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Biffy Clyro

The myth of the happily ever after

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Si l’album « A celebration of ending », paru en 2020, se voulait optimiste, « The myth of the happily ever after » se révèle plutôt sombre, traitant de sujets aussi brûlants que la religion ou les problèmes sociaux et personnels rencontrés au cours de l’existence. « Unknown male 01 » aborde même le sujet du suicide chez les hommes. Ce qui ne signifie pas que cet opus soit déprimant ; en fait, il traduit plutôt un sentiment de colère. Simon Neil, le chanteur, a même déclaré que les chansons constituaient une réponse émotionnelle à la tourmente vécue ces 18 derniers mois. Des compos qui oscillent, en général, entre post-hardcore, alt et pop rock. D’ailleurs, la ballade « Holy water » se mue en valse avant de s’enflammer, alors qu’enflammé, « Denier » prend le temps de souffler lors des refrains, en optant pour la valse.

On épinglera encore le solennel « DumDum » qui ouvre le bal (?!?!?), l’épique « A hunger in your haunt » et l’hymnique « Haru Urara » qui véhicule quelques accents jazzyfiants. Mais surtout le plus étonnant « Slurpy, slurpy, sleep, sleep ». D’une durée de 6 minutes, cette plage se distingue par ses changements incessants de tempo, épousant même, sans peut-être le vouloir, un profil néo prog. On a même droit à des accès post punk (cette ligne de basse) sur « Separate missions », une plage infiltrée de synthés à coloration eighties…


 

Biffy Clyro

Bloc Party, le critique pense?

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Suite aux articles dithyrambiques consacrés aux prestations ‘live’ de Bloc Party (ils ont été plébiscités lors du Printemps de Bourges!), je m’attendais à prendre une claque ce soir. Tout était d’ailleurs réuni pour cette consécration : salle bondée (sold out !), service d’ordre sympa, discret et efficace, public enthousiaste, light show impressionnant et groupe plutôt décontracté. Devient-on trop difficile au fil du temps ? L’oreille critique constitue-t-elle une arme à double tranchant ? L’humeur du moment joue-t-elle un rôle prépondérant dans l’appréciation d’un concert ? L’espoir d’assister à un moment unique modifie-t-il la perception des événements ? Des tas de questions du style m’ont traversé l’esprit à l’issue de leur set ; car franchement, je ne l’ai pas trouvé aussi exceptionnel que prédit. Un show de bonne facture, sans plus. Ce qui n’est déjà pas trop mal. Et puis le public était ravi. N’est-ce pas cela l’essentiel ?

Il revenait à Biffy Clyro, d’assurer le supporting act. Un trio écossais au sein duquel militent les jumeaux Johnston à la section rythmique. Lors du premier titre, on a l’impression que le guitariste et le bassiste jouent dos au public, en tenant leur instrument contre l’échine. En fait, leurs visages sont simplement cachés par leur longue chevelure. Les trois membres du groupe chantent. Parfois en solo, parfois en chœur. Simon Neil, à la six cordes, possède un timbre rappelant Kurt Cobain. Les frangins, empruntent un falsetto dans la lignée de Bob Mould. Et il faut reconnaître que les harmonies vocales sont plutôt soignées. Malheureusement, si leur musique rappelle tantôt Fugazi, tantôt Hüsker Dü, elle est un peu trop brouillonne à mon goût. Seuls les passages plus calmes passent plutôt bien la rampe. Si bien qu’au bout de quelques minutes, cette bouillie sonore finit par agacer.

Dès que Bloc Party monte sur les planches, on est impressionné par les jeux de lumières. Il nous en met plein la vue, en quelque sorte. Des figures géométriques lumineuses (elles changeront de couleur toute la soirée) sont fixées sur 7 énormes pilasses, en oblique, de manière à créer un ensemble à la fois homogène et orientaliste. Ces rectangles allongés sont soutenus par des lasers qui changent également de teinte en fonction des morceaux. Très souriant, Kele Okereke mène la danse. De sa voix haut-perchée, si particulière, il entretient la mélodie tout en triturant sa stratocaster. Installé sur un socle surélevé, en retrait de la scène, Matt Tong paraît jeune. Très jeune. Un sosie d’Harry Potter… Mais, de ses rythmes métronomiques, il assume comme un grand. Gordon Moakes est son complément idéal à la basse. Et puis, il assure les backing vocaux. Le plus souvent par le biais des contre-mélodies. Se consacrant même épisodiquement au xylophone. Enfin, le soliste, Richard Lissack semble avoir pour maître The Edge. Ses riffs tour à tour nerveux, épileptiques, voire bringuebalants, en sont la plus parfaite démonstration. Et puis il y a pire comme choix. Musicalement, les influences cold wave et post punk sont manifestes. Puisées notamment chez Cure et Joy Division. Parfois également chez House Of Love (là ce n’est plus de la new wave). Sans oublier les traces de funk blanc. Pensez à XTC et Gang of Four. En affichant de telles références, le résultat ne peut qu’être intéressant. Mais le problème procède plus probablement du climat que Bloc Party ne parvient pas à entretenir. Dans la musique de la fin des seventies et du début des eighties, c’était en quelque sorte le fil conducteur. Lors du set de ce quatuor londonien, on a davantage eu la sensation d’encaisser une succession de tubes. Après une bonne  heure, le groupe se retire sous les inévitables acclamations.

