La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (9 Items)

JW-Jones

Live

Écrit par

Agé de 38 ans, ce Canadien est probablement devenu l'un des incontestables leaders de la scène blues locale. Ce chanteur/guitariste s'est distingué lors de l'International Blues Challenge de Memphis, en publiant "High Temperature", en 2017, un album considéré comme le meilleur cette année-là. Son premier opus, "Defibrillatin'", remonte à l’an 2000. Ce "Live" constitue son dixième et son premier immortalisé en public. Un concert qui s’était déroulé à la Basoche, au Québec. Pour la circonstance, il était soutenu par la bassiste Laura Greenberg, le batteur Will Laurin et le claviériste Don Cumming. L’artiste a voulu se faire plaisir en n’interprétant que des reprises, dont celles de BB et Albert King, Jimmy Rogers, Howlin’ Wolf ou encore 5 Royales. De bonne présentation ce jeune homme est un brillant guitariste qui a aisément assimilé le style des plus grands avant de les personnaliser. Ce n’est certes pas un chanteur charismatique, mais il y a de quoi se délecter de sa musique…

La version du "Moanin' at Midnight" d'Howlin' Wolf est très rapide et longue (NDR : 10’ quand même !) La guitare de JW occupe tous les espaces et lorsqu’elle se déchaîne, elle parvient à atteindre des sommets ‘hendrixiens’. Vivace, elle reflète toute la verve de Jones, tout au long de la cover du "Early in the morning" de B.B King, une plage qui baigne dans le jazz. Imprimé sur un mid tempo, le "You're gonna need me" d'Albert King (NDR : ce titre figurait sur son elpee "King of the Blues guitar", paru en 1969) constitue un des points culminants de l’opus. Caractérisé par son riff blues/rock, "I don't believe a word you say", un morceau co-écrit par Ben Harper et Charlie Musselwhite, déborde de créativité. Et lors de son medley final, en un peu plus de deux minutes, il parvient à lier 17 morceaux…  Une fameuse performance!

 

JW-Jones

High Temperature

Écrit par

A l’âge de 36 ans, JW Jones peut se targuer d’avoir déjà connu une belle carrière. Ce chanteur/guitariste canadien a d’ailleurs déjà gravé une belle flopée d’albums. Son premier elpee, "Defibrillatin" remonte à 2000. Et "High Temperature" constitue déjà son neuvième ! JW est très apprécié par ses pairs ; ce qui lui a valu la participation de stars du blues sur ses œuvres précédentes, comme Hubert Sumlin, Kim Wilson, Larry Taylor, Jr Watson, Little Charlie Baty, Gene Taylor et Charlie Musselwhite. Pour enregistrer ce dernier opus, il s’est de nouveau bien entouré, en bénéficiant tout particulièrement du concours de musicos issus de Nashville, dont Colin Linden, à la guitare et surtout à la mise en forme, et Kevin McKendree, aux claviers.

