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Daniel Norgren

Chaud dedans, chaud dehors…

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Daniel Norgren est un habitué de l’AB. Il s’y était produit en 2015 au sein d’un AB Club bien rempli, puis en 2016 dans un l’AB Flex conquis. Février 2020, il avait quand même foulé les planches du Crique Royal. Et il nous revient ce samedi 9 septembre, mais dans la grande salle de l’Ancienne Belgique. Et c’est sold out.

Son dernier elpee, « Wooh Dang », date de 2019, mais grâce à sa solide réputation live et à la bande originale du film primé du jury de Cannes 'Le Otto Montagne' (2022), l’intérêt du grand public à son égard, n’a fait que croître.

Pas de supporting act, le concert débute à 20h30. Il fait encore plus chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il y fait même torride. Et l’ambiance sera au diapason.  Heureusement la musique nordique devrait nous apporter un petit vent de fraicheur. Car Daniel Norgren est suédois, même si sa musique semble venir des grandes plaines des States. Sur scène, il est accompagné par un organiste (un Hammond ?), un drummer, un guitariste et un bassiste. Daniel s’installe devant un piano droit de couleur brune, éclairé par deux lampadaires à la luminosité blafarde. D’ailleurs le light show oscille entre ombres et lumières tamisées. Casquette vissée sur le crâne, l’auteur-compositeur semble plutôt timide. Sa voix est capable d’être aussi haut-perchée que celle de Neil Young mais un rien plus rauque (Tom Waits ?). Une chose est sûre, elle a quelque chose de fascinant.

Il ne faut pas très longtemps avant que cet artiste nous attirer dans son univers sonore. Il laisse choisir le public, puis l’entraîne là où il le souhaite. Après avoir attaqué les 3 premiers morceaux aux ivoires, Daniel passe à la guitare et l’atmosphère devient magique. Les titres sont longs mais grimpent progressivement en intensité. Le concert va d’ailleurs 120 minutes !

La musique est construite comme un paysage. Une guitare lancinante, une ligne de basse impeccable et une touche de psychédélisme habillent des textes empreints s’une grande sensibilité. On a ainsi droit à des ballades au piano, à du rock épuré, une escapade americana ou encore un folk bien bluesy sorti tout droit du bayou louisianais. L’ambiance est différente à chaque titre, nous tenant suspendus au bout de ses lèvres et de sa guitare ou de ses ivoires délicats, avec une dose de mélancolie et de malice. Ravi, le public écoute religieusement. Malgré la chaleur étouffante, on se laisse bercer par des harmonies musicales et vocales lancinantes, délicates et chargées de spleen…

Le public aimerait qu’il revienne bien vite pour un nouveau concert, mais plus dans une atmosphère aussi irrespirable. Peut-être, alors en hiver, pour nous réchauffer les cœurs…

Setlist : « Why May I Not Go Out and Climb the Trees ? », « Like There Was A Door », « If You Look At The Picture Too Long », « Everything You Know Melts Away Like Snow », « Moonshine Got Me », « I Waited for You », « New Home », « Putting My Tomorrows Behind », « Music Tape », « People Are Good », « Whatever Turns You On », « The Power ».

Rappel : « Let Love Run The Game ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Daniel Norgren

Buck

Écrit par

Daniel est un jeune chanteur/compositeur suédois. Il vient juste de fêter ses 30 balais. Il fabrique ses propres instruments et enregistre chez lui. Sa première création, "Kerosene dreams", date de 2007. Publiée en 2008, sa deuxième, "Outskirt", lui avait permis d’ouvrir les portes du reste de l'Europe et avait particulièrement bien été reçue par le public blues. Une situation favorable qui sera encore renforcée lors de la sortie d’"Horrifying Deatheating Bloodspider", en 2010. Pourtant, sa musique exprime son mal de vivre et baigne au sein d’une atmosphère parfois chaotique. En outre, en général, il crie plus qu’il ne chante…  

Daniel était attendu au tournant. "Buck" est habillé d’une pochette cartonnée luxueuse, comme un livre dont les pages sont illustrées par des photographies en couleur bien énigmatiques. L'artiste aurait-il à nouveau l’intention de nous raconter ses malheurs ? Pas du tout ! En fait, paradoxalement, "Buck" est empreint de beauté et d’une grande douceur, même si l’opus s’ouvre et se referme par des bruitages électroniques étranges.

