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The Mannish Boys

Wrapped up and ready

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Mannish Boys, c'est la référence du blues band chez Delta Groove, le fameux label de Los Angeles. Un combo dont le style très contemporain, black and white, réunit musiciens noirs et blancs. En fait, les musicos sont des vétérans issus de la scène blues locale de la Cité des Anges. Le groupe avait publié un premier elpee pour cette écurie, en 2004. Il s’intitule "That represent man". Le line up implique toujours les guitaristes Kirk Fletcher et Frank ‘Paris Slim’ Goldwasser ainsi que l'harmoniciste Randy Chortkoff, soit le boss ! Sugaray Rayford se charge aujourd’hui des vocaux et le bassiste Willie J Campbell ainsi que le drummer Jimi Bott, de la section rythmique. De nombreux invités ont participé aux sessions d’enregistrement. Elles se sont déroulées en février dernier, au sein du studio Ardent, à Torrance.

Premier invité à se manifester, le gratteur Monster Mike Welsh (NDR : issu de Boston, il est âgé de 33 ans) ouvre l’elpee par son "I ain't sayin'". Sugaray se consacre aux vocaux et Fred Kaplan au piano. Et déjà, c'est de la dynamite ! Rayford récupère le micro pour "Everything's alright", un West Coast jump signé Roy Brown, auquel participe deux gratteurs. Tout d’abord le Français Nico Duportal. Ensuite, Kid Ramos, de retour après ses sérieux ennuis de santé ! Les interventions à la basse acoustique de Campbell et du saxophone de Ron Dziubla sont de véritables petits bonheurs. Franck Goldwasser chante son "Struggle in my hometown", un funky blues bien nerveux, parcouru par le piano électrique de Rich Wenzel et caractérisé par ses changements de tempo. Kim Wilson est souverain à l’harmo sur "Wrapped up and ready". Il soutient également la voix de Rayford. Son ami Kirk Fletcher s'éclate sur ses cordes avant de céder le relais à Wilson, qui se révèle toujours un véritable seigneur sur son instrument. Du blues 5 étoiles ! Dans ces conditions, pas facile au guest suivant d’embrayer. Et pourtant ! En invitant Steve Freund, Chortkoff savait que la qualité serait au rendez-vous. Et manifestement, "It was fun" est une superbe plage. La voix de Rayford est limpide et puissante ; mais l’art de la parcimonie cultivé par Freund est un pur enchantement ! Chicago blues classique, "I can always dream" laisse souffler ses hôtes. Les Boys y excellent. Paris Slim s’envole face à une section rythmique saturée de groove. "I idolize you" est une pépite issue de la plume d'Ike Turner. Candye Kane est aux vocaux. La diva a entraîné sa gratteuse, Lara Chavez, dans l’aventure. Kaplan siège derrière le piano et Wenzel, l'orgue Hammond, sur cette piste agitée par un rythme de rumba. Particulièrement en forme, Bill Stuve et Dave Kida, deux anciens Mighty Flyers de Rod Piazza, se chargent respectivement de la basse acoustique et des drums. La voix de Rayford est puissante tout au long du "You better watch yourself" de Robert Wilson, un morceau qu’illumine de sa présence le nouveau grand espoir de l'harmonica, Jacob ‘Walters’ Huffman. Ce disciple de Rod Piazza milite aujourd'hui chez les Forty Fours. Dziubla se réserve le saxophone, Kim Wilson l'harmonica et Mike Welsh les cordes sur "Something for nothing", un remarquable blues lent. Randy signe "Can't make a livin'". Il chante ce titre en compagnie d'une nouvelle perle locale, Trenda Fox. Et c’est Fletcher qui est préposé aux cordes. Steve Freund revient chanter son "The blues has made me whole", un Chicago shuffle, au cours duquel le interventions de gratte sont aussi sobres qu’efficaces. La marque de fabrique de son style ! "I have love" évolue sur le rythme du cheval au galop. Sugaray assure les vocaux sur cette piste écrite par Mike Welsh. Bob Corritore souffle dans son harmo et Monster Mike s’autorise une belle envolée. Kid Ramos semble avoir retrouvé la forme. Et il le démontre tout au long du "She belongs to me" de Magic Sam. Paris Slim chante encore son "Don't say you're sorry", une plage très percussive illustrée par une sortie remarquée à la slide. La finale est destinée à se faire et nous faire plaisir. Un hommage à l'inoubliable guitariste de blues blanc qui a sévi dans les sixties, Michael Bloomfield. Kirk Fletcher, Frank Goldwasser et Monster Mike Welsh se succèdent pour enrichir ce témoignage de leurs interventions à la guitare. "Wrapped up and ready" constitue manifestement une des meilleures plaques blues parues en 2014!

