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Ben Harper with Charlie Musselwhite

Un set qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes

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Ben Harper, 48 ans, et Charlie Musselwhite, 74 balais, se produisaient à la Madeleine de Bruxelles, ces 13 et 14 avril. Votre serviteur a été accrédité pour le deuxième jour. Né dans le Delta du Mississippi, Charlie a publié 35 albums. Et Ben, tour à tour flanqué de The Innocent Criminals, The Blind Boys of Alabama ou Relentless Seven, une bonne quinzaine, sans compter ses collaborations. Dont celle que les deux artistes ont entamée en 2013 et qu’ils ont traduite par deux elpees, « Get up », paru il y a quatre ans, et « No Mercy In This Land », en mars dernier. Harmoniciste légendaire, Musselwhite a notamment bossé en compagnie de Bonnie Raitt, The Blind Boys Of Alabama, Tom Waits, INXS et Neil Young. Harper se sert très souvent d’une Weissenborn électrifiée ou pas (NDR : une gratte d’origine hawaïenne), qu’il pose sur les genoux. Mais également d’autres guitares, dont la plupart sont de véritables objets de collection. Particulière, sa technique à la slap slide, caractérisée par un appui sur les cordes à l’aide d’une tige en acier, est héritée des joueurs de blues du Mississippi.

Le duo est soutenu par Jimmy Paxson, aux drums, planté sur une estrade, Jesse Ingalls à la basse et Jason Mozersky, à la seconde gratte. La déco est intimiste. Dès que les musicos débarquent sur le podium, Ben lève les bras au ciel, et salue l’auditoire. Charlie sourit. Il a emmené une valise qui doit contenir au moins une douzaine d’harmos. Il y plonge la main et en extrait un exemplaire. Et déjà les applaudissements fusent. Blues plutôt classique, « When I Go » ouvre le set. Les sonorités des cymbales suggèrent une poursuite exécutée par des alligators. Une voix semble émerger des marais humides du Bayou. Ben troque sa sèche contre une électrique pour « Bad Habits ». Si depuis le début du concert, la paire est assise, elle se lève pour attaquer ce blues classique. Un style au sein duquel le Californien excelle, même si en général, il ne pratique pas un blues pur et dur. En outre, on peut affirmer qu’il a de la présence sur les planches. Il se rassied et attaque « The Blues Overtook Me », à la lap slide, alors que debout, derrière le micro, Charlie signale ‘que le blues est dans la maison ‘. Et il chante. Un rôle qu’il ne se réservera qu’à trois reprises

Tout au long de « I Ride At Dawn », Harper et Charlie opèrent une rencontre subtile entre le Delta du Mississippi et le blues chicagoan. La gratte du premier cité semble hantée à la fois par Robert Johnson, John Lee Hooker et Lightning Hopkins, pendant « Get Up », alors que l’harmo du second, l’est plutôt par Sonny Boy Williamson et Little Walter. Et son souffle enveloppe les riffs bien mélodiques tracés par Ben à la six cordes. Lorsque l’harmonica est mis en exergue, le natif de Calremont prend un peu du recul pour laisser son compère totalement s’exprimer. Le show recèle cependant des moments plus rock, comme « Found The One ». Lors de la ballade instrumentale, « Nothing At All » Harper siège derrière le piano, alors que les interventions à l’harmo de Musselwhite s’intègrent naturellement à l’ensemble. La voix de Ben est empreinte de mélancolie tout au long de la reprise du « When Love Not Enough » de Memphis Minnie et Kansas Joe McCoy. Et le show s’achève par « Levee Breaks ».

Après 10 minutes d’interruption, le team remonte sur l’estrade pour accorder 5 titres. Tout d’abord le burné « The Bottle Wins Again ». Puis, une version du « Yer Blues » des Beatles. Mais surtout « All That Matters Now », que chante Ben a cappella, face à un auditoire silencieux et sous le charme. De quoi en avoir les larmes aux yeux. Un concert de 120 minutes qui nous a laissé des poussières d’étoiles dans les mirettes. Si vous avez encore l’occasion d’assister à un concert de Ben Harper et Charlie Musselwhite, ne manquez pas l’aubaine ; car Charlie n’est plus de première jeunesse… 

(Organisation : Live Nation)

Setlist : « When I Go », « Bad Habits », « The Blues Overtook Me », « Love And Trust », « I Ride At Dawn », « Get Up », « I Don’T Believe A Word To Say », « Movie On », « I'm in I'm Out and I'm Gone », « Nothing At All », « Trust You To Dig My Grave », « Found The One », « I’m Going Home », « Bloodside Out », « When Love Not Enough » (Memphis Minnie & Kansas Joe McCoy cover), « Levee Breacks ».

