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Antimatter

Planetary confinement

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Cet objet insolite est partagé en deux parties très distinctes : quatre plages ont été composées par Duncan Patterson (ex- Anathema), une par 'Trouble' et quatre autres par Mick Moss. Les cinq premières ont été enregistrées par un groupe ; les autres par une autre équipe. Et pas au même endroit ! Les œuvres des deux bands se succèdent en alternance tout en manifestant une cohérence étonnante. Il faut dire qu'il y a bel et bien un fil rouge. On devrait d'ailleurs plutôt parler de fil noir, tant cet album est sombre et triste. On est bien dans un univers gothique, mais sans les clichés du genre. Essentiellement acoustiques, dominées par le trio voix/guitare sèche/piano, les plages étalent leur langueur et assument leur deuil avec beaucoup de délicatesse et de sobriété. L'envoûtement est pourtant garanti, tant chacune de ces chansons dépouillées interpelle, s'insinue en nous et finit par nous hanter. Moss chante toutes ses compositions. Il le fait d’une voix évoquant à la fois Nick Cave, Perry Blake et Eddie Vedder (Pearl Jam). Patterson confie le chant à Amélie Festa, dont le timbre de sirène, suave et distant à la fois, est parfaitement en phase avec l'environnement musical. La dernière plage, la plus longue, est instrumentale et 'funambule', devrait-on dire, tellement son argument est mince. Elle maintient pourtant l'intérêt jusqu' au bout, avant de nous laisser en plan, comme un benêt. Fort différent du premier essai du groupe, 'Saviour', cet album, superbement produit et emballé, est largement aussi bon ; quoique à déconseiller si vous n'avez pas le moral.

Antimatter

Saviour

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Nouvel outil d'expression pour Duncan Patterson, ex-bassiste de Anathema, Antimatter célèbre le mariage, heureux et fécond, du gothique et du trip-hop. Du même coup, le groupe nous lègue ce 'Saviour', une des pépites de l'année, à l'esthétique très réussie. Préconisant l'économie des moyens autant que leur optimisation, le groupe génère des plages dépouillées, dont on peut idéalement savourer les ingrédients grâce à une production attentive et nuancée. Aucun exhibitionnisme donc, mais des plages plus séduisantes les unes que les autres, mélancoliques pour la plupart, toujours très élégantes, d'une beauté glacée et envoûtante à la fois. Les chanteuses (idéales, l'une d'elles évoquant celle d'Everything but the Girl) font office de maîtresses de cérémonie, échangeant parfois un dialogue avec une voix masculine. L'album s'écoute volontiers d'une traite, jusqu'à cette longue finale, très simple mais obsédante, qui étale sa langueur puis s'éteint lentement. Un CD hybride, original et succulent, comme un marron glacé qui fond dans la bouche.