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Johnny Nicholas

Big band bash!

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Sous-titré "Live! From the heart of the Hill Country", cet album immortalise un concert qui s’est déroulé le 12 novembre 1994, à Fredericksburg, au Texas. Ces ‘Big band bash’ célèbrent des rencontres annuelles entre des musiciens qui habitent une même région, c'est-à-dire au sein d’un périmètre qui englobe les villes d'Austin et de San Antonio. Et lors de ces réunions, on y privilégie le swing et le tex mex R&B. Sur cet elpee, une pléiade d’artistes notoires sont venus soutenir le chanteur/guitariste Johnny Nicholas. En l’occurrence Jimmie Vaughan, Greg Piccolo, Stephen Burton, Joe ‘King’ Carrasco, Augie Meyers ainsi que les Texas Horns, sous la houlette de leur boss, ‘Kaz’ Kazanoff. Ce concert d’excellente facture épingle ici 16 compos dont quelques unes sont destinées à rendre hommage à quelques maîtres. L’opus à été mis en forme par Nicholas et Kazanoff.

Le set démarre sur les chapeaux de roues. Signé Nicholas, "Broke again" est sculpté dans le rock'n'roll. Les cuivres sont bien présents. Les premiers solistes sortent de leur réserve. Tout d’abord Danny Levin au violon. Ensuite, Johnny aux cordes. Et enfin, Floyd Domino (NDR : le claviériste d'Asleep at the Wheel) au piano boogie woogie. Le boogie et le swing conduisent le "Baby I'm gone" de Little Milton. Greg Piccolo est aux vocaux. Mais il souffle également comme un possédé dans son sax ténor. Un beau coup de chapeau rendu à la formation de Roy Brown. Instrumental, "The ironic twist" est issu de la plume de Jimmie Vaughan. Son intervention talentueuse illumine ce blues funk shuffle texan inspiré par Freddie King. Nicholas chante sa ballade "Down in the alley". Encore un ‘tribute’, mais à son ami Doug Sahm, dont le fantôme plane tout au long de cet opus. Johnny se montre très inspiré aux cordes lors de cette plage imprimée sur un tempo très lent. Tout cet aréopage peut naturellement s'acclimater aux sphères jazzyfiantes. A l’instar du "Don't mean a thing if it ain't got that swing" de Duke Ellington, un morceau caractérisé par les accès de violon extravertis de Levin. Ou lors du très cuivré "All blues" de Miles Davis. Sans oublier le "Somewhere over the rainbow", au cours duquel Piccolo adresse un vibrant hommage à Ben Webster. Ainsi que "Can't stop the crying", un fragment coloré par la trompette d'Al Gomez. Joe 'King' Carrasco chante sa polka tex-mex "Mescal road". L'orgue Vox d'Augie Meyers et l'accordéon de Joel Guzman y entretiennent un climat de bonne humeur. Le piano à bretelles balise la ballade "This old world needs love", un titre chanté par T.S Bruton. Soutenue par les sémillants Kaz Kazanoff et Floyd Domino, Augie Meyers se réserve les vocaux sur le "I'm in love again" de Fats Domino. Nicholas attaque une autre composition de Fats : "Before I grow too old". Un superbe blues opérant la jonction entre Sud Texas et les swamps louisianais. Piccolo nous refait le coup du grand souffleur sur "The Hammer", une autre révérence adressée à Red Prysok, autre mythe du sax ténor. La finale concède un moment de nostalgie. Et pour cause, cette cover du "Texas flood" de Larry Davis, figurait bien au répertoire de Stevie Ray Vaughan. Johnny chante en manifestant beaucoup de passion. Jimmie Vaughan ressuscite l’âme de son frère tout en préservant sa propre personnalité. Excellent !

 

Johnny Nicholas

Living with the blues 2005

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Johnny est né en 1948. Du côté de Rhode Island. En 1963, il crée les Vikings, une formation spécialisée dans les reprises de R&B à la sauce Stones et Merseybeat. En 66, il assiste à un concert de Howlin' Wolf. A New York. Il est interpellé et décide de monter le Black Cat Blues Band en compagnie - excusez du peu - de Duke Robillard, Fran Christina et Steve Nardella. On le retrouve à Chicago, en 1972. Il accompagne alors Big Walter Horton. Il commet son premier elpee à cette époque. Chez Blind Pig : "Too many bad habits". De retour à Rhode Island, il fonde les Rhythm Rockers flanqué de Kaz Kazanoff, Terry Bingham, Sarah Brown et Ronnie Earl. En 78, il émigre à Austin, dans le Texas, pour y rejoindre la formation Asleep at the Wheel. Vers 1979, on le retrouve dans le projet Guitar Johnny & The Rhythm Rockers. Un collectif responsable d’un elpee… qui ne sortira qu’en 1992, chez New Rose. Pas étonnant qu’en 1981 il soit dégoûté de la scène musicale et décide alors de s’installer dans le Hill Country, avec sa nouvelle compagne. Le couple ouvre un restaurant : le Hill Top Café, près de Fredericksburg. Mais en 1991, il refait surface et enregistre "Back to the country" flanqué de Johnny Shines. En 94, il grave "Thrill on the Hill" (sur Antones), immortalisant un set live exécuté dans son restaurant. Il forme ensuite le Texas All Stars, un combo en compagnie duquel il multiplie les tournées. En 2000, il rend hommage à Doug Sahm, à travers l’album "Rockin' my blues to sleep". Nicholas n'est franchement pas n'importe qui. Il a du vécu.
 
