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Albert Hammond Jr

¿Como Te Llama?

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On connaît surtout Albert Hammond Jr. comme guitariste des Strokes. C’est d’ailleurs lui qui apporte cette touche fondamentalement rock à la formation. Il est le fils d’Albert Hammond Sr. (NDR : né en 1944, cette figure emblématique a notamment bossé en compagnie de Johnny Cash, Art Gardfunkel, Aretha Franklin, Elton John, Roy Orbison, et la liste est loin d’être exhaustive) ; et c’est donc tout naturellement qu’il a décidé de marcher sur les traces de son paternel, comme musicien. Personnage attachant, il est très impliqué dans le mouvement rock revivaliste du début des années 2000. Contrairement aux idées reçues, il n’est cependant pas newyorkais, mais californien. Il a d’ailleurs vu le jour en 1980, à Los Angeles. Une chose est sûre, son parcours musical est un modèle à suivre. Gratteur terriblement efficace chez les Strokes (il est partagé entre la guitare solo et la rythmique), il se mue en compositeur inspiré et discret dans l’exercice en solitaire. Il a ainsi déjà commis un superbe premier opus en 2006. Intitulé « Yours To Keep », cette petite merveille étalait ainsi tout le talent de l’Américain.

Après une très longue tournée, Hammond a donc décidé d’enregistrer un second elpee ; et manifestement, ce « ¿Como Te Llama? » confirme effectivement tout le bien que l’on pensait de lui. Un nouvel écrin au sein duquel il expérimente tout ce que son implication dans son band newyorkais lui interdit : pop, folk et même reggae. Tout y passe sans jamais que ses exercices de styles deviennent ennuyeux. L’œuvre évolue même parfois à des années-lumière de la musique des Strokes. Pas pour « Bargain Of A Century » ou encore « In My Room », probablement les deux plages les plus proches de celles écrites par la bande à Julian Casablancas. Plus pop, « GFC » dévoile une facette du musicien que l’on ne connaissait pas. Titre de 7 minutes à la mélodie caressante, « Spooky Couch » lorgne manifestement vers Mogwai. Caractérisé par une intro reggae, « Borrowed Time » est imparable. De quoi laisser l’auditeur pantois.

« ¿Como Te Llama? » mériterait la consécration de cet artiste d’exception. Un musicien capable de libérer de bonnes vibrations au sein de son collectif, mais aussi de composer, en solitaire, de très bonnes chansons pop. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde !

 

Albert Hammond Jr

Yours To Keep

Écrit par

Depuis le présumé ‘retour du rock’ et la phénoménale ascension des Strokes, on connaît les noms de chaque musicien du groupe new-yorkais, leurs habitudes, leurs couleurs préférées, leurs attirances sexuelles, etc. Ce sont nos meilleurs copains imaginaires. On a l’impression de les comprendre, d’entrevoir leurs envies, leurs ennuis. Mais aujourd’hui, cette vision de fan stroksien monomaniaque est compromise. En cause, l’arrivée de « Yours To Keep », premier album solo d’Albert Hammond Jr. Ce disque vient détruire nos certitudes à grandes pelletées de riffs futés. Les cheveux ébouriffés, la clope au bec, le froc trop court, le poil trop long, Albert Hammond chante. Il chante ! Oui... Et plutôt bien d’ailleurs. Sous son bras, l’indestructible Fender Stratocaster fait encore un malheur.

Pour son propre compte, Hammond signe dix chansons taillées dans le rock. Sans sonner comme de vulgaires photocopies des échappées soniques de ses célèbres coéquipiers, les compositions d’Albert Hammond tendent, au contraire, à démonter l’impact de ses trouvailles chez les Strokes. Pour finaliser « Yours To Keep », il s’est entouré de la basse de Josh Lattanzi et de la batterie de Matt Romano. Dans le contingent des participants de l’ombre, on reconnaît les figures de Julian Casablancas, l’incontournable chanteur des Strokes, de Ben Kweller ou encore, de Sean Lennon (oui, le fils de). Ce premier effort solo dissimule donc de belles ingéniosités : le sautillant « In Transit », le mélancolique « Blue Skies » ou le musclé « Back To The 101 ». Et pour la petite histoire : « Yours To Keep » sort uniquement en Europe. Moralité : c’est déjà ça de pris aux Américains !