La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Chuck Leavell

Back to the woods

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Originaire de l’Alabama, Chuck Leavell est pianiste. Il est âgé de 60 balais. Il a milité chez l’Allman Brothers Band, au cours des fameuses années 70. Un bon bout de temps. Il a ensuite fondé Sea Level. Depuis plus de 30 ans, il tourne en compagnie des Rolling Stones. Il a également épaulé, entre autres, Eric Clapton, George Harrison et Govt Mule. Dans ses moments libres, Chuck se consacre à ses plantations d’arbres, près de Macon, en Géorgie. Dans ce domaine, il jouir d’ailleurs d’une fameuse réputation.

Il a publié cinq albums sous son nom. Le dernier en date, il l’a sous-titré "A tribute to the pionners of blues piano", en hommage à ces pionniers qui ont tant apporté au blues, dès les années 30, à l’instar de Leroy Carr, Roosevelt Sykes ou encore Little Brother Montgomery.

Et c’est par "No special rider", une compo signée LBM que démarre l’elpee. Les rythmes sont manifestement empruntés à la Nouvelle Orléans. Créatif mais bien maîtrisé, le piano s’illustre face à une solide section rythmique. Leavell est un disciple de Leroy Carr. Il reprend d’ailleurs cinq titres du Texan. Carr était un formidable pianiste. Il s’est le plus souvent produit en duo, en compagnie du guitariste Scrapper Blackwell. Et la paire a donc aussi beaucoup enregistré ensemble. Alcoolique notoire, il est décédé alors qu’il avait à peine trente ans. Ce qui ne l’a pas empêché de graver une trentaine d’elpees.

Chuck chante d’une voix pudique, "Evening train". Keith Richards est préposé à la sèche. Danny Barnes, un multi-instrumentiste texan, capable de s’illustrer tant dans le blues, le jazz, la country que bluegrass, chante et se réserve le banjo sur "Naptown blues". Et la guitare acoustique, tout au long de "Low down dirty". Toujours issue de la plume de Carr, "Mean mistreater" est une autre adaptation parfaitement réussie. Faut dire que les parties vocales sont assurées par Miss Candi Staton, notoire dans l’univers de la soul et du gospel ; et son timbre chargé de feeling fait vraiment la différence. Memphis Slim était un remarquable pianiste de blues et de boogie woogie. Il a vécu les dernières années de son existence, en France. Johan Mayer se charge de la six cordes, sur la version très agréable du "Wish me well" de John Len Chatman. Superbe blues lent, "Losing hand" figurait au répertoire de Ray Charles. Face aux saxophones, les interventions de Davis Causey (NDR : il a joué en compagnie de Leavell, chez Sea Level) à la guitare, sont bouleversantes. Le titre maître, "Back in the woods", a été écrit par Charlie Spand, au cours des années 20. Cette compo est encore considérée aujourd’hui comme une énigme du blues. Otis Spann était l'un des plus grands pianistes du blues. Il a sévi pendant les années 50 et 60, à Chicago. Il a aussi longtemps milité chez le Muddy Waters Band. Quel plaisir de retrouver son "Boots and shoes", façonné par les cordes électriques de Keith Richard et John Mayer! Une cover de Skip James, un artiste attachant issu de Bentonia, dans le Mississippi : "If you haven't any hay". La fête aux ivoires s’achève comme elle a commencé, c’est-à-dire par un titre de Little Brother Montgomery, son plus célèbre ; en l’occurrence "Vicksburg blues" que chante et joue respectueusement Mr Leavell… Passionnant !

 

Slaid Cleaves

Everything You Love Will Be Taken Away

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Première impression négative. Slaid Cleaves mérite en effet de remporter –et haut la main– la palme de la plus immonde jaquette de l’année. Un horrible dessin représentant un cow-boy probablement malade à la vue de la couleur bleuâtre de sa peau. Ce premier contact ne m’a franchement pas poussé à me farcir « Everything You Love Will Be Taken Away », lors de sa réception. Ma plus grande hantise ? Que la musique de ce parfait inconnu soit du même niveau que son emballage…

Né en 1964, à Washington, D.C., Richard Slaid Cleaves est un songwriter américain qui a passé toute sa jeunesse dans le Maine, avant de s’établir au Texas, à Austin, devenue depuis la capitale mondiale de la musique ‘indie’. Il débute cependant sa carrière en 1985. A Cork, en Irlande. Comme chanteur de rue. Mais ce n’est qu’en 1990 qu’il publie son premier album. Un disque autoproduit intitulé « The Promise ». Une œuvre introuvable de nos jours. « Everything You Love Will Be Taken Away » constitue son 10ème elpee (NDR : si on tient compte des rééditions de ses premières cassettes en cd). Pratiquement inconnu en Europe, Richard possède une solide base de fans aux Etats-Unis, dont le célèbre écrivain Stephen King. Ce dernier l’a d’ailleurs encensé en ces termes : ‘I’m glad I found Slaid Cleaves, because my life would have been poorer without him’. Pas moins !

