinquième album.

Véritable ode pastorale, « Season Of The Sparks » constitue une œuvre mystique qui chante les splendeurs et les ombres troubles de la nature. Dix morceaux où le penseur panthéiste nous conte un monde peuplé d’oiseaux, d’abeilles, de chevaux étranges et de personnages énigmatiques. Délicieuse promenade au cœur de la nature qui étaie notre âme sur les berges vierges du grand fleuve brumeux de la mélancolie. Lieu suffoqué de la voix langoureuse du chanteur-compositeur-interprète britannique dont les inflexions évoquent parfois celles de Bill Callahan, Robert Wyatt ou Leonard Cohen.

Faisant suite à « Long Distance Swimmer » sorti il y à peine un an, quatrième excellent album largement salué par la critique (NDR : Adrian Crowley est considéré par la presse nationale comme l’un des dix plus grands artistes irlandais), « Season Of The Sparks » se distingue des opus précédents par sa qualité mélodique. La plume prolixe du songwriter extatique saigne toujours de sa plus belle encre mais n’est désormais plus réservée à un auditeur  exclusivement anglophone. Elle s’ouvre dès lors à des atmosphères éthérées et brumeuses qui raviront toutes les oreilles.

Les arrangements fins et délicats de « The Beekeeper’s Wife » se mêlent au récit. Cette fable psychédélique et onirique contant l’histoire d’un homme assis sur un arbre dans l’interminable attente de la femme parfaite, celle qui écraserait les abeilles, se sublime subitement de cordes légères et gracieuses. La synergie entre les lyrics bucoliques et le rythme naturel qui pleurent des chansons s’opère magistralement. L’ensemble architecture un folk rare et précieux. Un folk qui dérobe les guitares acoustiques et s’abandonne souvent aux claviers (piano, orgue, mellotrons, marxophone, harmoniums…), imprime une imagerie féerique aux mélodies et plonge l’auditeur dans un état de transe anaphylactique. Voyage au cœur de la nature qui serait guidé par la voix caressante de l’artisan poète irlandais. Voix accompagnée d’un instrumental riche sans surplus de parole ou de rythme. 

Gardons en mémoire que, souvent, les artistes qui crient le moins fort demeurent les plus passionnants. « Season Of The Sparks » distille un art intimiste et inspiré aux arrangements discrètement complexes qui devrait plaire aux âmes sensibles. Certainement l’album le plus réussi d’Adrian Crowley.