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Emily Jane White

Victorian America

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Emily Jane White nous vient de Santa Cruz, fief des surfeurs californiens. Elle a vécu quelque temps à Bordeaux (NDR : ce qui explique sans doute sa signature chez Talitres), mais s’est depuis s’est installée à San Francisco. L’artiste cite PJ Harvey et Nick Cave comme influences majeures. Vu le climat au sein duquel baigne cet opus, c’est une évidence. Et les lyrics profonds, écrits dans l’esprit d’un roman d’Edgar Alan Poe, accentuent cette impression. Ses compos sont sculptées dans une forme de folk gothique, proche d’Alela Diane. Mais son timbre vocal peut rappeler Cat Power. La versatilité des rythmes et l’amplitude des arrangements (NDR : violoncelle, piano, pedal steel et drums feutrés y sont parcimonieusement, mais judicieusement dispensés) lui permettent cependant d’éviter l’écueil des clichés entretenus pas la musique folk. Ce qui lui permet ainsi d’intégrer dans sa solution sonore des influences qui oscillent de la country à la pop, en passant par le blues et le rock.

Cet opus recèle 12 véritables pépites de dark folk. Des compos belles et tourmentées à la fois. Elégantes et mélancoliques, également. A l’instar de « Stairs », « Liza » ou encore « Frozen Heart ». Et dès « Never Dead », on est entraîné dans un univers peuplé de spectres, lors d’une nuit sombre à l’atmosphère glaciale (NDR : peut-être quelque part au beau milieu de la Forêt Noire ?) Superbe, cette chanson est un des sommets de l’elpee. Quant à « Dark Undercoat », c’est une ode à feu Bessie Smith, la reine légendaire du blues. La presse spécialisée rivalise de références météorologiques pour saluer cette sortie ; jugez vous-mêmes : ‘Une bande sonore idéale pour l’automne’, ‘Une collection des chansons parfaites à a écouter au coin du feu’, ‘Une musique pour nous accompagner dans la tristesse des jours qui raccourcissent’… Pourtant, il n’est pas sûr que les States se montrent fort enthousiastes à l’égard de chanteuse américaine. A mon humble avis, sa musique correspond bien mieux à la sensibilité romantique européenne.

Pour rappel, « Victorian America » fait suite à son premier album « Dark Undercoat », sorti en 2007 ; un disque sur lequel figurait "Wild Tigers I Have Known", une compo destinée au film de Cam Archer du même nom. Après avoir commis un second elpee d’une telle trempe, Emily mériterait d’être reconnue au même titre qu’Alela Diane ou de Shannon Wright. Nous ne sommes pas en présence d’un autre buzz, comme une certaine presse a trop souvent tendance à nous rabâcher les oreilles, sans le moindre discernement, dès qu’elle découvre la dernière merveille automnale. Bien souvent américaine… et érigée en sauveuse du folk à papa. Bref, cet album est tout simplement superbe et si vous aimez ce style musical, je vous invite à vous le procurer de toute urgence…

Désireuse de faire découvrir sa nouvelle petite merveille en Belgique, Emily Jane White sera successivement en concert au Botanique (Bruxelles) le 2 décembre, à la Brasserie Sauvenière (Liège) le 4 décembre ainsi qu’au Trix (Anvers) le 5 décembre. Qu’on se le dise !

Emily Jane White

Blood / Lines

Écrit par

« Blood lines » constitue déjà le quatrième opus de cette Californienne (NDR : elle est née à San Francisco, en 1982). Si sur ses trois premiers opus, les influences rencontrées, oscillaient de PJ Harvey à Alela Diane en passant par Cat Power, « Blood / Lines » semble davantage évoquer Kristin Hersh voire même les Throwing Muses. A cause de sa voix, bien sûr, mais également des contre-voix assurées tantôt par le biais du re-recording ou par Marissa Nadler (sur « Faster than the devil » et « Dandelion Daze »). Encore que lorsque ces harmonies vocales adoptent un format élégiaque, c’est plutôt à Siouxsie Sioux qu’on se met à penser. Guère étonnant quand on sait que la musique d’Emily est fondamentalement gothique. Sur ce dernier elpee, les arrangements de cordes sont moins présents. A contrario, la guitare électrique l’est davantage, souvent réverbérée, mais sans jamais devenir envahissante. A l’instar de ce dialogue élégant entre gratte et ivoires sur « The Roses ». Des ivoires qui ont quand même conservé leurs prérogatives. Sans oublier la présence judicieuse des claviers. Ténébreux, le disque recèle également des plages plus denses, comme le solennel « Wake », l’incantatoire « Keeley » hanté à la fois par Hope Sandoval et Sinead O’ Connor, le tumultueux « The wolves » ainsi que « Thoroughbred », une compo digne d’une B.O. de western spaghetti signée Ennio Morricone. Un très bel album…

 

Emily Jane White

Le jardin très secret d’Emily…

Écrit par

Ce 2 décembre, Emily White Jane se produisait à l’Orangerie du Botanique. Deux heures avant son set, elle nous a accordé un dizaine de minutes d’entretien. Juste le temps de parler de son magnifique second album, de ses influences et de la France, pays au sein duquel elle a vécu presque une année pour y apprendre la langue de Molière (NDR : dont elle a pratiquement tout oublié, faute de pratique) et tutti quanti. Plutôt timide elle manifeste une gentillesse naturelle, mais son discours semble quelque peu bridé par la présence du ‘tour manager’…

Emily, tu as composé la musique du long métrage ‘Wild Tiger I Have Known’. C’est ce qui m’a permis de découvrir ton univers. Mais par quel hasard as-tu été choisie pour décrocher la confection de cette bande sonore ?  

