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Jello Biafra

White People and The Damage Done

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Difficile de résumer la carrière de Jello Biafra en quelques lignes. Véritable icône punk de la contestation, très à gauche et toujours aussi remonté contre son gouvernement, ses projets sont tout aussi politiques que musicaux. Laissons la politique de côté, et concentrons-nous sur la musique. Si l’esprit punk libertaire est indissociable du personnage, The Guantanamo School Of Medicine explore une facette plus rock de l’univers musical su frontman. Un rock survitaminé, lancé à toute berzingue, aux morceaux courts, simples et efficaces, mais au final plus varié et digeste qu’un punk rock de base ‘1-2-3-4 hey ! hey ! hey !’ certes amusant, mais souvent répétitif. On retrouve des influences rockabilly, surf et country tout au long de l’album. A ce détail près, figure sur cet elpee tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un disque estampillé Biafra : son timbre particulier, ses textes militants mais toujours humoristiques, des brûlots composés et enregistrés à l’arrache (« Road Rage », « Mid East Peace Process »). Pas de révolution musicale dans l’univers de Jello Biafra donc, mais un long playing bien plus digeste et accessible que la plupart de ses autres projets.

 

Jello Biafra

Shock-U-Py (Ep)

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Les lyrics de Jello Biafra sont toujours sociopolitiques. Et c’est encore le cas sur cet Ep trois titres. Ils traitent ici de l’action ‘Occupy Wall Street’, mouvement de contestation pacifique dénonçant les abus du capitalisme financier. Le morceau maître pourrait même servir d’hymne à ces ‘indignés’. Les deux autres compos font un peu pâle figure. Même la dernière, « We occupy », pour laquelle Biafra a reçu le concours des musiciens de D.O.A. ; en outre, elle figurait déjà sur un single du combo canadien, paru il y a quelques mois. Sans intérêt.

 

Jello Biafra

Enhanced Methods of Questioning (Ep)

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S’il ne fallait retenir qu’un seul nom dans l’histoire du punk hard core américain, celui de Jello Biafra nous viendrait immédiatement à l’esprit.

Chez les Dead Kennedys, il a écrit une page incontournable du rock engagé. Anti-américain et anarchiste confirmé, le leader a habilement, mais aussi brutalement, exprimé ses opinions contre la vivisection, les religions, les lobbies financiers, les régimes radicaux et la torture.

Depuis peu, Biafra perpétue la tradition du mythique combo par le biais d’une formation qui comprend, notamment, Billy Gould de Faith No More. Son nom révèle à lui seul le génie sarcastique de notre punk en costard cravate. Cet Ep constitue une seconde sortie, après un premier effort datant de 2009. Son contenu ne nous surprend pas et s’en tient à la formule qui a fait les grandes heures de Dead Kennedys.

Mais Biafra parvient à contourner la redite en instaurant des climats propres à chaque titre de la plaque. Au final, les cinq fragments ici offerts s’avèrent rudement efficaces, comme ce « Miracle Penis Highway » qui semble conclure l’Ep. Surprise ! Un titre bonus démentiel se profile sous la forme d’une cover des Deviants, « Spatiale », une adaptation complètement tordue et empreinte d’une folie presque communicative. La claque est telle qu’on salive déjà à l’idée de la sortie d’un véritable album. Soulignons enfin que les illustrations du livret sont signées Michel Langevin du groupe de trash metal canadien Voivod.

 

Jello Biafra

The Audacity of Hype

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Jello Biaffra a été le chanteur des Dead Kennedys de 1978  à 1986. Mais ce n’est pas son seul méfait. Activiste, politicien, militant écologiste, membre du parti ‘vert’ américain, il est aussi le fondateur et le boss du label Alternative Tentacles. Biaffra n’a jamais été avare de démonstration en ce qui concerne ses opinions, que ce soit dans la musique, dans ses disques consacrés aux ‘spoken words’ ou lors de ses actions politiques ‘coup de poing’. En 1979, il se présente comme candidat à la mairie de San Francisco. Il décroche la quatrième place sur dix candidats, en proposant un programme que de nombreux électeurs avaient pris pour un canular (obliger les hommes d’affaire à travailler avec des masques de clowns, bannir toutes les voitures de la ville, autoriser l’occupation des édifices vacants par les sans-abris ou plébisciter les policiers de quartiers). En 1999, il participe aux mouvements de protestation dénonçant les dérives de l’Organisation Mondiale du Commerce, à Seattle. En 2000 il se présente à la présidence de l’investiture du ‘green party’ (sans succès).

