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Mike Zito

Quarantine Blues

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Coronavirus oblige, les musiciens sont au repos forcé. Pour un hyperactif tel que Mike Zito, impossible de tourner en rond à ne rien faire. A l’issue de leur dernière tournée européenne, Mike et son band ont dû rester en quarantaine durant quatorze jours avant de retrouver leur liberté en mère patrie. Une belle occasion de composer de nouvelles chansons, de les enregistrer et d'offrir un album gratuit à leurs fans ; des chansons immédiates où transparaissent leurs émotions, espoirs, craintes, peurs et passions du moment. Finalement, dix chansons pour libérer le monde de ses anxiétés.

Le backing group de Mike implique Matt Johnson (batterie), Doug Byrkit (basse) et Lewis Stephens (claviers). Il a écrit et réalisé des démos qu’il a transmises à ses musicos, qui chacun de leur côté ont opéré leurs interventions respectives, puis retransmis la matière au leader. Ce dernier s’est alors chargé de collecter, mixer et produire l’ensemble. Le disque est disponible sur le site web de Mike, tant en cd qu’en téléchargement (voir ici)

L’opus démarre par l’excellent power blues rock "Don't let the world get you down" (Trad : 'Ne laissez pas le Monde vous descendre’). Le conseil d’un sage. La voix est juste, l'orgue, chaleureux, et la guitare, magique. Tout aussi délicieux, "Looking out this window" conjugue cordes électriques et acoustiques. Fruit d'une collaboration avec Tracii Guns, co-fondateur de Guns N' Roses et de L.A Roses, le puissant, "Don't touch me" baigne dans le métal. "Quarantine blues" s’abat comme un couperet et plombe l’ambiance. Un blues du mal-être, du repli sur soi, de la solitude. Face à la slide lourde et torturée, la voix ressemble à un cri. Le riff simple, mais efficace adopté sur "Walking the street" lorgne vers ZZ Top. La section rythmique épaule parfaitement la voix. Un climat qu’on retrouve tout au long de "Dust up". Slow blues, "Dark raven" baigne au sein d’une l'atmosphère dramatique. Mike double les guitares lors d’un duel où émergent des chapelets de notes entrelacés. Excellent, "Call of the world" est abordé dans l’esprit de Neil Young et son Crazy Horse. Cool, "After the storm" rappelle la collaboration entre Eric Clapton et JJ Cale. Mike avait écrit "Hurts my heart" en 2012 pour le Royal Southern Brotherhood, morceau qui figure sur son premier opus. Il nous en propose une nouvelle version. Et le long playing de s’achever royalement par la ballade acoustique "What it used to be".

Mike Zito

Rock'n'roll

Écrit par

Mike Zito fêtera le demi-siècle en cette fin d'année 2020. Originaire de St Louis, dans le Missouri, ce musicien est certainement l'un des plus actifs dans l’univers contemporain et du blues et du rock. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, il est aussi l'une des chevilles ouvrières du label allemand Ruf. On lui prête des grandes vertus comme l’honnêteté, l’authenticité et l’intégrité. Mike possède un cœur de rocker. Pas étonnant qu’il ait alors intitulé cette plaque "Rock'n'Roll" en la sous-titrant ‘A tribute to Chuck Berry’. Tout comme Mike, Chuck Berry était né à St-Louis. Il nous a quittés en mars 2017, à l’âge de 90 ans.

Mr Zito produit cet opus qui réunit vingt titres issus du répertoire du grand rocker disparu. Il est soutenu par son band et, vu les moyens mis à sa disposition, a invité toute une série d'invités notoires.

