Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Alasdair Roberts

No Earthly Man

La lande écossaise, au XVe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L’estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l’attention fragile, notre homme chante des histoires d’amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : « Molly Bawn », la mère Michelle et celle Denis, aussi. De ses passages au Sussex et dans l’Ulster, il rapporte des airs, qu’il arrange à sa manière (« Lord Ronald », « The Cruel Mother »). De temps en temps, il rencontre… La suite est au rayon : « Archives » (cliquez dans le bas, à gauche, et tapez « Farewell Sorrow »). Sur ce nouvel album, Alasdair Roberts continue donc son bout de chemin dans les landes : personne ne dit s’il a rencontré des lycanthropes, mais en tout cas il est toujours coincé au XVe siècle. La viole de gambe, ça vous tracasse ? Ecoutez donc ce disque, en vous laissant pousser la barbe.

Alasdair Roberts

The Amber Gatherers

Le premier album d’Alasdair Roberts (« The Crook of my Arm ») débute par une admirable chanson intitulée « Lord Gregory », et depuis lors il faut bien dire qu’on attend chacun de ses disques avec une sourde impatience. Je dis ‘on’, disons ‘je’, car tel est mon prénom. Je dis : Alasdair Roberts connaît ses classiques british folk (Shirley Collins, Anne Briggs, Sarah Anne O’Neill,… la tradition). Il répond par ces 11 chansons, toutes jouées dans le même moule, et sa voix chevrotante ressuscite de vieux mots dont on ignorait l’existence. Lesquels, dis-je ? Ceinture de chasteté ? Il dit : ‘Riddle me, riddle me’. Je dis : le folklore écossais se limite pour moi à Sean Connery. Il dit : je n’aime pas James Bond. Moi non plus, je dis, et là on se met à discuter du « Wicker Man », des piloris sur lesquels jadis on lapidait les idiots du village. Alors je dis : Klaxons. Il dit : pouêt. Je dis : pouêt. Tu dis… Qu’est-ce que tu dis ? De quoi parles-tu donc, chroniqueur de mes deux ? Je dis : Alasdair Roberts. Il dit : ‘I saw the very sire of Hell himself’. Tu dis : c’est beau, mais qu’est-ce que c’est chiant ! T’as pas plutôt un bon Klaxons ?!? Je dis : pouêt ! Il dit : pouêt pouêt. Résisterons-nous à l’air du temps ? Je le dis. Lui aussi. Qui l’aime le suive : qu’on se le dise.

Alasdair Roberts

Farewell Sorrow

La lande écossaise, au XVIIIe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L'estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l'attention fragile, notre homme chante des histoires d'amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : " Come, My Darling Polly ", dans laquelle il parle de chasteté, de luxure et de vin rouge. De ses passages au Sussex et dans l'Ulster, il rapporte des airs, qu'il arrange à sa manière (" Join Our Lusty Chorus ", " Carousing "). De temps en temps, il rencontre sur la route d'autres musiciens, eux aussi en quête d'un gîte ou, tout simplement, d'une oreille attentive : accordéonistes, flûtistes, violonistes, tous partagent le même espoir - celui de voir leur musique et leur art traverser les siècles, intacts. 2003 : Alasdair Roberts (Appendix Out) sort un deuxième album solo chez Rough Trade. Avec sa voix chevrotante à la Will Oldham et son goût pour les vieilles scies du Moyen Age, le chanteur passe un peu pour un type à la masse, à côté duquel David Eugene Edwards (16 Horsepower) et David Tibet (Current 93) seraient des enfants de chœur. Cette inclinaison pour l'écriture séculaire (qui parle encore de " ceinture de chasteté " aujourd'hui ?), les arrangements traditionnels (ne manque plus que la viole de gambe) et les ambiances médiévales risquent d'en laisser plus d'un perplexes. Pourtant, ces 12 chansons sont magnifiques, parce que hors normes, hors modes. La lande écossaise, au XXIe siècle : un doux rêveur traîne ses savates de clubs en festivals, troquant quelques chansons contre un peu d'attention. Comme ses ancêtres, il espère les garder intactes, les préserver de cette époque consumériste qui ne donne aucune chance aux musiques trop singulières. Comme pour ses ancêtres, le temps, sans doute, lui donnera raison.