 

The Mannish Boys

Double Dynamite

Écrit par

Delta Groove est probablement le label le plus prolifique dans l’univers du blues. Enfin, au cours des dernières années. Les Mannish Boys c’est un peu leur groupe fétiche. Un collectif impliquant un grand nombre de musiciens qui opère habituellement du côté de Los Angeles. Il compte déjà à ce jour huit années d’existence. Et “Double Dynamite” constitue son sixième opus ; une œuvre partagée en deux disques pour pas moins de vingt-six plages.

Le line up initial implique les chanteurs noirs Finis Tasby et Sugaray Rayford, l’harmoniciste Randy Chotrkoff (NDR : par ailleurs patron de Delta Groove), deux guitaristes (NDR : soit Kirk Fletcher et Frank Goldwasser) et la section rythmique réunissant Willie J. Campbell et Jimi Bott. De nombreux invités ont participé aux sessions d’enregistrement qui se sont déroulées au studio Ardent, à Torrance.

La première plaque est sous-titrée “Atomic Blues”. Au menu, un concentré de Chicago blues. La slide de ‘Paris Slim’ Goldwasser introduit le classique “Death letter”. Sugaray chante d’une voix puissante ce morceau signé par le mythique Son House. Rod Piazza se réserve l’harmonica, Elvin Bishop la slide et Tasby le chant sur le “Mean old world” de Little Walter. Et on baigne déjà dans le véritable bonheur. Tout au long du “She’s 19 years old” de Muddy Waters, nous pénétrons dans le Chicago southside. Jackie Payne est préposé au vocaux et Piazza souffle comme un dieu. Mud Morganfield, le fils à Muddy, chante “Elevate me mama”, un titre issu de la plume de Sonny Boy Williamson, un blues lent au cours duquel Rob Rio siège derrière le piano pendant que le notoire Bob Corritone se consacre à la musique à bouche. Superbe Chicago shuffle, “Please forgive me” a été écrit par Chortkoff. Il prend ici le rôle de souffleur, derrière Rayford. L’elpee regorge de plages remarquables. Jason Ricci est à l’harmonica sur “Everybody needs somebody”, une compo signée Little Walter. James Harman chante son “Bad detective”, soutenu par de brillantes interventions de Fletcher aux cordes. Glodwasser vient donner un coup slide magique à “Bloody tears”, pendant que Rob Rio ressuscite le légendaire Otis Spann au piano. Enfin, Morganfield chante, en finale, le “Mannish boy” de son père!

