Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Royal Southern Brotherhood

The Royal Gospel

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Le Royal Southern Brotherhood est un supergroupe dont la musique oscille entre blues et soul. Les deux membres fondateurs sont le chanteur/percussionniste Cyril Neville et le drummer Yonrico Scott. Publié en 2015, le précédent opus, "Don’t look back", impliquait aux grattes Bart Walker et Tyrone Vaughan (le fils de Jimmie). Ils figurent toujours au sein du line up. Par contre, la basse a été confiée à Darrell Phillips. En outre, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Dockside, invité, Norman Caesar est venu apporté son concours à l’orgue Hammond B3.

"Where there’s smoke there’s fire" est une entrée en matière solennelle et solide. La six cordes de Tyrone Vaughan entretient ce climat. Une rythmique cool balise "Blood thicker than water", une composition complexe qui monte lentement mais sûrement en puissance. Superbe ! Et c’est dans cette même atmosphère que baigne "I wonder why", un blues signé Pop Roebuk Staples (NDR : le regretté leader des Staple Singers). Les arrangements vocaux sont ambitieux. Yonrico Scott imprime le tempo. Et l’orgue Hammond tapisse l’ensemble. Une ambiance qu’on retrouve encore tout au long d’"I’m comin’ home". Talonnée par la slide bien amplifiée de Walker, la voix de Cyril Neville est superbe. "Everybody paid some dues" baigne le funk. Neville est ici dans son jus. Et c’est la guitare tourmentée de Walker qui libère le groove. Angélique, la voix illumine, la ballade dépouillée "Face of love". Autoritaire, celle de Barth Walker domine "Land of broken hearts", un morceau sculpté dans un blues/rock coriace, bien alimenté par la guitare largement amplifiée. Plus lent, quoique rythmique, "Spirit man" adopte un même profil. Walker, Neville et Gary Nicholson cosignent cette compo cool au cours de laquelle la slide de Walker se réserve une sortie remarquée. R&b funkysant, "Hooked on the plastic" est une piste bien ficelée et entraînante. Non seulement elle incite à remuer le popotin, mais également à reprendre le refrain en chœur, en compagnie des musiciens. Neville et Vaughan cosignent "Can’t waste time", un morceau taillé dans le pur funk, au cours duquel Tyrone se réserve le micro et surprend par ses interventions à la gratte. Et l’opus s’achève par l’enlevé "Stand up", une piste caractérisée par des échanges animés entre les deux sixcordistes. 

 

Royal Southern Brotherhood

Don't look back

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Royal Southern Brotherhood est en quelque sorte un super-groupe créé en 2011 dans la Crescent City de la Nouvelle Orléans. Quatre ans plus tard, il publie déjà son 4ème elpee. Il fait suite à un éponyme et un live ("Songs from the Road") gravés en 2012 et "Heartsoulblood", paru en 2014. Au fil du temps le line up a subi quelques changements. Cyril Neville, assure toujours le chant. L'extraordinaire section rythmique, constituée du batteur Yonrico Scott et du bassiste, est toujours en place. Les deux guitaristes ont été remplacés. Mike Zito a quitté le navire en 2014. Il a depuis embrassé une carrière solo qu’il mène avec succès. Il a cédé le relais à Bart Walker, issu de Nashville. Récemment, Devon Allman a été remplacé par Tyrone Vaughan, le fils de Jimmie Vaughan et neveu de Stevie Ray. Les sessions de ce dernier elpee se sont déroulées au célèbre studio Fame, à Muscle Shoals, dans l'Alabama. Il a été produit par Tom Hambridge.

