Jan James est originaire de Detroit. Sa voix est chargée de vécu. Pas pour rien que le timbre de cette chanteuse est souvent comparé à celui de Janis Joplin, de Tina Turner ou encore d'Aretha Franklin. Mais elle met cette voix au service d'un style différent. Qui n'emprunte pas la route conventionnelle du blues, mais bien plus souvent celle du hard rock. Elle avait fondé les Flying Tigers en compagnie du guitariste Craig Calvert, un musicien issu d'un groupe punk. Ensemble, ils se sont alors mis à écrire des chansons, en mêlant rock, soul, gospel et blues. Lorsque le duo émigre à Chicago, il décide de se produire sous le patronyme de la chanteuse. Son premier album "Last train", est paru 1995 (NDR : sur le label hollandais Provogue). Depuis, elle a commis "The color of the rose" en 1996, "Rebel desire" l'année suivante (toujours chez le même label), et récemment "Promise me".
" Limousine blues " constitue donc le dernier opus de la chanteuse blonde. Les notes d'ouverture nous transportent dans le Delta ; et très rapidement la puissance électrique entre en action. La voix autoritaire et infectieuse de Jan perce l'écran sonore. Elle se montre très autoritaire sur ce "Build me a man". Son fidèle guitariste, Craig Calvert, opère à la slide. Et c'est dans ce registre que j'apprécie le plus Miss James. Qu'il soit chargé d'intensité électrique ou patiné de rock, ce nouvel album sent bon le blues. La première impression était vraiment la bonne, car tout au long de ce bon blues rythmé, "I got a feelin" maintient le cap. La voix ne force pas. La guitare de Calvert n'en fait pas trop. Blues lent, "Rise above" est trempé dans l'orgue Hammond de Bob Long. Toujours aussi tonique, "Did what I did" accroche par sa ligne mélodieuse. "Montgomery" opère un virage à 180°. Craig empoigne sa guitare acoustique : direction plein sud ! L'atmosphère sent bon les fleurs de coton. Jan emprunte la voix de Janis. Pas trop éraillée, elle laisse éclater, ça et là, sa réserve de puissance. "Young man" reproduit le schéma ; mais pour la circonstance, c'est le piano de Bob Long qui domine le sujet. Pas trop éloigné du style pratiqué par Albert King, le titre maître est un blues plus funky. Une impression renforcée par la plage suivante : "Chain of fools". Signée Don Covay, elle constitue la seule reprise de l'album. Du Memphis R&B, époque Stax garantie ! Et la voix se complait dans ce style. Jan respire ses vocaux tout au long de "Fool of me", une composition légère, parfumée délicatement de jazz et de swing. L'effet est très réussi. L'album s'achève par un instrumental taillé dans le blues rocker : "Pack my suitcase". Nous sommes probablement en présence du meilleur album de Jan James ; et certainement de son opus le plus proche du blues…