"Price you pay" ouvre les hostilités. Il s’agit manifestement du meilleur titre du long playing. Ou tout au moins celui qui recèle le plus de potentiel. Un excellent blues/rock cosigné par Colin Linden et Gary Nicholson. La voix est parfaite. Le riff est puissant et sa tonalité savoureuse. Le rythme, bien balancé. Une plage qui me rappelle le ZZ Top de la grande époque. "How many hearts" évolue sur un tempo flemmard. JW est soutenu par la voix de Jaida Dreyer. Les interventions sur les cordes sont brillantes. La reprise du célèbre "High temperature" de Little Walter est un autre sommet de cet LP. La basse de Laura Greenberg et la batterie de Mathieu Lapensée impriment un rythme bien musclé. Kevin siège derrière le piano sur ce Chicago blues classieux qui se distingue par une sortie tranchante à la guitare, proche du style jump. Epatant ! JW chante en compagnie de Liam Russell et se réserve un autre solo prodigieux sur le "Murder in my heart for the judge" de Moby Grape (NDR : fondée en 1966, cette formation san-franciscaine est toujours en activité, et le line up implique encore trois membre fondateurs : en l’occurrence Peter Lewis, au backing vocals et à la guitare rythmique, Jerry Miller, au lead vocals et à la guitare solo, ainsi que Bob Mosley, à la basse et aux backing vocals). "Who I am" est un blues indolent mais particulièrement original coloré par l’orgue de McKendree. Jones l’attaque à la manière de BB King, et son exercice de style, tout en parcimonie, au cours duquel il fait littéralement respirer sa Gibson Les Paul, est un véritable modèle du genre. Chaleureux, "Away too long" est un shuffle caractérisé par une sortie de cordes à la fois dynamique et inspirée. D’ailleurs l’artiste n’est pas du style à se répéter. Le long playing recèle quelques chansons qui trempent dans la soul. A l’instar de "Same mistakes", généreusement tapissé par l’orgue Hammond, d’"Already now", de "Leave me out", une compo à la fois belle, indolente, parcourue par une slide particulièrement mélodieuse, et "Where do you think I was", un morceau mélodique sculpté dans le soul/rock, caractérisé par son refrain accrocheur. On n’en oubliera pas pour autant les covers, dont une version rapide du "Midnight blues" de Charlie Rich, une reprise du « Out in the woods » de Leon Russell, que J-W chante d’une voix au bord de l’asphyxie, au sein d’un climat plutôt étrange et au cours de laquelle la guitare est chargée de feeling ; et enfin un instrumental : le "Wham", de Lonnie Mack. Une adaptation d’un titre considéré comme un canon de la guitare…

 

JW-Jones

Seventh hour

Écrit par

Au fil du temps, ce jeune chanteur/guitariste prend de la bouteille. « Seventh hour » constitue déjà son septième elpee officiel. En règle générale, pour enregistrer ses albums, le Canadien bénéficie du concours d’invités prestigieux comme Kim Wilson, Charlie Musselwhite, Hubert Sumlin, Junior Watson ou encore Charlie Baty. Ce nouvel elpee est bien celui de la maturité, car lors des sessions d’enregistrement, il n’a pas reçu la collaboration de grosses pointures. Simplement son backing group habituel. Soit le drummer Jeff Asselin, le bassiste Marc Decho et le claviériste Jesse Whiteley. Et il faut reconnaître qu’un gratteur de cette trempe n’a pas vraiment besoin de partenaire aux cordes pour exceller.

Non seulement JW est beau gosse, mais il est particulièrement élégant dans son costume trois pièces. Suffit de regarder la pochette pour s’en convaincre. Cet opus est de toute bonne facture. Il ne souffre d’aucun point faible. Les compos sont particulièrement solides. Jones ne s’abandonne jamais dans la facilité. Sa voix n’a jamais été aussi affirmée et autoritaire et son jeu sur les cordes est le plus souvent remarquable. La classe!

“Ain’t gonna beg” est une bonne mise en jambes. Une plage bourrée de charme et de potentiel. La première sortie des cordes est victorieuse. JW distille les notes nécessaires et indispensables pour propager une tonalité lumineuse. “Let it go” est également imprimé sur un tempo assez élevé, pendant que l’orgue Hammond tapisse confortablement le décor sonore. Le flux et le reflux de la guitare permet de libérer des notes meurtrières. Le climat devient carrément torride sur “In a song”. Evoluant sur un rythme convulsif, “You got caught” rappelle les bonnes compos signées par la paire Leiber/Stoller. Les cordes s’envolent. On a l’impression d’être plongé dans un film tourné dans le Far West! Plage soul/r&b, “All over again” est hanté par l’esprit de Memphis. A cause de l’orgue Hammond. Jones s’y sent comme un poisson dans l’eau. Jeremy Wakefield participe quand même à deux pistes. Il a ramené sa lap steel guitar. Ce grand spécialiste du western swing est dans son jus tout au long de “Heartbreaker”. L’échange entre les deux gratteurs est de haute volée. En finale, Jeremy remet une couche de lap sur un rockabilly. En l’occurrence, le “So long I’m gone” de Roy Orbison. On épinglera encore “Do for you”, un impeccable Memphis blues à la sauce Albert King et la reprise saignante du “I’m tryin” de Little Milton, une piste davantage inspirée par Albert Collins! “Seventh hour” confirme tout le bien que l’on pensait de JW Jones. Un des meilleurs albums de l’année 2012, c’est une certitude !

