Le Bone's Project est une formation établie en France qui pratique un blues funk, considéré comme le meilleur du style de ce côté de l'Atlantique. Boney Field en est le leader. Un trompettiste noir originaire du ghetto de Chicago. Il a côtoyé des maîtres du blues comme Junior Wells, James Cotton, Albert Collins, Buddy Guy et Jimmy Johnson. En 1997, il intègre le backing band de Luther Allison puis de son fils Bernard. Il se plaît au sein de l’hexagone et monte le Bone's Project. Sous ce line up, il aligne plusieurs albums, dont "Hard work" en 1999, "Red wolf" en 2003 et "We play the blues" en 2005. S’il souffle passionnément dans sa trompette, Boney est également auteur, compositeur et chanteur. Il est entouré d'excellents musiciens, originaires de tous les Continents : Sénégalais, Mauritiens, Martiniquais, Italiens, Danois et Français dont sa compagne Nadège Dumas qui se réserve le saxophone.
Ce nouvel opus a été immortalisé au festival Jazz de Vienne (NDR : c’est en France !), le 12 juillet 2008. Un cd audio et un Dvd sont donc consacrés au même concert! Dès "Hang loose", nous pénétrons dans l’univers sonore de Fields. Un funk dansant saturé de groove. Une ouverture caractérisée par le front de cuivres à l’avant-plan. Les interventions des différents musiciens sont bien distinctes. Ils sont tous contaminés par le jazz. Constitué d'Enrico Mattioli aux drums et Mike Armoogum à la basse, la section rythmique est solide. Jerry Leonide s’autorise un premier billet de sortie sur son piano électrique. Il est rapidement suivi par son leader et guitariste Hervé Samb, dont la vitesse d'exécution est impressionnante. Très long, "Late comer" trempe dans un climat R&B offensif, réminiscent de James Brown voire de Tower of Power. Une invitation permanente à s'éclater devant la scène. "Don't call me local" lorgne davantage vers le blues, mais un blues dont les accès de boogie sont alimentés par le piano de Leonide Boney. Le chapon rond coloré, toujours solidement vissé sur le crâne, Boney chante très délicatement l’indolent "Tough pill", un blues à la sauce maison! "Funny how time slips away" est propice à la danse hypnotique. Au saxophone ténor, Nadege démontre toute sa puissance, sa créativité et sa souplesse, une plage pétillante et aventureuse qui embraie sur une ligne rythmique reggae particulièrement allègre. Derrière ses fûts, Enrico nous replonge dans le funk pur et dur. Il est épaulé par Mike dont les accords de basse versatiles sont très caractéristiques. Tout au long de ce "Get up and stand up", Nadège tire une nouvelle fois son épingle du jeu. Et son intervention ne manque pas de punch. Toujours funky, "Live in peace" permet au trombone de mettre le nez à la fenêtre. Et Chabs Chabrele y injecte toute sa passion. Autre long morceau, "Red wolf" est un autre long morceau. La machine à funk est lancée sur rails. Une situation qui permet aux solistes de se mettre en évidence. Très rapide, "Hard work" démontre une nouvelle fois toute la dextérité aux cordes d’Hervé Samb. Cet homme pète la santé ! Ce concert s’achève par "Ain't doing too bad", un morceau au cours duquel Boney présente ses partenaires.
Le Dvd restitue parfaitement les pulsions explosives du band, parfaitement à l’aise sur les planches. Le même concert y est reproduit, mais bénéficie d’un bonus de 40 minutes. Au menu, des interviews accordées par Lucky Peterson, Jean-Jacques Milteau, Bernard Allison et Corey Harris, mais également deux plages supplémentaires : "Your good thing's about to run out" et "Another place in the blues". A l’instar de ses pochettes, la musique de Boney Felds & The Bone's Project est très classe, colorée, pimentée même. Il ne vous reste plus qu’à y goûter !