La seconde plaque est sous-titrée “Rhythm & blues explosion”. Nous quittons le blues urbain chicagolais pour nous rendre au sein d’un climat plus dansant, celui de Memphis. Ce cd s’ouvre par le “Born under a bad sign” d’Albert King. Les enchaînements sont parfaits. Les cuivres sont bien présents. Mike Finnigan siège derrière l’orgue Hammond et Elvin Bishop se charge des cordes. Les interventions de Fletcher sont détonantes tout au long de “That dood it”, une piste qu’il attaque dans un style jump qui lui est bien familier. Ce compact-disc recèle trois covers de James Brown. Tout d’abord “You’ve got the power”, un morceau indolent chanté par Rayford et Cynthia Manley, au cours duquel Nathan James se révèle bouleversant à la guitare. L’instrumental funky “Cold sweat”, ensuite. Enfin “Why does everything happen to me”, encore une composition lente, adaptée à la sauce louisianaise. Finis Tasby chante cette plage empreinte d’une grande sensibilité, pendant que Kid Ramos se charge des cordes. Mike Finnigan s’accompagne au piano pour chanter le “Mr Charles blues” de Ray Charles. Et sa performance est épatante. Le “You don’t love me” de T-Bone Walker est un exercice de style fort bien ficelé. Une piste qui regorge de swing, au cours de laquelle Tasby se réserve les vocaux, pendant que Kid Ramos est passé aux cordes et Fred Kaplan au piano. La virtuosité de Kaplan aux ivoires sur “Woke up screaming” nous rappelle le jeu particulièrement subtil, tout en technique, du grand Junior Watson. Retour au blues classique pour le “West Helena blues” de James Cotton. Rayford chante divinement cette compo pendant que Randy the Boss souffle dans son harmonica diatonique. Le blues dans toute sa splendeur !     

 

The Mannish Boys

Shake for me

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Les Mannish Boys constituent, en quelque sorte, la genèse du label californien Delta Groove. Et pour cause, il a été fondé par Randy Chortkoff, pour lancer la carrière de cette formation. L’écurie, tout comme le groupe, célèbrent donc au même moment leur cinquième anniversaire, ponctuant cet événement par la sortie du cinquième album du band ; un combo qui a été nominé aux Blues Music Awards en 2007, 2008, 2009 et 2010. Excusez du peu! 

Chortkoff est également l'harmoniciste chez les Mannish Boys. Et bien sûr, pour enregistrer ce nouvel opus, le combo a reçu la collaboration de la crème des musiciens blues de Los Angeles, dont le talentueux pianiste Fred Kaplan (Hollywood Blue Flames), qui apporte son concours à la majorité des titres.

L'ouverture est royale. La guitare de Nick Curran ouvre le feu face aux cuivres. Il pète le feu et affiche une classe pas possible ! Mais le son de sa gratte est vraiment pourri. Ce qui n’empêche pas la voix chaleureuse de Finis Tasby de venir se poser délicatement sur cette cover du "Too tired" de Maxwell Davis. Une performance de choix qui se poursuit tout au long du medley "Mona"/"Willie and the Hand jive" (Bo Diddley/Johnny Otis), un morceau imprimé sur le Diddley beat, bien sûr. La section rythmique libère un fameux groove, alors que le chanteur/guitariste