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Exodus

Exodus, c’est avant tout Gary Holt !

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Metallica, Testament et Exodus sont considérés comme des pionniers du Trash Metal. Il serait né aux States, et tout particulièrement en Californie, dès le début des eighties. Aujourd’hui impliqué chez Metallica, Kirk Hammett est un des membres fondateurs d’Exodus. Il avait d’ailleurs rejoint ‘The Four Horsemen’, dès 1983. Mais ce soir, dans la ville portuaire d’Anvers, c’est un autre homme fort du band que Musiczine rencontre : Steve Souza, mieux connu dans le milieu sous le pseudo de Zetro (NDR : il en dévoilera la raison en fin d’entretien…) Vocaliste de 86 à 93, de 2002 à 2004 ; et, enfin, de retour depuis 2014, Zetro n’a jamais mâché ses mots. Une réputation qu’il n’a pas usurpée…           

L’infrastructure du Trix est encore vide à cette heure-ci. Les hostilités ne commencent que dans une bonne heure. Les têtes d’affiche sont partagées entre Exodus et les icônes du Death Metal old school, Obituary. Les sonorités guident mes pas. J’ouvre les portes de la salle de concert et assiste quelques minutes au soundcheck de King Parrot, un des deux ‘opening acts’ (NDR : l’autre, c’est Prong) de la soirée. Pas de doute, elle risque d’être mouvementée. Julia, la tour manager d’Exodus, m’invite à la suivre. Je passe à l’arrière de la scène, la précède dans un labyrinthe de couloirs, avant d’arriver à destination ; c’est-à-dire face à une petite loge où m’attend Zetro, assis dans un canapé en similicuir blanc. Les cheveux en bataille, vêtu d’un jeans noir et d’un maillot à l’effigie des Calgary Flames (NDR : c’est le nom d’une équipe de hockey canadienne), le vocaliste pianote sur son smartphone. Je m’installe à côté de lui et déclenche l’enregistreur.

En octobre 14, soit quatre mois après le retour annoncé de Zetro derrière le micro, ‘Blood in, Blood out’, le dixième opus studio du band, est paru. Un an plus tard, y a-t-il du neuf à l’horizon ? « Je n’en ai pas encore causé avec Gary (NDR : Holt, le guitariste et leader du combo) de vive voix ; on en a juste touché un mot par correspondance. Un nouvel album est en effet en préparation, mais la date de sortie n’a pas encore été déterminée. Si tout se déroule normalement, ce sera peut-être pour l’année prochaine. Tu sais, on est déjà en novembre. On rentre à la maison à la fin du mois. On passe les fêtes en famille et on entamerait donc l’écriture en janvier. On réaliserait les sessions en février. On assemblerait le tout d’ici avril/mai et terminerions l’enregistrement final pendant l’été ; bien que le temps file toujours plus vite à ce moment-là. Donc oui, peut-être qu’en octobre ou en novembre de l’année prochaine, on devrait avoir quelque chose à se mettre sous la dent (NDR : dans l’oreille ?), si on ne se réserve pas trop de temps libre », argumente le chanteur, avant de poursuivre : « J’ai bien quelques idées de lyrics derrière la tête, mais, comme je l’ai expliqué, il faut que j’en discute avec Gary… Je suis sûr qu’un nombre incroyable de sujets violents lui a déjà traversé l’esprit ; des sujets bien spécifiques au Thrash ».