L’ouverture est royale. Mike s'affiche en compagnie de Charles Berry III, le fils de Chuck pour "St Louis Blues", un morceau écrit par le légendaire WC Handy, en 1914. Un véritable festival de hits du grand rock'n'roller défile ; et il est émaillé de quelques incontestables réussites. A l’instar de "Johnny B. Goode", pour lequel il est épaulé par Walter Trout, "No particular place to go", par son concitoyen Jeremiah Johnson, le boogie infernal "Reelin' and rockin'", par Tommy Castro ou encore "Let it rock", par Jimmy Vivino. Berry avait signé son premier contrat sur le label Chess, à la demande de Muddy Waters en personne. Le blues n’est donc pas négligé. Le superbe "Wee Wee hours" auquel collabore un Joe Bonamassa en très grande forme le confirme. Mais la face roots non plus. Comme sur ce "Memphis", une piste au cours de laquelle les interventions d’Anders Osborne à la slide sont élégantes. Puis "Too much monkey business", une plage à laquelle Luther Dickinson (North Mississippi All stars) et Stephens au piano boogie participent. Et aussi l’exotique "Havana Moon", une compo alimentée par la slide Sonny Landreth. Mais également "Brown eyed handsome man", un titre que chante Zito, épaulé par Kirk Fletcher et Josh Smith aux cordes. Et enfin, la finale, l'amusant "My ding a ling" morceau auquel contribue Kid Andersen. Un excellent hommage !

Mike Zito & Friends

Mike Zito

First class life

Écrit par

La carrière de ce chanteur/guitariste originaire de St Louis est exemplaire, dans l’univers du blues/rock. Mike vient d'ailleurs d'être nommé ‘Artiste blues rock de l'année’ lors de la Cérémonie de remise des ‘Blues Awards’ de la Blues Foundation. Il signe ici son 14ème elpee !

Embarquement pour des "Mississippi nights". La slide de Mike et le piano Lewis Stephens soutiennent parfaitement la voix cassée. Une voix qui nous emporte tout au long du titre maître, une plage qui baigne au sein d’une excellente ambiance. Idéale pour le ‘live’ ! Et cette voix est vraiment proche de Ray Charles, tout au long de "The world we live in", un blues lent savoureux caractérisé par un toucher de cordes saturé de feeling. "Old black graveyard", aux intonations volontiers dramatiques et "Damn shame" sont deux autres plages indolentes.   Paru en 1974, "I wouldn't treat a dog" est un hit signé Bobby Bland. Délicatement soul et funk, la version roots est superbe. Mike et le redoutable Bernard Allison partagent les cordes sur le funk nerveux "Mama don't like no wah wah", ce dernier favorisant son jeu sur les pédales. Mike Zito affiche une grande sérénité dans l'exercice du Memphis blues, qu’il soit rythmé comme sur "Dying day" ou funky, tout au long de "Back problems". De toute bonne facture, cet opus s’achève par le rock'n'roll classieux "Trying to make a living", un hit chanté par Bobby Saxton en 1960 !

Mike Zito

Make blues not war

Écrit par

Originaire de Kansas City, Mike Zito est incontestablement l’un des bluesmen les plus doués et prolifiques, de sa génération. Agé de 46 ans, ce chanteur/guitariste/compositeur/producteur a, bien entendu, participé à l’aventure du Royal Southern Brotherhood ; ce qui ne l’a pas empêché de participer à différents projets ou encore de mener une carrière en solitaire. Et avec succès ! Son dernier opus, "Keep coming back", remonte à novembre 2015. "Make blues not war" constitue une nouvelle étape dans l’émancipation de Mike. Elle n’est d’ailleurs plus signée par Mike Zito & The Wheel, mais simplement sous son nom.

C’est après avoir rencontré le célèbre batteur/producteur issu de Nashville, Tom Hambridge, que Mike a décidé de publier cet opus solo. D’ailleurs les sessions se sont opérées au Studio Soundstage, sous la houlette de Tom. Pour la circonstance, Mike et Tom ont reçu le concours du bassiste Tommy McDonald et du guitariste Rob McNelley. Mais également de toute une série d’invités prestigieux. Zito et Hambridge cosignent 5 plages. Ce dernier se réserve le reste.