"Howling around my happy home" est une fresque sonore de plus de 10 minutes. Une plage minimaliste que tapisse en quasi-permanence, un fond d'orgue. Les percus sont frêles. Les cordes de guitare et l’instrumentation électronique entrent en osmose. Une technique qui n’est pas sans rappeler la quintessence du krautrock originel. Petra (NDR : c’st la compagne de Daniel) chante "Once was a queen". Sa voix coule comme le miel tout au long de ce délicieux morceau de pop qui navigue quelque part entre l’univers sucré de John Lennon et sidéral de Syd Barrett. "Driving ghosts out of black buck with a weld" est parcouru de brèves expériences sonores, avant de se fondre au cœur d’une nouvelle tranche onctueuse. "Putting my tomorrow's behind" a bénéficié du concours de collaborateurs, et notamment son fidèle bassiste Anders Grahn, en compagnie duquel il se produit habituellement sur scène. Le tempo s’accélère pour "Whatever turns you on", une plage nerveuse, répétitive et spasmodique. Colorée par l'orgue d'Andreas Filipsson, elle lorgne manifestement vers le Velvet Underground. Daniel se réserve l'accordéon sur la très jolie ballade folk "Black vultures". "Music tape" baigne au sein d’une atmosphère cool. Un bon vieux country blues accordé sur le porche de la maison du bonheur. Une impression également présente tout au long du nonchalant "I'm a welder". L’accordéon est à peine effleuré, comme sur certains titres d’"Exile on Main street" des Rolling Stones. "Moonshine got me" a été immortalisé ‘live’, sous la formule trio. La musique prend une nouvelle dimension. Agréable, la voix ne manque pas de charme. Elle susurre à l’oreille même. Les cordes sont d’abord taquinées. Habilement. Puis montent en puissance lorsqu’elles s’évadent en toute liberté, avant de se dédoubler, de fusionner, et de s’acidifier au contact de l’orgue. Et Daniel se réserve ses claviers, pour interpréter en compagnie de Petra, son ultime joyau, "My hobo is rambling". Certainement le meilleur album commis par Norgren, à ce jour !

 

Daniel Norgren

Horrifying death eating blood spider

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Cet homme-orchestre suédois avait gravé, l’an dernier, "Outskirt", une œuvre particulièrement singulière. Imprégné de blues, folk et world, elle constituait, pour votre serviteur, une véritable révélation. Son nouvel opus, "Horrifying death eating blood spider" est tout aussi imprévisible. A cause des percus tonitruantes, primaires, dispensées par Pelle Nyhage. Et puis de la voix déjantée, scandée à tue-tête. Son blues est brut. Il est alimenté par des accords de guitare amplifiés, répétitifs, dessinant des motifs sans fin. Daniel chante, éructe, siffle comme un révolté. Son attitude est menaçante.

Un climat de torpeur et d’inquiétude envahit "Nr.& Nr.2 Nr.3". Manifestement, ce n’est pas la joie. Il s’abandonne aux tourments des artifices synthétiques, tel un repenti, la corde au cou! Et ce n'est pas "Highbird" qui va nous combler d’optimisme. Calfeutré dans sa maison, au cœur de la nature scandinave, Daniel se confesse à son enregistreur à cassettes. Il triture sa pauvre guitare sans ménagement. "Blind" est une complainte empreinte de mélancolie et de morosité. Sa voix est très assurée, mais les tonalités des instruments sont terriblement fragiles. "Crooked John" pénètre au sein d’un univers postindustriel d'une autre époque. Les sonorités sont indescriptibles. Les percussions accablantes. La flûte dissonante. Nous sommes proches  de l'anoxie, comme oubliés dans une fosse de garage. Daniel adopte un rythme plus enlevé pour aborder "Get the moon up". Son timbre est aussi ravagé que celui de Tom Waits. L’inspiration est nettement puisée dans le pré-war blues. La rythmique s’active pendant que l’harmonica communique un peu de couleurs à l'ensemble. "Mean old devil got on II" est également marqué par ce blues primaire. Il attaque ses cordes sur le fil du rasoir. L’accent est placé sur le message de notre artiste, issu du Nord. Ses riffs deviennent incandescents sur "Lowbird". Un vieil orgue, sorti de nulle part, hurle tel un Zeppelin des années trente! La plus belle chanson est sans doute aussi la plus accessible : "Stuck in the bones". Sa voix semble libérée. Daniel tolère même la présence d'autres musiciens, dont Berra Karlsson, préposé à la steel guitare. Et ses interventions sont judicieuses. Cependant, "Perfect jazz" replonge dans l’univers glauque avant de célébrer sa délivrance, lors de la finale, "Tough it aches". Introspective, cette œuvre est vraiment très originale. 