Bon, on le comprend très vite : Gary Holt joue un rôle prépondérant dans le groupe. À peu de choses près membre fondateur (Gary était au départ roadie de Kirk Hammett et n’intègrera le line up du combo, qu’un an après sa formation), le guitariste est clairement au gouvernail. Et pourtant, ce musicien est rarement présent lors des prestations du band. En effet, depuis 2011, Gary milite comme second gratteur chez Slayer. Au départ, il était le suppléant intérimaire de Jeff Hanneman. Mais en 2013, suite au décès de ce dernier, il le remplace définitivement. Or Slayer est un groupe qui tourne inlassablement depuis plusieurs décennies, monopolisant une grande partie du temps du guitariste. Une situation difficile à gérer ? « Exodus, c’est avant tout Gary Holt ! », réagit Zetro. « C’est un peu comme son enfant : c’est lui qui coordonne l’ensemble, autant la musique que les paroles. Il est toujours le seul à être référencé sur chaque morceau. Mais ce n’est pas un problème pour nous. Il a toujours fait un très bon boulot et on est tous conscients d’avoir la chance de composer et jouer avec lui ». Il prend une pause, avant d’admettre : « Mais évidemment, on ne pourrait plus continuer à tourner si on devait attendre sa présence. Il est donc fréquemment remplacé par d’autres musiciens. Au final, cette situation se reproduit chez d’autres formations de Thrash. Ainsi au sein d’Anthrax, quand Charlie Benante était empêché, c’est Jon Dette qui le remplaçait. Pareil pour Scott Ian, devenu parfois le substitut d’Andreas Kisser. Ce qui n’a jamais empêché le groupe de continuer son parcours… C’est sûr que depuis qu’il a rejoint Slayer, sa présence en ‘live’ a été plus que limitée. Mais il n’empêche qu’Exodus, c’est avant tout Gary, et personne d’autre dans le groupe ne pourrait ou ne voudrait même prendre sa place. Ce serait un sacrilège : la mentalité, l’attitude, la façon d’écrire les morceaux… tout ça, c’est lui… »

Mais qu’importe l’importance du capitaine, il ne fera jamais avancer le navire à lui tout seul. Comme vocaliste, Zetro reste co-auteur des paroles des morceaux et pour lui, le Thrash est une musique sociétale « Il suffit d’ouvrir le journal et de lire tout ce qui touche à l’actualité, pour y puiser des thèmes d’inspiration. Du social au religieux, du militaire au politique, toutes ces nouvelles formes de guerres qui éclatent un peu partout… Il se produit tellement d’événements négatifs à travers le monde. Ce ne sont pas les sujets qui manquent ! Pas étonnant que le Metal soit souvent la musique préférée de fans de films d’horreur ! », déduit-il en rigolant…

Il est vrai que le Thrash Metal, cette incroyable rencontre entre la New Wave of British Heavy Metal et le Hardcore de l’époque, n’a jamais eu la vocation de devenir source de bande-son pour les films de Walt Disney. Zetro appartient à cette catégorie d’artistes qui ont lancé ce style musical. Il se souvient : « C’est vrai que tout a commencé il y a déjà presque quarante ans… Nous sortions en 85 notre premier album, ‘Bonded by Blood’ ; et il est exact que ce style de musique était né quatre ou cinq ans auparavant », concède-t-il avant d’embrayer, pensif : « Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis lors… suffit de penser à l’arrivée du cd, puis de l’avènement d’Internet… C’est fini la période où on s’échangeait des cassettes ! Mais malgré le temps, c’est incroyable de voir le nombre de fans qui nous suivent toujours aujourd’hui… C’est un peu ça la magie du Metal. Jamais tu n’entendras de la bouche d’un véritable amateur du genre : ‘Ouais, non, finalement le Metal ça ne me dit plus rien…’ C’est impossible ! »

Même si la figure charismatique de Zetro est intimement liée à Exodus, son parcours au sein du combo n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. En effet, dès 93, le band décide de splitter et ne reprendra ses activités que quatre ans plus tard, en compagnie de Paul Baloff, le vocaliste originel. Ce dernier décède en 2002 d’un AVC et Zetro est rappelé à la barre. Mais deux ans plus tard, il tire sa révérence, suite à des divergences de vues. S’en suivront dix années au cours desquelles il accomplit un demi pas de côté par rapport à la scène musicale. « J’ai notamment écrit quelques chansons pour Testament et fondé, en compagnie de Chuck (NDR : Billy, le chanteur de Testament), un groupe baptisé Dublin Death Patrol. J’ai aussi apporté ma collaboration à Tenet. Et puis lancé un autre projet auquel participe mes fils, Hatriot. On peut donc attester que j’ai tenté quelques expériences pendant cette période ; mais plus au sein d’un ‘mothership’ comme Exodus. En 2004, mes enfants étaient encore des ados. Ils sont devenus des adultes. C’est donc plus facile aujourd’hui. Je dois moins me soucier de la situation familiale, que chacun de mes enfants ait de bonnes notes à l’école. En outre, je ne suis plus marié à leur mère et j’ai à présent une magnifique petite amie. Il y a maintenant huit ans que nous sommes ensemble. Elle aime m’accompagner en tournée et je ne dois plus me préoccuper de toutes ces merdes quotidiennes à la maison. Dix années peuvent vous changer énormément dans une vie », confie l’artiste.

