La terre fissurée de Daffo

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Catherine Ringer

Chroniques et fantaisies

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Catherine Ringer et Fred Chichin ont marqué les esprits à bien des égards ! Le duo formé au sein des ‘Rita Mitsouko’ était l’un des plus populaires dans les années 80’, grâce à des titres  totalement décalés tels que « Marcia Baïla », « C’est comme ça » ou encore « Andy ».

Une décennie après la mort de son comparse en 2007 et une vie intensément vécue, la taulière n’a pas pour autant délaissé le micro.

Bien au contraire ! Son deuxième album solo, « Chroniques et fantaisies », résume parfaitement toute l’amplitude incongrue, libertaire et hétéroclite de l’ouvrage.

Se muant en véritable chef d’orchestre, Cath signe les douze chansons de l'album, paroles et musiques. Lorsqu’elle ne joue pas aussi de la gratte, du piano, de la flûte, de la basse tout en accueillant son fils, Raoul Chichin, guitariste du groupe Minuit, aux cordes électriques sur les morceaux les plus rock. Simone Ringer, sa fille, a également participé aux sessions…

Explorant différents genres musicaux rappelant parfois joyeusement les années prospères et aiguisées, à l’instar de "Intermitent Lover", dont l’accent est encore mal maîtrisé, mais copieusement léché par Azzedine Djelil (producteur et ingénieur du son) ou encore un « Senior » vif et fougueux entre musique électronique et funk hésitant à propos duquel on apprend qu’elle a ‘peur de souffrir et de s'enlaidir’.

Le disque emprunte parfois des détours plus mélodiques comme sur « La Petite Planète » ersatz de pamphlet sur l’état de notre terre, lorsqu’il ne surfe pas sur une vague plus rock (« Fier-À-Bras (Essaouira - Paris) ».

Celle qui affiche désormais la soixantaine aime se laisser transporter au gré d’une plume légère, mais profonde. La force de Miss Ringer réside clairement dans la puissance des textes et une musicalité hybride. Cette frénésie favorise des thématiques parfois drôles, parfois croustillantes ou encore caustiques, mais toujours poignantes.

Plutôt lumineux dans l’ensemble, l’ouvrage se laisse assombrir timidement par une pointe de tristesse mélancolique ; ainsi le formidable "Tristessa" rend un hommage poignant à l’intemporalité des sentiments pour un alter ego disparu trop tôt.

Sans véritable fil conducteur, on se laisse bercer par ce livre ouvert, témoin d’une réflexion, en nous offrant un synoptique intransigeant d’une intensité rarement égalée qui va à l’encontre des standards actuels. Parce que clairement, n’y recherchez pas de tubes, vous n’en trouverez pas ! Ou éventuellement « Como va » ! Mais encore faudrait-il qui soit diffusé sur les ondes radiophoniques…

Cette soupe épaisse devrait plaire aux fans les plus avertis. Quant aux autres, l’anticonformisme de la gonzesse pourrait ne pas faire mouche. Elle affiche une singularité qui n’appartient qu’à elle. Vous êtes prévenus !

 

Catherine Ringer

Ring n’ Roll (b)

Écrit par

Catherine Ringer, quatre années après la mort de Fred Chichin (son compagnon sur scène et dans la vie), nous propose son album solo. Un disque en forme d'hommage et de remise en selle. Même en surmontant la disparition de son complice, difficile de se passer de celui qui assurait les compositions, figure discrète sur scène mais tout de même moitié des Rita Mitsouko ! Catherine Ringer est donc de retour. Et surtout son énergie, sa bizarrerie et sa voix incroyable, qui s'écarquille dans des aigus de diva avant de se répandre dans des graves sulfureux.

« Ring n'Roll » parcourt un vaste paysage musical, entre rock, folk, ska, punk, chanson française, musique de film ou classique, électronique, tropicale. Catherine Ringer y est accompagnée à la basse et à la guitare, au clavier ainsi qu'à la trompette, à la batterie, et par quelques petits bruitages et autres sons électroniques, flûtes et percussions.

On ne sait pas vraiment sur quel pied danser, car la personnalité décalée de la chanteuse ne rattrape pas l'inégalité des compositions. Il est difficile de ne pas comparer, de ne pas succomber au charme dépotant des clips des Rita que l'on retrouve facilement sur la toile. Comme si le mélange de ces deux personnalités électriques faisait courir les électrons, et qu'il fallait maintenant retrouver une autre voie, un nouveau circuit pour faire passer le jus.