maison, Mike Zito, soutenu par Bobby Jones, se charge des parties vocales. "Reconsider baby" est une compo signée Lowell Fulsom. Finis chante ce west coast blues classique, pendant que Goldwasser y apporte ses touches subtiles à la six cordes (NDR : il faut reconnaître que depuis qu’il s’est exilé en Californie, le Français mène une brillante carrière). "Educated ways" est issu de la plume de Chortkoff. Une excellent compo au cours de laquelle il se réserve la slide, mais aussi démontre toute son adresse et sa vivacité au bottleneck, devant les ivoires de Kaplan. "Half ain't been told" campe un duo émouvant entre la voix puissante de Bobby Jones et le piano de l'invité Rob Rio. Figurant au répertoire d'Otis Spann, cette plage rend hommage à l'inoubliable accompagnateur de Muddy Waters. Chanté par Goldwasser, "Number 9 Train" alimente un autre duo. Primaire, primitive même, la slide est talonnée par les percus de Bott qui empruntent le rythme du chemin de fer. "Last night" est un superbe slow écrit par Little Walter, un Chicago blues auquel participent Tasby, Franck et Fletcher aux guitares, et dans le rôle de souffleur, Rod Piazza en personne. Il s’y révèle impeccable ! Le "Hey now" de Ray Charles est interprété à la manière du Genius, par Bobby Jones devant les cuivres et les cordes de Mr Fletcher. La même équipe remet le couvert lors d’une version saignante du "You can't be beat" de Howlin' Wolf. Les arrangements baignent dans le West Coast jump. Le boss se concentre à l’harmo, alors que Kirk et Randy se déchaînent aux cordes. Et la suite ne faiblit jamais. "Black nights" évolue dans un registre proche de BB King. "The bullet" exhale une grande envolée instrumentale. Toute en swing, elle met en exergue des échanges époustouflants entre Fletcher, Nick Curran et le piano boogie woogie de Kaplan. Chortkoff a certainement composé "Those worries", en hommage à George Smith. Empreint d’une grande sensibilité, et caractérisé par la présence de Lynwood Slim sur l'instrument chromatique, ce blues lent est dominé par la voix puissante et graveleuse de Jones. Et on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises. Arthur Adams chante son "Raunchy", un morceau inévitablement funky. Les sonorités de sa guitare sont très spécifiques, un peu comme si l’artiste et l’instrument ne faisait qu’un. Randy en profite pour souffler dans son harmo diatonique. Johnny Dyer n’a pas perdu ses bonnes habitudes. Il assure les vocaux tout au long de "Champagne & reefer", en rendant hommage à son vieux et regretté compagnon Muddy Waters. Mitch Kashmar le soutient à l'harmonica. Bobby Jones interprète encore "You've got bad intentions", à la manière des grands blues shouter. Fletcher s’autorise une nouvelle sortie impériale. Big Pete Vander Pluijm est également de la partie. Et c’est une surprise. Le Batave rend à son tour un hommage. Mais à Lester Butler. Sur "Way down South". La finale. Il chante et souffle énergiquement auprès de Kid Ramos à la guitare et Andy Kaulkin au piano. Un superbe album qui mérite déjà sa place parmi les meilleurs disques de blues, pour l’année 2010…   

