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Matthieu Malon

Matthieu Malon jette La Poudre aux yeux... mais ouvre grand les oreilles !

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Un nouveau disque qui évoque l’absence, l’abstinence, la disparition, les apparences trompeuses, le temps qui passe, les souvenirs émus de l’adolescence et les manifestations.

Le septième album de Matthieu Malon aurait pu être la suite logique du précédent (« Bancal » - 2024) puisqu’il a aussi débuté par une session d’enregistrement au bord de la mer.

Au fil des semaines, Matthieu se rend compte que les matrices de ces nouvelles chansons ont une autre densité que celles de « Bancal », elles ont besoin d’être animées, moins mécaniques, plus « live ». Sans doute également influencé par les concerts montés en groupe à cinq en 2024, Matthieu imagine alors un disque rempli d’invités-musiciens : d’abord des batteries avec le fidèle Philippe Entressangle (qu’on croise en ce moment chez Benjamin Biolay ou Jeanne Cherhal) mais aussi le batteur David Fakenahm qui accompagne Matthieu sur scène depuis 2024. Tout comme les deux membres de Grife (Diane Borderieux et Victoria James Geiseler) qui prêtent ici mains fortes respectivement aux voix et à la flûte traversière. On croise également Lucas Chevalot au cornet, Géraldine Colbeaux et Adèle Malon (fille de Matthieu) à l’alto.

Et c’est toujours PE qui assure le mixage et mastering de l’ensemble du disque.

« La poudre aux yeux » est un disque brut, exigeant, parfois politique, qui se révèle - au fil des écoutes - comme une pièce unique dans la discographie de Matthieu Malon. S’il peut d’abord sembler froid, sombre dans sa forme compacte et son ton désabusé, la lumière n’est jamais très loin. A titre d’exemple, la chanson « La rivière », premier extrait disponible depuis le 5 juin, sans doute un des plus pop écrits par Matthieu, qui vient contrebalancer la noirceur d’ensemble par son propos et sa tendre nostalgie.

Avec ce nouvel album, Matthieu continue de brouiller les pistes, comme l’annonce son nom et le morceau d’ouverture « La poudre aux yeux ». Où est la vérité, où sont les mensonges ? En un tour de passe-passe, on peut alors se demander si tout ce que raconte Matthieu depuis 30 ans ne serait pas que pure invention…

« La poudre aux yeux » est le deuxième album 100% autoproduit par Matthieu Malon.

Il sort le 18 septembre 2026 sur son microlabel lost in music records, sans distribution en magasins.

Un extrait ici.

Matthieu Malon

L’instabilité de Matthieu Malon…

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Le nouvel opus de Matthieu Malon paraîtra ce 17 mai. Il s’agira de son 6ème. Il fait suite à « Le pas de côté », qui avait été composé exclusivement sur un Ipad et faisait la part belle aux sonorités électroniques inspirées de Kraftwerk et Underworld.

Et c'est un virage radical par rapport au précédent elpee, puisque « Bancal » lorgne vers la musique rock-indé des années 1990-2000 et ses guitares aux sonorités 90’s.  

Autoproduit et sans temps mort (10 titres, 33 minutes au compteur), le long playing propose des chansons françaises écrites comme des anglophones, portées par des arrangements ‘minimalistes’ (peu d'instruments) qui laissent toute la place à la distorsion, au ‘fuzz’, évoquant tour à tour les Pixies, Jesus & Mary Chain ou encore R.EM. Côté français, Taxi Girl n'est jamais très loin non plus.

Composé et enregistré en 10 jours au mois de janvier 2023, puis peaufiné et terminé à l'automne, cet LP nous réserve une poignée de chansons intimes qui reprennent les thèmes chers à Matthieu Malon (la ferveur des sentiments amoureux et le désenchantement sur « Les orties », « La nuit ne nous suffit pas » ou encore « Jusqu'à demain l'orage »), mais aussi une réflexion sur la position sociale liée à la crise de la cinquantaine attendue (« Bancal », « Alter ego »), comme sur le climat politique délétère actuel (« Un secret pour personne »). L'album s’achève par une reprise (adaptée en français) du groupe anglais Television Personalities (« Elle ne lira jamais mes poèmes »).