"Make blues not war" : faites le blues, pas la guerre. Le message est clair ! Rock’n blues particulièrement dense, "Highway Mama" évoque le "Going down" de Don Nix. Mike chante tel un possédé. Il a convié un des grands adeptes du style, Walter Trout. Ce qui déclenche un terrible duel entre les gratteurs ; Walter sur les cordes classiques et Mie en slide, débouchant sur une véritable orgie de cordes. Blues/rock puissant, incandescent même, "Wasted time" campe un shuffle réminiscent de Stevie Ray Vaughan ; la voix de Zito est d’ailleurs alors très proche de celle du regretté SRV. Solide et homogène, la section rythmique constitue une assise parfaite pour les envols de cordes. Zito ne se gêne pas pour en profiter largement. Et le résultat est un pur bonheur ! Autre blues/rock, "Redbird" est imprimé sur un mid tempo. Mike écrase ses pédales, et son intervention est à nouveau brillante. Tom Hambridge reproduit le rythme du cheval au galop sur ses fûts, pour "Crazy legs" ; alors que les deux sixcordistes rivalisent de dérapages contrôlés dans un climat proche du métal. Un même tempo qu’on retrouve sur "One more train". Hambridge chante aux côtés de Mike. Ce dernier se concentre sur la slide tandis que Jason Ricci opère son retour à l’harmonica. Chicago blues, le titre maître est abordé dans l’esprit de Muddy Waters. Prodigieux harmoniciste, Jason Ricci s’illustre sur son instrument. Mais le sommet de cet LP est atteint par la version du "Bad news are coming" du géant disparu, l’incomparable Luther Allison. Un blues lent aux accents dramatiques au cours duquel Kevin McKendree double piano et orgue Hammond, alors que le leader chante d’une voix particulièrement expressive tout en libérant ses cordes, dans un concentré de feeling exacerbé. Empreintes d’émotion, "Girl back home" et "Road dog" sont deux jolies plages roots. Et le dernier sommet est atteint par "Chip off the block", un autre shuffle tapissé par les claviers de McKendree, alors que Mike et son fils Zach échangent de superbes phrases sur leurs grattes. Epatant, ce long playing s’achève par une cover rock’n’roll ; en l’occurrence le "Route 90", de Clarence Bon Ton Garlow. McKendree se déchaîne sur son piano tandis que Zito chante et joue à la manière de Chuck Berry. A coup sûr, l’une des meilleurs plaques blues de 2016.

 

Mike Zito

Keep coming back

Écrit par

Originaire de St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est âgé de 45 ans. Chanteur, guitariste, compositeur et producteur, sa première partie de carrière, il l’accomplit en solitaire. Ce qui lui permet de graver trois elpees sur le label Eclecto Groove. En 2010, il devient cofondateur du Royal Southern Brotherhood, en compagnie duquel il publie plusieurs superbes albums. En octobre 2014, il quitte RSB pour relancer son parcours solo. Enfin, presque, puisqu’il monte un nouveau backing group, The Wheel. Une formation dont le premier LP, "Gone to Texas", sort en 2014, chez Ruf. Le line up est inchangé et réunit le saxophoniste Jimmy Carpenter, le claviériste Lewis Stephens, la bassiste Scot Sutherland et le drummer Rob Lee. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Dockside, sis au cœur de la Louisiane, sous la houlette de Miss Trina Schoemaker (Emmylou Harris, Sheryl Crow, Queens of The Stone Age).

