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Angus & Julia Stone

Cape Forestier

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Originaire de Newport, dans la banlieue de Sydney, en Australie, la fratrie Angus et Julia Stone est enfin de retour.

Ensemble, en tant que musiciens, producteurs et auteurs-compositeurs, ils forment les deux moitiés d'un groupe musical dont les paroles et les sons révèlent un amour pur et authentique pour la musique et un talent pour raconter de belles histoires. Des histoires qui les ont emmenés aux quatre coins du monde.

Sixième album d’Angus et Julia, « Cape Forestier » fait à nouveau vibrer la fibre sensible d’un auditeur averti et amoureux de superbes arrangements et des mélodies classieuses déjà rencontrées sur la plage d’entrée, « Losing You ».

La fratrie renoue avec ses racines folk et les thèmes abordés à ses débuts. On y retrouve ainsi les sonorités acoustiques aux lignes épurées aussi bien que les textes empreints de poésie et de légèreté qui ont fait le succès du duo. Le titre « Cape Forestier » se réfère à un chalutier appartenant à un ami et il est dédié à leurs parents et grands-parents, qui comme tous les marins et les pêcheurs, sont partis en pleine mer sans savoir ce qui les attendait. La nature et l’amour ont toujours été des thèmes récurrents dans les chansons du duo aussi. « Down To The Sea », « My Little Anchor » ou « No Boat No Aeroplane » mettent le cap sur l’océan immense et mystérieux.

Angus avait 16 ans quand il a écrit « No Boat No Aeroplane ». Paradoxalement, c’est probablement la chanson la plus réussie de l’opus. Une autre résurgence du passé. Tout au long du single « The Wedding Song », joué maintes fois en live (pour avoir assisté à de nombreuses repises aux concerts de la paire, votre serviteur confirme), les cuivres s’éclatent et poursuivent la voix enjôleuse de Julia.

Sorte de retour aux sources, « Cape Forestier » se distingue également par la qualité des arrangements qui subliment l’ensemble, signe d’une maturité acquise au fil des années dans leur carrière solo. Mais la magie n’opère que lorsqu’ils sont réunis. L’harmonie conjuguée par les deux voix sur « Losing You » est susceptible de faire fondre les cœurs, tel un glaçon au soleil. Il fallait l’oser : reprendre le classique de Bob Dylan « I Want You ». Angus y souffle dans son harmo ; et on tombe sous le charme. « The Wonder Of You », bien que très court, sert de conclusion. Parfaite, elle démontre, par un ensemble de cordes, la beauté de leur musique.

Prenez la mer sans hésitation avec pour seul ami ce « Cape Forestier » et débarquez sur une ile déserte. Un pur délice !

Angus & Julia Stone

Snow

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Ca roule pour les Stone ! Non pas la bande à Jagger, mais la soeurette et le frangin originaires de Newport, un faubourg de Sydney.

Angus et Julia ont attiré l’attention du grand public, en 2010, grâce au titre devenu culte, « Big Jet Plane », issu de l’album « Down The Way »

Ce succès planétaire doré leur avait d’ailleurs valu une brouille que le producteur Rick Rubin était parvenu à dissiper, en les conviant à l’enregistrement d’un opus homonyme (plus groovy et électrique), en 2014.

Les critiques les plus négatives avanceront (sans doute à juste titre), qu’hormis cet exercice de style, les deux artistes se complaisent dans une zone de confort à laquelle il est difficile de les extirper depuis leur premier Ep, paru en 2006, « Chocolate & Cigarettes ».

« Snow », ne déroge pas à la règle ! Et pourtant, même si elles sont loin de transcender, les compositions enregistrées sans la moindre pression parviennent tout de même à dégager (de manière inégale certes) une certaine plénitude. On y ressent l’étendue des grands espaces. Un parfum de liberté sauvage parfaitement contrôlé.

Logique lorsque l’on sait que la réalisation de cet opus a été opérée au sein du studio d’Angus à Byron Bay où la fratrie, entourée de fidèles musiciens, a passé ses longues soirées à jammer et à construire la maquette de ce qui constitue la suite d’une lignée que l’on espère encore longue.

Sans utiliser l’artillerie et les artifices extravagants, les (redevenus) compères ont finalement fait jaillir des eaux profondes et froides, un disque doux et sirupeux porté entre rythmes pop léchés, chœurs envoûtants (« Snow »), rythmiques synthétiques et poésie douce/amère (NDR : « Baudelaire », inspiré d’‘Enivrez-vous’).