Coécrite par Cyril Neville et les deux nouveaux gratteurs, "I wanna be free" est une plage puissante qui déménage au sein d’un climat southern rock. Les trois musicos se partagent le chant. Une véritable propagande pour la musique de ce band issu de New Orleans. Une même puissance alimente "Reach my goal". La voix de Cyril est toujours aussi superbe. Les percussions de Yonrico crèvent l'écran alors que la gratte de Bart Walker est toujours aussi brûlante. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Funkysante, la basse de Charlie amorce "Don't look back". Walker est passé au banjo. L'attaque percussive adopte même un profil reggae. Plus funk encore, mais contaminé par la soul, "Hit me once" est issu de la plume de Danny Dugan, le leader de Sons of Soul. Tapissé par les sonorités du Hammond et caractérisé par des accès de basse insatiables, "The Big Greasy" baigne dans le même climat. "Hard blues" en revient au rockin' blues ; un titre séduisant signé par le producteur Tom Hambridge. Les riffs des deux grattes sont puissants sur cette piste southern rock. Ballade atmosphérique, "Better half" sert d’intermède pour les frangins Cyril et Ivan Neville. "Penzi" est une compo coécrite par Charlie Wooton et Cyril. Exotique, elle véhicule des accents cubains. Bart se consacre à la mandoline, face au percus entraînantes de Yonrico et Cyril. Paisible, "It's time for love" concède des inflexions jazz et country. La voix de Mr Neville est lumineuse et les sixcordes sont hantées par l’Allman Brothers Band. "Bayou baby" macère au cœur des bayous louisianais. Un blues imprimé sur un tempo indolent dont s’évade un harmonica, alors que Bart dispense des tonalités métalliques à l’aide de sa slide. Tyrone chante son "Poor boy", un blues nerveux légèrement teinté de funk. A la fois technique et chargé de vécu, son envol sur les cordes est brillant. En outre, il n’hésite pas à se servir de ses pédales. Il est aussitôt relayé par un Walker bien inspiré. R&B dynamique et dansant, "They don't make 'em like you no more" est enrichi de cuivres parmi lesquels le saxophone de Jimmy Hall s’autorise un billet de sortie, alors que les sixcordes entrent en effervescence. Devon Allman participe à l’écriture de "Come hell or high water", une compo luxuriante dominée par le chant et dont la ligne mélodique est à la fois accrocheuse et participative. Cyril Neville et Anders Osborne cosignent "Anchor me", une finale acoustique… 

 

Royal Southern Brotherhood

Heartsoulblood

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Après avoir publié un opus éponyme et un live ("Songs from the road"), l’an dernier, ce super groupe de blues rock, issu de la Nouvelle Orléans, nous propose déjà son troisième elpee. Le line up implique trois chanteurs. Soit Cyril Neville, l'un des fameux frères qui symbolise si bien cette Big Easy. Puis Devon Allman, le fils de Gregg et le neveu du regretté Duane. Et enfin, Mike Zito, performer particulièrement doué. Zito et Allman se réservent les guitares. Les cinq musicos participent à l'écriture. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio louisianais de Dockside, à Maurice, sous la houlette de Jim Gaines. Et sa mise en forme est impeccable.

