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Chumbawamba

A singsong and a scrap

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Réduit à un quatuor, Chumbawamba compte aujourd’hui 23 années d’existence. A l’origine punk, la musique de cette formation a progressivement évolué vers une pop précieuse, raffinée par de superbes harmonies vocales. Ce qui ne les a jamais empêché pas de poursuivre leur combat. A travers une attitude rebelle, contestataire, militante, anarchiste même, et des lyrics engagés. Aujourd’hui, le groupe de Leeds traduit cette lutte en pratiquant une musique folk, presque celtique ; sans pour autant oublier de soigner les polyphonies vocales. L’exercice a cappella y est d’ailleurs à nouveau pratiqué tout au long de « Walking into battle with the lord », une compo qui condamne le fondamentalisme religieux et les guerres qui en découlent ; et puis de « Coal not dole », une chanson de soutien aux mineurs grévistes, victime du capitalisme en Angleterre. La contestation sociale, et la révolte alimentent les 12 morceaux de cet opus. Même lors des deux covers qui figurent sur cette plaque. Tout d’abord l’adaptation du chant des partisans antifascistes italiens, « Bella ciao » ; et puis la reprise du « Bankrobber » de Clash. Enfin, la formation aborde des questions relatives à la discrimination et à la violence conjugale. Pour enregistrer ce nouvel opus, Jude Abbott, Lou Watts, Bob Whalley et Neil Ferguson ont quand même reçu le concours de quelques invités. Et parmi eux un inévitable joueur de cornemuse et un accordéoniste. Sans oublier la participation épisodique de l’un ou l’autre violoniste ou violoncelliste. Coloration folk oblige !

Chumbawamba

Wysiwyg

C'est au tout début des nineties que cette formation de Leeds a décidé de changer de style musical et de passer de l'agit punk à l'agit pop. Juste pour mieux faire passer leurs idées. A travers leurs attitudes et surtout leurs textes. Des textes engagés, rebelles, venimeux, révolutionnaires conformes à leur idéologie anarchiste. Et n'ayez crainte, ils manient toujours la langue de Shakespeare avec la même éloquence et le même humour caustique. Musicalement, Chumbawamba continue habilement de mêler à sa pop, tout ce qui lui tombe dans l'oreille : techno, hip hop, disco, drum'n bass, country, music hall, dixieland, jazz, etc., en prenant bien soin de ne pas perdre ce fil mélodique qu'ils purifient à travers de superbes harmonies vocales (NDR : et si vous en doutez encore, écoutez le remarquable a capella " New York mining disaster 1941 ", et vous serez totalement convaincus) ; mais aussi et surtout en y ajoutant des orchestrations raffinées. Surtout des cuivres. Et ce " Wysiwyg " ne déroge pas à la bonne règle. Nous gratifiant même en " I'm trouble again " d'une chanson aussi vaporeuse que " Days of pearly spencer " de David Mc Williams voire d' " Eloïse " de Barry Ryan...

 

Chumbawamba

Tubthumper

Il faut avouer que depuis le début des nineties, la musique de Chumbawamba a pris une toute autre orientation. Plus accessible, plus technologique, tout en demeurant aussi riche. Etonnant lorsqu'on sait qu'à ses débuts, le groupe de Leeds pratiquait un agit punk aussi ravageur qu'impétueux. En fait, les musiciens n'ont conservé de punk que l'esprit. Répercutant une idéologie anticapitaliste à travers des textes particulièrement acides. Paradoxal, lorsqu'on sait que le combo vient de signer chez EMI... Bref, venons-en à leur nouvel album. Intrinsèquement attaché à la culture pop, il réalise un parfait hybride entre la musique synthétique et l'instrumentation conventionnelle. Ne négligeant ainsi ni les samples, ni le groove techno, ni les interventions chaleureuses, judicieuses de la trompette, tout en préservant le sens mélodique contagieux. Mais le sommet de leur art est atteint au niveau des harmonies vocales. Tantôt dispensées sous forme de slogans à la limite du hip hop, tantôt échafaudées en chœurs à la limpidité quasi religieuse. Sur des lyrics, il faut le répéter, rebelles mais également très terre à terre. Un chouette album !

 

Chumbawamba

Anars populaires

Il aura donc fallu 8 albums en 14 ans de galère (et de distribution alternative) avant que Chumbawamba ne parvienne à sortir la tête de l'eau, ou du lot, si vous préférez. Le groupe de Leeds, après avoir milité dans un punk anarchiste, rebelle et intello, s'était pourtant converti à la pop, en 1990. Mais ce n'est qu'aujourd'hui, après avoir rejoint une multinationale (EMI) qu'il décroche enfin un hit single avec « Tubthumping ». Pourtant, les paroles des chansons sont restées très révolutionnaires... La ‘contradiction’ méritait les explications du chanteur Danbert ‘The cat’ Nobacon et du bassiste Paul Greco. Et c’est ce dernier qui prend d’abord la parole…

P.G. : En fait, nous nous sommes un peu brouillés avec notre ex-label One Little Indian. Ces gens s'étaient mis en tête de contrôler notre création. Ils ont complètement saboté la promotion d'un album que nous avons enregistré après « Anarchy ». Et lorsque nous leur avons proposé les démos de « Tubthumper », ils nous ont suggéré de plutôt sortir... un ‘best of’. Nous sommes donc partis, finançant nous-mêmes ce CD. Finalement, nous avons conclu un accord avec EMI-Allemagne, mais il ne porte que sur une période de 6 mois. Après quoi, nous prolongerons notre collaboration, si ça colle toujours ».