Fruit d’une collaboration à quatre mains, le timbre, tantôt faussement nonchalant, tantôt empruntant un dérivé de la technique du ‘prechgesang’ (« Make It Out Alive »), se marient à merveille et n’est pas sans rappeler la complicité vocale d’un ‘The xx’ (« Nothing Else »). 

Epurés à souhait et sans la moindre expérimentation superflue, les douze titres s’écoutent sans effort, enrichis de temps à autre par le son organique émanant d’un vieil orgue poussiéreux des années 60 chiné aux puces par Angus (« Cellar Door », directement inspiré du film Donnie Darko).

Bref, un disque qui risque d’envelopper les plus frileux dans un cocon sonore intemporel…

Angus & Julia Stone

De quoi faire fondre les cœurs, comme neige au soleil…

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Il y a déjà trois ans que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert de la fratrie Stone. La dernière fois, c’était déjà à Lille, mais à l’Aéronef. Pour un spectacle à la fois électrique et lumineux. Ce mardi 17 octobre, Julia et Angus se produisent encore au sein de la métropole, mais au Zénith ! Une salle qui peut accueillir 7 000 personnes. Or, ce soir, elle ne recense qu’une bonne moitié de spectateurs. Pourtant, fort de son succès en progression constante, le duo est de plus en plus souvent programmé au sein de grands espaces. La semaine dernière, Forest National a fait salle comble. Allez comprendre…

Le supporting act va nous réserver une belle surprise. En l’occurrence le Londonien Isaac Gracie. Arborant une longue chevelure blonde, il affiche une belle gueule d’ange. De quoi faire frémir le public féminin. Il a enfilé un pantalon bariolé, digne de Johnny Clegg et un pull à damiers blanc et noir. Ce soir, il se sert d’une gratte tour à tour électrique ou acoustique, et est flanqué d’un drummer et d’un bassiste. Son doigté sur les cordes est impressionnant. Et que dire de sa voix ? Tout simplement bouleversante, divine même ! Un peu dans le registre de celle de Jeff Buckley. Bref, pas étonnant que juste après avoir publié son premier Ep, il ait signé sur le label britannique, EMI. Une chose est sûre, il a littéralement retourné le Zénith et surtout est parvenu à faire chavirer le cœur de ces dames… A suivre de très près !  

Angus et Julia Stone sont donc partis en tournée européenne, un périple baptisé ‘Snow European Tour 2017’, qui transite notamment par Bruxelles et Lille. Ils vont y défendre leur dernier opus, paru en septembre dernier. Un album particulier comme l’explique Angus : ‘C'était la première fois que nous avons commencé à écrire ensemble, dans la même pièce’. Ils ont passé 8 semaines dans le même studio, coupés du monde pour concocter ce « Snow », dont ils vont présenter de larges extraits…

Vêtue d’une minirobe de couleur noire et chaussée de souliers à hauts talons pailletés, Julia se plante à droite. Barbu, casquette en pied de poule de teinte brune vissée sur la tête, Angus a choisi le côté gauche. Le duo est soutenu par un drummer, monté sur une estrade assez haute, un claviériste, un bassiste et un gratteur qui se consacre aussi bien à la guitare qu’au banjo. Ces deux derniers sont coiffés de Stetson. En fond de scène, trône un totem amérindien à l’effigie d’un renard, de 5 à 6 mètres de haut, placé devant un écran géant destiné à la projection des nombreuses vidéos. Elles vont donner tout leur sens au spectacle. Depuis les vagues à la lave en fusion, en passant par un cerf, une forêt de sapin où traîne un loup, des nuages, un ciel étoilé ainsi que les grandes plaines poussiéreuses ; et la liste est loin d’être exhaustive. On y reviendra. Notamment en fin d’article…    

