Des machines accomplissent leur labeur dans une atmosphère postindustrielle, répétant leurs gestes mécaniques des centaines de fois, jusqu'à l'irruption fantomatique de beats ascétiques et d'échos extra-terrestres. Qui les contrôle, comment les arrêter, combien sont-elles ? L'auditeur, aux stimuli devenus pavloviens, ne peut rien faire, pris dans l'étau menaçant de ces automates imperturbables, qui continuent leur lavage cérébral, jusqu'à l'abstraction la plus minimaliste (" Photo Injector "). Quand le cobaye de cette expérience électronique croit être sauvé par le silence, de lourdes vagues radioactives surgissent de nulle part, emprisonnant sa victime dans une chape de bruits blancs dont elle ne sortira pas indemne (" Niobium Resonators "). Quelle est l'échappatoire ? La machine s'arrête. Peut-être est-ce l'occasion de… Une salve de bleeps retors, tapis dans les coins de cet univers oppresseur, réduit l'homme à l'état de légume : fait comme un rat, transpercé de tous bords par ces aiguilles technoïdes subliminales, il ne peut plus bouger, terrassé une dernière fois par un tir groupé d'interférences malignes (" Graviton "). Vaincu, exténué, l'auditeur n'a plus qu'à se laisser aller, vers une mort lente et paresseuse, enfin débarrassé de ce monde d'Apocalypse qui veut sa peau, ses os et ses tympans. Et puis c'est la lumière : des beats oniriques le libèrent de sa carcasse devenue inutile, le transportant dans un monde dénué de violence et d'angoisse (" Myon-Neutrino "). A l'horizon, le soleil, le calme plat, et toujours cette musique lancinante en fond sonore, mais cette fois sans ces bruits de souffrance (" Z-Boson "). Petit à petit, l'homme reprend des forces et des couleurs, regagne la vue et l'usage de ses membres. Cette lumière, au loin, l'appelle et le réconforte (" Higgs-Mechanism "). Réchauffé, rétabli, il peut maintenant s'endormir, enfin, bercé par cette électro qui ne lui veut plus de mal. Totalement libre et serein.