Collectif Anarchiste

Chumbawamba compte huit membres. Pas trop difficile à vivre?

P.G. : Pas vraiment. Tout au long de notre histoire, nous avons été un collectif anarchiste: quelle que soit la décision à prendre, aussi bien dans le domaine de l'écriture que des concerts, le choix des morceaux, nous nous mettons toujours autour de la table pour en discuter. Nous fonctionnons comme une démocratie réaliste et l'argent est réparti équitablement entre nous.
D. N. :
Bien sûr, nos opinions sont parfois divergentes et des problèmes personnels peuvent surgir. Mais nous sommes ensemble depuis plus de 15 ans, la période est suffisamment longue pour bien se connaître.

Pourquoi Chumbawamba est-il devenu un groupe pop après avoir été punk?

D.N. : C'est le mouvement punk qui nous a donné envie de monter un groupe. Notre premier album était très punk, mais nous n'avons jamais perçu le punk uniquement comme un style musical: c'est plutôt une attitude et un moyen de véhiculer nos idées contestataires. Ainsi après nos disques initiaux, nous avons sorti un album a cappella, constitué de chansons anglaises révolutionnaires. Jamais nous n'avons misé sur l'immobilisme, au contraire, nous avons cherché à atteindre d'autres publics. Aujourd'hui nous jouons de la musique pop, qui contient des éléments dance, punk, folk, etc. Nous essayons de brasser un maximum de styles.
P.G. :
Les puristes punk pensent que nous avons ‘décroché’, mais pour nous, le punk des 70s symbolisait surtout l'opposition à l'autorité. C'est encore le cas de la musique que nous faisons à présent.

Couverture a la Benetton

Vous avez déclaré un jour que l'évolution de la musique s'était achevée avec Crass. Vous qui venez de Leeds, vous n'avez jamais cru à la scène gothique de votre ville?

D.N. : Je comprends que cette scène gothique ait pu frapper certains, mais pour nous, la scène de Leeds, c'était les Mekons et Gang of Four, plutôt que Sisters of Mercy et Mission.

Sur la pochette de votre album « Anarchy », on voyait un enfant sortant du ventre de sa mère. Encore un coup de provoc, en particulier à l'égard des puritains?

D.N. : C'était un peu une couverture à la Benetton censée susciter un choc. Tout le monde est venu comme ça et la naissance est un moment fort. Bien sûr, nous savions que certains petits esprits seraient outrés, qu'il y aurait un petit scandale.

Chumbawamba se sent-il investi d'une fonction sociale?

D.N. : Nous pensons que la musique a une force colossale. Les gens écoutent davantage la musique que les hommes politiques. Bien sûr, c'est devenu un business, ce n'est pas nouveau et il existera toujours des gens qui feront du fric à partir de quelque chose qui devient populaire. J'espère quand même conserver une certaine intégrité. La musique reste un moyen de contestation. En même temps, c'est un moyen d'évasion...

Rien à voir avec le chaos

Quel est le système politique idéal pour Chumbawamba?

P.G. : Le rêve serait d'adopter un système anarchiste au sens étymologique du mot: sans autorité. Les gens se réuniraient et travailleraient ensemble, de leur propre initiative. Il n'y aurait pas besoin de leader pour dire ce qu'il faut faire. Il ne serait pas nécessaire de créer une police répressive ou même un système judiciaire. Evidemment, c'est l'utopie... Et nous avons compris qu'il fallait vivre dans le monde réel. En fait, nous croyons beaucoup à une méthode basée sur la décision collective, à l'instar de ce que nous pratiquons au sein du groupe. Nos systèmes politiques mettent l'accent sur le parti, et surtout sur leur propre intérêt, c'est-à-dire le pouvoir. Ils sont plus intéressés par l'argent que par le peuple. Dans un sens, nous sommes des socialistes avec un ‘s’ minuscule.
D.N. :
Nous gardons les pieds sur terre, mais il faut insister : l'anarchie qui est le mode de vie auquel nous adhérons n'a rien à voir avec le chaos. C'est une lutte pour un monde meilleur. Nous n'avons pas la prétention de prôner un modèle, nous décrivons simplement les choses telles que nous les percevons. Et ce qu'on voit n'est pas franchement joli.     

Vous combattez le fascisme, mais en même temps, vous n'appréciez pas plus le communisme. Explication?