"World Blues" célèbre la fraternité sudiste. Solide, l'assisse est assurée par Yonrico Scott et Charlie Wooton. Les trois vocalistes chantent en chœur. Les guitares crachent rapidement leurs flammes ; et déjà à l’avant-plan, la slide est dévorante. Cyril signe "Rock'n'roll", une compo qui porte bien son titre. Elle déménage. Et puis la voix veloutée de Neville prélude les envols des deux grattes, toujours à l'affût! Tramé sur une rythmique syncopée et caractérisé par l’excellente intervention vocale, "Groove on" libère effectivement énormément de groove. Soutenu par la basse, "Here it is" est sculpté dans du pur funk. Zito chante d’un timbre rauque et ravagé. Zito signe la musique de "Callous", une piste qui baigne au sein d’une atmosphère quasi irrespirable. Quoique agonisante, la voix est bien maîtrisée. Les sonorités des guitares sont tourmentées, torturées, mais tellement enivrantes. Toujours issu de la plume du même Zito, "Ritual" opère un retour au southern blues, une plage qui monte irrésistiblement en puissance, avant l’explosion attendue des cordes. Devon Allman signe "Shoulda known", une jolie ballade soulignée par une voix lumineuse. Cyril chante son "Let's ride", un autre funk néo-orléanais imprimé sur un tempo lent. Le climat est dramatique. Toutes en rythme, les grattes se reconnaissent progressivement. Devon Allman se réserve le micro pour attaquer son "Trapped", encore un morceau qui monte graduellement en intensité. Des cordes acoustiques caressent "She's my lady", une ballade empreinte d’une grande douceur, au cours de laquelle tous les vocalistes reprennent le refrain en choeur. Et "Takes a village" s’inscrit dans le même cadre. Une sorte de gospel moderne dont le climat est à la fois dépouillé et riche en tonalités diverses, des variations produites par la sèche et un Resonator aux sonorités métalliques. Remarquable ! "Love and peace" clôt l’opus, une finale très caractéristique de la culture néo-orléanaise. Les percus sont bien mises en exergue, alors que toutes les voix se conjuguent pour propager ce message d'amour et de paix…

 

Hooded Fang

Gravez

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La plaque commence de manière on ne peut plus fortuite par une intro instrumentale branlante mais qui déjà devrait mettre en avant certains indices en même temps que l’eau à la bouche.

Quelques instants plus tard, quatre mesures d’une basse aux épaules bien carrées se chargent de dégager la piste autour d’elle. Quatre mesures, un temps, et « Graves » s’installe comme un hymne surf garage reléguant The Drums dans un cabanon au fin fond d’une plage déserte.

Le chant rappelle à premier abord Ian Brown (surtout le timbre) ; mais tout au long de l’album, on imagine surtout un croisement entre les cordes vocales de Ian Svenonius (The Make-Up, Nation Of Ulysses, Chain And The Gang) et de Julian Casablancas des Strokes (NDR : en sévère panne d’inspiration depuis longtemps).

En y ajoutant une gratte facétieuse qui titille le chorus de façon ludique, une basse toujours bien présente, telle un pilier soutenant l’ensemble en équilibre subtil tout autour d’elle, et une production maison qui surclasse aisément celle de Steve Albini, au hasard (mais vraiment au hasard, hein !), on obtient la recette d’un élixir de jeunesse que je recommanderais volontiers à tous.

L’album s’achève trop tôt, avec en ‘outroduction’ les mêmes mélopées étranges qui lançaient cet album vers lequel on a qu’une envie, à savoir y revenir immédiatement.

Torontois, ces quatre jeunes gens (une fille, trois garçons) viennent, en gravant ce deuxième album, de signer le hold-up parfait.

Imparable comme les premiers Pavement, jouissif comme toute la discographie de Ty Segall et lumineux comme un orgasme commun à tous les noms cités dans cette rubrique.

« Gravez », le sex toy de l’année !

Le 7 septembre au Charlatan à Gand.

 

Royal Southern Brotherhood

Songs from the road (Cd + Dvd)

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"Songs from the road" est une œuvre qui a été immortalisée à la Nouvelle-Orléans, en 2012, dans le cadre du Crossroads Blues Festival. Ce set est reproduit sur cd et dvd.

