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Lisa Germano

In the maybe world

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Cet opus risque de faire mal lorsque l'automne et l'hiver auront épuisé nos nerfs à coups de rafales de vent... Fidèle à l'esthétique si particulière développée par Lisa Germano au cours de ses 5 précédents albums, "In the Maybe World" est en effet un disque sépulcral qui risque d'en envoyer plus d'un par le fond... Comme d'habitude chez cette chère Lisa, une fois le disque introduit dans le lecteur, le mélomane est convié à un petit carnaval de damnés… Pour peu on imaginerait presque une bande de corbeaux dansant dans la neige au son d'un orchestre composé de squelettes...

Nonobstant ces considérations psychologiques, il faut cependant avouer qu'une fois de plus l'Américaine fait fort. Ses compositions baroques et cristallines, constellées d’accords de piano, font merveille et c'est avec un certain plaisir masochiste que l'on s'abandonne à l'écoute de ces complaintes susurrées d'une voix rauque à nos oreilles frigorifiées... Déjà le silence empli de tension au cours des 20 premières secondes de l'album annonce la couleur. "The day" ouvre ensuite le bal d'une splendide manière, suivi par un "Too much space" presque étrangement apaisé. Après "Into Oblivion" on est franchement sur les genoux alors que s'annonce à peine la moitié de l'opus... "In the land of fairies", carrément effrayant, ne vous donnera quant à lui plus jamais envie d'éteindre la lumière une fois le soleil couché... Pour le reste, on vous laisse découvrir cet album par vous-même tant il semble vain d'ergoter à l'envi à propos d'une œuvre qui devrait installer un peu plus encore Lisa Germano au panthéon des songwriters atypiques de ce début de siècle.

 

 

Lisa Germano

Geek the girl

Deuxième album en moins d'une année pour cette artiste yankee (Indiana) qui relève du label arty britannique 4AD. Un choix tout à fait judicieux en vertu de la sensibilité musicale affichée par Lisa. Une expression à la texture atmosphérique glacée, torturée, mélodramatique tramée dans les cordes de guitare blêmes, renfrognées, les drums minimalistes, les breaks de piano macabres, et alimentés de lyrics vulnérables, angoissés, que chuchote d'une voix spectrale, maussade, innocente Lisa Germano. Un album dont la beauté mélancolique n'est certainement pas de nature à requinquer les dépressifs...