Bien que signé sur le label de Peter Gabriel, Joseph Arthur n'est pas un nouveau disciple de la ‘world’, mais un chanteur/compositeur américain responsable d'un folk/pop/rock terriblement contemporain. C'est-à-dire susceptible d'intégrer des influences aussi diverses que le punk, le hip hop, le métal, la lo-fi ainsi que la prog. Sans oublier de tirer parti au maximum de la technologie moderne. D'ailleurs, au détour d'une chanson, votre esprit est hanté par de multiples spectres. Entre autres, Tom Waits, Kurt Cobain, Dylan, Violent Femmes, Lou Reed, Léonard Cohen, Led Zeppelin, Elvis Costello, Beck, les Beach Boys, The Verve, Patti Smith et même Jeff Buckley, auquel on avait eu un peu trop tendance à le comparer sur son premier elpee. Mais ils sont tellement fugaces qu'ils disparaissent aussi rapidement qu'ils n'étaient apparus… On a parfois l'impression qu'Arthur est en perpétuelle recherche d'identité. Une impression confirmée par son deuxième opus, " Come to where I'm from ". Ce qui explique sans doute pourquoi il est capable, d'une composition à l'autre, de changer de style, d'épouser tour à tour un profil tendre, mordant, douloureux, profond, éthéré, intimiste, recherché, féroce ou torturé. Des compositions emballées dans des mélodies simples, qui au contact de la production (NDR : impeccable, auquel a collaboré T-Bone Burnett), deviennent complexes et uniques. Des compositions ravagées par son timbre vocal graveleux, acide, gémissant, qui véhiculent des lyrics malsains, introspectifs, bohêmes, sur lesquels les mots grincent, les angoisses fleurissent et la magie opère. Vaudou probablement. A l'instar de la superbe illustration de la pochette de ce disque, qu'Arthur a dessiné en personne. Un must !