Le réalisateur, Cam Archer, est un ami proche. Lorsqu’il a dû poser son choix afin de composer la bande sonore de son film, il s’est naturellement tourné vers moi. J’ai vécu une expérience simple et agréable que j’aimerai recommencer.

Tu as déclaré aimer répéter dans ta chambre. Y composes-tu également ta musique ? En arrivant en studio est-ce que tout est déjà prêt à être enregistré ?

Ma chambre est mon jardin secret. Et je suis une personne très ‘privée’. Je m’y sens bien et en confiance. Mais de là à dire que j’y compose toutes mes chansons, il y a une marge que je ne franchirai pas ! Je ne m’impose pas de règles préétablies, car je n’ai pas encore finalement tellement enregistré dans ma vie (rires)… Effectivement, quasiment tout est prêt avant d’entrer en studio. Quelques détails sont ajoutés suivant les circonstances ; mais tout est écrit. Je ne suis pas loin du ‘control freak’, en studio…

Malgré ce côté ‘control freak’, y a-t-il certaines personnes particulières à qui tu demandes conseil quand tu composes ?

Je ne demande jamais conseil ! Même si en studio je sollicite parfois l’avis de personnes en compagnie desquelles je travaille. Mais j’accomplis surtout ce que j’estime le plus judicieux. Je n’en fais un peu qu’à ma tête.

Crois-tu au paranormal ? Aux esprits, aux spectres, bref tout ce qui tourne autour du surnaturel ?

Pas vraiment, même si je ne contesterai jamais leur existence. Je suis très intéressée par le sujet, mais ce n’est pas une obsession au quotidien…

Tu parles également beaucoup de la mort dans tes chansons. Ce qui explique sans doute pourquoi la presse te considère comme une chanteuse de ‘Dark Folk’. Est-ce justifié ?

Je me sens proche de la mort, en effet pour certaines raisons d’ordre personnel. Ce sujet transparaît évidemment dans mes chansons, même si ce n’est pas nécessairement voulu. C’est inconscient ! Mais en parlant, on évoque également beaucoup la vie, finalement ! Elle ne m’effraie pas, en tout cas…

Tu sembles influencée par la littérature. Gothique, en particulier. Un auteur comme Flannery O’Connor constitue-t-il une source d’inspiration pour tes lyrics ?

La littérature gothique ne m’attire pas particulièrement mais j’aime bien certains auteurs américains tels que Cormac McCarthy, Edward Allan Poe ou d’autres poètes issus de mon pays, moins connus. Mes lectures influencent inévitablement ma propre écriture.

Tu as milité pour une association destinée à combattre la violence contre les femmes. Tu as déclaré être féministe. Que signifie cet engagement pour toi ?

Je suis féministe et défend les droits des femmes mais j’ai ma propre définition du féminisme. C’est compliqué car il y a tellement de définitions de ce que doit être le féminisme. Je crois à l’égalité des sexes, à la justice sociale et j’ai des opinions bien arrêtées par rapport à la violence conjugale ! J’ai d’ailleurs été conseillère pour couples en crise au sein de cette association. Mais je ne suis pas une porte-parole des féministes, je suis une artiste dont l’avis est très tranché sur le sujet.

Pour revenir à des questions plus légères, en compagnie de quel artiste aimerais-tu partager un duo ?

Je ne sais pas trop. Un ami probablement ! Je préférerai cette formule plutôt que de le réaliser avec quelqu’un que je connais à peine ou pas du tout. Mais les propositions n’ont pas été nombreuses à ce jour, même si j’ai participé, en tant que collaboratrice, à pas mal d’enregistrements.

Es-tu fatiguée d’être comparée à Alela Diane et Cat Power ?

Pas réellement car j’ai confiance en moi et puis j’avoue que ces comparaisons sont flatteuses ! Alela est plus jeune que moi. Elle est aussi californienne et joue de la guitare acoustique en utilisant les cordes mineures. Un peu à ma manière. D’où ces raccourcis faciles, probablement.

Tu as vécu à Bordeaux pendant un an. Est-ce la raison pour laquelle tu as signé chez le label bordelais Talitres ?

Non ! C’est Bernard Lenoir (NDR : le John Peel français sur France Inter) qui m’a révélée à Talitres. Je connaissais cette maison de disques via certains artistes que j’aime comme Swell, Scary Mansion ou The Walkmen ! J’ai vécu à Bordeaux, pour y étudier le français à l’école et j’ai ensuite participé à un programme d’échange dans le Nord de la France. A mon retour en Californie, j’ai rencontré des Français qui m’ont proposé de venir jouer à Bordeaux. En compagnie de Kim par exemple. Un artiste injustement méconnu ! Au cours de ce séjour, je me suis énormément consacré à la musique et j’ai passé beaucoup de temps auprès des artistes sur place. De très bons souvenirs !

Pour finir en douceur. Quel est ton plat français favori ?

Pas facile à poser un choix ! Je dirai le fromage de raclette !!! Et puis les aubergines ; car j’adore la façon dont ce mot sonne en français…