« Baudelaire » ouvre le set. Julia souffle dans sa trompette. Elle se consacre également au lead vocal, Angus exécutant les chœurs. Tournoyant, le light show finit par devenir aveuglant. Armé de sa sèche, Angus déclame à la manière d’un slam, « Make it Out Alive », Julia inversant alors les rôles. D’une durée de 8 bonnes minutes, « Cellar Door » s’ouvre par un long passage instrumental, au cours duquel le tandem se réserve les six cordes électriques, avant qu’Angus n’opte pour le dobro. De couleur bleue, le light show projette une image du totem au plafond. Impressionnant ! Parfois Julia chante en agitant les mains, à la manière du regretté Joe Cocker. Irrésistible, « Chateau » est balisé par les ivoires et se distingue par ses harmonies vocales en couches ou conjuguées. Les spots se focalisent, l’un après l’autre, sur les musicos. Julia tapote le bord de sa sèche et salue le public avant d’entamer un titre indolent, mais carrément americana, « Wherever You Are ». Les trois guitares entrent en action sur le rock et bien nerveux « Bloodhound ». Etonnant, « Private Lawns » adopte un profil reggae avant de virer au ska, un morceau que se réserve Julia au micro, alors que le second gratteur est passé au banjo. Et c’est elle qui le ponctue à la trompette. Le public siffle pour marquer sa satisfaction. Chanson d’amour, « Who Do You Thinck You Are » est d’abord tapissé par le Hammond et traversé par un filet de guitare. Puis Angus saisit d’abord un harmonica et plonge la chanson au sein d’une atmosphère dylanesque. Et alors, décide de siéger derrière les ivoires, en fin de parcours. Pendant tout ce temps, Julia invite la foule à frapper dans les mains…

Julia et Angus proposent une version acoustique, mais surtout bouleversante, du « Uptown Folks » de Dope Lemon, un titre ponctué par des interventions au piano et au banjo. Une lune immense apparaît sur l’écran. Elle rougit et développe des effets pyrotechniques. Puis Julia s’autorise un superbe solo de gratte. Angus étale tout son talent à la cigar box, sur « Nothing Elses ». Des faisceaux blancs se concentrent sur les deux stars. Julia apporte la conclusion à la trompette. Enfin, place au hit « Big Jet Plan ». A la demande d’Angus, les spectateurs allument leur smartphones, dans un bel ensemble. Magique !

Julia chante en français « For You ». Le texte aborde les sujets de la passion du vin et de la vertu. Le public est conquis et frappe des pieds sur le sol. Deux renards lumineux, colorés et décorés de plumes d’indiens apparaissent sur les écrans pour souligner le solo de gratte électrique accordé par Angus, sur « My House Your House ». La fosse reprend le refrain en chœur. Et il fallait s’en douter, de la neige envahit l’écran et la scène pendant « Snow ». Un titre mélancolique pimenté par l’intervention du banjo. Le duo présente ses musiciens… qui sont apparemment tous américains. Au bout d’une heure quarante, le concert s’achève par  la reprise du célèbre « Harvest Moon » de Neil Young.

Manifestement, la fratrie a vaincu sa timidité maladive. Et lorsque Julia sourit, le cœur de votre serviteur fond comme neige au soleil...

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Verone Productions + Uni-T Production)

Angus & Julia Stone

Une bonne dose d’électricité en plus…

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Votre serviteur se rend pour la deuxième fois, cette semaine, à l’Aéronef de Lille. A l’affiche,  Angus et Julia Stone. Le concert est sold out, et le mot est faible. Il sera quasi-impossible de se faufiler au cœur de l’auditoire. Et pour cause, les spectateurs sont entassés comme dans une boîte à sardines. Il reviendra à The Staves, un trio réunissant trois sœurs, d’assurer le support acting act…

Les trois frangines nous viennent de Watford (NDR : c’est dans le comté de Hertfordshire, en Grande-Bretagne). En fonction des compos, Emily, Jessica et Camilla Staveley-Taylor se réservent les grattes acoustiques ou le ukulélé. Mais participent toutes aux vocaux. Conjuguées, leurs harmonies sont d’ailleurs superbes. On comprend mieux pourquoi Tom Jones les avait plébiscitées en son temps. Elles s’expriment quelque peu dans la langue de Molière, entre les chansons. Mais adoptent une attitude plutôt statique. De leur setlist, je retiendrai deux perles, « If I Was » et « Mexico ». Leur musique trempe dans le folk/rock, même si les puristes y détecteront sans doute de la country et de l’americana. Bref, un concert plutôt sympa, mais pas vraiment transcendant. Ce qui n’a pas empêché le public d’applaudir généreusement la prestation de The Staves

Après avoir gravé « A Book Like This » en 2008 et « Down the Way » en 2010, le couple a publié un troisième long playing, ce 29 juillet 2014. Et il est éponyme. Les deux premiers opus se sont bien vendus et tout un chacun sait pertinemment que le troisième essai est souvent un cap difficile à franchir. Il est même parfois vital pour la survie d’un groupe ou d’un artiste. Ce dernier LP est moins cérébral, plus nerveux et surtout plus électrique.

