Le boulot d’un chroniqueur ressemble parfois à une torture. Quand apparaît dans la pile de cd à chroniquer, un album comme « Toi + Moi », les questions se bousculent. Pourquoi moi ? Pourquoi lui ? La musique française va-t-elle si mal ? Suis-je devenu snob ? Pour les martiens absents de la terre depuis des mois, un petit rappel de l’histoire de cet album n’et pas superflu. Gregoire s’était inscrit sur le site mymajorcompany.com en proposant son morceau « Toi + Moi ». En fait, ce site permet aux artistes de défendre leur travail ; mais ce sont les internautes qui sélectionnent l’artiste pour lequel ils investiront leurs économies. Les mises variant de 10 à 7000 euros, l’heureux élu était celui qui avait reçu le plus de dons. Voilà donc notre ami Gregoire propulsé par la confiance et les deniers de la majorité des visiteurs du site. La suite est toute simple. On enregistre un album, on demande au chanteur de ne plus se raser que tous les 3 jours et on prend la pose pour la photo en s’inspirant du regard affiché par Patrick Fiori sur chacune de ses pochettes. Enfin, on lui fait enfiler un blouson en cuir, et on le balade de plateau télé en émissions de radio en claironnant ‘vous l’avez voulu, le voilà’. Pauvre de nous, nous sommes donc coupables d’avoir participé à l’éclosion de ce genre de niaiseries ; et on nous le rappelle sans scrupules. Il est cruel le monde de la musique. « Toi + Moi » se résume donc à des textes ‘cuculs’ couchés sur des compositions plates et sans âme que vous avez choisies. Il est parfaitement inutile de s’étendre sur cet album qui pue la machine à fric et le mauvais goût. On ne perdra pas de temps à parler de cette infamie sonore que l’on veut nous faire passer pour le caviar du caviar de la nouvelle musique française. Nous ne plierons pas, camarades ! Quand on se rend compte du potentiel de certains groupes qui ne parviennent pas à percer, faute de moyens, « Toi + Moi » se traduit par une insulte à leur égard.