 

Mannish Boys

Lowdown feelin'

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Lorsque le chanteur/harmoniciste californien Randy Chortkoff a créé le label Delta Groove, il avait plus d'une idée derrière la tête. Au départ, il avait monté ce collectif de musiciens en le destinant aux studios. Mais un peu plus tard, cet ensemble va prendre la route. C'est ainsi que sont nés les Mannish Boys, le band le plus fidèle du catalogue de Delta Groove, un label en plein essor. Ce nouvel opus constitue déjà le quatrième. Il fait suite à "That represent man", paru en 2004, "Live & In demand", en 2005 et "Big plans", en 2007. Le band a cumulé les nominations aux Awards, au cours des dernières années.

Les Boys réunissent des musiciens d’horizons divers. Mais la plupart sont établis à Los Angeles. En outre, chaque fois qu’ils enregistrent, ils reçoivent le concours d’invités de marque. Au sein du line up de base figurent au moins cinq chanteurs, trois guitaristes talentueux (Kid Ramos, Kirk Fletcher et Franck Goldwasser), le drummer Richard Innes ainsi que Ronnie James Weber ou Tom Leavey à la basse. Sans oublier Fred Kaplan préposé aux claviers sur la quasi-totalité des plages!

Chortkoff a déniché un excellent chanteur. Un Chicagolais qui shoutait déjà le blues dans la Cité des Vents au cœur des années cinquante : Bobby Jones. La guitare hispanisante  de Kid Ramos et la trompette de Scott Steen ouvrent "These kind of blues", une plage subtilement R&B, cuivrée, caractérisé par un appétissant solo d'harmonica accordé par Randy! Bobby Jones possède une voix taillée pour le blues, assez proche de celle de Howlin' Wolf, même si elle recèle moins de gravité et de profondeur ; cependant susceptible de libérer un maximum d’expression elle parvient à se détacher de la slide gouailleuse de Franck Goldwasser. Et en particulier sur "Searchin' blues", une compo dynamisée par le tempo incisif  de ‘Big Foot’ Innes, calé derrière ses fûts. Le titre maître est un premier sommet de l’elpee. Introduit par Ramos dans le plus pur style de T-Bone Walker, cuivres et piano y compris, il ouvre une voie royale au timbre exquis de Finis Tasby. "Chocolate drop" est un autre moment exceptionnel. Un morceau peu connu du répertoire de Howlin' Wolf. Jones est largement inspiré par le géant disparu. Invité ‘de luxe’, Junior Watson marque cette cover de son empreinte. Les excellents titres foisonnent. Tasby chante "If the washing don't get you, the rinsing will". Il conjugue talent et frénésie dans la voix. Désopilant, Kirk "Eli" Fletcher pince ses cordes pour concocter un solo monstrueux, dans l’esprit d’Albert King. Il est vrai que le King incluait cette composition de Homer Banks à son répertoire! Finis prête encore sa voix à une amusante rumba. Intitulée "Something's wrong", elle met en exergue un séduisant Ramos. Johnny Dyer interprète également le "The same thing" de Willie Dixon d’un timbre indolent, proche son vieil ami Muddy Waters. Il est talonné par la slide de Goldwasser. Al Blake injecte une fameuse dose de feeling à travers son harmo sur "Good times". Jr Watson se montre volontairement parcimonieux aux cordes. Parmi les surprises, on relèvera deux versions réservées par Chortkoff à deux compositions de Willy ‘The Kid’ Emerson. Tout d’abord "The woodchuck", un boogie nerveux, pour lequel il est épaulé par Paris Slim, Lynwood Slim ainsi que Ronnie Weber, dont la basse ronronne ici littéralement. Et puis "Figure head", un fragment envahi par la puissance vocale naturelle de Bobby Jones, et balayé par les cordes de Ramos ainsi que l'orgue Hammond B3 de Kaplan. Autre surprise, la présence sur deux compos du chanteur/harmoniciste Little Sammy Davis. Etabli aujourd'hui dans l'état de New York, il pratique le blues depuis plus d'un demi-siècle en compagnie d’Earl Hooker. Il se réserve ici "Fine lookin' woman", un Chicago shuffle torride. Son gratteur Fred Schribner est à la slide. Fred Kaplan tapote ses ivoires. Et puis "When I leave", un majestueux soul blues qu’il interprète d’une voix chargée d’une passion intérieure intense. Une seule plage instrumentale : un étonnant "You don't love me". Impérial, Fletcher retrace les riffs de Freddie King. Et on ne peut que remercier Randy Chortkoff pour nous avoir signé "Rude groove", une excellente composition qui évolue quelque part à mi-chemin entre le "Help me" de Rice Miller et le "Green onions" de Booker T. Près de 8' de bonheur intense ! Randy est aux vocaux. Il ne peut contenir sa joie. Goldwasser et Ramos s’autorisent de puissantes sorties aux cordes. Et Kaplan à l'orgue ne se fait pas prier pour leur emboîter le pas. Ne trahissant aucun point faible, ce "Lowdown feelin'" est déjà un des meilleurs albums de blues pour l'année 2008 !

 

Mannish Boys

Big plans

Écrit par

Avant toute chose, j’aimerai saluer le retour des enfants chéris du label californien Delta Groove. "Big plans" constitue déjà leur troisième opus. Il fait suite à "That represent man" et "Live and in demand", deux disques encensés par la critique. Neuf musiciens figurent aujourd’hui au sein du line up des Boys. Et parmi ceux-ci, on y dénombre pas moins de cinq chanteurs, deux harmonicistes et trois guitaristes. Certainement une des plus solides machines à blues de notre univers.