 

JW-Jones

Memphis Midnight Sun

Écrit par

JW Jones n’a pas encore trente ans. Un artiste canadien qui se forge lentement, mais sûrement, une belle notoriété. Faut dire qu’il compte, parmi ses amis, quelques grosses pointures. Depuis le début de sa carrière, il aligne d’excellents albums : "JW Jones Blues Band" en 1999, "Defibrillatin'" en 2001, "Bogart's bounce" en 2002, "My kind of evil" en 2004, "Kissing in 29 days" en 2006 et "Blue listed" en 2008. Pour concocter ce nouvel opus, ses prestigieux camarades ont une nouvelle répondu à son invitation. Et que du beau monde ! Jugez plutôt : le légendaire guitariste de Howlin' Wolf, Hubert Sumlin, le non moins mythique harmoniciste, Charlie Musselwhite, ainsi que la redoutable section rythmique des Hollywood Blue Flames, c’est-à-dire Larry Taylor et Richard Innes. Dans le passé, il avait déjà reçu le concours des gratteurs Little Charlie Baty et Junior Watson, de Colin James, le pianiste Gene Taylor, du saxophoniste de Ray Charles, David ‘Fathead’ Newman, ainsi que de Kim Wilson, le protecteur dans l'ombre! Les musiciens du JW Jones Band sont tous au poste : Jeff Asselin aux drums, Martin Regimbald à la basse et Jesse Whiteley à l’orgue. Une bonne partie des sessions ont été réalisées dans le berceau du rock'n'roll, les studios Sun à Memphis.

 

"Off the market" ouvre souverainement l’elpee. Les interventions à l'orgue Hammond B3 de Whiteley nous transportent bien à Memphis, terre de R&B, celui du label Stax, gravé à jamais par l'orgue de Booker T. JW chante cette plage rythmée. Il est soutenu par les cuivres et les chœurs des One Faith Singers. Et signe une sortie tout en délicatesse sur ses cordes. Sa propre section rythmique l’épaule sur quatre autres plages. Tout d’abord "Kissin' in Memphis". Une plage caractérisée par la présence discrète d'un ancien seigneur local, celui que l'on appelait là-bas Memphis Charlie : Charlie Musselwhite. Le son de la Gibson est très sale, primaire. Le résultat excellent. Jones reprend "Cuts like a knife", une composition signée par son concitoyen rocker Bryan Adams. Au cours de ce blues imprimé sur un tempo enlevé, tapissé par un envol de Jesse à l'orgue, il peut libérer de courtes phrases assassines. JW plonge intégralement dans le soul blue, tout au long de "Right on time", une plage dont la jolie mélodie est enrichie par les harmonies vocales des One Faith Singers. "Make a move" campe un autre Memphis R&B. Découpées au rasoir les notes sont limpides.

Sur toutes les autres plages, la section rythmique réunit donc Larry Taylor et Richard Innes, les anciens membres du fabuleux Hollywood Fats Band. Dès "Love grows cold", une compo écrite par Lowell Fulsom, l’atmosphère baigne dans le jump blues, un style qui était d’ailleurs la marque de fabrique de Mr Jones, dans le passé. Stimulé par les maîtres du rythme et les cuivres, notre jeune Canadien s'éclate! "Born operator" opère un retour de quarante ans dans le passé. On se croirait même au cœur du Chicago Westside cher à Magic Sam. C’est le mythique Hubert Sumlin (NDR : il a 78 ans !) qui donne la réplique a JW ; et ce dernier a parfaitement assimilé ce style. "Burnt child" est une compo signée Sonny Terry/Brownie McGhee. Lors de cette cover, le sémillant Charlie Musselwhite se réserve le rôle de Terry, en épousant une démarche nonchalante. Le tempo monte d’un cran pour la reprise de "I don't go for that". On en revient à l'axe Chicago - Los Angeles. Charlie est à l'harmo, Jesse au piano, pendant que JW s'éclate dans le West Coast blues à la manière de Junior Watson et le père Musselwhite nous accorde ses interventions étincelantes sur son Mississipi saxophone! "Mean streak" est un excellent slow blues, dont la sonorité dépouillée est digne du regretté John Lee Hooker. Pour attaquer les deux derniers titres de l’elpee, Hubert Sumlin a opéré son retour. Tout d’abord lors d’un instrumental qui rend hommage à Wolf et Sumlin. Un morceau baptisé judicieusement "Howlin' with Hubert", au cours duquel il est dans son élément. Il participe également au presque R&B "Games", une compo vivifiante et percutante qui permet à JW Jones de se retirer de belle manière, en compagnie de son vieil ami de Chicago!