Slaid Cleaves reconnaît pour influence majeure Bruce Springsteen. Après avoir écouté « Everything You Love Will Be Taken Away », difficile de contester cette information. Le chanteur incarne parfaitement le profil du musicien yankee. Héritier naturel du ‘Boss’, mais aussi de Johnny Cash, Hank Williams ou encore Tom Petty, Slaid Cleaves creuse le même terreau country-folk que ses illustres prédécesseurs. Cet album est à conseiller aux fans de pur americana… Il n’est pas du niveau des productions de The Hold Steady ; mais le travail est de bonne facture et les mélodies particulièrement touchantes.

L’ambiance entretenue tout au long de l’œuvre n’est pas à la joie. Elle est même plutôt mélancolique. Un titre comme « Cry » aurait ainsi pu également figurer au répertoire d’Eels. Pas comme single, car si « Twistin » constitue le meilleur morceau de l’opus, difficile de le traduire en hit quelconque. Et pour cause, le texte est plutôt sombre. Il conte l’histoire de l’exécution d’un condamné à mort, décrite par son bourreau : ‘Men held up their babies to see / Reporters jotted down a tale / Hawkers brought out lemonade / And the ladies headed for the hangin’ day sale’ Bonjour l’ambiance ! A en faire pâlir d’envie Steve Earle. Faut dire que les lyrics constituent le point fort de Slaid Cleaves. Cependant, il est nécessaire de bien comprendre la langue de Shakespeare pour en comprendre toutes les subtilités. D’ailleurs, pas sûr qu’il parvienne à convaincre de nouveaux adeptes de ce côté de l’Atlantique.

Slaid Cleaves serait-il le champion 2009 toutes catégories confondues de l’americana classique ? A ce jour, c’est une certitude.

 

Slaid Cleaves

Unsung

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Slaid Cleaves pourrait être comblé: excellent guitariste et doté d’une voix magnifique, il est parvenu à se tailler une place au soleil dans la scène musicale d’Austin. Mais voilà : après deux albums (« Broke down » et « Wishbones »), et une renommée flatteuse, le songwriter choisit d’emprunter un autre chemin que celui alors tracé en solitaire. Car « Unsung », c’est avant tout l’envie de faire la part la belle aux amis, collègues, frères et sœurs d’armes. Ce sont treize chansons interprétées par d’autres songwriters dans son salon ou dans les bars. Treize titres folks, aux accents country, dignes héritiers de Woodie Guthrie, Johnny Cash et Hank Williams. Treize deuxièmes naissances pour ces morceaux qui brillaient dans l’ombre… Les grands moments de l’album sont signés par Steve Brooks (« Everette », et son tempo désinvolte), Karen Poston (« Flowered Dresses » où piano et violoncelle viennent saluer la disparition à petit feu d’une belle héroïne) ou David Olney (« Millionaire » ou l’éloge de la dignité). Et si, à première vue, on peut s’inquiéter de la cohérence de l’album, c’est sans compter sur la grâce et l’élégance de son géniteur. En reprenant des chansons qui auraient probablement disparues, Slaid Cleaves signe un recueil poétique désormais classique, dans la pure tradition d’auteurs tels que Townes Van Zandt. ‘That’s just what poets do’…

 

Leave

The June Parade + Schizoid Disorder

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Leave est une formation française originaire de la Picardie, quelque part entre Amiens et Beauvais. Sous la forme d'un trio, le groupe a commis deux démos (" Lick the pavement " en mai 2000 et " Perfect Skin en automne 2001), avant d'élargir le line up à un quatuor tout en procédant au remplacement du drummer. Sous ce format le band décide de passer à la vitesse supérieure et signe chez Furtive Records. Il enregistre " The June parade " qui devait être leur premier EP. Malheureusement, le label met la clef sous le paillasson, et le projet demeure dans les cartons. A première écoute, la musique de Leave fait immédiatement penser à Radiohead et surtout à Muse. Les guitares sont cinglantes, les mélodies hymniques et la jolie voix de Christophe possède un timbre haut perché, fort proche de Matthew Bellamy. Un bémol, dès que les compos se calment, il éprouve plus de difficultés à la poser. Sur le premier morceau de plastique, " Life & death of a vegetable " et " Save this dance for me " épousent des envolées de guitares métalliques empruntées à Queen. Une tendance qui s'amplifie sur " Schizoid disorder ", le dernier-né de Leave. Les compos y sont plus musclées et s'aventurent même parfois dans le métal prog. A l'instar de " Nasty girl " et de " Brutal tango ". La formule me plaît moins. Surtout à cause du style trop démonstratif du soliste (NDR : savoir jouer, c'est bien, mais en remettre deux couches, c'est un peu beaucoup). En outre, le mixing a un peu trop négligé les nuances de jeu aux drums. Ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain, car Leave possède un énorme potentiel. Il lui faudra cependant et impérativement trouver un meilleur équilibre pour pouvoir prendre son envol. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.