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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Devendra Banhart

La perruque volante de Devendra Banhart

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« Flying Wig » est un paysage de dualités récurrentes ; une boîte de paradoxes, une boîte de vers. Ce qui monte doit finir par redescendre. Éprouvé par la vie, Banhart s'est retrouvé découragé, replié sur lui-même, ayant du mal à parler, et encore plus à chanter.

‘Il s'agit de transformer le désespoir en gratitude, les blessures en pardon, le chagrin en louange’, rumine Banhart dans son onzième elpee studio. Glissant dans l'air, le murmure de deux mots flottants apparaît symboliquement et parfois littéralement – ‘and yet...’ (inspiré par ‘A World of Dew’ du poète japonais du XIXe siècle, Kobayashi Issa) – colorant les contours mélancoliques et les remplaçant par un optimisme bondissant. Le ‘et pourtant, et pourtant’, explique Banhart, est notre capacité à affronter le désespoir avec espoir, à continuer à échouer et à aimer. Toute ma vie a été remplie de tristesse. Tout ce que je fais dans la vie, c'est pour aider à faire face à cette tristesse’.

L'album est la concrétisation d'une amitié précieuse avec Cate Le Bon, productrice de « Flying Wig ».

‘Nous avons voulu faire un disque qui ne ressemble à rien de ce que j'ai fait auparavant, avec une nouvelle partenaire créative à la barre. Nous voulions absolument un nouveau son, électronique mais organique et chaleureux...’

Ce sentiment d'abandon joyeux n'est nulle part ailleurs que dans le titre de l'album. La véritable perruque qui l'a inspirée était, explique Banhart, un cadeau d'anniversaire de l'artiste Isabelle Albuquerque. ‘Je l'ai placée sur un pied de micro et elle est restée là pendant des mois, au milieu de mon salon. Au fil du temps, elle a commencé à prendre une présence inquiétante et ludique et je me suis mise à imaginer que, pendant mon sommeil, la perruque s'envolait dans la nuit et se mêlait à toutes les autres perruques et toupets qui volaient autour d'elle... Cela m'a semblé être une image charmante et obsédante, un symbole de liberté’. A ce thème, il faut ajouter la liste ironique et jubilatoire des autres inspirations de Banhart pour l'elpee : les salles de bal du milieu des années 80, le glamour, les baleines, l'employé solitaire d'une entreprise sans avenir, les yeux injectés de sang de la divorcée, l'infirmière de nuit, la nonne rebelle. Il y a, en fin de compte, beaucoup de positif à trouver dans le négatif.

« Flying whig » paraîtra ce 22 novembre 2023. En attendant, le single « Twin » est disponible sous forme de vidéo,

En concert le 29 novembre à l'Ancienne Belgique de Bruxelles

Devendra Banhart

Ma

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Bien que dépouillé, le précédent elpee de Devendra Banhart, « Ape in pink marble », faisait la part belle aux claviers. Pour son dixième opus, il a décidé d’en revenir à des sonorités davantage acoustiques et surtout organiques. Chantées tour à tour en anglais, en espagnol, en portugais et même en japonais (« Kantori Ongaku » qui rend hommage au fondateur du Yellow Magic Orchestra, « Haruomi Hosono), les compos évoluent, pour la plupart sur un tempo bossa nova, tempo qui peut se révéler, indolent, voire nightclubbien ou plus allègre. Devendra joue de la gratte, le plus souvent en picking ; et une plage comme le mélancolique « October 12 », semble même hantée par Django Reinhardt. Paradoxalement, si les arrangements sont discrets, ils sont riches et surtout soignés. Suivant les morceaux, on y entend des orchestrations de cordes, des cuivres, du clavier, du violon, de la guitare électrique (probablement une Rickenbacker, vu les sonorités qui rappellent celles que privilégiait feu George Harrison), de la flûte, etc. Point d’orgue de cet LP, l’énigmatique « Now all gone » bénéficie du concours de Cate le Bon aux chœurs, alors que la ligne de basse rappelle curieusement le « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg. Les textes de Devendra sont particulièrement engagés ; et si le titre du long playing honore la maternité au sens large du terme, il aborde des sujets aussi divers que le deuil (« Memorial », un morceau qu’aurait pu interpréter Léonard Cohen), le malaise existentiel, le réchauffement climatique, sans oublier l’examen de la situation politique dans son pays, le Venezuela (« Arbre las manos »). L’album s’ouvre aussi par un titre méditatif (« Is this nice ? ») et s’achève par un autre abordé dans le même esprit (« The lost coast »), même s’il se révèle davantage ambiant…

Devendra Banhart

Une soirée trop arrosée...