Le compact disc s’ouvre par "Fired up!", une compo réminiscente du Santana d’une certaine époque. Yorinco est bien calé sur son siège, derrière une imposante batterie. Cyril est debout à l'avant-plan, face à un impressionnant dispositif de percussions. Les deux musicos mènent la danse. Cyril est aux vocaux. Les accords de guitare concédés par Devon sont nerveux. Mike prend le relais au chant sur "Hurts my heart". Sa voix est stupéfiante. Ce solide roots rock est appuyé par un riff rythmique, pendant que Devon remplit tous les intervalles à l’aide de notes bien grasses produites par sa Gibson Les Paul. Devon Allman chante "Gotta keep rockin'", dans un style aussi autoritaire que celui de son père, Gregg. Mike Zito se réserve à son tour le rôle de soliste. Le refrain est repris en chœur par les trois vocalistes. Victor Wooton assure discrètement et efficacement la partie de basse. Neville interprète, d’un timbre clair et mélodieux, "Moonlight over the Mississippi", un funk pourtant solide. Devon est au micro pour "Left my heart in Memphis", un blues rock lent aux accents dramatiques. Légèrement acide, la guitare nous invite au voyage. Mike a armé son doigt d'un bottleneck pour aborder "Fire on the mountain, une chanson roots signée Mickey Hart. Cyril est à nouveau aux vocaux et Zito se signale par une superbe partie de slide. Une piste qui trempe dans des sonorités southern blues rock dignes de l’Allman Brothers Band ! Et dans le même esprit, il cède ensuite le relais à Allman, pour consacrer une fête des cordes. Moment au cours duquel on se remémore la fabuleuse paire constituée par Duane Allman et Dicky Betts ! D’une voix naturellement puissante, Zito se charge du paisible "Ways about you", théâtre de joyeux échanges de cordes entre les solistes. "Sweet Jelly Donut" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Les percus de Yorinco sont bien présentes. Cyril est aux vocaux. Zito se révèle très agile en se servant du bottleneck sur la slide. Et la section rythmique participe activement aux réjouissances… Morceau de roots pop, "New horizons" surprend par son refrain facilement mémorisable et ses interventions de guitares en folie. Le public est de plus en plus en effervescence. Mike Zito marque de son empreinte "All around the world", une des meilleures compositions du groupe. Il est encore aux cordes et Devon se réserve le micro pour "Sweet little angel", un blues lent classique qui figurait au répertoire de BB King. Lors du dernier rappel, le Royal Southern Brotherhood adapte le "Gimme Shelter" des Rolling Stones. Attention, cette finale figure sur le dvd, mais pas sur le cd. Une excellente propagande pour le blues…

 

Robert Hood

Motor : Nighttime World 3

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Robert Hood nous vient des States. Un producteur de musique électronique qui milite sous différents patronymes : Floorplan, The Vision ou encore Monobox. Clairement reconnu comme un des maîtres de la techno minimaliste, il nous propose aujourd'hui son dernier album, un opus réunissant 12 titres intitulé « Motor Nighttime World 3 ».

Au menu de ce disque, une utilisation –massive, comme le veut le genre– des instruments ‘standards’ de l'électro minimaliste : piano, batterie et synthétiseur. L'artiste ajoute toutefois de temps à autre différents effets plus travaillés ou même des cymbales afin d'introduire de la variété au sein de ses compos.

Reste que l'ensemble de ce nouvel opus m'a paru, malgré toute la bonne volonté de l'Américain, mollasson et assez répétitif : l'elpee affiche clairement un côté ‘passe-partout’. Et si son écoute n'est pas désagréable, on était en droit d'en attendre davantage de la part d'un ténor de cette scène minimaliste qui sévit depuis 1994.

Tout porte malheureusement à croire que Robert Hood n'a pas véritablement maitrisé son sujet. En effet, de temps à autre, une chanson dérape dans l'excès. Par exemple « Better Life », une compo caractérisée par sa surabondance d'effets électroniques. Pas sûr que ce soit judicieux, car la piste m'a plus irrité qu'autre chose. Ou encore « Torque One ». L'artiste semble chercher l'inspiration de sa mélodie durant tout le morceau sans jamais y parvenir.

C'est donc un sentiment mi-figue mi-raisin que me laisse cet album : s'il n'est pas véritablement raté, il n'est pas non plus une franche réussite. On voit donc mal comment le recommander, à moins d'être fan de l'artiste ou du genre. A trop vouloir bien faire, l'artiste a perdu son fil conducteur...