 

JW-Jones

Bluelisted

Écrit par

Ce jeune chanteur/guitariste canadien est aujourd’hui âgé de 27 ans. Ses débuts remontent à 1999. Année de la sortie de son premier elpee, "JW Jones Blues Band". Un an plus tard, il est signé par le label local Northern Blues Music, pour lequel il enregistre l'impeccable "Defibrillatin'". En 2002, il concocte "Bogart's bounce", un opus pour lequel il reçoit la collaboration de Kim Wilson et de Gene Taylor, alors impliqués au sein des Fabulous Thunderbirds. On retiendra encore la sortie de "My kind of evil", en 2004, un elpee produit par Mr Wilson en personne. Faut dire que ce dernier était tombé sous le charme du talent de ce jeune artiste et souhaitait le prendre sous son aile protectrice. Et puis "Kissing in 29 days", gravé en 2006.

Pour ce nouvel elpee, JW est donc passé par les studios Living Room d'Ottawa. Il est épaulé par ses musiciens : le bassiste Martin Régimbald, le drummer Jeff Asselin et le claviériste Jesse Whiteley. Jones compte de nombreux amis. Pas étonnant qu’il ait donc bénéficié de la participation de quelques grosses pointures issues de la scène contemporaine. En l’occurrence Little Charlie Baty et Junior Watson aux guitares. Sans oublier Richard Innes à la batterie et Larry Taylor à la basse ; c’est à dire une des meilleurs sections rythmiques au monde. Celle du Hollywood Fats Band et des Hollywood Blue Flames. Excusez du peu ! Enfin, il serait injuste de négliger la présence des Wind Chill Factor Horns.

Le "Double eyed whammy" de Freddie King est une mise en bouche. Il met en exergue le trio d'enfer de gratteurs face à Taylor et Innes. Un festival de cordes. Tour à tour, chaque musicien prend son envol, en s’illustrant par son style personnel. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à disséquer les détails de la pochette. Baty et Watson cumulent 70 années d’histoire. Or, c’est la première fois qu’ils squattent le même studio. JW et son band se réservent six plages. Ils y démontrent toute leur cohésion tout au long de ces excellents blues. A l’instar de "Looking the world straight in the eye", abordé dans un style proche du Chicago Westside. Jones chante d’un timbre particulièrement juvénile. Sa guitare est flamboyante, empruntant tour à tour à Albert et BB King, ainsi qu’à Otis Rush. Brillant! "Can't play a playboy" campe un blues rock simple mais entraînant. Un shuffle terriblement efficace. Plus R&B circa Memphis, "Somebody's got to burn" est hydraté par un orgue de circonstance, pendant que les petites lignes sont tracées à la manière d’Albert King. Plutôt blues/rock, "The doctor" est dynamisé par le piano versatile de Whiteley. Elégante compo soul blues, "Silent treatment" est éclaboussée par les interventions de Whiteley sur son clavier. Et le spectre de Freddie King hante l'instrumental "Bogart bounces again". Signé Richard Berry (NDR : c’est lui qui avait écrit le célèbre "Louie Louie"), "Mad about you" baigne dans le pur rock'n'roll fifties. Un morceau saignant, découpé par le saxophone dévastateur de Franck Scanga. Watson assure la rythmique sur "Wasted life", un blues plus relax, au cours duquel, Baty tire son épingle du jeu. Autre instrumental, "Heavy dosage" fait la part belle au jazz swing. Le tempo est rapide ; mais on assiste surtout à une orgie de cordes au cours de laquelle chaque acteur est placé, à tour de rôle, sous le feu des projecteurs. Et notamment Junior Watson, préposé à la basse acoustique. "That's wrong little mama" a été composé par le grand BB King. Charlie et Junior en profitent pour rivaliser dans le style avec le maître. Et Jones de puiser aussitôt au sein du répertoire de BB. Lors de la version du "Waiting on you", il est seul à la gratte. Et il démontre qu’il a manifestement assimilé le style de la légende vivante du blues. Aussi bien les silences que les notes bien senties. Tout au long d’"Out of service blues", un blues lent très swamp, Charlie Baty joue –curieusement, mais fort bien– de l'harmonica, face aux cordes déjantées et complexes de Watson. Le tempo ralentit pour "Tickets on yourself". Les gratteurs s'amusent comme des petits fous ; mais on y détecte immédiatement les interventions de Watson. Excellent !