Mais revenons un peu à Dublin Death Patrol et Hatriot. Quel est donc le sort de ces projets parallèles depuis qu’il a rejoint à nouveau le paquebot Exodus ? « Tu sais, avec Chuck Billy, on a décidé de lancer sur les rails Dublin Death Patrol parce que les autres musiciens de ce band n’avaient jamais eu l’opportunité de jouer en division supérieure. Ils étaient vraiment derrière nous, car, c’est vrai, tous les side projects dans lesquels nous nous lançons ont cette chance d’attirer l’attention du public. Et donc on l’a fait ! On s’est embarqué dans l’aventure et on a enregistré un album. Ensuite, ils ont voulu partir en tournée, et ça aussi, on l’a fait ! Comme ils ont vu que ça marchait, qu’ils commençaient à devenir des rock stars, ils ont souhaité réaliser un second LP… Et puis là –wow !–  j’ai dû calmer les ardeurs. A ce moment-là, je venais juste de lancer Hatriot. Je ne voulais pas m’investir dans un autre projet de la taille d’Exodus. Et puis l’histoire a voulu que je rejoigne à nouveau ce band… » Un brin nostalgique, le musicien se justifie : « J’aurais bien voulu rester chez Hatriot, comme le fait Gary pour Slayer, mais c’était trop lourd pour moi. Et il me prenait trop de temps. C’est pourquoi mon fils aîné a repris le chant à ma place. Et je dois dire qu’il se débouille très bien ! », se défend-t-il en affichant un sourire, non sans une certaine fierté...

D’un point de vue musical, l’histoire de Zetro et celle du chanteur de Testament sont intimement liées. En effet, alors que Testament n’en était qu’à ses premiers balbutiements et répondait alors au patronyme de The Legacy, son vocaliste n’était autre –à ce moment-là– que… Zetro en personne. Annonçant qu’il allait quitter la formation peu de temps après avoir enregistré une première démo, afin de rejoindre Exodus, Zetro propose pour remplaçant, Chuck Billy. Ce même Chuck en compagnie duquel il lancera Dublin Death Patrol et qui, pendant un certain temps, deviendra le manager d’Exodus. Et c’est toujours ce même Chuck qui, selon certaines rumeurs, aurait poussé vers la sortie Rob Dukes (chanteur d’Exodus de 2004 à 2014), afin de ramener Zetro au micro. Un retour d’ascenseur ? « Je ne suis pas trop au courant du déroulement des événements à cette époque », soutient-il. « Je sais juste que les autres membres voulaient savoir si ça pouvait à nouveau marcher entre nous ; mais je n’ai jamais vraiment su trop pourquoi. Enfin, je n’ai jamais cherché à le savoir, on n’a jamais abordé ce sujet. C’est entre le groupe et Rob. Mais peu importe ce que Rob a pu faire, les quatre autres musiciens n’étaient plus spécialement satisfaits de lui. Apparemment il s’est passé beaucoup de choses en cours de route… Mais c’est vrai qu’on entend beaucoup d’histoires et qu’on ne sait jamais trop dissocier le vrai du faux… Je peux juste dire qu’un jour, Chuck est venu me voir et m’a dit : écoute, Gary est occupé de chercher quelqu’un pour faire le boulot et tu dois le faire! »