Et revient pour un rappel –rituel- interpréter quatre autres titres, au cours duquel Kele va descendre dans le public à la manière de Bono. Et la foule apprécie ce type de geste. Bloc Party, on est resté avec nos doutes, nos interrogations, et surtout nos craintes : celles de voir un groupe passer au statut de star, alors qu’il n’en est encore qu’à son deuxième album (« A week en  in the city », est paru début de cette année), sans encore être parvenu à se forger sa propre identité. Et c’est souvent ainsi que de grandes promesses s’évanouissent dans la plus grande indifférence… L’exercice d’un troisième album devrait nous en apprendre davantage.

Setlist

Song For Clay - Wainting For The 7.18 - Positive Tension - I Still Remeber - Hunting For Witches - Banquet - Where Is Home - This Modern Love - Uniform - Like Eating Glass- So Here We Are - The Prayer

Rappel

She's Hearing Voices - Srxt - Pioneers - Helicopter

Organisation Agauchedelalune

Biffy Clyro

Opposites

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En quelques années, Biffy Clyro a un peu perdu de sa superbe. Suite au succès énorme de « Puzzle », leur quatrième opus, Simon Neil et les frères Johnston on vu leur public gonfler à vue d’œil, notamment grâce à une puissante réputation live. La discographie quasi impecc’ du trio a pourtant été enrichie de deux nouvelles additions, certes efficaces, mais assez linéaires. « Only Revolutions », publié en 2010, recelait encore quelques pépites du genre. Quant à « Opposites », leur sixième LP, il tente tant bien que mal d’amalgamer le meilleur des travaux du trio, sans jamais atteindre l’état de grâce. De « Different People » à « Picture A Knife Fight », en passant par « Black Chandelier » ou les furieux « Stingin’ Belle » et « The Joke’s On Us », Biffy Clyro n’étonne plus.

Les riffs sont toujours aussi accrocheurs et les refrains forcément taillés pour les stades, mais « Opposites » est bien trop semblable au précédent essai pour être intéressant de A à Z. Même si certains morceaux sont ponctuellement parvenus à m’extirper de la torpeur au sein de laquelle le disque m’a plongé (« Spanish Radio », « Victory Over The Sun », « Modern Magic Formula »). Et si la cible est atteinte, les Ecossais manquent tristement de se renouveler. On les attendra donc discrètement au tournant lors de la publication de leur septième opus.

« Opposites » existe en version ‘Deluxe’ et réunit pas moins de 21 titres. Mais la ‘standard’ découpée en 14 plages se suffit largement à elle-même. Côté agenda, Biffy Clyro sera sur les planches de Rock Werchter le jeudi 4 juillet.

 

Biffy Clyro

Fade To Grey

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En 2001, on plaçait toutes nos billes sur trois petits Ecossais qui entamaient alors leur ascension vers les sommets. Un peu plus de onze ans, six albums et une poignée de tournées plus tard, Biffy Clyro entrevoit enfin les portes du succès. En Belgique, cette percée se concrétise aujourd’hui par une ABBox sold-out en moins d’une semaine et l’éclosion de centaines de nouveaux fans dévoués, connaissant chaque refrain sur le bout des doigts (NDLR : des lèvres ?) Ce 17 février à Bruxelles, les trois musicos présentaient « Opposites », un double album, dans le cadre d’un concert résolument tourné vers l’avenir. Même un peu trop.