 

Hooded Fang

Tosta Mista

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Vous n’avez jamais entendu parler de cette formation canadienne ? Pas grave, leur notoriété ne saurait tarder. Et pour cause, ce deuxième album est une véritable bouffée d’air frais qui balaie la sphère rock contemporaine. Un peu comme les Strokes avait fait, il y a quelques années. Hooded Fang remet au goût du jour le rock garage des 60’s. Les morceaux sont accrocheurs. Opérée par le groupe, la mise en forme semble bâclée. Pourtant, il n’en est rien. En fait, elle est destinée à entretenir un climat vintage. Cristallins, les riffs de guitares se glissent entre les nappes d’orgue. La ligne de basse est caoutchouteuse. Entraînante, la voix de Daniel Lee est régulièrement soutenue de chœurs.

Même s’il ne dure à peine que 23 minutes, ce disque aurait dû sortir en vinyle, un matériau qui correspond parfaitement à ce type de musique, qui doit encore susciter chez vos parents, une certaine nostalgie. Une belle excuse pour autoriser les enfants à aller fouiller dans la vinylothèque de leurs ascendants, afin d’y découvrir des trésors cachés et avant-gardistes…

 

Jahcoustix & Dubios Neighbourhood

Grounded

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Dominik Haas alias Jahcoustix n’est pas jamaïcain mais il aime le reggae. Il faut dire que ce dernier le lui rend bien puisque ce disque a rencontré un énorme succès dans son Allemagne natale. Notre homme a vécu de nombreuses années en Afrique et c’est peut-être pour cette raison que ses paroles embrassent les thématiques afrocentristes du Rastafarisme. « Grounded » mélange donc habilement un reggae roots classique et des éléments de pop, de jazz et de soul. Rien d’original (quelques titres s’inspirent un peu trop de Finley Quaye), mais c’est un disque raffiné et aux mélodies agréables, bien porté par la voix de Jahcoustix. Si le style pratiqué navigue quelque part entre les harmonies douces des trios vocaux jamaïcains et une version light d’Horace Andy, on doit quand même y ajouter un zeste de Jacob Miller. Idéal pour débuter en reggae, avant de s’aventurer du côté des maîtres, largement cités (c’est un euphémisme) sur « Grounded ».

The Hoodoo Gang

Hoodoo Deluxe

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The Hoodoo Gang est une formation belge, louvaniste très exactement, née en 2002. A ce jour elle est responsable d'une démo ("Hoodoo you do?") commise en 2003 et de deux albums ("Busted sessions" en 2004 et "Go ahead 'n' scratch" en 2005). A la base, elle comptait quatre musiciens : le chanteur El Grande, le guitariste Fernando Neris (NDR : un Espagnol qui s’est établi dans la cité brassicole), le bassiste Geert Zonderman et le drummer Zen Fannoy. Depuis, le line up s’est enrichi de l’excellent saxophoniste Walter Vos, un Anversois qui avait sévi chez Swing Bee et Bad Blues. Ce nouvel opus est paru chez le label anglais Front Porch Records. Une signature sans doute favorisée par les états de service du combo ; et en particulier par leurs enregistrements antérieurs. Une chose est sûre, la firme de disques a décidé de miser sur ce band, en gravant un opus réunissant des titres issus des deux elpees précédents ; mais remodelés, pour la circonstance, par le concours de quelques invités.

