Blackstrap est une formation suédoise réunissant une fille et trois garçons. Malgré les bonnes critiques, les ventes de leur premier album (« Ghost Children ») sont demeurées confidentielles. Faut dire que le groupe est quasi-inconnu hors de son pays d'origine. « Steal My Horses And Run » constitue donc le deuxième album de ce groupe réunissant Maria (chant, synthé, guitare), Jonatan (chant et guitare), David (batterie et percussions) et Henrick (basse).
Jonatan définit cette œuvre comme ‘du rock simple qui libère une grande énergie’ ; mais aussi ‘ un mélange de cris primaux et de belles sonorités’. Paru début 2006, cet opus nous entraîne bien loin de la Scandinavie. Il nous propulse même de l'autre côté de l'Atlantique. Il y a un côté psyché américain très prégnant tout au long de ce disque. Et des influences qui oscillent de The Jesus & Mary Chains à Spiritualized en passant par le Brian Jonestown Massacre. Un morceau comme « To Be Gone » aurait aussi bien pu être écrit par Newcombe en personne. Les sonorités atmosphériques sont cependant fluidifiées par la voix de Maria. A l’instar de « Still Soar ». Cette plaque ne se limite pourtant pas aux ‘belles sonorités’, certaines plages dispensant une intensité digne de BRMC. D'ailleurs, la ressemblance entre la voix de Jonatan et celle de Peter Hayes est frappante. Et je pense tout particulièrement à « By Down Low » et « The Bitter, The Sweet ». Blackstrap est vraiment un bon groupe. Et j’imagine que sur scène sa puissance doit être décuplée. Sans pour autant négliger de cultiver une sérénité à laquelle il semble viscéralement attaché. Car Blackstrap évite soigneusement de surcharger son expression sonore. Il cherche tout simplement l’équilibre le plus parfait possible entre rock purement électrique et feeling intimiste