Dès l’ouverture, "Border town blues" dévaste tout sur son passage. De la dynamite ! La rythmique est imparable et en particulier Richard Innes, véritable chef d’orchestre qui dirige la manœuvre en martelant sèchement ses peaux. Tom Leavey le suit à la trace de sa basse, immédiatement talonné par le piano de Leon Blue. Finis Tasby chante d'un timbre sûr et autoritaire. Kirk Eli Fletcher se réserve un des solos de l'année sur ses cordes. Frank Goldwasser attaque son "I can't stay here". Le son de sa slide est volontairement sale, primaire. Une compo qui baigne dans le Delta. Frank libère une puissance phénoménale dans son chant, comme si sa vie en dépendait alors que la slide tente bon gré mal gré de survivre au sein de ce climat étouffant. Finis chante "I get so worried", un bon blues lent dominé par la guitare de Kid Ramos. Parmi les invités, on retrouve Rob Rio aux ivoires, Jeff Turmes à la basse acoustique et au sax alto ainsi que Woody Woodford au saxophone ténor. Bien que disposant de 5 chanteurs, les Boys se paient encore le luxe d'en inviter d'autres. Tout d’abord Bobby Jones. Cet ex-Aces (celui des frères Myers) chante "Mary Jane". Randy Chortkoff souffle dans son harmonica tout au long de ce Chicago shuffle, très Jimmy Reed dans la démarche. Le patron du label transperce la solution sonore de ses sonorités acérées. Rob Rio, ensuite. Il interprète "Carpet bogger blues", assis derrière ses ivoires. Il pianote à la manière d'Otis Spann sur ce blues lent à l'intensité dramatique, pendant que Kirk dispense ses petites phrases assassines. Le vieux Johnny Dyer également. Il monte sur les planches. Son harmonica à la main. Il chante toujours à la manière de son ami Muddy Waters. Et en fait la plus parfaite démonstration sur "Just to be with you". Rick Holmstrom se réserve la guitare et Larry Taylor la basse. Quel show! "Why do things happen to me?" constitue un autre blues de toute grande classe. La voix de Finis Tasby est impériale. Il est épaulé par les cordes chaleureuses de Ramos et le sax baryton de Woodford. L'apparition soudaine de Jody Williams est une autre bonne surprise. Issu de Chicago, ce guitariste a accompagné Howlin' Wolf, Bo Diddley, Otis Rush, et quelques autres. Il chante son "Groan my blues away" tout en grattant sa râpe. Une compo qu’il avait immortalisée en 1955, lors de sa toute première session comme leader. L'impresario Chortkoff a composé deux plages. "Mina all mine" et "Young and tender". Il chante le premier morceau face à la slide de Kid Ramos, un blues délicat qu'il avait composé pour Jody Williams. Et le second d’un timbre soul, tout en sensibilité. Un feeling qu’il accentue en s’accompagnant à la guitare et en s’appuyant sur la rythmique de Rick Holmstrom Larry Taylor et de ‘Big Foot’ Innes. L'intérêt  de cette œuvre est constant. Même en fin de parcours. Tasby chante le nerveux "My baby's a good 'un" d'Otis Rush et son "Walkin' down Fillmore". Les échanges de cordes évoluent à très haut niveau. Que ce soit face à Eli, d'abord ou au Kid, enfin. Mitch Kashmar est le dernier le la liste des guests. Harmoniciste maison, il participe à deux plages. Tout d’abord "Broken hearted blues. Signé Jimmy Rogers, ce slow blues sent bon le Chicago Southside. Dyer se charge des vocaux. Et ce n'est pas une surprise, car ce bluesman est originaire du même patelin que Muddy Waters, dans le Mississippi. Cet excellent opus s’achève par le "California blues" (bien sûr!) de Howlin' Wolf. Bobby Jones le chante d’une voix puissante, proche du grand Chester Bennett.

The Mannish Boys

That represent man

Écrit par
Producteur, organisateur de concerts et musicien, Andy Chortkoff vit à Los Angeles. Mais avant tout, ce bluesman est harmoniciste. Dans un style très affûté. Sa carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de King Ernest, Billy Boy Arnold, Finis Tasby, Roy Gaines, Kirk Fletcher et Frank Goldwasser. Chortkoff connaît du beau monde. Ce qui lui a permis de monter ce projet, ma foi, fort original puisqu’il réunit des bluesmen confirmés (NDR : notamment Finis Tasby, Gaines et Johnny Dyer) et une plus jeune génération très talentueuse. C’est ainsi que sont nés les Mannish Boys. Tasby est ici épaulé par les guitares du jeune noir Kirk Fletcher et de Frank "Paris Slim" Goldwasser. June Core (ex Little Charlie & the Nightcats) siège derrière à la batterie, Ronnie James Weber (ex-Nightcats et aujourd'hui Fabulous Thunderbirds) se réserve la basse et Leon Blue le piano.
 
