« Le grand voyage » constitue déjà le troisième album de ce groupe hutois. Il fait suite à « #1 », paru en 2004 et « Seul en vie », en 2006. Le nouvel opus lorgne de plus en plus clairement vers une pop psychédélique à la française. Donc lisse et radiophonique. Les compos sont truffées de guitares, arrangements de cordes (NDR : discrets mais élégants, il faut l’admettre) et sonorités néo-vintage assez proprettes. D’ailleurs, mellotrons, moogs et orgues ‘Hammond’ donnent en effet l’impression de sortir d’un clavier numérique à modélisation analogique. Instrumentation électronique mais aussi plus ‘classique’ (NDR : dont les inévitables accès de guitares triturés par les pédales wah wah) se mêlent à un fatras de loops pour organiser un grand voyage psychédélique aux accents musicalement (trop) corrects. Hormis « Lucifer Sam », emprunté à Pink Floyd, les lyrics sont interprétés dans la langue de Molière. La production est parfaite. Faut dire que les musiciens sont de redoutables techniciens. Mais cette mise en forme est tellement lustrée, qu’elle finit par rendre les compos trop semblables. En m’empêchant véritablement de ‘triper’. Deux exceptions confirment cependant la règle. Tout d’abord « La raison vacille », morceau au cours duquel l’Américain Tommi Zender (NDR : il est responsable de trois albums à ce jour, dont deux sous son patronyme) vient donner un coup de guitare et « Respire pour deux », une chanson qui bénéficie de la participation de Karin Clercq, pour un duo vocal particulièrement réussi, rappelant quelque part le échanges opérés autrefois par Dominique A et Françoise Breut. Sans quoi, le reste de l’elpee, baigne un peu trop, malgré ses références ‘pinkfloydesques’, dans la ‘variétoche’…