L’opus s’ouvre par "Froggy bottom". Balayée d’un léger zydeco, la concentration de grenouilles nous rapproche sensiblement de la Louisiane voisine. L’accordéon est discret. Le sax ténor de Greg Piccolo accorde un joyeux solo. La guitare est bien intégrée dans le contexte musical. Instrumental, "Hill Top" (NDR : évocation du restaurant de Johnny) porte les accents du western swing. L’échange de cordes opéré entre Johnny, Ray Benson (NDR : le leader intemporel d'Asleep at the Wheel) et la lap steel de Miss Cindy Cashdollar est impérial. Signé Roosevelt Sykes, "You can't be lucky all the time" est une ballade gracile, languissante, canalisée par la voix graveleuse du leader. La rencontre entre les cordes et le piano de Riley Osbourn nous garantit une cure de relaxation. La version d’"I'll be around" (NDR : un blues lent signé Howlin' Wolf) est imprégné d’une sensibilité texane, downhome. Stephen Bruton se réserve la mandoline, Osbourn le piano et Cindy la lap steel. "Dirty people" élève le tempo. Une plage caractérisée par le solo très incisif de Johnny, découpé au rasoir, inspiré sans doute de Jimmie Vaughan. Il ne distille que peu de notes tout au long de "Teardrops on my window pane", un blues royal, superbe, à fleur de peau ; mais elles sont brillantes. Les silences valent leur pesant d'or. Proche d'un Otis Spann des grands jours, Floyd Domino (Asleep at the Wheel) se consacre au piano dans le même esprit. Le "Living with the blues" de Brownie McGhee est interprété comme un shuffle texan ; un fragment enrichi par l'accordéon de Joel Guzman (NDR : il a beaucoup joué pour Joe Ely) et l'orgue de Red Young. La même équipe participe à "Need your love so bad", une autre ballade lente qui flaire bon le Sud. Johnny y partage le chant avec la longiligne Marcia Ball. R&B, "Honeydrippin' baby" remue et swingue sous l’impulsion des cuivres de Piccolo et Kaz Kazanoff, ainsi que du piano et de l'orgue. Issue de la plume de Tommy McLain, "Texas drifter" est une autre ballade sudiste. Nonchalante, d’une grande beauté, elle permet à Johnny de s'envoler, tel le Guitar Slim des 50s, dans un univers sonore balayé par l’orgue Hammond, l’accordéon et les cuivres. Johnny, Ray Benson et Marcia Ball se partagent le chant tout au long d’"I'm from Texas", un pur Western swing au cours duquel chaque musicien s’évade : Domino, Joel et la batterie. Cet excellent elpee s’achève par "Down in the alley", un blues dédié à la mémoire de Doug Sahm. Piccolo, Osbourn, et Bruton à la slide y participent. Du beau monde pour clore cet opus…

Johnny Nicholas

Rockin´ my blues to sleep

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Johnny est un pur Texan. Il chante, joue de la guitare et surtout peut compter sur un tas d'amis. Ils sont d'ailleurs venus l'épauler pour enregistrer cet album, qu'il dédie à la mémoire de Doug Sahm, le Texas Tornado. Lors de leur dernière rencontre, Doug lui avait suggéré de réunir de solides musiciens texans, histoire d'interpréter de vieilles chansons du patrimoine texan et louisianais. Ce qui explique le sous-titre "Texas/Louisiana Blues & Dance Hall Favorites".

Un opus qui débute royalement par "Rockin' my blues to sleep". Un blues qui rocke sous l'impulsion du piano virevoltant de Riley Osborne et les saxos ravageurs emmenés par Kaz Kazanoff, pendant que Marcia Ball et Stephen Bruton assument les chœurs derrière l'ami Johnny. "Rain down tears" est un bon blues relaxant que Mr Nicholas chante avec bonheur devant le sax tenor de Rocky Morales. Tout ce beau monde texan se met à swinguer pour reprendre "The last meal" de Jimmy Rogers. La machine est parfaitement huilée. Les riffs de sax et le piano nous rappellent la glorieuse fin des années 40. "I'm a fool to care" nous fait passer la frontière louisianaise tout en évoquant la bonhomie de Fats Domino. Kaz souffle comme un damné dans son honky sax. Fats Domino est bien au menu puisque les All Stars s'acquittent en douceur de "Before I grow too old". La puissance de la voix augmente d'un cran et les cuivres deviennent brûlants pour aborder "Where you at?" de Lloyd Price. Retour au calme le soir au bord des swamps, pour reprendre impeccablement "Reap what you sow" et l'inévitable "Things that I used to do", de Guitar Slim. Du grand art ! Johnny se révèle un gratteur à la sensibilité fine. Lorsque sa guitare se met à rocker derrière la voix de Marcia Ball sur "Woke up screamin", elle nous rappelle au passage son superbe album "Presumed innocent". Miss Ball a été rejointe par Stephen Bruton pour soutenir Johnny sur le bien connu "Mama talk to your daughter" de J.B Lenoir. Boogie, "The hustle is on" est une invitation à la danse. Floyd Domino est assis derrière le piano. Al Gomez fait vibrer sa trompette. Et pour clôturer l'opus, on retrouve "Boogie back to Texas", un brûlot que Johnny avait écrit pour Doug Sahm en 92. Un album de classe !