 

JW-Jones

Kissing in 29 days

Écrit par

Agé de 25 ans, JW Jones est un jeune chanteur/guitariste canadien. D'Ottawa très exactement. Il avait tapé dans l’oreille de Kim Wilson en personne. Pas pour rien que ce dernier avait participé à l'enregistrement de ses deux derniers albums : "Bogart's bounce" en 2002, et "My kind of evil" en 2004, deux opus parus chez Northern Blues Music de l'autre côté de l'Atlantique et Crosscut en Europe. Le backing band de JW implique toujours l’excellent bassiste Nathan Morris et le pianiste Geoff Daye ; mais c'est désormais Artie Makrie qui se réserve les baguettes. Et puis surtout la production. L'album est dédié à la mémoire de son jeune frère, Gabriel Wynne-Jones, décédé en 2005, à l’issue d’un accident de la route. Il n’avait alors que 22 ans.

JW a composé onze des quatorze plages de ce nouvel elpee. "Kissing in 29 days" ouvre la plaque. Une compo explosive. Le tempo est très enlevé. La section de cuivre des Wind-Chill Factor Horns soutient le quartet de base. JW délivre un premier solo redoutable face à Geoff qui s'acharne sur les ivoires. L'étreinte ne se desserre toujours pas lorsque le Band attaque "Hey girl!", un fragment composé par le regretté Little Milton Campbell. Sculpté dans un rock'n'roll tout droit sorti des années 50, ce morceau autorise des sorties à haut niveau de la guitare. Tout d’abord rudimentaire, elle s'affine progressivement avant de laisser le Canadien manifester tout son savoir-faire. Ce qui n’empêche pas Brian Asselin de déménager sur son sax ténor. Little Milton avait été invité pour participer aux sessions d’enregistrement. Il n’a malheureusement pu y participer. Et pour cause, il est décédé peu de temps auparavant. Le niveau monte encore d'un cran lorsque "All my money" cherche à recréer le big band blues du Beale Street de Memphis, immortalisé dans les 50s. Au sommet de son art, JW se met dans la peau de BB King qui aurait conservé toute son agressivité, sa pugnacité. L’attaque est permanente. Particulièrement brillant, Mr Wynn-Jones prouve ici qu'il a bien trouvé son style en synthétisant le meilleur des autres. Pour "I don't want to hear", Geoff est passé à l'orgue Hammond. Un fragment de pur R&B au cours duquel la section de cuivres libère un maximum de groove. Et pour cause, Nathan s'acharne sur sa basse. Pourtant, chaque instrument demeure bien distinct. Patrick Camiré parvient même à s'isoler à l’aide de sa trompette. Soutenu par l'orgue, "Games" épouse une rythmique funky, une plage au cours de laquelle les cuivres se montrent de plus en plus nerveux. L’effervescence gagne les cordes de JW qui nous délivre un solo particulièrement torride et fiévreux. Instrumental, "Parasomnia" est imprimé sur un tempo vivifiant. Un interlude empreint de jazz et de swing. Infernale, la partie de guitare libère un maximum de notes ; mais pas une de trop. Les musiciens se présentent successivement. La basse et la batterie échangent leurs points de vue. Invité, David "Fathead" Newman polarise le devant de la scène en soufflant alertement dans son sax ténor. Michael Dalrymple le seconde au baryton. Fathead Newman est un jazzman remarquable. Agé de plus de 70 ans, ce merveilleux saxophoniste a longtemps joué au sein du Ray Charles Band. Il vient également de sortir un tout nouvel album, "Cityscape", chez Blue Note. Il a manifestement une pêche d’enfer et une classe inimitable. Swing et ambiance cabaret envahissent le climat musical de "Fly to you". Jones a accompli des progrès remarquables au niveau du chant. Il a bien écouté et surtout retenu la quintessence de Wynonie Harris, Little Milton, Roy Brown et de quelques autres… Shuffle de bonne facture, le classique "Got me chasin" marque un retour au blues urbain. La rythmique est classieuse. L’esprit de Jimmy Reed est tout proche. Ceux d’Eddie Taylor et du grand Jimmie Rogers ne sont pas loin non plus. Nous sommes dans le Southside de Chicago. Bien trempée dans le style urbain des 50s, la voix est à nouveau impeccable. Franck Scanga a troqué son saxophone contre un harmonica. Cet instant est un moment de bonheur absolu pour les fans de blues. Pour la première fois, le tempo est indolent. Très indolent. Les lumières s'éteignent. On baigne dans une atmosphère fin de soirée. Les couples se soudent sur la piste. Jones chante le slow blues "Way too late, dans un registre aussi paresseux que celui d'Eddie King. Le célèbre "Hallelujah I love her so" de Ray Charles célèbre le retour du sémillant Fathead Newman au saxophone. Il est ensuite confronté à Brian James Asselin pour le "Pretty little sweet thing" de Jimmy Mc Carcklin. Son honky sax fait la différence, alors que la guitare déborde de vivacité. Que du bonheur ! "Standing in line" opère un retour au blues rock shuffle. Un titre percutant au cours duquel Jones et sa bande nous entraînent dans le rythme. Un autre hommage à feu son jeune frère, parcouru de riffs immortalisés par Howlin' Wolf. Pas de temps de musarder sur cet opus. Même en fin de parcours. A croire que le souffle de cet ensemble est inépuisable. A l’instar de "No love", caractérisé par un solo de cordes tout bonnement impressionnant. Et puis du final "Here she comes". Inspiré de nouveau par Ray Charles, il est ponctué par une dernière apparition de Fathead Newman. Un superbe album !