Daniel Norgren

Outskirt

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Chanteur/compositeur/interprète suédois, Daniel Norgren est un artiste talentueux. Pour créer son propre style roots, il mêle ainsi le folk, le blues primaire et le vieux jazz ‘old school’ auquel il ajoute un soupçon de country et de musique populaire. En général, il se produit comme un homme-orchestre. Il chante ou souffle dans un harmonica ou encore un kazoo en s’accompagnant, en même temps, de sa guitare tout en se chargeant des percussions. Il est très populaire chez lui ; mais également, semble-t-il, chez nos voisins néerlandais. Son premier album solo est paru en 2007. Expérimental, "Kerosene dream" lui avait valu d’être comparé à Tom Waits. "Outskirt" est sorti dans son pays en avril 2008. Il fait aujourd’hui l’objet d’une distribution internationale via le label batave (NDR : et très blues !) Cool Buzz! Pour la circonstance, Daniel a reçu le concours d'excellents musiciens locaux. En outre, il signe les quinze pages de cette œuvre.

"Who's knocking" ouvre l’elpee. Une compo captée ‘live’ en studio. Et en une seule prise ! Norgren reconnaît pour influence majeure le blues d'avant-guerre. Celui des pionniers comme Blind Willie Johnson ou Son House. Les percussions sont rudimentaires. Les cordes véhiculent des accents métalliques. La voix de Daniel est mordante, brute. Il me fait un peu penser aux débuts de feu l'Anglais Kevin Coyne. La guitare est torturée. Il tire le maximum de son instrument. Les cordes sont lacérées et gémissent tel un animal blessé. Cette entrée en matière interpelle ; et pourtant elle ne reflète pas exactement le climat entretenu tout au long de cet elpee. D’ailleurs, "Let me go" est une plage plus paisible. Il mêle son blues à du gospel (NDR : un style qu’il apprécie), en balisant sa voix de légers chœurs. "The comedian" nous entraîne dans le monde du jazz, mais un jazz suranné et dépouillé, un tantinet manouche. Autobiographique, ce morceau est enrichi par les sonorités feutrées de la trompette de David Lindroth. Tom Waits n’est pas loin. Daniel se prend pour un matelot errant dans un vieux port (NDR : peut-être celui d’Amsterdam) pour chanter "Prettiest world". Une scie musicale talonne sa voix. Un orgue colore délicatement cette chanson folk mélancolique. Norgren ne respire pas la joie de vivre. C’est même plutôt un type au bord du désespoir. Mais ce désenchantement fait aussi sa personnalité. Un spleen qu’il épanche sur "Purse" et tout au long de "Poor heart's avenue", une ballade dont le profil country est dessiné par sa steel guitare ; ou encore lors de la complainte "Saddle my heart", caractérisée par ses violons larmoyants. Fort heureusement, le blues refait régulièrement surface. A l’instar de l’intense "Fivestringed crooked Red Clara". Si l’harmo transparaît en filigrane, le bottleneck entretient ce climat. Il s’accompagne au piano (NDR : tolérant néanmoins quelques artifices électroniques), pour interpréter "Mean old devil got on". Sa voix est très triste pour chanter cette compo traitant du monde plongé dans le désordre et le chaos. Apaisé, il nous livre une plage de toute beauté : "Before I go". Valse débridée, "No one wants you as you are" conjugue ses cordes électriques et le saxophone loquace de Mats Walson. Et finale, Daniel démontre qu’il a quand même le sens de l’humour. "I couldn’t even grow a moustache for you" est même une plage récréative. Et je dois avouer que c’est même celle qui me botte le plus.

Norgren est un artiste dont la sensibilité à fleur de peau est surprenante. Il peut se montrer paisible un instant et complètement ravagé le suivant. Respecter l’héritage d’un maître du passé ou emprunter un format résolument contemporain. A découvrir de toute urgence !