En attendant Matthieu Malon nous propose son single, « Le temps qu'il fait », sous forme de clip, là

 

Matthieu Malon

Une Seconde Chance

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Quand l’évidence Pop tient la dragée haute à une esthétique intègre, qu’elle ose se désaper et laisser ses attributs faciles au vestiaire, elle nous apparaît alors dans son plus bel appareil.

Quand elle épouse les contours rugueux d’une pédale de distorsion, qu’elle écrase d’un pied sûr les conventions, elle sait nous aguicher.

Et quand elle surgit de derrière une tenture d’atmosphère sombre et soyeuse comme un velours usé, elle sait se montrer mystérieuse et nous entraîner.

C’est donc d’elle dont il est question sur ce six titres.

Cette Pop aux multiples facettes et aux multiples tenues de scène.

La scène, justement, parlons-en!

Un élément incontournable de la Pop créée par Matthieu Malon.

Mais nous y reviendrons.

Car avant tout, attardons-nous sur l’homme et revenons sur ses différentes identités.

Rencontré en 2002, au creux d’un univers sombre et mystérieux sous les traits opiacés de Laudanum et au travers de trois albums crépusculaires entre Electro et déclinaisons Wave (dont “System : On”, inclassable oeuvre d’une noirceur éclatante), on le perd ensuite de vue,  malgré une activité jamais prise en défaut (notamment au sein de Ex Ex et sous son propre nom). Et aujourd’hui, Matthieu Malon nous revient à la face, tel un boomerang ivre.

Rapproché à juste titre de Daniel Darc, à qui il rendait un vibrant hommage au soir de sa disparition en publiant “28.02.2013”, il signait en mai dernier un retour remarqué aux affaires.

Ainsi, “Peut-être un jour” retraçait les points de suspension au dessus du vide laissé par “Froids”, son premier album paru sans l’artifice d’un pseudonyme au crépuscule du siècle passé, et ce malgré l’existence cachée du très beau “Les Jours Sont Comptés”, un disque oublié car jamais gravé.

Aujourd’hui sort donc cet Ep, “Une Deuxième Chance”.

Dont le titre éloquent tend les bras vers le ciel et nous invite à l’embrasser.

Une franche accolade au départ qui se transforme vite en virile et tendre empoignade.

“Je Veux Du Fric”, en effet, est une entrée en matière plutôt enjouée et un parfait contre-pied à l’univers de Laudanum.

Une déstabilisante incursion dans un registre sympathique sans être racoleur.

Mais bientôt l’étreinte se resserre à l’écoute de “L’Air De Rien”. A cause des sonorités saturées et des nappes synthétiques qui font valser les illusions.

Une électricité grésillante qui sert d’écrin à la voix de Matthieu Malon, celle-ci s’y logeant avec une élégante distance, susurrant les mots plus que les chantant.

“Loin” s’éclaire de choeurs féminins et de clappement de mains sans se départir d’une certaine urgence et “Une Deuxième Chance” retrace ce lien ténu entre cinéma et prose Rock par le biais d’un dialogue teinté de Diabologum.

Une version revisitée de “28.02.2013” souligne l’évidente influence de l’ex-Taxi Girl, mais sans révérence pompeuse et puis il y a cet extrait Live.

Caractérisé par sa trame opaque, “La Fin De mes Nuits” s’autorise une version lézardée d’éclairs électriques. Comme une nuit d’encre striée de flashes, offrant des images stroboscopiques à des paupières closes.

Une adaptation magistrale, tout en retenue, d’où s’échappe un flux résonnant et obsédant.

À l’instar de Matthieu Malon lui-même, “Seconde Chance” affiche donc sa dualité assumée, son envie irrépressible de défricher le paysage sonore et de s’aventurer sur des pentes escarpées comme sur des chemins d’apparence plus linéaires.

Une seconde chance qu’on aimerait voir ne pas filer.