Keep coming back" ouvre la plaque. Un rock'n'roll dynamisé par le piano sautillant de Lewis, alors que la gratte de Mike est déjà chauffée à blanc. "Chin up" est imprimé sur un tempo aussi enlevé. La voix est autoritaire. La guitare, omniprésente. L'artiste se fait et nous fait plaisir ! Zito et Anders Osborne (NDR : un chanteur/compositeur d'origine suédoise qui vit à la Nouvelle Orléans) cosignent trois plages : "Get busy living", une superbe ballade roots qui colle parfaitement à la voix rauque et impérieuse ; "I was drunk", une plage à la fois belle (NDR : ces cordes acoustiques !) mais réaliste, au cours de laquelle Mike et Anders se partagent les vocaux ; et le blues indolent "Lonely heart". "Early in the morning" est une autre ballade sculptée dans l’americana. "Girl from Liberty" libère de chouettes vibrations rythmiques. Le saxophone de Jimmy Carpenter est bien à l’avant-plan alors que les cordes du leader rockent dans un esprit plus vrai que nature. "Get out of Denver" est un autre rock'n'roll. Il est signé Bob Seger, le célèbre rocker de Detroit. Endiablée, la nouvelle version emprunte son riff à Chuck Berry et autorise des sorties remarquées au piano, au saxo et à la guitare. Ce riff devient ‘stonien’ pour amorcer "Nothin' but the truth", un plage participative au cours de laquelle Carpenter nous réserve une envolée lumineuse sur son sax ténor. Swamp rock, "Cross the border" nous ramène au cœur de la Louisiane. Suze Seems se consacre au micro. La gratte libère des sonorités réverbérées et métalliques. Rob Lee excelle aux percus et Stephens tapisse l’ensemble de son orgue. "What's on your mind" est une longue ballade roots. Naturellement accrocheuse, la voix communique ses émotions, des émotions accentuées par les interventions du saxo qui collent littéralement aux vocaux. "Bootleg" clôt cet LP. Une cover de Tom Fogerty. Qui hante cette compo. Tant la voix que les accords de gratte dispensés par Mike Zito évoquent l'ex-leader intemporel de Creedence Clearwater Revival. Un excellent album!

 

Mike Zito

Songs from the road (cd + dvd)

Écrit par

Depuis deux bonnes années, ce chanteur/guitariste/compositeur/producteur américain récolte un succès de plus en plus conséquent. Originaire de St Louis, dans le Missouri, il a participé à l’aventure du super-groupe de la Nouvelle Orleans, Royal Southern Brotherhood. Il drive également son propre band, The Wheel et vient également d’accomplir une tournée européenne en compagnie de la chanteuse/guitariste issue de Kansas City, Samantha Fish. Et le label Ruf vient de l'inscrire dans sa série ‘Songs from the road’, qui répertorie ses meilleurs artistes, en live. Le présent package immortalise le concert accordé le 10 janvier dernier, au Dosey Doe, dans la ville nouvelle de The  Woodlands (NDR : c’est au Texas, dans la banlieue de Houston) en dvd et cd. Entre 2008 et 2011, Mike a publié trois excellents opus sur le label Eclecto Groove, avant de signer chez Ruf, écurie pour laquelle il a gravé l’an dernier l’excellent "Gone to Texas". Le line up de The Wheel est identique, soit le remarquable saxophoniste Jimmy Carpenter, le bassiste Scott Sutherland et le drummer Rob Lee. Lewis Stephens apporte son concours aux claviers. Le répertoire a été puisé parmi les quatre derniers elpees studio de notre artiste. Les deux supports diffèrent quelque peu. Le cd recèle 11 plages et le dvd, 13. 

