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Broken Records

Comme du papier à musique…

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Trois concerts étaient prévus ce jeudi 13 octobre, à la Rotonde du Botanique. Soit celui de Belleclose, alias Catherine Thieron, de la formation écossaise Broken Records et du quintet new-yorkais Freelance Whales. Et paradoxalement, malgré le peu de notoriété de ces artistes, la salle était à la limite du sold out.

Catherine Thieron a donc choisi Belleclose pour patronyme de son projet solo. Et elle ouvre le bal. Elle est de nationalité belge et chante en s’accompagnant à la guitare acoustique. Au cours de son set, elle enchaîne ses compos minimalistes, mais sur un ton bien trop monocorde à mon goût. D’ailleurs elle ne parvient guère à susciter l’intérêt des spectateurs. Pourtant, elle quitte l’estrade sous les applaudissements du public ; mais on ne peut pas dire qu’elle ait convaincu votre serviteur. Banal !

A peine 20 minutes plus tard, Broken Records monte sur les planches. Les Edimbourgeois  opèrent leur retour à la Rotonde, un an après leur premier passage, accordé face à 14 personnes, comme ils le signaleront durant le concert. Le début de set des Ecossais est intense et électrique. Le tracklisting épingle une majorité de titres issus de leur dernier album, « Let me Come Home ». Et leur adaptation en ‘live’ est irréprochable. Leur lyrisme me rappelle parfois Arcade Fire. Au cours du show, les musiciens s’échangent leurs instruments : le clavier pour une trompette ou la guitare pour une mandoline, par exemple. Ce qui ne nuit jamais à la qualité de l’ensemble. Faut dire que le combo connaît parfaitement son sujet. Au bout d’une petite heure, les musicos abandonnent la scène à Jamie Sutherland, qui se réserve alors quelques morceaux en solo. Parfois uniquement soutenu par le violoniste. Ce qui lui permet de bien mettre en évidence sa voix haut perchée. En fin de parcours, le band revient sur l’estrade afin d’interpréter quatre derniers titres…  

Pratiquement inconnu en Europe, Freelance Whales a publié son premier elpee, « Weathervanes », fin de l’année dernière. Le quintet monte sur les planches, en toute décontraction. Le climat entretenu tout au long de leur set est totalement différent du précédent. Il est nettement plus coloré et enjoué. Les harmonies vocales se conjuguent à la perfection. Malgré le format pop de leurs chansons, les Américains prennent un malin plaisir à brouiller les pistes, en s’autorisant, de temps à autre, l’une ou l’autre incursion dans le psychédélisme. Ce qui n’empêche pas la prestation de couler de source. Point d’orgue ? Leur single « Generator 2nd Floor ». Dès que les premières notes retentissent, l’ambiance est alors à son comble. D’ailleurs, lorsque le groupe vide les lieux, on sent que le public est ravi. Les musicos n’ont pourtant pas le temps de reprendre leur souffle. Car dès qu’ils quittent la scène, c’est pour foncer sur leur merchandising qui est alors assailli par l’auditoire sortant directement de la salle…

(Organisation Botanique)

 

Broken Records

Let Me Come Home

Écrit par

Broken Records est un combo prolifique. Un an seulement après avoir publié « Until The Earth Begins To Part » –un premier elpee qui avait suscité l’enthousiasme– écumé les plus grands festivals européens et accompagné The National en tournée, les Ecossais nous proposent déjà un nouvel opus. Il s’intitule « Let Me Come Home ».

Comme on ne change pas une formule qui marche, tous les ingrédients qui nous avaient fait craquer, il y a quelques mois, sont à nouveau réunis sur ce disque. Ainsi, cuivres, piano et violon soutiennent parfaitement la voix sous tension de Jamie Sutherland, chantant comme si sa vie en dépendait. Produit par Mr Tony Doogan (Mogwai, Delgados, Belle & Sebastian, …), cet LP campe un lyrisme proche des Canadiens d’Arcade Fire, mais en plus ténébreux. Le climat peut-être? Qui sait ! Encore qu’il recèle quelques titres plus entraînants, comme le single « A Darkness Rises Up ».

Si « Let Me Come Home » n’est pas vraiment une œuvre novatrice, elle n’en demeure pas moins excellente. La formation a sans doute voulu assurer, plutôt que d’expérimenter. Le troisième essai devrait nous permettre de faire enfin le point sur le potentiel d’évolution de cette formation…

Broken Records

Until The Earth Begins To Part

Écrit par

Les Broken Records deviendront grands ! Ils sont parés et prêts pour cette aventure. Imaginez un mélange réussi entre le côté épique, envouté, d’Arcade Fire et le lyrisme quelque peu larmoyant de Keane ou Coldplay. Le tout agrémenté d’une pincée de musique traditionnelle écossaise. Programme alléchant en perspective ! Quasiment inconnue pour l’instant chez nous, cette formation pourrait bien figurer à l’affiche du festival de Werchter, l’an prochain. Ou tout du moins celle du Pukkelpop.

Broken Records a été fondé en 2006. A Edimbourg. En Ecosse. Originellement réduit à un trio réunissant les frères Sutherland (Jamie et Rory) ainsi que Ian Turnbull, le groupe compte aujourd’hui sept membres. Paru, il y deux ans, leur premier Ep a relativement bien été accueilli par la presse (NDR : manifestant leur emballement légendaire, le NME les avait même qualifiés  d’Arcade Fire écossais). Leur premier elpee était donc très attendu. Qu’en est-il ? ‘Until The Earth Begins To Part’ tient-il le cap ?

Si certains morceaux s’avèrent être un peu pompiers, d’autres évoluent au niveau du gang Butler. Ni plus ni moins ! Le début et la fin de l’album en particulier. « Nearly Home » ouvre le bal. Un superbe compo balayée de violons et illuminée d’envolées lyriques. Enrichi de cuivres monstrueux, « If The News Makes You Sad, Don’t Watch It » embraie sans manifester le moindre signe de faiblesse. Violons, roulements de batterie, cuivres et accès de piano se partagent la part du lion. La passion est omniprésente. Cet « Until The Earth Begins To Part » jouit d’une puissance émotionnelle remarquable. Dommage ces inflexions excessives et parfois systématique du vocaliste dans le registre des ‘aigus’. Le recours au violon et à l’accordéon confère aux compos une touche traditionnelle très caractéristique. Ce qui permet à leur expression sonore de ne pas sombrer dans la mièvrerie d’un Keane ou le maniérisme de The Verve, par exemple.

Bien sûr, le style n’est pas neuf et les mauvaises langues lui rempocheront sans doute un manque d’originalité. Et puis, l’opus trahit une certaine grandiloquence qui peut parfois agacer. N’empêche, leur expression sonore n’est pas dénuée de sensibilité. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur chemin est déjà balisé pour devenir une grosse pointure dans l’univers de la pop/rock. A moins d’une critique assassine du NME, je ne vois pas qu’est ce qui pourrait empêcher la marche en avant de cette machine de guerre écossaise.