 

JW-Jones

My kind of evil

Écrit par
Issu d’Ottawa, ce jeune chanteur guitariste n’est âgé que de 23 ans. Pourtant, il a fondé son premier blues band en 1998. Eponyme, le premier album de son groupe paraît l’année suivante. Autoproduit, très mal distribué, il constitue pour les limiers du blues, une révélation. Début 2001, il commet "Defibrillatin" (Crosscut) et en 2002, "Bogart's bounce" (Northern Blues), un disque pour lequel il avait reçu la collaboration de Kim Wilson et de Gene Taylor. Son ami Kim s'est proposé de mettre en forme son nouvel opus.
 
Cette plaque commence de la plus belle manière ; c'est-à-dire par un "Shake that mess" parcouru par une guitare aux accents west coast jump, qui s'exclame devant force cuivres détonants. En l’occurrence les Wind Chill Factor Horns que composent trois saxophones et une trompette. Le son de la guitare dispensé par JW est superbement rendu. La production de Kim Wilson y est sûrement pour quelque chose! Jones reprend le "What you do to me" de Johnny Guitar Watson et Johnny Otis, un morceau qui semble sortir droit sortir d'un jukebox des fifties. Mais il ne le chante pas, ce rôle ayant ici été dévolu à son compatriote Colin James (du Little Big Band). Wilson est parvenu, vous l'aurez deviné, à déterminer le son adéquat pour les cordes. Caractérisée par des chœurs semblant sortir d'un beat band du Liverpool des années 60 et une guitare assez furieuse, "Ain't gonna lie" est une composition plutôt étonnante. JW y montre encore une fois les limites de sa voix qui constitue assurément son point faible. L’adaptation du "I don't know" de Willie Mabon est un véritable bonheur. Mais c'est bien Kim Wilson qui assure les vocaux ! Geoff Daye martèle son piano. Les cordes sont inspirées par cet environnement. Elles éclatent à l'avant-plan. Le deuxième chorus emprunté par JW est particulièrement saignant. Le gamin est vraiment déchaîné ! Il empoigne le micro et chante d’une manière plus assurée son "Cheating woman". Un bon slow blues, chargé d'atmosphère. Saturé de sensibilité, le solo sent bon le westside de Chicago. Très Memphis R&B, l’instrumental "Nothing on me" met en exergue un sax ténor de classe, que nous réservent Brian Asselin ou Steve Trecarten. Inspiré une nouvelle fois du Westside sound, et tout particulièrement par le rythme de la guitare de Magic Sam, "You can't fool me" est un autre blues très réussi. Superbe instrumental, "Slow down" démarre dans le pur west coast jump, fait soudain faire machine arrière et prend la direction de Chicago, avant de terminer sa course sonore du côté de chez BB à Memphis. Excellent ! JW met alors le cap vers la Nouvelle Orléans. Il reprend le célèbre "Blue Monday" de Dave Bartholomew et Fats Domino. Et c'est Kim qui chante dans un répertoire qui lui va à ravir. Swamp blues issu de la plume de Jay Miller, "You've got me" observe une nouvelle pause en Louisiane. Une compo caractérisée par des changements de rythme, le chant paresseux de Colin James et le solo d'harmonica convainquant de Kim Wilson. Instrumental très cuivré, "Code blues" baigne dans le swing jazz tout en autorisant des exercices de classe en solitaire à la guitare, à la basse et au piano. Kim souffle encore remarquablement tout au long d’"Aching pain", un blues à ras de terre. Cet album de bonne facture s’achève par "Let's have a ball", un fragment imprimé sur un tempo assez boogie rock'n'roll, au sein duquel Daye tire son épingle du jeu, au piano. A suivre de très près!