Après de longs et pénibles détours pour trouver la salle, toujours aussi profondément enfouie dans le fin fond du Nord de la France, quelle joie d'apprendre qu'en première partie de Cocorosie et de Devendra Banhart jouait notre vieil ami Jeffrey Lewis ! Pour rappel : l'antifolk, les comics, tout le bazar, en direct de New York, bref un bon petit apéro à cette soirée placée sous le signe du folk hybride et déjanté, tendance Incredible String Band et Linda Perhacs. Il y a du monde au bar, mais Jeffrey et son frère n'en ont cure : ils balancent la sauce et parviennent même à séduire un public pas conquis d'avance (NDR : rappel : nous sommes en France – c'est tellement vrai que ça rime). Grâce à son bagout post-pubère et sa coupe de cheveux complètement ridicule, Jeffrey le bienheureux nous aura rappelé qu'il ne faut ni savoir chanter ni savoir jouer pour donner des concerts (et des bons, en plus). Poète beatnik au verbe acidulé mais drôle (Réf. : Chester Brown, Joe Matt, loosers magnifiques de la BD nord-américaine), Jeffrey Lewis était présent ce soir par surprise, et c'était plutôt une bonne nouvelle.

Mais déjà les sœurs Sourire du revival psyché-folk débarquent avec leurs camions jouets et leur beatbox humaine, un black francophile ayant la triste tendance à parodier MC Solaar, lui-même étant déjà une belle grosse blague (même pas belge, en plus). Mais dès que les sœurs Coco et Rosie (à moins que ce ne soit le contraire ?) commencent à chanter, là c'est le bonheur. Nous sommes dans la Maison de Leur Rêve, à prendre le thé avec une jouvencelle en robe XIXe. Elle nous sourit de sa bouche féline, et entame son chant de sirène : charmés dès les premières roucoulades veloutées qui se glissent en travers de ses lèvres, nous ne pouvons que lui demander encore un peu, euh… oui…, de cet aphrodisiaque sucré. Heureux en amour, malheureux au jeu ? Il en vaut pourtant la chandelle. Et dans cette ambiance on se croirait au grenier, à fricoter sous les bougies, dans le silence interdit d'un rendez-vous coquin. Au début la belle se veut chaste, n'osant murmurer à nos oreilles qu'un souffle léger à faire frémir notre braguette, mais très vite elle se détend, tandis que l'autre, manque d'exploser sous la pression. C'est dans un râle de plaisir que cette histoire aurait dû se conclure. Des gens tapent des mains, à la porte de la Maison : notre union se consume, il est temps de rallumer.

Et d'aller chercher une bière, pour se rafraîchir les idées. Le temps qu'il faut à Coco et Rosie de remballer leur bric-à-brac, pour laisser la place au génie folk de ce siècle nouveau, « the revelation of the year », le gentil gourou du finger picking au poil pachydermique, la réincarnation en éphèbe tatoué de Vashti Bunyan, le plus beau spécimen de 'music freak' en captivité sur cette planète : Devendra Banhart. Fort de deux albums magnifiques sortis en l'espace de six mois (« Rejoicing in the Hands » - album de l'année - et « Nino Rojo »), Devendra Banhart peut se targuer aujourd'hui, chers terriens, d'être l'élu envoyé par le Saint Verbe Acoustique pour nous sauver de la perdition et de la surdité marketée. Ouvrons les yeux, et surtout les oreilles : ce type au look de bédouin white trash shooté à la lavande pourrait bien être notre salut, notre épée de Damoclès face à la médiocrité qui nous assaille tous les jours sur la bande FM. Et comme un beau Jésus, Banhart a invité ses apôtres. Des types aussi barbus que lui (du groupe Vetiver), parce que c'est dans la barbe que crèchent la force et la jeunesse (écouter « This Beard », et pleurer). Sauf que les apôtres parfois se mettent à déconner (rappelez-vous les trois cris du coq – comme chez Coco Rosie d'ailleurs), et c'est Jésus qui trinque. En bref on avait adoré Devendra Banhart en solo ('Mirage au Pukkelpop : des individus en short baggy couverts de boue affirment avoir vu le Christ'), mais entouré d'une bande de saoulards qui auraient bu tout le pinard à la messe, notre sauveur aura bien eu du mal cette fois à prêcher sa bonne parole. Imaginez La Compagnie Créole reprenant Bob Dylan entre deux culs secs au vin rouge (qui a crié 'Judas !' ?) : l'hostie, tout de suite, reste en travers de la gorge. Evidemment, quand en plus c'était - semblait-il - la dernière date de la tournée européenne de Devendra Banhart, on pouvait s'attendre comme de coutume à de longues jams entre musiciens défoncés jusqu'à l'os. A la fin, donc, c'était la fête sur Cène (avec Jeffrey, Coco, Rosie et tout le cirque), mais moins dans la salle : qui aura vraiment tenu jusqu'au bout ? Les derniers seront-ils toujours les premiers ? Qui a lancé la première pierre ? Sans doute que cette soirée restera pour beaucoup un mystère. 