Votre serviteur a déjà eu le loisir d’assister aux sets d’Angus, de Julia ou ensemble. Des musiciens que j’apprécie énormément. Et Julia, tout particulièrement, même si le couple est à la fois complice et complémentaire. Le concert va durer 60 minutes. Préposé aux cordes, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste, un drummer et un guitariste. Ce qui porte le nombre de gratteurs à trois. En arrière-scène, de petites leds scintillent sur une toile, comme pour représenter la voie lactée.

Le set d’Angus & Julia Stone s’ouvre par « A heartbreak », la plage d’entrée du nouvel opus. Le son est puissant. Agressif, privilégiant les teintes bleues et rouges, le light show se focalise sur les artistes, mais par groupe de deux (NDR : pas un cadeau pour les photographes !) Angus est coiffé d’un bonnet à pompon flashy. Toujours aussi jolie, la longue chevelure en tresses, Julia est vêtue d’une petite jupe noire sexy (NDR : trente balais de moins, et je la raccompagne aux Antipodes). Malgré l’avalanche de sonorités de cordes, « Main street » est un morceau plus paisible, plus doux, caressé par la voix sensuelle de Julia. Une voix susceptible de vous faire fondre comme un glaçon sous les rayons du soleil. Et puis son sourire me fait craquer. On ferme les yeux et on atteint déjà le Taj Mahal musical. Tout comme lors de « For you », un titre fluidifié par un filet de piano et ciselé dans les cordes de guitares d’une grande limpidité. Le timbre de Julia se fait plus rocailleux sur « Crash And Burn », une compo découpée par des riffs de gratte sauvages, dans un climat proche de Neil Young.

« Private Lawns » met le cap vers Kingston. Julia soutient la rythmique à l’aide de son banjo ; mais empoigne ensuite un cornet à piston, tout en continuant à se servir de son instrument à cordes. Place ensuite au hit « Big Jet Plane ». J’adore. Et toujours ce chant qui vous flanque des frissons partout. La cover du « You'Re The One That I Want » de John Travolta et d'Olivia Newton-John est particulièrement réussie. Elle est même originale. Serein, « Grizzly Bear » est un autre extrait du dernier elpee, un morceau qui projette dans votre inconscient des images du désert australien. Toujours tiré du même opus, « Wherever You Are » est une ballade savoureuse, à consommer en hiver, près d'un bon feu de bois. Les harmonies vocales dispensées par Angus et Julia sont stupéfiantes. Lors du rappel, le couple va nous réserver des versions acoustiques de « And The Boys » et « Santa Monica Dreams ». En duo. La setlist était totalement différente de celle proposée lors de leur show accordé, au Cirque Royal. Et de toute bonne facture, ce concert a surtout mis en exergue la différence entre les anciens titres du groupe, toujours sculptés dans le folk rock, et les nouvelles chansons, bien plus électriques…

Organisation : Vérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

Julia Stone

The Memory Machine

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Album très réussi que ce « The Memory Machine », premier essai en solo de Julia Stone. D’abord, il y a la très belle illustration reproduite sur la pochette qui rend hommage aux films d’épouvante des années 50. Puis la voix de Julia, vraiment craquante. Et enfin l’instrumentation à la fois classe, minimaliste, discrète mais terriblement efficace. Jusqu’à présent, son succès, elle l’avait surtout récolté en compagnie de son frère, Angus, au sein de leur duo. L’Australienne a donc décidé aujourd’hui de franchir le cap de l’effort en solitaire.

« The Memory Machine » regorge de petites pépites pop-folk qui devraient envahir les ondes radiophoniques, au cours des prochains mois. A l’instar de l’irrésistible ballade « Winter On the Weekend » ou du single très printanier « Catastrophe ! », caractérisé par les interventions de trompettes séduisantes presque aguicheuses. Malgré une certaine uniformité dans le ton, ses compos se révèlent particulièrement riches, des chansons au cours desquelles elle parvient à trouver un parfait équilibre entre la douceur de l’instrumentation (guitares acoustiques, ukulélé, piano), climat rétro et lyrics plus sombres (« What’s Wrong With Me ? »).

Et si cette ‘machine mémorielle’ était la traduction de souvenirs d’une enfance bercée par la musique ?