Après avoir vécu une première dissolution du groupe et rendu son tablier quelque temps plus tard, peut-on croire à un retour de Zetro sur le long terme ? « Tu sais ce qu’on dit : jamais deux sans trois ! », réplique-t-il, un long rire à l’appui. « Non, mais sérieusement, je pense que cette fois-ci, autant physiquement et mentalement, tout va beaucoup mieux. Ma voix est bien meilleure. Plus aucun élément extérieur ne peut entraver mes capacités. Regarde derrière toi… », me dit-il, en montrant du doigt les packs entassés dans mon dos. « Ouais mec, c’est de l’eau ! Fini ce temps où je buvais une ou deux bouteilles de vin par jour… Mentalement, c’est juste totalement différent ».

L’interview touche à sa fin, mais je ne pouvais pas m’en aller sans savoir pourquoi tout le monde l’appelle Zetro « C’est tout con. L’explication vient de l’époque où j’étais encore un gamin. J’avais 16-17 ans. Je m’étais pris un trip au LSD et je voulais que tout le monde me surnomme ‘Z’. Les gens m’interpellaient en disant : ‘Hey Zed ! Hey Zed !’ Et au fil du temps, le sobriquet s’est transformé en Zetro… il y a donc 33 ans qu’on m’appelle sous ce pseudo, maintenant ! »

Avant de laisser l’artiste se préparer pour le show de ce soir, je lui demande, avec un brin d’ironie, s’il n’est pas trop triste de ne pas être aux États-Unis pour l’instant afin d’élire le futur président des States. Celui qui succèdera à Barack Obama à la Maison-Blanche (NDR : nous sommes en effet à quelques jours des élections américaines du 8 novembre). Contre toute attente, la réplique de Zetro est cinglante : « Mais pas du tout, vu que j’ai déjà voté par anticipation ! Et j’ai choisi la personne la moins pire des deux… et j’en resterai là ! À toi de voir comment tu le prends… », conclut-il, en se marrant.

Et seuls les murs des coulisses du Trix sauront pour qui Zetro a finalement donné sa voix...

(Interview réalisée le mardi 1er novembre, au Trix à Anvers)

Exodus

Résolument old school…

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En cette soirée balayée par les premières offensives automnales, les vestes à patches et autres jeans sont de rigueur à Anvers. Si quelques pieux métalleux ont accepté de célébrer la mémoire de Saints au cours de la journée, ils sont surtout venus acclamer deux grosses légendes du Thrash et du Death, en cette nuit sacrée du 1er novembre. Et pour cause, lors de cette tournée baptisée ‘Battle of the Bays’, deux icônes se disputent la tête d’affiche : Exodus face à Obituary. Soit le Thrash californien qui affronte le Death Metal floridien. Deux bands nés au début des années eighties qui ont marqué plus d’une génération d’amateurs de musique bien pêchue. Rétrospective de cette affiche haute en couleur, vue du pit.

Peut-être est-ce dû à la fine pluie qui s’abat sur la ville portuaire ou encore un reste de crainte d’attaque terroriste –bien que le Trix, ce soir, soit lourdement ‘protégé’ par une présence militaire– mais c’est une salle très clairsemée qui accueille King Parrot. Le combo australien propose un savant et explosif mélange de Grindcore et de Thrash, le tout saupoudré ça et là de Hardcore originel. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les musicos ne tiennent pas rigueur de la maigre audience et expulsent tout ce qu’ils ont dans le ventre dès le premier morceau. Dix salves en trente minutes de set : autant dire qu’ils n’ont pas perdu de temps afin de faire jaillir des enceintes toute la puissance de leurs compos. Au micro, Matthew Young, torse nu, est survolté. Il hurle à pleins poumons, toute langue dehors. Il ne faut pas attendre le deuxième morceau pour le voir bondir dans la fosse. Non seulement il agrippe les barrières Nadar, mais également les têtes de celles et ceux plantés en première ligne, afin qu’ils headbanguent, comme il le souhaite, sur le répertoire du combo. Quant aux plus réticents, ils vont devoir se farcir, ni plus ni moins, son arrière-train en gros plan. Et que dire de son comparse à la basse, Matthew Slattery. Telle une marionnette possédée par le Malin, les yeux grands ouverts mais immobiles, il fixe le public d’un air malsain. Cette jeune fille, installée quelques rangs plus loin, se rappellera certainement qu’il est désormais préférable de ne pas sortir son téléphone lors d’un concert si elle ne souhaite plus être arrosée (NDR : de flotte quand même !) Le vocaliste l’avait alors surprise, occupée d’écrire un SMS pendant le show. Sans quoi King Parrot a réalisé une performance explosive, dont malheureusement trop peu de monde a pu profiter. Une grosse claque !