La musique des Dead Kennedys est un véritable pamphlet contre une certaine politique américaine. Il y condamne, avec un humour plus que corrosif, toutes les dérives du système capitaliste. Les titres des chansons et les pochettes des albums sont de véritables coups de poings décochés à la face des Yankees. La pochette d’« Holidays in Cambodia » représente une scène de torture, celle de « Plastic Surgery Disasters » le corps d’un enfant souffrant des affres de la famine. En 1986, après avoir divorcé dans la douleur (financière) des Dead Kennedys, il participe à un nombre incroyable de projets musicaux comme LARD où il fricote l’indus en compagnie d’Al Jourgensen de Ministry ou Tumor Circus. Il enregistre des albums en compagnie des punks canadiens de D.O.A, de NoMeansNo, des Melvins et bien d’autres. Formé début 2009, Jello Biafra and the Guantanamo School of Medicine constitue son premier véritable groupe depuis la mort des ‘Kennedys’, en 1986. On retrouve dans ce groupe toute l’essence de la personnalité de Monsieur Biaffra. Le patronyme du groupe ‘Jello Biafra et l’école de médecine de Guantanamo’ reflète parfaitement son goût pour l’humour noir. Un patronyme qui dénonce le système américain en huit petits mots. Le titre de l’album : « The Audacity of Hype » fait référence au livre de Barack Obama : « The Audacity Of Hope ». Il démontre bien que le vieil activiste punk n’a toujours pas peur de s’attaquer au pouvoir en place. Le livret de la pochette lui-même est du même acabit que celui des disques des Dead Kennedys : un patchwork de textes de chansons, de photos choc, de dessins et de coupures de journaux qui seraient hilarantes si elles n’étaient pas aussi désespérément navrantes pour la culture américaine. Un concept qui porte sans conteste la patte du punk rocker légendaire. Les textes dénoncent : racisme, stupidité, pollution et paranoïa américaine liée au 11 septembre. Tous les fers de lance du combat Jello y sont exposés. Pour véhiculer ses idées, Biafra se sert de ce qu’il fait de mieux : du Punk. Déjanté et virulent. Pas si éloigné de celui des Dead Kennedys. Il lui serait d’ailleurs difficile d’emprunter une autre méthode, vu son timbre de voix aussi atypique. Certains des titres proposés ici auraient très bien pu figurer sur « Plastic Surgery Disasters » ou « Frankenchrist ». Les parties de basse ont été enregistrée par Billy Gould. Depuis, il a rejoint ses compagnons de Faith No More. Les guitares, moins folles mais bien plus acérées que celles des Dead Kennedys, se fendent souvent de soli de guitares plus métal que punk. « The Audacity of Hype » ne pourra que plaire à ceux qui ont un jour trippé sur la musique des Kennedys Morts.

A 51 ans bien tassés, Jello Biafra n’a rien perdu de sa superbe ni de son intégrité. Si, un jour, sur terre, il ne reste qu’un seul véritable punk, sans conteste, ce sera lui.

Jello Biafra

In the Grip of Official Treason

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Bizarrement, l’album de l'ex-chanteur des Dead Kennedys s’ouvre sur un discours engagé de Fat Mike (NOFX). Jello Biafra prend ensuite la parole. Nous sommes au ‘Rock Against Bush Tour’. L’Amérique est passée au crible : l’Irak, l’inconsistance de la politique nationale, les promesses sociales d’un gouvernement désavoué, etc. Dans ce discours, prononcé le point levé et la verve relevée, il ne manque qu’un contingent de Black Panthers remonté à bloc pour lancer les bases d’une nouvelle révolution afro-américaine. « In the Grip of Official Treason » énonce une sévère diatribe à l’encontre de George Walker, son ranch, sa guerre et, plus généralement, son action politique. « In the Grip of Official Treason » n’est pas un album inoffensif. Non. D’ailleurs, à proprement dire, il ne s’agit pas d’un album. Le ‘Spoken Word’ de Jello Biafra se poste en première ligne d’une vaste rébellion sociale.

Pendant près de trois heures et trois disques, le chanteur/politicien s’étend sur les décisions (la sécurité sociale, la guerre en Irak, en Afghanistan, etc.) et les non-décisions (après les désastres causés par l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans, etc.) qui, inlassablement, condamnent son pays. Radical face aux différentes formes d’inégalité et d’injustice, Jello Biafra persiste et signe. Plus engagé que jamais.

 

 

 

Jello Biafra With The Melvins

Never breathe what you can´t see

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Pas fainéants pour un kopeck au cours des dernières années, les Melvins se paient le luxe d’assurer le backing band d’une des figure de proue de la scène punk hardcore californienne : à savoir Biafra, ex-leader des Dead Kennedys. Habitué au concept, Biafra avait déjà par le passé vampirisé ces vieux briscards de NoMeansNo et de D.O.A.. Pour un résultat à la hauteur de l’aura du patron d’Alternative Tentacles : à sens unique. Aujourd’hui remonté plus que jamais en ces jours d’élections américaines, activiste jusque dans la moelle, Jello - qui affiche au moins quarante balais - crache et vitupère comme par le passé son engagement politique. Et même si la griffe des Melvins est bien palpable tout au long de ces 8 titres, l’ombre de Biafra prédomine pour accoucher finalement d’une plaque old school, enlevée et nerveuse. Je ne vais pas vous faire l’affront de cacher ma vénération pour les Melvins ; mais je ne puis m’empêcher d’essuyer une petite larme en contemplant ce résultat peu probant ; d’autant plus que sur papier, ce projet aurait dû déboucher sur un événement (NDR : Entre parenthèse, je vous conseille l’album de Venomous Concept, side project de Buzz. Voire le Melvins + Lustmord). Et pour que l’info soit complète sachez que cet elpee a bénéficié du concours de l’infortuné Adam Jones (Tool), guitariste intermittent des derniers projets melvinesque. Pour le reste Osama McDonald se réserve chante, Saddam Disney la batterie et Jon Benet Milosevic à la gratte. Un humour très particulier qui n’empêche pas de manifester un respect certain à Jello, mais bon...