 

Devendra Banhart

Mala

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Album numéro huit pour Devendra Banhart qui vise, tire et marque sans effort. Quand il ne prend pas la pose avec sa fiancée pour les magasins The Kooples, il arrive à Banhart d’écrire de superbes petites mélopées joliment mises en boîte. « Mala » n’échappe pas à la règle. Le chanteur privilégie la simplicité des mélodies et abruptes, qui dépassent rarement les 3 minutes 30. « Für Hildegard von Bingen », le morceau envoyé sur la toile en guise de mise en bouche, est à l’image de l’LP : une force tranquille qui s’écoule délicatement, sans déranger qui que ce soit.

« Mala » est de ces disques dont on n’attend pas grand-chose au départ, partant du constat que son créateur ne s’était pas trop foulé pour ses dernières œuvres. Mais Devendra a plus d’un tour dans son sac. Même lorsque ses litanies sont de facture classique, le Texan d’origine vénézuélienne parvient à leur insuffler une chaleur irradiante. 14 morceaux tout simplement irrésistibles. Mention spéciale à « Mi Negrita », « Für Hildegard von Bingen », « Daniel » et « Taurobolium », foutrement efficaces.

Si, une fois de plus, le soleil ne réchauffe pas la plaine de la machine à feu cette année, Devendra Banhart devrait le remplacer sans aucun mal lors de sa visite au Festival de Dour, le samedi 20 juillet prochain.

 

Devendra Banhart

What will we be

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Réalisé à Topanga Canyon, sur un flanc des montagnes de Santa Monica, face à l’océan Pacifique, le précédent opus de Banhart, « Smokey rolls down thunder canyon », m’avait quelque peu laissé sur ma faim. Faut croire que Devendra adore les endroits insolites, pour enregistrer, car « What will we be », son septième, a été commis à Bolinas, une ville ‘fantôme’ sise à une heure de route de San Francisco ; mais surtout un paradis pour les surfeurs. Et il y a entraîné toute son équipe, dont Noah Georgeson, guitariste, mais également responsable de la mise en forme des deux elpees précédents ainsi qu’Andy Cabic, le leader de Vetiver. Par contre, la production a été confiée, pour la circonstance, à Paul Butler (The Bees).

Hormis quatre complaintes vaporeuses, pastorales, pour ne pas dire quelconques, presque toutes rejetées en fin de tracklisting, les 10 autres plages de l’opus valent le détour. Depuis « Can’t help but smiling », chanson folk ensoleillée déguisée en bossa nova au reggae tropical « Foolin », en passant par la ballade « Angelika » qui se mue à mi-parcours en samba, le r&b groovy « Baby » et ses chœurs ‘velvetiens’ (NDR : même la voix de Devendra emprunte les inflexions de Lou Reed), « First song for B », qu’il interprète seul, en s’accompagnant au piano, la pseudo-comédie musicale « Chin chin & muck muck », déchirée entre jazz nightclubbien (y compris cuivre, ivoires et drums) et folk exotique (percus et marimba à la clef), le glam « 16th & Valencia, Roxy Music » (NDR : et son clin d’œil adressé à Bryan Ferry), le très électrique « Rats », dont les très fortes réminiscences ‘ledzeppelinesques’ se retrouvent même dans les breaks de drums et enfin l’exquis et gracile « Brindo », compo hispanisante écrite dans l’esprit de son maître, Caetano Veloso. Devendra chante tantôt en anglais, en espagnol et parfois en portugais, du même timbre vibrant (NDR : les mauvais langues diront chevrotant) qui me rappelle toujours autant Ray Dorset, le vocaliste de Mungo Jerry. Dommage cette fin de disque un peu trop cool, sans quoi, il aurait, sans doute figuré dans mon ‘Top 2009’…