JW-Jones

Bogart´s bounce

Écrit par

JW Jones est un jeune chanteur guitariste. Agé de 21 ans, ce Canadien vit aujourd'hui à Ottawa. Je l'avais découvert lors de la sortie de son précédent album, "Defibrillatin".

"Flattine" ouvre l'elpee. Une plage qui met en vitrine les atouts musicaux de tous les membres de cette formation. Constituée de Matt Sobb aux drums et de Nathan Morris à la basse acoustique, la section rythmique est la hauteur. Vive, rythmée, elle swingue. JW Jones se révèle assez exceptionnel à la six cordes. Faut dire qu'il a beaucoup appris en écoutant de nombreux guitaristes californiens talentueux tels que Junior Watson, Kid Ramos, Rusty Zinn et Rick Estrin. Et au milieu du jeu de quilles de cette intro percutante, vient se mêler le piano virevoltant de Gene Taylor, des Fabulous Thunderbirds. "Jump tonight" persiste est signe un West Coast blues de classe. JW chante d'une manière sobre, sans trop de puissance ni de grand relief dans la voix. Mais lorsque South Steve Marriner fait son entrée, c'est avec force et fracas. Le souffleur du Band n'a même pas 18 ans, et il tire ici son épingle du jeu. "Ain't soon enough" combine boogie et rock. La guitare imprime le rythme. Taylor reçoit son billet de sortie au piano ; et il profite de cette liberté avec beaucoup de bonheur. Marriner embraie pour un exercice individuel, et confirme tout le bien que l'on pense de lui. "Sweet sugar Mama" puise son inspiration dans les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Les ivoires de Gene Taylor impriment le tempo. La guitare libère un son complètement pourri, presque impossible à décrire, dans un style finalement pas tellement éloigné de celui du gratteur des Mighty Flyers, Rick Holmstrom.. Les variations de rythme mettent en valeur cette composition, au cours de laquelle Marriner chante, lorsqu'il ne souffle pas avec vigueur et virulence dans son harmonica. La voix caractéristique, chaude et puissante de Kim Wilson réchauffe généreusement "Time to move on". L'atmosphère est sereine. Tortoise Blue (NDR : un compatriote préposé aux claviers et à l'harmonica au sein du band de Big Daddy G) se réserve l'orgue Hammond. Nouvelle tranche instrumentale de choix, la plage titulaire démontre les profondes affinités de JW pour les styles de Junior Watson et consorts. "Without you" sent bon le sud profond. Celui de la Louisiane ; et en particulier celui qui est pratiqué dans les quartiers chauds de Baton Rouge. La simplicité, la nonchalance et la sérénité du piano et de l'orgue Hammond colorent le jeu brillant de Jones. "Don't tease me" est un titre nerveux. La trame funky. Southside Steve prend son pied à l'harmo. Son souffle est puissant et vindicatif. L'instrumentation brille avec une égal bonheur, tout au long de l'opus. La guitare très west coast, mais aussi fort personnelle alimente "Understanding a woman". "Don't sugar coat it" atteint le sommet. Kim Wilson se démène à l'harmo. Il va même au delà d'une petite participation amicale, car au sommet de son art, il module avec générosité et originalité, ses phrases à la perfection. Pendant tout ce temps, South Side Steve se limite aux vocaux. Il y prend même la leçon. "Heard the news" épouse un swing naturel. Gene Taylor est brillant derrière son piano. La section rythmique lui emboîte le pas. Marriner est passé à l'instrument chromatique. Ces jeunes gens sont vraiment doués ! "You forgot to come back" marque le retour à l'ambiance paresseuse des swamps. Pour la circonstance, Miss Roxanne Potvin, une jeune copine de moins de vingt ans, est passée au chant. Sa voix claire, excellente, est capable de monter en puissance, avec une facilité déconcertante. L'insatiable Kim Wilson revient chanter le rapide "Blind date woman". Le jeune Marriner profite de l'occasion pour prononcer quelques phrases à l'harmo. Avec sobriété. Question d'impressionner le maître ! Cet excellent album s'achève par une tranche instrumentale bien jazzy. Un exercice de style au cours duquel JW se sent alors hanté par Charlie Christian. Mais dans un style jump, devant basse, drums et piano. Chapeau bas jeunes gens !

