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La vérité selon RORI

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Kim Simmonds

The devil to pay

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La naissance de Savoy Brown remonte à 1965. Du mouvement ‘British Blues Boom’ issu des sixties, cette formation est donc une des dernières encore vivante. Bien entendu, du line up initial, il ne reste plus –et depuis bien longtemps– que son fondateur, le guitariste Kim Simmonds. En outre, il y a aussi un bail qu’il s’est installé aux States, dans l'état de New York. Des dizaines de musiciens se sont succédés et près de quarante albums alimentent la carrière du groupe. Pour l'heure, Savoy Brown est réduit à la formule trio. Kim chante et se consacre à la gratte, Pat DeSalvo à la basse et Garnet Green à la batterie. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Subcat à Syracuse (NY). Simmonds signe toutes les plages et assure la production.

Blues lent extrêmement dépouillé, "Ain't got nobody" brille par son originalité. Depuis quelques années, Kim a récupéré le micro. Ce n’est pourtant pas un chanteur extraordinaire ; mais sa voix est particulièrement harmonieuse. Une entrée en matière remarquable, au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, tout en y injectant un max de feeling. Après une longue intro aux cordes, Kim passe aux vocaux sur "Bad weather brewing", une piste plus enlevée, judicieusement imprimée par la section rythmique. Et son ouverture de "Grew up in the blues" adopte un même profil. Kim chante sa passion pour le blues et sa gratte revient constamment à l'avant-plan. Evoluant sur un mid tempo, "When love goes wrong" démontre toute l’expérience du leader. Pas pour rien que le band compte un demi-siècle d’existence ! Il sort son harmonica et double la guitare sur "Oh Rosa", un blues/rock particulièrement subtil. Et ce même s’il n’est pas un souffleur exceptionnel. Caractérisé par ses accents country/blues, le titre maître nous entraîne dans le Mississippi. "Stop throwing your love around" replonge Kim Simmonds dans les 70’s, lorsque Dave Walker était le chanteur du combo. "Snakin'" est une plage instrumentale séduisante, réminiscente de Freddie King. "Got an awful feeling" campe un autre blues indolent, mais empreint d’émotion. Cette manière de créer son solo, de le développer et d’atteindre sa cible, tout en ne dispensant que les notes nécessaires, est un véritable art chez Kim. Armé de sa slide qu’il frotte frénétiquement de son bottleneck, il chante "I've been drinking". Secondé par sa section rythmique, il nous emmène dans le Delta. Kim se convertit au jazz pour attaquer un "Watch my woman". Et si sa technique est irréprochable, il n’en oublie pas pour autant le swing. Un style qu’il poursuit tout au long de "Whiskey headed  baby", une piste singulière et créative. "Evil eye" clôt l’elpee. Une pièce de bravoure. Un blues subtilement teinté de rock. Kim est convainquant au micro. Sa guitare s’envole vers les sommets. Il la fait souffrir, mais plus rien ne peut l’arrêter…

 

Kim Simmonds

Struck by lightning

Écrit par
Le leader charismatique du british blues band Savoy Brown est aujourd’hui âgé de 57 ans. Ce Gallois d'origine vit cependant depuis bien longtemps près de New York, avec sa famille. Au fil du temps, il s'est assagi et se réserve des moments plus personnels, plus intenses, dans un monde acoustique, sans la moindre amplification. Il a ainsi commis "Solitaire" en 1997 et "Blues like midnight" en 2001. Deux elpees, enregistrés en solo, vous vous en doutez.
 
Ce nouvel opus trempe encore dans l’univers de l’unplugged. Kim ouvre cette plaque par le titre maître. Il est à la recherche de la vérité, et sous l'emprise des artistes de Fat Possum, le challenge n’est pas évident à accomplir. La guitare est très claire. Seules quelques timides percussions colorent cette plage. Il est soutenu par une section rythmique constituée de Dennis Cotton à la batterie et de Pat Desalvo à la basse acoustique, pour attaquer "Then last train has gone". Une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Il se rappelle ses jeunes années passées au Pays de Galles, lorsqu’il admirait les machines à vapeur alimentées au charbon local! Blues lent, envoûtant, "The truth comes on" est une chanson personnelle marquée par l'apparition de Mark Nanni (de Los Blancos) au piano. "Ain't no free" est une plage issue du répertoire de NRBQ que Kim avait déjà interprétée lors des concerts de Savoy Brown. Il en donne ici une version acoustique, très riche dans le jeu de cordes. Il reprend une ballade blues composée dans les années 20 par Pettie Wheatstraw. Un bluesman décrit comme le beau-fils de Satan bien avant que Robert Johnson ne vende son âme au même diable. Elégante, cette plage est illuminée d'un bref solo que soulignent les accents métalliques du dobro. La reprise du "So glad you're mine" d'Arthur Crudup marque un changement de style. A ses débuts, Elvis Presley l’avait adapté sur le ton rock, à l’instar de "That's alright mama". Respectueux de la version blues originale, Simmonds y étale une classe certaine. Son "My home is a highway" traite du sort des sans-abri. Il s’agit probablement de la plus belle page de l'œuvre. Un blues fragile marqué par la pureté de son jeu de guitare. L'elpee est agréable, même s'il n'est pas bouleversant. Et recèle encore de très bons moments. A l’instar de "Living in New York" et de la finale, une version différente du titre maître. Brute, très naturelle, elle est issue de la démo originelle. Néanmoins, je préfère de loin le Kim Simmonds électrique ; celui qui dirige Savoy Brown depuis près de quarante ans. Excusez du peu!