P.G. : le totalitarisme des stalinistes et des nazis étaient fort proches, deux régimes d'oppression, des millions de gens sont morts! Nous n'avons aucune sympathie envers quel que régime totalitaire que ce soit.
D.N. :
Les régimes fascistes et communistes ont un profond mépris envers les individus. La différence? Le nazisme affiche son idéologie vis à vis de groupes ethniques, sexuels, alors que le communiste ne l'affiche pas, mais a le même sentiment à l'égard des pauvres ou des groupes ethniques qui ne s'intègrent pas.

Vous ne semblez pas satisfaits du retour des travaillistes à la tête de l'Angleterre. Pourtant, vous vous étiez prononcés pour le départ des conservateurs...

P.G. : Non, l'état de grâce est fini pour Tony Blair. Les travaillistes se sont déjà attaqués au système de la sécurité sociale. Les citoyens vont devoir souscrire leur propre assurance en cas de chômage. Les étudiants vont devoir payer pour fréquenter l'université. Les promesses électorales sont passées à la trappe. Tony Blair a la même idéologie que son prédécesseur, mais avec un plus grand sourire. Il y a peu de différences, entre le parti conservateur et le parti travailliste. Résultat des courses: de nombreux étudiants rencontrent d'énormes difficultés financières. Ce n'est pas normal! Nous en revenons au régime qui était d'application avant 1940. Le gouvernement britannique est occupé à démanteler le système social mis en place après la seconde guerre mondiale. Et ce sont des prétendus socialistes qui y contribuent!

Merci à Vincent Devos

(Article paru dans le n°60 du magazine Mofo de février/mars 1997)

 

Chumbawamba

Swingin with Raymond

Au fil des albums, l'expression de Chumbawamba a glissé d'un agit punk ravageur vers un agit pop réfléchi. En fait, ce sont les lyrics, et exclusivement les lyrics qui véhiculent toute leur diatribe. Car la formation de Leeds adore tirer sur tout ce qui est susceptible d'entraver la liberté d'expression et même la liberté tout court. Avec un sens malicieux de l'humour, c'est vrai! Mais aussi et surtout radicalisme, passion pour la polémique, irrévérence impertinente. Ce qui leur a valu d'hériter de l'étiquette d'anarchistes. Ils aiment d'ailleurs autant la pop qu'ils détestent les mythes qu'elle perpétue. Et sur " Swingin' with Raymond ", le message n'a guère changé. Tout le monde en prend plein les gencives. Même Sting et Rod Stewart. Pour leur standing immobilier... Côté musical, le booklet nous informe que cet opus est divisé en deux volets. Celui que l'on aime et celui qu'on déteste. N'allons pas aussi loin. Disons simplement que la première partie baigne dans un climat pop doucereux, bercé d'harmonies vocales mielleuses, délicatement rogné de claviers ‘farfisa’ (Saint Etienne, Animals That Swim), alors que la seconde remue davantage. Pas au point de pogoter ou d'entamer une danse du scalp. Mais en adoptant un style plus syncopé, plus progressif, plus cuivré, à l'instar de Dexy's Midnight Runners voire de Paul Weller. "Oxymoron" affronte même la violence insidieuse, menaçante des Stranglers, style qui semble davantage adapté à l'esprit frondeur de Chumbawamba. Mais là, ce n'est qu'un avis très personnel...

Chumbawamba

Anarchy

Considéré à ses débuts comme formation anarcho punk, Chumbawamba adopte, depuis le début des nineties, une attitude beaucoup plus réfléchie. En fait, si la formation de Leeds continue de combattre toutes les formes d'injustice sociale ainsi que la philosophie politique capitaliste, qu'elle juge pour responsable de la montée du fascisme –le single "Enough is enough" en est probablement le plus beau témoignage– elle l'exerce d'une manière moins spectaculaire. Dans le passé, le groupe s'est régulièrement illustré à travers des attitudes provocatrices, pour défendre ses idées. Figurez-vous qu'à l'issue de l'épisode des Falklands, les musiciens n'ont pas hésité à scander des slogans hostiles lors des parades militaires organisées en l'honneur de l'armée britannique. Il leur arrive également de se peinturlurer le corps en rouge ou de se teindre les cheveux en vert. Récemment, ils ont même décidé de se nourrir exclusivement de porridge (NDR: Beurk!) et d'épluchures de pomme de terres (NDR: les déchets au menu, les tubercules à la poubelle!). Et pour illustrer la pochette d'"Anarchy", ils ont choisi le moment précis de l'accouchement où le nouveau-né commence à sortir la tête... Si leurs idées sont fondamentalement demeurées identiques, il n'en est pas de même pour leur musique. Sauvage et vindicative à ses débuts, elle adopte, depuis trois albums, un profil beaucoup plus soft, plus sophistiqué, plus pop. Un style comparable à Electronics et à Saint Etienne, auxquels Chumbawaba voue une grande admiration. Avec des samplings capricieux, un peu comme chez Carter USM. Agit pop!