Devendra Banhart

Smokey rolls down thunder canyon

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A boire et à manger sur le cinquième album de Devendra Banhart dont il partage la production en compagnie de Noah Georgeson. Les sessions d’enregistrement de cet elpee se sont déroulées à Topanga Canyon (NDR : voyez le topo : sur un flanc des montagnes de Santa Monica, face à l’océan Pacifique) en compagnie de son groupe au grand complet. Dans une maison transformée en studio pour la circonstance. Un endroit fréquenté à différentes époques par Emmylou Harris, Taj Majal, Joni Mitchell, Mick Fleetwood, les Doors et même Neil Young (pour concocter « After the gold rush »).

Sur les 16 titres que partagent les septante et une minutes de cet opus, un bon tiers manque franchement d’inspiration. Trois plages semblent même avoir été composées sous un état de somnolence avancé. S’il n’y avait quelques traces de piano sonore pour nous tenir en éveil, on tomberait ainsi facilement dans les bras de Morphée. Berceuse enrichie de chœurs et de cordes, « Freely » pourrait ainsi facilement faire le bonheur du répertoire de charme d’Henri Salvador. Quand à sa tentative d’incursion dans le funk à la Prince (« Lover ») et le reggae aussi lisse que filmique (« The Other woman »), on ne peut pas dire que ce soit une réussite.

Mais venons-en au reste. C'est-à-dire le meilleur. Dont une majorité de compos psyché folk vaporeuses teintées de latino. Depuis la ballade « Cristobal », caressée par les accords d’un charango que se réserve le producteur, à la finale « My dearest friend », étoffée par la présence d’un quatuor à cordes. Deux titres au cours desquels il adopte la formule du duo. Le premier en compagnie de l’acteur Gael Garcia Bernal. Le second de Vashti Bunyan, que Devendra avait sorti d’un silence de 30 années en l’invitant déjà à participer aux sessions d’enregistrement de « Rejoicing ». Banhart est toujours aussi hanté par Caetano Veloso et il le démontre à nouveau. Notamment sur deux sambas paresseuses. D’abord « Samba Vexillographica », au cours de laquelle Chris Robinson des Black Crowes se charge du charengo argentin ; et ensuite « Carmensita », davantage laid back, mais surtout nourrie aux congas.

Devendra adapte son timbre et ses inflexions vocales en fonction des chansons. Et puis, il s’exprime tantôt en espagnol ou en anglais. Mais aussi en portugais (le tendre et délicat « Rosa ») et en hébreu. Sur l’étonnant « Shabop shalom », une plage aventureuse caractérisée par des chœurs doo-wop réminiscents des 50’s (NDR : Nick Valensi, le guitariste des Strokes, en fait partie). Il y récite un conte surréaliste au cours duquel il clame audacieusement avoir écrit les manuscrits retrouvés dans la Mer Morte (NDR : ben oui, regardez-le, c’est pas la réincarnation de Jésus ?) D’ailleurs, il poursuit ce faux évangélisme en immergeant « Saved » dans le gospel. Devendra développe également parfois une perspective féminine à travers ses mélodies. A l’instar de « Bad girl ». Et malgré la présence d’une slide, cette ballade évoque en mon fors intérieur un certain « Don’t let me down » des Beatles. Si son approche du tex mex opérée sur « Tonada Yanomaminista » est assez réussie, la meilleure compo du disque est manifestement « Seahorse ». Une très longue plage qui démarre lentement, croise le jazz (Dave Brubeck ?) avant de glisser vers un pysché garage plus que probablement inspiré par les Doors et surtout le Grateful Dead. Un petite perle musicale lustrée par un clavier ‘manzarekien’ et une flûte pastorale.