En ouverture, les Mannish Boys impriment un "Going crazy over TV" sur un rythme que n'aurait pas renié Jimmy Reed. D'ailleurs, tout au long de ce blues très authentique que chante Finis Tasby, Randy souffle dans les aigus comme l'aurait fait le vieux Jimmy. Chicago blues typique, le "Come on rock little girl" de Smokey Smothers est absolument superbe. Le son de la guitare dispensé par Kirk Fletcher est un pur bonheur ; et la section rythmique constituée par les drums de June Core ainsi que la guitare rythmique de Goldwasser tient bien la route. Signé BB King, "Partin' time" est un blues mid tempo. Leon Blue est venu en renfort au piano. Kirk Fletcher a placé la barre très haut aux cordes. Leon Blue est un trésor caché. Il a participé à l’aventure de la ‘Ike and Tina Turner Revue’. Il a joué pour Lowell Fulsom et Albert Collins. Paradoxalement, il accomplit ici ses débuts discographiques. Soutenu par Frank à la guitare solo, il chante "You been goofin". Finis Tasby (NDR : né au Texas, il aura 65 ans cette année) reprend "Easier said than done" de Mighty Joe Young. Goldwasser assure les parties de guitare très rythmiquement, sur ce R&B aux accents empruntés de toute évidence à Albert King. Chrotkoff nous réserve un sémillant, saignant même, "I'm a lover not a fighter". Dix-sept plages figurent sur cet opus au tracklist très homogène, nonobstant la présence d’un grand nombre de musiciens et d'invités. Johnny Dyer est un adepte depuis toujours de Little Walter. C’est pourquoi le vieil harmoniciste à choisi d'interpréter et de chanter "Temperature" ainsi que "You're sweet". Autre Texan, Roy Gaines est venu pointer le bout de son nez. Sa voix puissante et sa guitare volubile emballent "I had a dream last night". David Woody Woodford s’y réserve le saxophone. Le blues lent n’a pas été exclu. Finis Tasby chante ainsi merveilleusement le "Lost your good thing now" de BB King pendant que Fletcher joue de la guitare avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Cet excellent gratteur remet aussitôt le couvert pour le "It's too bad" d'Eddie Taylor, une compo imprimée sur un tempo élevé. Tasby chante tout aussi brillamment "It's too bad", un autre slow blues signé Freddie King que Paris Slim sculpte parfaitement de sa la guitare solo, et puis le "Lonesome bedroom blues" de Curtis Jones, rehaussé par la présence du piano frétillant de Leon Blue. Chanteuse au timbre vocal extraordinaire, Mickey Champion chante comme si sa vie en dépendait le "The eagle is back" de Jonny Watson. Elle chante le blues depuis 50 ans. T-Bone Walker et Roy Milton figurent parmi ses nombreux collaborateurs. Plus surprenant, Paul Oscher (NDR : un ancien harmoniciste du Muddy Waters Band) se charge de la slide sur son "Blues and trouble". Je vous conseille vivement de vous procurer cet album. Et vous pouvez me croire, vous ne serez pas déçus. Une œuvre incontournable, à l’instar du "BlueJu" de Frank Goldwasser, de "Shades of blues" de Kirk Fletcher ainsi que d’"In the house" de Down Home Super Trio, trois elpees parus chez Crosscut. Les Mannish Boys, c'est également un projet ‘live’. Ils se produiront cet été au festival Blues Passions de Cognac et comptent opérer différentes combinaisons, vu que certains musiciens qui ont participé au présent projet seront indisponibles ; et notamment Kirk Fletcher qui tournera au même moment en compagnie des Fabulous Thunderbirds! Par contre, Kid Ramos vient de rejoindre les Mannish Boys…