A 20h50, Simon Neil (guitare/chant), qui a enfin abandonné la barbe et le blond platine, et les frères Johnston (basse/batterie) débarquent sur le podium. Ils ont laissé la chemise au vestiaire. Histoire de faire comprendre à son public que la température va monter très rapidement. Tout faux ! Il est déjà loin le temps où les natifs de Kilmarnock provoquaient convulsions, spasmes et sueur. En face du trio, un auditoire autrement plus apathique que le parterre du Vaartkapoen il y a 3 ans ou que celui qui transpirait à grosses gouttes sous le chapiteau The Shelter, lors de l’édition 2010 du Pukkelpop. Désormais, l’assistance se tient à carreau en se croisant les bras et/ou en dodelinant gentiment de la tête. Le feu que Biffy Clyro tente de mettre aux poudres ne prendra pas ce soir. Les fans préféreront se contenter de répéter en chœur chaque syllabe de chaque morceau. L’effet ‘dimanche soir’ ? Ou celui d’une formation qui a su renouveler son public, sans forcément se renouveler elle-même ? 

Sur scène, le band se démène comme à son habitude mais concentre son set sur leurs deux derniers LPs, oubliant ainsi totalement les fans de la première heure. Sur 23 morceaux, seuls quatre sont consacrés à des compos antérieures à « Only Revolutions ». Et sur ces quatre archives, trois sont tirées de « Puzzle ». Et pas forcément les plus excitantes. A titre d’exemples, un « Who’s Got A Match ? » qui passe à côté du sujet et un « Machines » provoquant plus de bâillements que de stimuli. Snobés par leurs géniteurs, leur exemplaire « Blackened Sky » ainsi que « The Vertigo Of Bliss » ont tout simplement brillé par leur absence. 

Neil et ses deux collègues tablent sur un set Metal pour les riffs grinçants et Pop pour les refrains de stade. De manière générale, la setlist est trop peu variée, au point d’en devenir relativement écœurante au bout de trois-quarts d’heure. Mais la raison principale procède des morceaux tirés de « Only Revolutions » et « Opposites » qui se partagent la plus grosse part du gâteau. En outre, forgé sur le succès commercial de « Puzzle », le contenu des deux dernières publications est bien trop similaire. A croire que les idées des trois hommes stagnent complètement. Ou peut-être sont-ils encore trop concentrés à vouloir justement reproduire l’effet « Puzzle », leur premier élément discographique à avoir atteint le top 3 en Grande-Bretagne.

Le concert proposé ce soir par les trois Britons de Biffy Clyro était donc clairement destiné à tous ceux qui ont découvert la troupe, lors de la sortie du single « Many of Horror ». Ou qui ont cliqué sur le bouton ‘I Like’ dans le courant des trois dernières années. Les fans de la première heure ont bien espéré un petit regain d’intérêt lors du rappel, mais celui-ci sera à l’image du reste de la soirée : sans intérêt. Une belle déception ! Les inconditionnels et fans des deux dernières galettes du trio scottish pourront néanmoins encore les applaudir le 4 juillet, lors de l’édition 2013 du Rock Werchter.

(Organisation : AB)

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Biffy Clyro

Revolutions / Live At Wembley

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Preuve, s’il en est, de leur ascension surprise et éclatante, Biffy Clyro délivre un premier combi Cd/Dvd live, relatant les prouesses scéniques des Ecossais. Après avoir publié cinq albums studio et un best of, le trio mené par Simon Neil est clairement parvenu à un point culminant de sa carrière. « Revolutions//Live at Wembley » permet donc de faire le point. Des petites scènes à celle autrement plus impressionnante du Wembley Arena, Biffy Clyro a pris son temps mais son efficace mélange de Rock, Pop et Metal, est arrivé à convaincre le globe. Et ce, notamment grâce à un album imparable, « Puzzle », publié en 2007, et, surtout, des tournées mondiales interminables.

Neil et les frangins Johnston ont donc, très logiquement, immortalisé leurs riffs, les mélodies et la sueur au cœur d’un ‘Live’ d’excellente facture au niveau de la production mais un peu trop focalisé sur « Only Revolutions », le dernier LP studio de la bande. Normal, me direz-vous ; mais malgré quelques bonnes surprises (les excellentes versions de « 57 » et de « Who’s Got A Match »), il y a de quoi être déçu de ne pas y retrouver « Semi-Mental », « 27 » et « The Ideal Height » ou que l’épique « Living Is A Problem Because Everything Dies » ait perdu énormément de sa substance dans sa mouture live.

Biffy Clyro se rattrape néanmoins au niveau de l’énergie déployée sur les planches et de la puissance dégagée par des riffs, ici gonflés aux stéroïdes. Il n’en demeure pas moins que l’objet s’adresse aux fans inconditionnels avant tout, ce live n’étant pas spécialement représentatif de la discographie du trio.