Rappel : « No Mercy In This Land », « The Bottle Wins Again », « Long Legged Woman », « Yer Blues » (Beatles cover), « All That Matters Now ».

Pour les photos, c’est ici (CréditLéonce Collet)

 

 

 

 

Ben Harper with Charlie Musselwhite

Get up!

Écrit par

Ben Harper a accompli du chemin, depuis qu’il a publié son premier opus, "Welcome to the cruel world", en 1994. Ce chanteur/auteur/compositeur/guitariste californien s’est ainsi forgé une belle notoriété. D’autant plus qu’il est capable, avec bonheur, de changer de style. Aussi bien le rock, le blues, le jazz, que le reggae ou le folk.

Enregistrée en compagnie de Relentless 7, sa dernière œuvre, "Give till it's gone", remontait à 2011. Pour enregistrer son douzième opus, il a reçu le concours du célèbre Charlie Musselwhite. A l’instar des bluesmen authentiques, ce dernier est issu du Mississippi. Né en 1944, il a passé son enfance et son adolescence à Memphis ; ce qui lui a valu le sobriquet de Memphis Charlie. Il y rencontre Elvis Presley et Jerry Lee Lewis. Mais sa passion, c'est le blues ; aussi il émigre à Chicago où les plus grands lui ouvrent les bras : Muddy Waters, Howlin' Wolf et John Lee Hooker, notamment. Fin des sixties, il s'établit en Californie où il vit d’ailleurs toujours aujourd'hui.

Charlie et Ben se connaissent fort bien depuis la fin des 90s ; mais ils n’avaient pas encore eu l’opportunité de concrétiser une collaboration. C’est chose faite. Pour concocter cet elpee passion, Ben est soutenu par ses musiciens de Relentless7, en l’occurrence le bassiste Jesse Ingalls, le guitariste Jason Mozersky et le drummer Jordan Richardson.

"Don't look twice" ouvre la plaque. Une compo acoustique particulièrement fragile. Ben chante d’un timbre très expressif, avant que Charlie ne vienne tapisser l’arrière-plan de ses interventions plaintives. Les autres musicos font leur apparition, à leur tour. Mais soudainement, Musselwhite déchire, lacère même, l’expression sonore. Un véritable coup de rasoir ! Le tempo s'emballe. Le ton monte, les percussions préludent "I'm in I'm out and I'm gone". Les lyrics ne prêtent pas à sourire. Le vieux souffleur brille de mille feux. Caractérisé par ses claquements de mains, "We can't end this way" baigne dans le gospel. A cause des chœurs qui répondent au chant de Ben. Il en profite pour libérer des sonorités écorchées de bottleneck. Une sacrée dose de rock est injectée à la compo "I don't believe a word you say". Proche de Beck à l’époque du Cream, la voix de Harper est puissante. Les riffs sont percutants. Jesse et Jordan triment à la section rythmique. Une formule reproduite sur "Blood side out". Un peu de quiétude envahit le dépouillé "You found another lover", une piste caractérisée par le chant plaintif, les cordes acoustiques et l’harmo discret. Superbe ballade roots blues, "I ride at down" disserte sur les méfaits causés par les guerres successives. La densité du climat est entretenue par la basse. Le chant est superbe. La slide s’infiltre délicatement, tout en douceur. Le titre maître campe un fort bon blues imprimé sur un mid tempo. Les interventions de basse sont remarquables. Charlie souffle parcimonieusement dans sa musique à bouche. Ben se réserve la slide. Ses incursions sont aussi peu démonstratives, mais empreintes d’une grande sensibilité et judicieuses. Eloquent et efficace, "She got kick" est un excellent blues. Une petite perle qui lorgne quelque peu vers Ike Turner. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par le tendre et lumineux "All that matters now". Face au piano, à la guitare et à l’harmo de l'ami Charlie, la voix de Ben est divine. Cet opus est dédié à Solomon Burke et John Lee Hooker.