The Mannish Boys

Live & In demand

Écrit par
Parmi les nouveaux labels blues nés au cours des derniers mois, il faut reconnaître que Delta Groove Productions s’est particulièrement mis en évidence. Une boîte californienne responsable de la sortie de quelques excellentes plaques ; et notamment celles Rod Piazza flanqué de ses Mighty Flyers, des Hollywood Blue Flames, de Mitch Kashmar et de Kirk Fletcher. Une série complétée bien sûr par les Mannish Boys. Ce collectif d'excellents musiciens est sans aucun doute l'enfant chéri de Randy Chortkoff, le boss de cette écurie. Concocté en studio, "That represent man" constituait une heureuse surprise. Depuis, les Boys ont beaucoup tourné. Et en particulier en 2005, périple qui est passé cet été, par le Festival Blues Passions de Cognac. Cet opus a été immortalisé le 17 juillet dernier, lors de la 19ème édition du festival R&B de Winthrop, une manifestation qui se déroule chaque année dans cette région du Sud Ouest américain. Pour la circonstance, le line up des Mannish Boys impliquait trois musiciens noirs. Chanteurs par ailleurs. Le remarquable vocaliste Finis Tasby, l'harmoniciste Johnny Dyer et le pianiste Leon Blue (NDR : ce dernier a longtemps sévi dans la Revue d’Ike & Tina Turner et puis a également côtoyé les 3 Kings du blues : BB, Albert et Freddie. Et cinq blancs. Le guitariste Kid Ramos (James Harman Band, Fabulous Thunderbirds) est le plus notoire. Frank "Paris Slim" Goldwasser, le plus fameux des gratteurs de blues français, a également participé à l’aventure. Tout comme le maître drummer Richard Innes (Hollywood Fats, Kim Wilson) et le bassiste Tom Leavey (un personnage qui a milité auprès des plus grands noms du blues). Et quelle section rythmique ! Véritable patron, Randy Chortkoff se consacre à l'harmonica.
 
Les hostilités débutent par un instrumental très jump : "Kid's jump". Une plage qui met déjà en exergue le talent déjà bien mesuré de Kid Ramos. Le "I'm ready" de Willie Dixon est interprété en hommage à Lester Butler. Randy Chortkoff assure personnellement le chant et l'instrument chromatique. Soutenu par le tempo en béton de Richard Innes, Kid Ramos se révèle à nouveau très en verve. Randy introduit alors le pianiste Leon Blue. Il chante le "She wants to sell my monkey" de Tampa Red. Déjà tombé sous le charme du band, le public participe massivement et chaleureusement à la fête. Johnny Dyer, l'homme de Rollin' Fork (Mississippi) monte sur les planches pour rendre hommage au plus célèbre de ses concitoyens : Muddy Waters. Un hommage accordé à travers la plage patronyme du groupe : "Mannish Boy". Affichant d’excellentes dispositions vocales, Dyer poursuit dans le registre Chicago blues des 50s. Et le vieil homme sort son harmonica pour attaquer le très Southside "You're sweet". Il prend même son pied face à un Léon Blue qui apporte une collaboration active au rythme, mais aussi Frank Goldwasser, enfin décidé à mettre le nez à la fenêtre. Le team adapte encore un slow blues issu de la plume de Muddy Waters. Un fragment intitulé tout simplement "Howlin' Wolf". Goldwasser y démontre avoir parfaitement intégré la technique de Waters, à la slide. Il s’y montre même brillant! Dyer quitte alors les planches pour céder le relais à Finis Tasby. Cet excellent vocaliste de couleur noire ne les quittera plus avant la fin du set. Chortkoff est revenu souffler dans son harmonica diatonique. Il le pousse dans les aigus, un peu à la manière de Jimmy Reed, tout au long de "Goin' crazy over TV". Le "Mystery train" de Junior Parker est imprimé sur un tempo enlevé. On y reconnaît sans peine le style caractéristique de Paris Slim sur les cordes. Totalement mis en confiance, ce dernier se déchaîne pour attaquer "It's too bad" de Freddie King, un blues lent qu’il parsème d'insolentes grappes de notes. C’est le moment choisi par Kid Ramos pour reprendre les rennes. Et il le fait avec panache sur le légèrement funky "Strangest blues". Mais le Kid est également capable de retenir ses cordes. A l’instar d’"As the years go passing by", un fantastique blues lent, auquel il injecte toute la sensibilité nécessaire et indispensable pour soutenir Tasby…