Devendra Banhart

Cripple crow

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Le quatrième album de Devendra Banhart propose la bagatelle de 22 titres en près de 75 minutes. Un disque pour lequel il n’a plus fait appel à Michael Gira à la production, mais à Noah Georgeson (Joanna Newsom) et surtout Thom Monahan (Pernice Brothers). Une oeuvre pour laquelle il a également reçu le concours de son groupe de tournée, les Hairy Fairy, mais également d’Andy Cabic (Vetiver), un pote du lycée. Lorsqu’on observe la pochette, on ne peut s’empêcher de penser à « Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band » des Beatles. Un véritable clin d’œil qu’il traduit d’ailleurs à travers quelques chansons rendant hommage aux Fab Four. Et je pense tout particulièrement à l’hymne ‘lennonesque’ et antimilitariste « Heard somebody say », à l’exotique (George Harrison ?) « Lazy butterfly », impliquant tabla, sitar et tout le saint tremblement. Et bien sûr à la compo « The Beatles », nonobstant la seconde partie de la plage chantée dans la langue de Cervantès. Une langue qu’il utilise d’ailleurs sur plusieurs morceaux de cet opus, rappelant que l’intéressé a vécu une bonne partie de sa jeunesse au Venezuela. Et qu’il admire toujours autant Caetano Veloso auquel il emprunte, pour la circonstance, quelques accents bossa nova. En outre, il se réserve une cover de la « Luna de Margarita » de Simon Diaz. L’enfance est une période de sa vie qu’il voudrait éternelle. Ce qui explique sans doute la présence d’une chanson comme « I feel just like a child » (NDR : rien à voir avec le « Sometimes I feel like a motherless child », un standard gospel revisité par Richie Havens lors d’un célèbre festival en 1969. Quoique.) qu’il interprète sur un ton hypnotique, réminiscent de Lou Reed. Près d’un tiers des morceaux de cet elpee trahissent cet état d’esprit. Même le titre maître est une expression lyrique. Musicalement, Devendra pratique une sorte de folk très subtilement teinté de psychédélisme. Un peu dans l’esprit de Lovin’ Spoonful, mais en moins blues et davantage sous influence (…) Mais ce qui fait le charme de sa musique, c’est sa voix. Légèrement chevrotante, elle campe une sorte d’hybride entre Jeff Buckley et Cat Stevens. Et son sens mélodique particulièrement contagieux. Le plus amusant dans cette histoire, c’est que notre gaillard et ses acolytes semblent bien décidés à vouloir faire revivre la flower power. Cheveux longs, barbes, tuniques indiennes, vie en communauté, etc. (NDR : qui a dit amour libre ?). Un sujet qui mériterait un autre débat. Encore faudrait-il que le Devendra en question veuille bien s’expliquer (NDR : à moins qu’il n’ait rien à dire). Précisant, par exemple, la raison pour laquelle il a enregistré ce « Cripple Crow » aux studios Bearsville de Woodstock. Ou encore. J’entends déjà des babas cool entonner le ‘rain chant’.

Devendra Banhart

Oh Me Oh My… The Way The Day Goes By The Sun Is Setting Dogs Are Dreaming

Avec un titre pareil, on était déjà sûr d'une chose : ce Devendra Banhart est un original. Ce que la bio, d'ailleurs, confirme : à 21 ans, il traversa le désert du Grand Canyon pour rejoindre son père emprisonné au Venezuela ( ? !). Puis partit bivouaquer en France pour revenir à New York, loger dans des squats. Voilà qui suinte le vécu : ça peut faire un bon disque. De fait, ce " Oh Me Oh My… " impressionne dès la première écoute, même si c'est pas une sinécure : Banhart chante avec une voix saturée et chevrotante, avec pour seul accompagnement une guitare et une boîte à rythmes. Du fait maison que cet album, décousu mais émouvant : un genre d'Antifolk à la Moldy Peaches, mais sans les rires et les déguisements. Et même si ses paroles sont tordues (" Lend Me Your Teeth " suffira comme exemple…) et sa musique artisanale, il s'en dégage une sincérité telle qu'on avale la pilule sans problème. En 22 chansons courtes mais captivantes, Devendra Banhart pourrait même piquer la vedette à Daniel Johnston, et devenir le nouveau Nick Drake du quatre-pistes ! Même Michael Gira (ex-Swans) ne s'y est pas trompé, puisqu'il a emmené le bonhomme en tournée, en plus d'avoir dessiné la pochette de l'album… Un album de folk anémié qui ne cesse de surprendre, tout à la fois bizarre, surréaliste, effrayant, drôle, déroutant, triste et magique. Du grand art avec trois fois rien, mais beaucoup de talent.