Julia Stone et sont frère Angus se produiront en concert le 2 mai au Cirque Royal de Bruxelles…

 

Angus & Julia Stone

Une belle musique à remonter le temps…

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Un vieux fauteuil. Quelques lampes vintage. Des fleurs, des fleurs, encore des fleurs.  Illuminées. Des fleurs qui s’inscrivent sur un wallpaper 70’s planté de cadres rétros. Un décor home qui plonge les yeux du spectateur dans le monde intime de Julia et Angus. Un communautarisme hippie qui vous invite à la maison. Un spectacle privilège qui vous convie, confortablement assis sur les sièges de l’AB, à une session ‘privée’ (sold out !) des frères et sœurs australiens. En guise de carton d’invitation, un ‘We love you !’ lancé aux oreilles qui veulent l’entendre.

Intimisme. Un mot conforme à l’atmosphère et au style folk-rock des six musiciens présents ce soir sur les planches de l’Ancienne Belgique. Deux voix exceptionnelles, celles d’Angus & Julia Stone, capables de meubler une salle à elles seules de leurs tessitures sans cesse à la limite de la rupture. Parfois déchirées, parfois veloutées, elles s’harmonisent tendrement sur un fond de guitare et de cordes lointaines… Le bateau à la dérive ne s’échoue jamais. Sans cesse protégé par les souffles en écho des deux frangins. Une alternance vocale sublimant des mélodies instables qui longent les côtes de Fleetwood Mac et Joanna Newson. Quelques chansons faciles magnifiées d’un duo guitare/voix complémentaire qui déchire nos émotions et frappe nos cœurs de sérénité. Une tempête calme où la voix dominante donne le ton et propulse les mélodies au second plan. Et, fort heureusement, les paroles hippies ‘cliché’ aussi. Un groupe qui joue la carte de l’émotion et arrive à la faire vibrer. Sans grande musique, sans grandes lettres. Simplement, les Stones architecturent une belle musique à remonter le temps qui balade nos mémoires dans les profondeurs abyssales de nos souvenirs. Elle flatte l’âme, la réconforte.               

Les mélodies fragiles s’enchaînent et alternent. Tandis que Julia chante « For You » et rentre dans une tendre communion avec le public, Angus, d’un ton contrasté stoner, dénote et nous balance un « Yellow Brick Road » angoissé. Titre où le chanteur expose le timbre d’Al Stewart sous les coups de guitare staccato de Neil Young voire Tom Verlaine. Une chanson pour elle, une chanson pour lui. Elles dissemblent et se rassemblent. Naturellement. 

Un anti-folk australien de bonne facture qui ne joue jamais trop haut ni jamais trop bas.  

(Organisation AB)

 

Angus & Julia Stone

Down The Way

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Pour les frangins Stone, le moment de vérité est arrivé. Papa et maman doivent être fiers. Cinq ans plus tôt, les deux oisillons australiens tentaient de faire leurs nids, chacun de leur côté. Après avoir décidé de se soutenir l’un l’autre en faisant équipe, Angus et Julia Stone se sont envolés vers la Grande-Bretagne. Ils y ont alors rencontré Francis Healy (Travis) qui, tombé sous le charme de leurs premiers gazouillis (NDR : consignés sous la forme d’un Ep intitulé « Chocolates & Cigarettes »), décide de les prendre sous son aile. Un échange de bons procédés suivra avant la naissance en 2007 de « A Book Like This », le premier LP des Stone. Trois ans plus tard, Angus et Julia publient « Down The Way ». Un disque livré à l’Europe sans détour, contrairement aux travaux précédents.

« Down The Way » renferme treize jolies ballades folk instinctives et pastorales. Exit les mélodies acoustiques de « A Book Like This ». La fratrie sort le grand jeu et se paye des arrangements beaucoup plus pros tout en adoptant des tonalités résolument plus folk-rock. Seule la formule de partage équitable du micro demeure immuable. Une formule assez standard qui fonctionne ici à merveille, tant les vocalises d’Angus et Julia se complètent naturellement. Ce qui n’empêche pas les morceaux interprétés de concert, par les deux frangins, de se révéler, malgré tout, un peu plus relevés que les autres. « Down The Way » évoque une rencontre entre Emiliana Torrini et un jeune Neil Young, sous un soleil printanier douceâtre. Le disque rêvé pour emballer cet été.

A découvrir en live aux Ardentes.