 

Biffy Clyro

Only Revolutions

Écrit par

Fort du succès de l’exemplaire « Puzzle », publié en 2007, Biffy Clyro continue son bonhomme de chemin en publiant une nouvelle galette regorgeant de riffs efficaces. Comme d’habitude. Le trio écossais, enfin reconnu à sa valeur, propose un cinquième labeur certes moins classieux et percutant que le précédent mais toujours aussi efficace. « Only Revolutions » est, en quelque sorte, le compromis idéal entre le Biffy Clyro des premières heures et celui qui s’est réinventé trois ans auparavant. Les arpèges rutilants de « That Golden Rule » et les harmonies de « Many Of Horror » évoquent donc « Puzzle », tandis que les offensifs « Cloud Of Stink », « Booooom, Blast & Ruin » et « Shock Shock » dépoussièrent « Blackened Sky » et « The Vertigo Of Bliss ».

Plus que jamais, Biffy Clyro est plébiscité par la presse outre-Manche, comme un NME qui n’hésite pas à les présenter comme le meilleur groupe rock de Grande-Bretagne (NDR : comme beaucoup d’autres, me direz-vous). Josh Homme approuve en déployant son savoir-faire ‘guitaristique’ en climax du morceau « Bubbles », single à paraître en avril. En huit ans, Simon Neil et les frangins Johnston ont grimpé pas mal d’échelons de la scène rock et, même si les plus hautes sphères leur sont encore inaccessibles, ils persévèrent encore et toujours, infatigablement. Ce qui vaut bien tout le respect que le trio mérite.

 

Biffy Clyro

Fire Water Burn

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Pour clôturer en beauté sa saison 2009, le Vk* avait convié ce mercredi 16 décembre, la formation écossaise, Biffy Clyro. Actif depuis 2001, le trio goûte enfin aux joies de la reconnaissance, notamment grâce à « Puzzle », un quatrième ouvrage incandescent, publié il y a deux ans. Mais également suite à une longue tournée mondiale opérée d’abord en compagnie de Bloc Party, puis tout seuls comme des grands ; et, enfin, dans les bagages de Queens Of the Stone Age. En 2009, le combo a finalement acquis une base de fans solide en dehors des frontières de la Grande-Bretagne. Si bien que la petite salle molenbeekoise affichait complet à l’heure où les trois Britons entraient en scène pour défendre leur dernier né, « Only Revolutions ».

C’est une tradition au Vk*, les concerts ne démarrent que très rarement avant 21h30. Après une prestation très anecdotique de People In Planes et quelques bières, un public complètement surexcité (la fin des examens ?) attendait le trio de pied ferme. Lorsque Simon Neil et les frères Johnston apparaissent sur les planches, ouvrant le bal par « That Golden Rule », dernier single extrait de leur nouvel opus, la frénésie est immédiate. Elle prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les morceaux s’enchaînent. Ainsi, l’énorme « Living Is A Problem Because Everything Dies » suivi de « A Whole Child Ago », « Who’s Got A Match ? » ou le sublime « 9/15ths » marquent le début des hostilités. Aux premiers rangs, les fans pogot(t)ent sans relâche et n’ont pas l’air prêts de s’accorder une pause.

D’autant plus que Biffy Clyro embraie par l’incontournable single « 57 », extrait de l’œuvre introductive « Blackened Sky ». L’occasion pour quelques casse-cous de donner le signal de départ du crowdsurfing. Difficile ensuite de poursuivre par des morceaux plus calmes. Ayant chauffé à blanc l’assistance, les trois Ecossais doivent affronter un public dissipé qui ne prête que peu d’attention à « Machines », « God & Satan » ou « Now I’m Everyone », pourtant sublimes. A ces titres, le public belge préfère les défouloirs « Justboy », « Glitter & Trauma » ou encore « Semi-Mental ». La plupart des chansons sont reprises en chœur par la foule. Les trois gaillards se montrent plutôt surpris d’un tel accueil et finissent alors par injecter davantage de hargne dans leur prestation. Il faut dire que le public est autrement plus dynamique que celui qui les avait accueillis lors de leur prestation à la Rotonde du Botanique, en 2007.

La formation clôture son set par les singles « Saturday Superhouse » et « The Captain », procurant à leurs fans, une ultime occasion de se rentrer dedans. 2009 s’achève donc dans un tourbillon de riffs et de sueur, comme il se doit. Il aura fallu près de neuf ans à Biffy Clyro pour s’imposer ; et, au vu de l’effet produit par leurs hymnes sur le public belge particulièrement chaud, la mission est bel et bien accomplie.