 

JW-Jones

Defibrillatin

Écrit par

Après Monster Mike Welsh, Joni Lang, Kenny Wayne Shepherd et Sean Costello, voici JW Jones. De très jeunes guitaristes qui s'intéressent curieusement au blues. Josh Wynne-Jones est à peine âgé de 20 ans. Il est canadien, d'Ottawa très exactement, et semble déjà avoir tapé dans l'oreille de Rick Holmsdtrom, d'Alex Schultz, d' Otis Grand et d'Anson Funderburgh. Excusez du peu! Le Jones Blues Band est apparu en 1998. Josh n'est pas le seul soliste. Il partage ce rôle avec ‘Southside’ Steve Marriner, un harmoniciste de 16 ans, et le pianiste Pierre Chretien.

L'album démarre sur les chapeaux de roues par un "Too many times" abordé dans un style west Coast tout à fait pur. JW trace sa route entre Rick Holmstrom et Hollywood Fats. Le son est sale à souhait. Le piano de Pierre rocke comme un fou à l'arrière, pendant que Mathan Morris et Steve Hiscox assurent le rythme. Southside Steve effectue une entrée remarquée à l'harmo, en sonnant très Piazza. Les Mighty Flyers sont vraiment proches ; et vous le savez, cette formation n'est pas la plus facile à copier. Le très jeune Marriner confirme sur "Sittin' here waiting". Le souffle est puissant, les interventions d'excellente facture. La plage titulaire est instrumentale. Pierre est passé à l'orgue. JW ouvre son livre d'or à la page Albert Collins. Le temps de respirer un bon coup et il entame sa récitation. Chrétien se fait Jimmy Smith, colorant l'arrière-scène de jazz. Sur "One night stand", JW nous prouve deux choses. Une bonne et une mauvaise. La bonne, c'est qu'il a bien synthétisé la technique californienne. Celle d'Alex Schultz en particulier. La mauvaise, c'est qu'il n'est qu'un piètre vocaliste. "Batyology" est une nouvelle pièce instrumentale qui swingue dans un style purement jazz. "Dizzy spell" est un jeu vertigineux. Pour le blues lent "Waitin' around", Southside Steve est passé à l'instrument chromatique, histoire de tendre également l'oreille au maître des 1ers de la classe, Mr George Smith. "Trying so hard" nous rapproche du SouthSide Blues de Chicago, même si le rythme est nappé de sauce moderne. En finale, "Studio Out-takes" est découpé sous la forme d'un petit pot-pourri. Le groupe de JW Jones a du potentiel. Il peut encore évoluer, c'est une certitude. Mais cette évolution passera par l'amélioration des parties vocales.