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Twin Temple, amants maudits ?

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Keelhaul

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Est-il bien utile de vous dire tout le bien que l’on pense de Keelhaul ? Petits compagnons de label d’Isis ou de Cave In, compagnons de tournée d’Eyehategod et Botch, Keelhaul fracasse allégrement les oreilles, transperce les tympans tout aussi facilement ; et le pire est que vous risquez d’en redemander... Se caractérisant essentiellement par une musique quasi instrumentale, c’est en respectant la règle des paliers que le groupe vous amène dans les profondeurs d’une musique basée sur la répétition, adoptant une certaine idée de cycle. Un peu comme un crocodile qui maintient sa proie au fond de l’eau en patientant jusqu’à l’étouffement (n’est pas Tarzan qui veut), le groupe installe une moiteur qui colle parfaitement à la peau et une dimension fatale inexorable. Pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Keelhaul

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‘To keelhaul’ est un terme employé en navigation qui signifie littéralement ‘faire passer sous la quille en guise de châtiment’. Le châtiment qui nous est ici infligé dure une grosse demi-heure. Mais comme on dit : ‘qui aime bien châtie bien’. Et donc toute tentative de ‘faire passer sous la quille’ cet album ne sera qu'un prétexte à la mauvaise foi. Oui, les vocaux sont ignobles ; oui, les guitares vous arrachent des maux de tête ; oui, la batterie frappe nos sens telle une grosse massue ; mais bon dieu, quelle tannée réjouissante ! Hardcore, grindcore, stoner-metal, que sais-je, pourvu qu'on ait l'ivresse… Ce quatuor (ex-Claw, ex-Integrity et ex-La Gritona) nous fait penser à Neurosis : même volonté d'exténuer les tympans, de passer sur les corps des auditeurs abasourdis tel un rouleau-compresseur, de pousser la résistance auditive à ses derniers retranchements… Certains diront que c'est la quille, d'autres la gaule, en tout cas Keelhaul ne fait pas dans la dentelle. Il suffit d'écouter " Lackadaisical Chinese Tubesock ", une pièce bien montée de riffs abrasifs à du 100 à l'heure; et d'enchaîner avec " Iwn ", ballade nuptiale à six pieds sous terre qui clôt l'album, pour être convaincu que ces white trash de Cleveland n'aiment pas ceux qui font dans leur culotte.