"What about me?" ouvre la plaque. Le rythme est vif et soutenu. Le chant est partagé entre El Grande et Marlène Dorcena, une Haïtienne à la voix veloutée, sensuelle et troublante. Dès qu’il en a l’occasion, Walter Vos s'évade, en concédant un puissant solo de saxophone, ne cédant le relais qu’aux cordes de Fernando Neris. Ilias Scotch (NDR : un membre de Milk Cream & Alcohol) s'assied derrière les claviers de l'orgue Hammond et balise "Do you need me?" sur un mode légèrement funky. Le tempo syncopé fleure bon l’exotisme des Caraïbes. Soutenu par la trame rythmique élaborée par Geert Zonderman et de Zen Faunoy, l'ensemble s'emboîte parfaitement. C’est le moment choisi par les solistes pour s'éclater. Et lors de cet exercice de style, Ilias, Walter et Fernando sont parfaitement au point! Le Hoodoo Gang a eu le nez creux en conviant quelques amis à participer à la nouvelle mouture de leurs morceaux. Non seulement, ces collaborateurs étoffent la solution sonore, mais ils apportent de l'épaisseur au son, sans pour autant dénaturer le climat général de l’ensemble. On a ainsi droit au concours de Henk Van der Sypt, le leader de Last Call, au chant pour "Busted". Il y ajoute, en outre, quelques lignes d'harmonica ; ce qui a le don d'émoustiller Mr Vos dont le saxophone ne tient plus en place. Le tempo s'accélère, mais il est gorgé de swing. El Grande chante "Go ahead 'n' Scratch!". Au cœur de cette structure particulièrement jazzyfiante, les solistes improvisent sur fond d'orgue Hammond. Dans ce contexte, Walter Vos et Fernando Neris se révèlent brillants. "Her & you" ouvre une parenthèse roots. Un blues qui puise ses influences aux sources mêmes du style ; et très exactement dans le Delta du Mississippi. Néris a sorti son bottleneck. Van der sypt se réapproprie le chant d'un timbre décidément grave, tout en soufflant dans un harmonica acoustique parfaitement adapté à cette atmosphère. Et le meilleur est encore à venir ! Tout d’abord lors de l’explosif "Slow down". Mr Vos est vraiment à l’aise tout au long de cet elpee. Mais sur cette compo, il se révèle déterminant. Et notamment lorsqu’il se met à disserter avec Walter Otte des Boogie Workers, un autre invité réputé pour son style nerveux et créatif. "Goin' to NY" propage un swing brûlant. La section rythmique soutient parfaitement l'ensemble et sert de rampe de lancement à un solo de très bonne facture concédé à la six cordes par Joachim Meese (NDR : un autre invité qui milite habituellement chez le Solid Jive). Et cette intervention est à nouveau très complémentaire avec le saxophone de Vos capable de produire les meilleurs effets, au sein d’une musique à haute densité. Un dernier invité guitariste entre en scène Tim Verbist (NDR : il drive le Tim's Blues Combo). Armé de sa slide, il irradie une autre plage bien rythmée : "Sweet little QT pie". Et derechef, la même combinaison magique entre les deux instrumentistes se reproduit. Le quintet de base se réserve le reste de la plaque. Tout d’abord "Funky yourself", un R&B speedé qui ne manque pas d’intérêt. Ensuite le funk détonant "How do you do", un fragment qui tire parti au maximum de tous les solides atouts du combo. Swing et jazz se conjuguent en toute délicatesse pour épauler El Grande tout au long d’"Ain't nothing wrong". Le R&B et le funk se bousculent pour assurer la mise en valeur de "Dirty girl". Evoluant sur un mid tempo, "Ain't gonna be your fool" émarge au blues jazz. Et en final, Hoodoogang se fend d’un divertissement chanté dans la langue de Vondel : "Alles goed?". Franchement, après avoir commis un tel album, cette formation belge peut attaquer le marché international. Elle risque même de supplanter bon nombre de formations étrangères du style…