(Organisation Vk*)

 

Biffy Clyro

Singles 2001-2005

Écrit par

Portés par le succès de « Puzzle », son quatrième recueil publié l’an dernier, Biffy Clyro propose une bonne petite séance de rattrapage à tous ceux qui auraient fait l’erreur de rater les trois épisodes précédents.

Au cours du premier épisode, diffusé en 2001, le trio débarquait sur la scène emo britannique, sans frapper à la porte. Succès critique immédiat. Le public, lui, ne répond pas présent. Pourtant, « Blackened Sky » était un véritable petit bijou d’inventivité, comme le prouvaient les immenses « 27 », « Justboy », « 54 » et « Joy.Discovery.Invention ». Lors du second épisode, mis à disposition en 2003 et intitulé « The Vertigo Of Bliss », l’assistance pointe timidement le nez. Celle-ci snobera l’intégralité du feuilleton, préférant s’attarder sur le seul extrait qu’elle estimait digne d’intérêt (« Questions & Answers »). L’intérêt se développera réellement lors de la diffusion en 2005 du troisième épisode, « Infinity Land ». Pourtant moins intéressant que ses prédécesseurs, ce dernier permettra à trois de ses extraits de se glisser dans les oreilles du peuple briton (« Glitter And Trauma », « My Recovery Injection », « Only One Word Comes To Mind »). Le succès de ceux-ci n’empêchera pourtant pas l’échec commercial de « Infinity Land ».

Et en 2007, c’est l’explosion. La quatrième partie des aventures de Biffy Clyro, « Puzzle », suscite l’engouement, notamment grâce au splendide « Living Is A Problem Because Everything Dies ». Il s’agira alors de la première œuvre de la formation à se frayer un chemin au sommet des audiences de vente. Ce succès aussi fulgurant qu’inattendu a donc enfin généré l’attention méritée et le trio, pas con, donne aujourd’hui la chance aux retardataires de revenir sur ses traces et découvrir « Blackened Sky », « The Vertigo Of Bliss » et « Infinity Land » à travers les douze chapitres que ces derniers ont engendrés.

Les nouveaux fans qui les ont découverts grâce à leurs prestations festivalières ou en première partie de Bloc Party et Queens Of The Stone Age ou via le terrible « Puzzle », n’ont plus d’excuses. Les Ecossais ont définitivement fait leurs preuves, comme en témoigne cet excellent résumé. Et si le public européen montrait à son tour qu’il a du goût ?

 

Biffy Clyro

Puzzle

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En 2002 paraissait « Blackened Sky », le premier album de ce trio insulaire sorti de nulle part. Tout de suite, le choc. A la fois harmonique et déconstruit, ce disque était une des meilleures surprises de l’année. Depuis, le trio a perdu pied et n’a jamais réussi à égaler le charme de « Blackened Sky ». Beaucoup moins efficace car trop brouillons, « The Vertigo Of Bliss » (2003) et « Infinity Land » (2004) n’auront dû leur salut qu’à leurs singles et le relatif succès public et critique de ces derniers. Il aura ensuite fallu trois ans aux Ecossais pour donner une suite à leurs idées. Le résultat, « Puzzle », nous arrache, avec une aisance déconcertante, un énorme cri de soulagement. Le retour au son qui avait fait la particularité de « Blackened Sky », conjugué à une inspiration renouvelée, font de ce quatrième essai un véritable petit bijou d’emo-pop à l’anglaise. Il prouve une nouvelle fois que l’emo-pop made in USA est désespérément pauvre et a énormément de leçons à apprendre de son équivalent britannique. « Puzzle » est un condensé d’énergie et de sincérité, aux textes souvent sombres comme en témoignent « As Dust Dances », un « 9/15th » apocalyptique, « Machines » ou encore le single au titre éloquent, « Living Is A Problem Because Everything Dies ». Seule faiblesse, le trio se la joue parfois un peu trop à la Foo Fighters (les singles « Saturday Superhouse » et « Semi-Mental ») et, par conséquent, perd légèrement de sa fraîcheur. Toutefois, ce retour gagnant aidera le trio à reconquérir l’ensemble de ses fans. Sans aucun mal.

