Avant d’embrasser une aventure en solitaire, Leila était la claviériste de Björk. Mais elle a également bossé en compagnie de Richard James (Rephlex Founder). Son premier opus solo était paru en 1998 (« Like Weather ») et le second en 2000 (« Courtesy of Choice »). Il lui a donc fallu huit longues années pour sortir ce « Blood, Looms & Blooms ». En fait, elle s’était retirée du monde de la musique, suite au décès de ses parents. Apatride (NDR : elle est née en Iran, mais vit aux Iles Britanniques depuis un quart de siècle), Leila Arab a tout misé sur son talent de claviériste, mais aussi son art à raffiner les sons et les arrangements. Il ne faut pas oublier non plus, qu’elle est aussi très habile à la console de mixage.
Dès les premières notes de son opus, on retrouve les sonorités mystérieuses et envoûtantes dont seule Leila a le secret. On ne peut donc que succomber au charme de « Mollie », caractérisé par ses beats accrocheurs. Ou à la reprise très personnelle du « Norvegian wood » des Beatles. En outre, l’horizon sonore de Leila est enrichi par une palette de vocalistes, choisie judicieusement ! Que ce soit sa sœur Roya, Luca Luca Santucci, complice depuis ses débuts ou Martina Topley-Bird. Mais également Terry Hall (NDR : le leader des Specials). Il se charge du chant sur l’excellent « Time to Blow », une compo hantée par un vibraphone frémissant. Khemahl et Thaon Richardson collaborent au tout aussi bon « Little Acorns », une plage au cours de laquelle, Leila excelle sur son instrument de prédilection : le clavier !
En 14 plages, Leila nous invite à visiter son univers visionnaire. Sis peut-être en utopie. Mais qu’importe ! Il est sans tabou. Et tous les fantasmes sont susceptibles d’être assouvis. Un univers déchiré entre bonheur et désespoir… Un opus épatant, au cours duquel l’artiste démontre, une fois de plus, son savoir-faire tout en démontrant qu’elle reste l’une des figures les plus intéressantes et ésotériques de la scène trip-hop.