Hood

Outside Closer

La nature, son élan lyrique, ses humeurs contradictoires, sa menace imminente : les frères Adams la connaissent bien, pour l’avoir domptée dans leurs disques. « Outside Closer », leur sixième album, se colore pourtant de nouvelles teintes, plus hospitalières, plus printanières. C’est l’ère du bourgeonnement, d’un nouveau départ : fini le temps des calottes glaciaires, retour à la vie, à ses charmes graciles. L’électronique cette fois en discrète impression, c’est l’organique de la pop et du folk qui réchauffe désormais nos articulations : « Outside Closer » pourrait ainsi s’écouter comme le plus accessible des disques de Hood. Toujours vaporeux, mais à la bordure des Bermudes : c’est la ouate, mais sans le chloroforme. Et le chant, pour une fois, se targue d’être essentiel : l’émotion se fait voix (cfr Styrofoam, L’Altra, Movietone), l’harmonie se dédouble. Des cuivres aux clarinettes, la musique s’adoucit, parce qu’elle est moins sournoise : pour Hood c’est la fin du tunnel, le réveil du coma. Une nouvelle vie s’annonce, moins frileuse que jadis.

Hoodoomen

On stage – The house of live

Écrit par

Les Hoodoomen sont issus de la Normandie. De la région de Caen, très exactement. Fondé en 1996, le line up impliquait à l'époque Pascal Fouquet à la guitare, Thierry Hau à l'harmonica, et pour section rythmique, une histoire de famille partagée entre Bernard et Francis Marie, respectivement bassiste et drummer. Il y a trois ans, Thierry a cependant été remplacé par le chanteur/harmoniciste Philippe Brière. En 2002, la formation a remporté le Tremplin Blues-sur-Seine, un concours qui cerne bien les valeurs du blues français. Son premier elpee, "Blues", est paru en 2000. Le second , "Keep on dreamin'", deux ans plus tard. Février dernier, les Hoodoomen ont enregistré leur set au House of Live de Paris. Un événement immortalisé sur ce nouvel elpee sous-titré "House of Live presents from the West Coast the Hoodoomen on stage". Il faut dire que la formation a forgé sa réputation sur les planches, et il est intelligent de leur part de ne pas avoir attendu plus longtemps pour commettre ce disque 'live'. Pour la circonstance, ils ont reçu le concours de Fabien Saussaye, au piano.

La formation appose immédiatement sa signature sur "Hoodoomen theme", en présentant les solistes. Instantanément, cette ouverture sent bon la West Coast et met en exergue, tour à tour l'harmonica, l'orgue et la guitare. Maintenant, je comprends mieux pourquoi ce band alimente le haut du panier hexagonal. Sa musicalité n'est jamais prise en défaut, et puis la cette section rythmique libère un de ces grooves! Le swing et le jump s'entremêlent tout au long de "Shake it", une plage signée par l'harmoniciste californien Johnny Dyer. Le jeu aux six cordes de Pascal Fouquet semble camper un compromis entre l'école de la West Coast et celle du Texas (Albert Collins, T-Bone). Pour interpréter le "Yeah, yeah, yeah" de Joe Liggins, l'ensemble prend la direction de la Nouvelle Orléans. Nous sommes plongés dans le zydeco. L'invité Philippe Sauret est au frottoir. Fabien joue du piano qui roule. Francis impressionne aux percussions. Tout semble si facile! Balayé par le cri du coyote de Philippe, leur "Like a coyote" est un solide shuffle comme on peut les produire à Austin ou Dallas. Pascal y joue au feeling comme un Anson Funderburgh des bons jours. Philippe n'est pas en reste. Il souffle comme un possédé. Il a parfaitement assimilé le jeu des grands. Les Hoodoomen enfilent avec talent plusieurs classiques. Tout d'abord le blues lent de T-Bone Walker, "Stormy Monday". L'accompagnement de Fabien au piano est brillant. La partie de guitare exacerbe tous nos sens. "Further on up the road", ensuite. Une compo très jump, soutenue brillamment par un harmo à la Piazza. "Just your fool" de Little Walter, également. "You don't have to go" de Jimmy Reed, encore. L'inspiration made in Chicago est omniprésente. Et même "My girl Josephine" de Fats Domino, qui transpire cette bonne humeur débordante de la Nouvelle Orléans. "Little bitty pretty one" est un exercice de style pour le talentueux Philippe Brière à l'harmonica. "But nothin' else" nous emmène en Louisiane, du côté des swamps, adressant au passage un clin d'œil à Guitar Slim. Tout au long du solide boogie "Quarantine", Pascal passe en revue ses goûts en matière de cordes, un instrumental au cours duquel Fabien se trémousse aux ivoires. Cet excellent album 'live' brille par la qualité de ses compositions, et démontre que cette formation possède un registre particulièrement ample.

