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Future Islands

Herring, le showman…

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Depuis 2006, Future Islands a gravé six elpees. Epatant sur disque, il atteint le max de son potentiel en ‘live’, notamment grâce au parolier et chanteur Samuel T. Herring, une bête de scène totalement habitée par la musique. Le dernier opus du combo, « As long as you are », remonte à octobre 2020. Depuis la formation a sorti quelques singles, dont le dernier, « Deep in the Night », est paru en août dernier. Et un nouvel LP serait en préparation. Aujourd’hui, Future Islands est considéré comme un des groupes les plus dynamiques de la culture pop. Il réinvente la synthwave, le post-punk et parfois le hardcore. Dans le cadre de sa nouvelle tournée mondiale, le quatuor de Baltimore (Maryland) se produisait à l’Ancienne Belgique. Et le concert est sold out.

R.A.P. Ferreira assure le supporting act. De son véritable nom Rory Allen Phillip Ferreira, il débarque seul sur les planches. Il prend place sur un siège, enlève sa gratte semi-acoustique de son étui, déclare qu’il vient de Chicago et entame son récital dans un blues qui nous vient des profondeurs de la Louisiane. Soyez rassurés, il n’est pas poursuivi par des alligators.

En cherchant un peu sur la toile, on apprend que cet artiste est étrangement MC, producteur, agriculteur et fondateur du label Ruby Yacht ; et qu’il s’est forgé une certaine notoriété dans l’univers underground du hip hop. Tout ceci pour expliquer qu’il termine sa prestation par deux morceaux de rap minimalistes, mais dansants.  

Setlist : « Preachin' the Blues - Part I » (Son House cover), « Illinois Blues » (Skip James cover), « Catfish Blues » (Robert Petway cover)

Préenregistré, « In Evening Air » permet aux instrumentistes de s‘installer sur leur estrade respective, mais en retrait. Soit le claviériste Gerrit Welmers, le bassiste/guitariste William Cashion et le nouveau batteur Mike Lowry. Une toile blanche a été tendue en arrière-plan devant laquelle ont été installées quatre maquettes de montagnes en basalte, de hauteurs différentes, qui changent de couleur en fonction d’un éclairage placé en hauteur.

Samuel T Herring débarque. Il dispose de tout l’espace scénique pour déambuler. Une véritable bête de scène qui exécute des pirouettes et interagit avec la foule. Et la fosse devient un véritable dancefloor dès le morceau qui ouvre le set, « For Sure », une compo inondée de sonorités de claviers.

C’est Samuel la star du band ; il a le charisme d’un Morrissey totalement déglingué. Le band embraie par un extrait du dernier album, « As Long As You Are », en l’occurrence « Hit the Coast ». La voix de Samuel est alors proche de celle de Tom Barman (dEUS). Etonnant, non ? D’autant plus qu’en général, elle est plutôt caractéristique et unique en son genre. Très gutturale. Mâle si vous préférez. Les sonorités de cordes sont incandescentes, mais dispensées par des samples injectés dans le synthé.

Dès « Ran », le troisième morceau, Herring est trempé de sueur. Sa capacité à attirer le regard est vraiment particulière. Il donne l’impression de chanter pour chaque individu personnellement. Il tend les bras et rejette la tête en arrière tout en profitant de l'énergie de la foule, l'absorbant et s'assurant que ses mouvements presque frénétiques se poursuivent. Pendant « Plastic Beach » et « Walking Through That Door », il se frappe la poitrine, tire sur son tee-shirt noir ou se frappe la gorge.

On observe une véritable symbiose entre les mélodies modernes et catchy, la voix surpuissante et l’instrumentation. Aussi incroyable que soit Herring, les musicos du groupe constituent le ciment qui fédère Future Islands et empêche Herring de déraper dans son attitude théâtrale. Le claviériste Gerrit Welmers, le batteur Michael Lowery et le bassiste William Cashion y parviennent en alliant sobriété et efficacité.

En fin de parcours, la basse discordante de Cashion vient asséner un uppercut dans le ventre des spectateurs sur le single « King Of Sweden », une des chansons préférées des auditeurs. Le band n’en oublie pas son plus grand succès, « Seasons (Waiting for You). Pendant « Long Flight », Herring exécute une glissade ventrale sur le podium, bondit, puis enfonce son poing dans sa bouche. Le concert s’achève akos par « Thrill », un des morceaux les plus calmes de la selist.

En rappel, Future Islands va accorder deux compos. Tout d’abord « Vireo's Eye ». Le son de basse de Cashion se révèle particulièrement musclé. Alors que l’auditoire applaudit, Herring tend la main, fait mine de saisir l'air, porte la main  à la bouche et se comporte comme s'il avalait quelque chose, ingérant l'énergie de la foule. Puis « Little Dreamer », une chanson qui résume tant de sentiments de joie, de rage, de douleur et d’amour. La chanson commence comme un discours et alors que le groupe entre lentement dans la musique, Herring passe du déclamatoire au chant. Lorsque la chanson s’achève, Future Islands remercie l’auditoire et tire sa révérence…

Certains médias estiment que Future Islands mériterait le statut d’Elbow voire de The National. Et ils n’ont probablement pas tort…

Setlist : « In Evening Air » (intro préenregistrée), « For Sure », « Hit The Coast », « Ran », « Plastic Beach », « Peach », « Diep In The Night », « Walking Through That Door », « Before The Bridge », « The Painter », « In The Fall », « A Dream Of You and Me », « Ancient Water », « King Of Sweden », « Seasons (Waiting on You) », « Long Flight », « Tin Man », « Thrill ».