Un changement de backflag et une bière plus tard, Prong grimpe sur l’estrade. Il va se produire devant un auditoire un peu plus compact. La bande à Tommy Victor, seul membre original du band encore présent, bénéficiera d’un quart de plus que ses prédécesseurs afin d’asséner neuf de ses compositions qui mêlent Thrash, Crossover et Groove Metal. Malheureusement la formation précédente a atteint une telle intensité, lors de son set, que celui proposé par le band new-yorkais paraît trop édulcoré. En outre, le leader affiche une telle condescendance, qu’on a l’impression de se farcir un soufflé qui se dégonfle. Mais quoi qu’il en soit, les aficionados du groupe semblent conquis et ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’il le faut.

Les tympans chauffés à point, la fosse est à présent prête à recevoir, comme il se doit, les deux têtes d’affiche du jour. C’est désormais un large backflag qui tapisse le fond de la scène. Un arrière-plan apocalyptique sur lequel trônent, en couleur rouge sang, les six lettres du logo d’Exodus. Deux toiles du même acabit viennent cacher les amplis, de part et d’autre de la batterie de Tom Huntin, membre fondateur (NDR : l’autre, Kirk Hammet, milite aujourd’hui chez Metallica) d’Exodus. Plongée dans le noir, l’auditoire est bercé par les premières notes mélodiques, interprétées à la sèche, de « The Ballad of Leonard and Charles », avant que ne débarquent les artistes pour asséner les premiers riffs thrashiens du morceau. Un mur de son s’abat sur une fosse qui réunit aussi bien des metalheads d’hier que d’aujourd’hui. Le ton est donné, ça va faire mal ! Suite au retour, opéré il y a deux ans, de Steve ‘Zetro’ Souza au chant (NDR : second vocaliste dans l’histoire du band), la setlist est résolument old school. Ce qui explique pourquoi elle fait la part belle au premier elpee du groupe, « Bounded by Blood », au sein duquel figurent « And Then There Were None », « Bonded by Blood », « Piranha » (Zetro annonce d’ailleurs ce morceau en tirant sur son t-shirt à l’effigie de l’animal) ou encore « Strike of the Beast ». Parus, il y a déjà trente-sept ans, ils sont devenus désormais cultes pour tout fan de Thrash. Les titres s’enchaînent et la fièvre commence à gagner la fosse. Les moshpits s’intensifient. Zetro est en grande forme : sa voix puissante, rapide et nasillarde claque au rythme effréné des morceaux. Et quand il ne harangue pas la foule, le chanteur prend du recul afin de permettre aux guitaristes de prendre leurs envols, lors de soli endiablés, exécutés en front de scène. Un regret, l’absence de Gary Holt, pilier du band des premiers jours. Mais ce dernier a été forcé de prendre du repos après avoir tourné pendant plus de huit semaines en compagnie d’un autre groupe de légende, Slayer. Kragen Lum, son remplaçant, parvient néanmoins à faire oublier son absence, haut la main. Moment d’émotion lorsque Zetro dédicace « War is my Shepherd » au tellement regretté Lemmy Killmister, leader de Motörhead, disparu il a déjà presque un an. ‘Comme vous le savez, Lemmy collectait des objets issus de la Seconde Guerre mondiale, mais était radicalement contre la guerre. Nous lui dédions ce morceau…’, déclare le chanteur ; propos suivis d’une salve d’applaudissements respectueux. Taillée sur mesure pour le come-back de Zetro, la setlist repousse dans l’ombre les compositions issues de l’ère de son prédécesseur. « Blood In, Blood Out » et « Body Harvest », extraits du dernier LP en date, viennent apporter un sérieux coup de neuf dans la playlist du jour. A en croire l’intensité des voix du public lors des refrains, ces deux nouveaux titres ont d’ores et déjà rejoint la liste select des morceaux emblématiques du band. Mais le plus étonnant, procède de cette faculté qu’a l’auditoire de reprendre l’ancien répertoire, en chœur. Autant les adeptes des 80’s que ceux, plus jeunes, pas encore nés à la sortie de certains morceaux ; alors que leurs aînés, à l’époque se les échangeait en cassette. Preuve en est que la magie n’a cessé d’opérer en plus de trente ans d’existence…