Hood

Cold house

Écrit par

Quelque part entre Auterchre et Mogwai, Hood pratique un electro post rock, qui intègre des éléments dub, jazz, rock, et même folk. Depuis, " Cold house ", faudra ajouter hip hop. A cause de la participation des rappeurs Dose et Why ?, qui dévissent habituellement chez Clouddead. Autrefois constitué d'un quartette, Hood est aujourd'hui réduit à un duo. Les frères Adams. Et si dans leur musique, ils ont encore recours à l'instrumentation basique (guitare électrique et acoustique, piano, drums, cuivres, basse, etc.), il faut reconnaître que la technologie moderne y est plus présente. Bidouillages électroniques, bourdonnements synthétiques, crépitements organiques, arrangements brumeux aboutissent à la confection de mélopées hybrides, filtrées dans les harmonies vocales frêles et cristallines. Des mélopées qui puisent dans la désolation et le dépouillement pour nous projeter dans un univers glacé, propice aux rêveries mélancoliques. Une œuvre qui au fil du temps se veut de plus en plus expérimentale, le tandem de Leeds justifiant ainsi sa volonté, son art et sa capacité à marier les contraires…

 

Hoodoo Club

...a just temporary loss of masculinity

Encore un groupe finaliste du ‘Humo's rock Rally’ ; mais issu de l'édition 1996. Une formation originaire de la région de Genk, dont le premier album a bénéficié du concours de Piet Jorens (Deus, Moondog Jr) de Lode Verkampt (Gorki), mais surtout de Mark Thijs. Pas à l'harmonica, dont il est pourtant réputé pour le talent, mais à la production ; mise en forme qu'il avait déjà réalisée dans le passé pour Noordkap, Scabs, El Fish et Soulwax. En outre, il s'est également chargé des arrangements de cordes et des backing vocaux. " ...a just temporary loss of masculinity " constitue le premier opus de Hoodoo Club. Un disque très prometteur mais sans réelle ligne de conduite. Bien sûr on y ressent les différentes influences des collaborateurs. Ce qui donne parfois un résultat plutôt curieux lorsque le rythm'n blues et la pop déstructurée entrent en fusion. Curieux, mais pas sans intérêt. A contrario, on reste alors plutôt sur sa faim, lorsque le style épouse une forme plus carrée, un peu comme chez les Scabs. Mais le plus remarquable procède des titres les plus élaborés, les plus profonds, forme que nous ne connaissions, jusqu'à ce jour que chez des compositeurs australiens tels que Triffids ou Nick Cave. Et " Locksmith' blues " en est la plus belle illustration. Un bel avenir est promis à Hoodoo Club, pourvu qu'il parvienne à bien digérer toutes ses influences...
 

 

Hoodoo Gurus

Crank

Produit par Ed Stasium (Living Colour, Smithereens), le sixième album des Hoodoo Gurus pète littéralement des flammes. Il dispense la même énergie sulfureuse, excitante, flamboyante, zébrée de cordes de guitare cinglantes et menaçantes et abrasée par la voix rauque, venimeuse de Dave Faulkner, que sur les planches. Treize chansons de psyché garage qui vous prennent à la gorge sans jamais lâcher prise. Pas étonnant que les Fleshtones considèrent que ces Australiens disposent du meilleur ‘groove’ au monde...