« Pardon » donne l'impression de vouloir transmettre un message important sur la miséricorde et la culpabilité, tout en jouant la carte de l'autodérision, et laisse une impression étrange.

Les trois meilleurs titres, situés en fin de disque, donnent envie de réappuyer sur ‘play’ et de repartir pour un tour.

Le lancinant « Si un jour » est alimenté par une boucle de guitares et de vocalises, tentative d'espoir évoquant l'idée d'une renaissance. « Mahler » est un hommage assumé à Chichin, un poème chanté avec lenteur et vibrato sur l'air d'une symphonie du compositeur (Gustav Malher), soutenu par des cordes sensibles. « Rendez-vous », magnifique, clôt le disque sur un air pétillant et optimiste, à base d'accordéon, de beats électroniques et de grands éclats de voix. Le rendez-vous est donné sur un futur boulevard, voire ‘Sous une forme animale / Gazeuse ou minérale / On sera juste deux molécules / qui se ventriculent’.

Et d'ici là ? Pardon d'être si prosaïque, mais on voudrait bien encore un peu de musique !

 

Catherine Ringer

Ring n’ Roll (a)

Écrit par

Dur dur de se relever pour Catherine Ringer. Quatre ans après avoir enterré son alter ego tant au point de vue professionnel que sentimental, l’autre moitié des Rita Mitsuko publie son premier opus solo. Pas facile sans la tête pensante du duo, car c’est en effet bien lui qui assurait essentiellement le boulot de composition musicale et jouait les partitions de guitare, basse, batterie et claviers.

On est donc assez loin, qualitativement parlant, du dernier opus en date, « Variety », qui cassait la baraque…

L’album de Catherine Ringer, « Ring n’ Roll », rend, en réalité, un vibrant hommage à l’homme dont elle a partagé la vie, le travail et le lit durant plus de 25 ans. Fred Chichin constitue, malgré son absence, le fil rouge des douze titres qu’interprète majestueusement sa moitié survivante, usant de sa voix irrésistible et émouvante.

Les premières paroles prononcées sont : ‘Je fais que penser à mon amoureux, je fais que penser à nous deux…’ et les dernières, onze chansons plus tard, ‘On se reverra bien un jour ou l’autre…’ Tout est dit !

Ce premier effort en solo est de qualité inégale. Catherine alterne le bon, le passable, le chiant, le franchement inécoutable et le surprenant…

Débutant joliment par « Vive l’amour » dédié à qui vous savez, elle enchaîne par « Punk 103 » ennuyant à mourir (désolé Fred) puis deux titres interprétés en anglais douteux « Z Bar » et « Yalala » qui se laissent gentiment écouter, sans plus. « Prends-moi » (malgré un joli texte) et « Got it sweet » seront volontiers zappés, car monotones à souhait. « How do you tu » relève un peu le niveau bien que les lyrics, mi-anglais, mi-français, sont assez improbables. Catherine redonne de la voix (ouf, il était temps) dans « Quel est ton nom », un titre limite cependant, tant la ligne mélodique est faiblarde.

« Pardon », petite histoire banale, évoque la renaissance, mais ne vaut que par son refrain…  « Si un jour » replonge l’auditeur en pleine déprime, la peine suintant de chaque note et mot de ce quatrain.

Le surprenant c’est celui-ci, « Mahler ». Empruntant l’Adagietto de la symphonie N°5 du brave Gustave, Catherine Ringer pleure tout au long des 6 minutes son amour disparu sur la seule véritable pépite de l'album, entre parlé et chant susurré, profondément humain, qui décolle au final pour s'envoler, et disparaître en larmes. Splendide ! Mais hélas, trop rare…

« Rendez-vous » joue toujours dans le même registre. Mais le ton est plus gai, plus enjoué, l’accordéon et la boîte à rythmes nous entraînent dans ce fol espoir impossible des retrouvailles…

L’album si sombre, si empreint de tristesse se termine de façon un peu plus optimiste.

Un signe ? Il serait temps que la période de deuil prenne fin afin de permettre à Catherine Ringer de se tourner vers d’autres horizons.