Tel un marathon, il faut pouvoir économiser son énergie si on veut arriver au bout de la course. Surtout que la dernière ligne droite sera tracée par Obituary, une légende du Metal, mais issue du Death. Une fois de plus, un doux parfum d’old school plane dans l’arène, perceptible jusqu’au backflag, de taille réduite par rapport aux groupes précédents. Un simple fond noir frappé du logo du band, en lettres rouges. Torse nu et casquette du groupe vissée sur le crâne, Donald Tardy est le premier monter sur l’estrade. Il se cambre derrière ses fûts et s’adresse à la foule en hurlant. Les guitaristes et bassistes le suivent, et entament « Internal Bleeding », titre d’ouverture de « Slowly We Rot », premier elpee du quintet, sorti en 89. Les amateurs de cette production ne pourront être que comblés… vu que la moitié du set lui sera tout simplement consacré ! John, le frère de Donald, est à présent le dernier à les rejoindre sur les planches. La quarantaine bien frappée, barbe grise naissante, le chanteur, dont la crinière ondulée est imposante, déboule du fond de la scène. Tel un rituel, il est vêtu d’un short et d’un t-shirt à longues manches. Il a enfilé des chaussettes blanches relevées jusqu’à mi-mollet et est chaussé de baskets. John empoigne le pied de micro, le glisse entre les jambes, pose un pied sur le retour et laisse retentir sa voix d’outre-tombe entre les murs de la salle anversoise. Un chant typique du Death des premiers jours, résumé en un hurlement thrashien davantage tiré en longueur. Imprimée sur un tempo résolument plus lent que dans le passé, la musique des Floridiens mue la frénésie de la fosse en une contemplation posée des vétérans old school. Les interactions avec le public ne se résumeront qu’à quelques tentatives –du vocaliste– de faire crier les badauds entre deux morceaux. On pourrait également regretter des temps de pause parfois un peu longuets, coupables de faire parfois retomber la pression. Mais les artistes ne sont certes par là pour épater la galerie. Tel un rouleau compresseur, les titres se suivent et les immanquables « Visions in My Head » et « Chopped in Half » ne manquent pas de raviver la horde. Milieu de parcours, la salle est replongée dans le noir et un nouveau backgflag illustrant l’artwork du nouvel opus, « Ten Thousands Ways to Die », sur lequel apparaît une sorte d’être démoniaque constitué d’un amas de corps humains, s’affiche. Le temps d’admirer l’œuvre que démarre la piste du même nom, publiée il y a à peine deux semaines, suivis de « Dying » et « Find the Arise », issus de l’excellent LP « Cause of Death », gravé en 90. L’heure allouée aux maîtres du Death fond comme neige au soleil. Le pit scande inlassablement ‘Obituary’ afin d’inciter les artistes à accorder le rappel ; un encore qui clôture ce show par une reprise vitaminée de « Dethroned Emperor » de Celtic Frost, suivi du jouissif et culte « Slowly We Rot », qui vient allumer l’étincelle nécessaire dans la fosse afin de la laisser partir en vrille, déclenchant un moshpit musclé tout le long de la composition. Vingt-sept ans après, elle déchaîne encore tout autant les âmes. Preuve en est que ce Metal là est définitivement inoxydable.

(Merci à Nuclear Blast)