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Gonjasufi

Mu.Zz.Le

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Suite à son expérience musicale acquise au sein du crew hip-hop Masters of the Universe, Sumach Ecks collabore avec Gaslamp Killer ou encore Flying Lotus. Ce dernier, en invitant Gonjasufi à poser sa voix sur l’excellent morceau « Testament », lui décroche une place sur le label visionnaire Warp Records. Son premier album « A Sufi And A Killer » est très bien reçu par la critique. Le prof de yoga produit une musique inspirée par une sorte de spiritualité qu’il entretient grâce à un cocktail Cannabis-LSD. Il avoue d’ailleurs avoir trouvé son pseudo en s’autoproclamant soufi car il fume ‘pas mal’ de ganja. Peu importe parce que musicalement, c’est transcendant et réussi. Malheureusement, sa tournée présentant l’opus est mal accueillie. Pourquoi ? Tout simplement à cause de ses musiciens et d’un manque cruel d’organisation. Ce qui lui vaudra d’être majoritairement considéré comme un vagabond plutôt –et à juste titre– qu’un musicien tripant lorsqu’il distille une musique hybride faite d’incantations sur une toile de trip-hop enfumé et déglingué. 

Toute cette histoire explique peut-être la difficulté rencontrée par le deuxième album publié au sein de la même écurie. « Mu.Zz.Le » est un petit bijou mais ne dure pas plus de vingt-cinq minutes. Sur les 10 morceaux de ce mini-album, aucun ne dépasse les quatre minutes ; et pourtant, l’œuvre est plutôt intéressante. Gonjasufi se détache des collaborateurs présents sur sa première plaque pour s’allier d’êtres plus proches comme sa fille ou sa femme. Un autre retour aux sources est flagrant puisqu’il enregistre cet album à la maison, dans le désert du Mojave.

Concrètement, l’album démarre par « White Picket Fence » qui fait office d’introduction psychédélique, suivi par « Feedin’ Birds » sur lequel sa femme pose discrètement sa voix. Ensuite, c’est « Nickel and Dimes » qui donne le ton de cet album. Pour faire simple, Gonjasufi est en rupture totale avec ses prestations scéniques. Il nous livre un album aux mélodies calmes imprégnées de voix psychotiques (« Rubberland » et « Venom »). Nous laissons place à une sorte d’interlude qu’est « Timeout » pour repartir au fin fond de notre subconscient grâce à des tracks comme « Skin », « The Blame » et « Blaksuit ». Finalement, l’excellent « Sniffin’ » met un point d’honneur à ce bien agréable voyage qui prend fin beaucoup trop vite…

 

Gonjasufi

A Sufi and a Killer

Écrit par

A force de marquer les esprits par leurs trouvailles sorties de nulle part, les Anglais du label Warp sont attendus au tournant, chaque fois qu’un de leurs poulains publie un disque. Quand le nom de Gonjasufi a commencé à alimenter certaines rumeurs, on s’en frottait les mains tout en se réservant un poste d’observation stratégique. Plantés au coin d’une rue, on attendait l’arrivée du nouvel olibrius. Mais il nous a de nouveau surpris, en empruntant un autre chemin. Il a quitté son désert iranien (NDR : pas la peine de chercher son lieu de naissance, il ne figure sur aucune carte existante). Et tel un fier et puissant Nabuchodonosor, le chaman Gonjasufi est bien décidé à convertir toutes celles et tout ceux qui voudraient l’approcher. Peu d’informations circulent au sujet de ce Gonjasufi. Un réel mystère qui parvient à amplifier le trouble autour de sa personne et nous renvoie sans cesse à des recherches infructueuses. Qui est cet homme ? De quel pouvoir a-t-il hérité ? A quelle sauce va-t-il nous manger ?

Monté tel un patchwork pop-rock, « A Sufi and a Killer » repose sur la volonté de mixer une quantité styles ‘décoiffants’. Si la pop est ligne maîtresse, le funk, le rock, le blues et le crunk traversent ce fil conducteur de sonorités hallucinantes. Posées bout à bout, ces cellules souches se fragmentent et cristallisent pour profiler les méandres hypnotiques de cette œuvre. Véritablement scotchés aux sons, on se laisse surprendre à descendre la pente, à grandes enjambées, pour remonter une colline l’instant d’après. Jamais à bout de souffle, « A Sufi and a Killer » libère une positivité motivante et salvatrice. Un handicap vient cependant grever l’expression sonore ; et il est de taille : la voix gutturale et particulière du chanteur. Sans cesse larmoyante ou essoufflée, elle communique un profil ténébreux aux compos. Mais ce qui pourrait se traduire en faiblesse, se transforme rapidement en force. Et pour cause, cette situation nous pousse à être beaucoup plus attentifs aux arrangements et aux orchestrations. Bien plus complexe qu’il n’y paraît à première écoute, « A Sufi and a Killer » est un disque audacieux et dérangeant ; mais il touche au sublime…