Rappel : « Vireo's Eye », « Little Dreamer »

(Organisation : Live Nation)

 

Future Islands

Un show dans le show…

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Depuis la sortie de son album « Singles », en 2014, Future Islands est entré dans la cour des grands, et tout particulièrement au sein de l’univers indie rock. La preuve ? Ce soldout enregistré rapidement pour son concert prévu à l’AB, ce vendredi 10 novembre. Si bien que les organisateurs ont rapidement décidé de programmer un concert supplémentaire, le lendemain. Ce qui a donc permis au groupe d’investir la salle bruxelloise, le temps d’un week-end, pour venir présenter son dernier elpee, « The Far Field ». Pourtant, à contrario du dernier LP, le second n’a pas reçu que des critiques favorables auprès de la presse spécialisée. Restait donc à vérifier si ces compos passaient mieux en ‘live’ ; surtout quand au sait que le band établi à Baltimore jouit d’une solide réputation sur les planches…

Le supporting act est assuré par Zach Mexico, un combo issu de la Caroline du Nord, d’où est d’ailleurs originaire Future Islands…

A 21 heures, les lumières s’éteignent, et les baffles crachent une version du « Gimme Gimme Gimme (A man after midnight) » d’Abba, au synthé,  sous les acclamations d’un public déjà enthousiaste. Dès le refrain achevé, le band grimpe sur l’estrade. Arborant d’imposantes rouflaquettes, Samuel T.Herring s’installe au centre, le bassiste, William Cashion, à gauche et Gerrit Welmers, le claviériste à droite. Et un drummer, se plante en retrait. Passé les remerciements d’usage, le quatuor attaque « Beauty of the Road », un morceau qui figure sur le dernier long playing. Si les instrumentistes sont statiques, Herring est particulièrement hyperactif et le restera jusque la fin du set. Il arpente le podium de long en large, s’autorisant même des pas de danse improbables. Il semble hanté par les compos, vit chaque parole prononcée et se met parfois à rugir de manière improvisée. Son show est un show à lui tout seul. Parfaitement exploité, l’éclairage crée des ambiances propres à chaque morceau. Elles sont même capables de transiter du plus sombre au disco, dans ce dernier cas de figure, l’occasion de sortir la boule à facettes. Mais si les titres du dernier album vont alimenter une bonne partie du concert, la formation va également inclure quelques plages issues du précédent. Pour le clôturer, le band va nous réserver ses tubes, « Seasons (wanting on you) » et « Spirit ». De quoi déclencher les acclamations inévitables d’un public qui se sera déhanché pendant une bonne heure et demie. Finalement, Future Islands a confirmé sa réputation de groupe de scène et surtout mis une nouvelle fois, en exergue, le charisme de Samuel T.Herring...

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

 

Islands

Return To The Sea

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On ne les avait pas vus partir... Mais cette fois on les voyait venir ! Depuis l’implosion surprise des désopilants Unicorns, on s’interrogeait. Pourrions-nous encore sourire en nous dandinant sur une énième pop-song ? Qui nous coupera les cheveux quand nous serons partis ? (référence absolue à l’unique album publié par les défunts Unicorns : « Who Will Cut Our Hair When We’re Gone ? ») Toutes ces questions nous minaient sérieusement le moral. Bienveillants, J’Aime Tambeur et Nick Diamonds, deux tiers du trio originel, se retrouvent sous le soleil de Islands. En duo, les Canadiens signent un syllogisme discographique : «Return To The Sea » (NDR: très cohérent lorsqu’on s’appelle Islands). Enregistré dans l’appartement de J’Aime à Montréal, l’album convie tous leurs amis : Regine Chassagne, Sarah Neufeld, Richard Parry (alias le roux fou) et tous les électrons libres d’Arcade Fire, sans oublier le rappeur national Subtitle. Le résultat est confondant d’ingéniosité. Comme si Tim DeLaughter (Polyphonic Spree) s’était accaparé les rennes d’Arcade Fire. Dès l’introductif « Swans (Life After Death) », on retrouve un sourire perdu lors de notre dernière coupe de cheveux. Pour danser jusqu’au bout de la nuit en consommant des myriades de substances psychotropes, rien de tel qu’un bon tube de la trempe de « Don’t Call Me Whitney, Bobby ». Pour délirer aux sons des violons, flûtes, orgues, clarinettes et autres sonnettes (de vélo ?), une bonne dose psychédélique de « Rough Gem » devrait convenir. La tête dans les étoiles, le bulbe rachidien sur une autre planète, on balance notre squelette au soleil sur la musique des Islands. Que l’été commence ! Il durera toute l’année...