Biffy Clyro

Infinity Land

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3e album pour Biffy Clyro et autant le dire d’emblée, leur cas ne s’arrange pas ! Le trio écossais souffre d’un syndrome dont les manifestations bruyantes écorchent une fois de plus les pavillons : l’ Americanus ‘MTV mid-90’s alt-rock’ Nostalgicus. Les 15 compositions de cet « Infinity Land » (qui se révèle de fait interminable…) en sont toutes contaminées. Gros riffs balourds, petits arpèges acoustico-sentimentaux calculés, changements de rythmes téléphonés… Simon Neil et les frères Johnston ont bien du mal à dissimuler la pauvreté mélodique de leurs titres. D’ailleurs, on ne sauvera du naufrage que les seuls « Glitter and trauma » et « My recovery injection », par pure charité rock’n’roll. Il est fort à parier que cet Infinity Land n’aurait pas laissé la moindre séquelle sonore même s’il était sorti en – par exemple – 1994. Au fait cela me rappelle que j’aimerais me débarrasser de quelques cadavres gênants, genre Everclear, Sponge et autres 3 Colours Red. Anyone interested ?

Biffy Clyro

The Vertigo of Bliss

Sur la pochette, une fille lascive se caresse l'entre-jambes, les yeux mi-clos : cette invitation à la débauche sied bien à la musique post-hardcore de Biffy Clyro. Ce trio de jeunes têtes de Turc avait déjà sorti un album il y a deux ans, " Blackened Sky ", à la croisée de " Bleach " (Nirvana), " Relationship of Command " (At The Drive-In) et " Damaged " (Black Flag). Ce nouvel opus confirme nos espoirs : mélodies acérées, violons détraqués, frissons bruitistes, cris désespérés, rythmes hachés,… Biffy Clyro joue un rock de montagnes russes : des hauts, des bas, la tête parfois à l'envers. C'est le " vertige " du titre, et sans ceinture ni parachute. Ces trois gamins de Glasgow se donnent à fond. Pour preuve, ils ont enregistré cet album en un jour ! De ce mélange de rage et de mélodie, de bruit et de fureur, on retiendra surtout la sensibilité de " The Ideal Height " et de " With Aplomb " (ces cordes qui pleuvent, jusqu'à l'inondation, la catastrophe), l'hystérie de " a Day Of… " (un hit), de " Toys, Toys, Toys, Choke, Toys, Toys, Toys " (?), et ce silence, parfois, avant le déluge (" Now The Action is on Fire ! "). Plus abouti et plus équilibré que " Blackened Sky ", " The Vertigo of Bliss " ne lasse pas de surprendre. Les Deftones, les Blood Brothers, Jimmy Eat World, Cave In, Fugazi, Fireside, Aereogramme, Q & Not U,… Tous ont déjà chanté ce genre de verbe électrique. Biffy Clyro n'a pourtant rien à leur envier. D'accord, cet emocore fait parfois la salope en dévoilant ses charmes dès les premières secondes, sans aucun préliminaire. Ces trois Anglais n'ont rien à cacher, c'est vrai. Ils donnent tout. De l'exhibitionnisme ? Du rock pour éjaculateurs précoces ? Peut-être. Mais c'est toujours mieux que de bander mou.

Biffy Clyro

Blackened Sky

" And we still fuck them ", chante Simon Neil sur Hero Management, juste avant une explosion de riffs costauds ponctuée par un cri de désespoir, un déchirement : " Take me away ! ". Biffy Clyro allie le romantisme le plus névrosé aux décharges électriques les plus violentes : sans cesse en déséquilibre, entre accalmie pop et dérapages métal non contrôlés, la musique de ce trio écossais fait penser à de l'emocore genre Fugazi, mais avec davantage de refrains accrocheurs et d'innocence juvénile… Leurs chansons, sèches et rugueuses comme du papier de verre, rappellent tantôt les Foo Fighters, tantôt Jimmy Eat World, sauf qu'on ne sait jamais comment elles prennent fin : dans le calme ou la tempête, en tout cas toujours de manière surprenante. Et c'est là l'intérêt majeur de Biffy Clyro : à jouer comme ça avec les conventions, leur musique en prend de la valeur. Des titres comme " Kill the old, torture their young (…) ", " 57 " ou " The go-slow " en imposent, et nos tympans accusent parfois le coup (de grisou). " We still fuck them ", hurle le chanteur, comme un pied de nez à tous ceux qui n'entendraient dans leur musique qu'un exutoire pour ados attardés. Evidemment, ces gens-là ont tout faux : écouter Biffy Clyro, c'est un peu de bleu dans le " ciel obscurci " du rock le plus mainstream.