La lande écossaise, au XVe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L’estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l’attention fragile, notre homme chante des histoires d’amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : « Molly Bawn », la mère Michelle et celle Denis, aussi. De ses passages au Sussex et dans l’Ulster, il rapporte des airs, qu’il arrange à sa manière (« Lord Ronald », « The Cruel Mother »). De temps en temps, il rencontre… La suite est au rayon : « Archives » (cliquez dans le bas, à gauche, et tapez « Farewell Sorrow »). Sur ce nouvel album, Alasdair Roberts continue donc son bout de chemin dans les landes : personne ne dit s’il a rencontré des lycanthropes, mais en tout cas il est toujours coincé au XVe siècle. La viole de gambe, ça vous tracasse ? Ecoutez donc ce disque, en vous laissant pousser la barbe.