Sur ce dvd, Mike entame son set par "Don't break a leg", un pur R&B. Soutenue par l’orgue et le saxophone, la voix est naturellement puissante. "Greyhound" est le titre maître de cet album paru en 2011. Il nous emmène sur la route, à bord d’un de ces cars qui traversent les Etats-Unis. Excellent ! Mike chante la ballade "I never knew a hurricane", d'une voix un peu ravagée, une roots song qui ne manque pas de charme. Caractérisé par son excellent solo de gratte, trituré par la pédale wah-wah, "Hell on me" est un blues imprimé sur un tempo enlevé. Et à la gratte, c’est loin d’être un manchot ! Coécrite en compagnie de Cyril Neville, "Pearl river" est certainement une des meilleurs compos de l’elpee, une plage qui baigne dans un climat blues/roots. Une chanson dramatique, bouleversante, qu’il interprète d’une voix empreinte d’une grande sensibilité. Blues boogie, "Dirty blonde" repose sur une section rythmique bien en place, permettant à Lewis de se libérer au piano, bientôt suivi par le saxophone et la guitare. Une gratte sèche balise "One step at a time", une chouette ballade signée Anders Osborne au cours de laquelle le saxophone épanche toute sa charge émotionnelle. "Substraction blues" communique d’excellentes vibrations. La guitare entre en transe pour le "Judgment day" de Gary Nicholson. Le public texan attend impatiemment son "Gone to Texas', la plage maître de son dernier opus. A l’issue de ce titre, le public est debout. Et en redemande. Mike revient d'abord seul, armé de sa sèche, pour attaquer le "Let your light shine on me" de Blind Willie Johnson. Ses musicos le rejoignent ensuite sur l’estrade et Mike sort son bottleneck pour jouer de la slide, le remarquable blues "Natural born lover". Et le long playing de s’achever par le tout aussi excellent "Texas flyer" de Freddy King.

Cinq plages du dvd ne figurent pas sur le cd, et trois du cd pas sur le dvd. Le support audio recèle deux ballades. Tout d’abord le "Little Red Corvette" de Prince, tiré du long playing "Today" de Zito, au cours duquel cordes acoustiques et sax sont bien mis en exergue. Puis le superbe "C'mon baby". Et enfin, "Rainbow bridge" un morceau qui rocke et rolle. Pour votre info soit complète, sachez que Zito vient de quitter Royal Southern Brotherhood pour se concentrer sur sa carrière personnelle.

 

Mike Zito

Gone to Texas

Écrit par

Etabli à St Louis, dans le Missouri, Mike Zito est chanteur, guitariste et compositeur. Agé de 41 balais, il a longtemps roulé sa bosse sur les routes de sa région. Il est en outre, responsable de cinq albums autoproduits. En 2008, il signe chez Eclecto Groove. Dans la foulée, il y publie "Today", un opus mis en forme par David Z. Il embraie l’année suivante par "Pearl river". Et le titre maître, qu’il a coécrit et interprète en compagnie du musicien issu de la Nouvelle Orleans, Cyril Neville, devient chanson de l’année ! En 2011, il grave "Greyhound". Mike participe également à l’aventure du Royal Southern Brotherhood, tout comme Devon Allman, le fils de Gregg, et Cyril Neville. En 2012, Zito fonde son nouveau groupe, The Wheel. Il est alors entouré du bassiste Scot Sutherland, du drummer Rob Lee et du saxophoniste Jimmy Carpenter. "Gone to Texas", est une expression qui remonte au début du XIXème siècle. Elle définissait les personnes endettées ou responsables de délits qui se réfugiaient au Texas –alors sous régime espagnol– afin d’éviter la corde. Mike Zito a lui aussi quitté sa maison natale de St Louis pour émigrer au Texas, afin de tourner le dos à ses addictions et de rencontrer un nouvel amour, ce qui, avoue-t-il, l'a sauvé! Sa conquête vit (vous ne le croirez pas) à Nederland, près de Beaumont, sis près de la frontière louisianaise. "Gone to Texas" reflète son affection pour l'Etat à l'étoile solitaire (Lone star). L’elpee a toutefois été enregistré en studio, à Maurice, en Louisiane.

Le titre maître ouvre la plaque. Du roots rock blues relax qui emprunte l’itinéraire qui conduit au Golfe du Mexique. Puissante, la voix caractéristique de Mike dirige les débats. La guitare concède des accents acides, alors que le sax de Carpenter entre déjà en lice. "Rainbow bridge" emprunte un style semblable, même si plus enlevé. Il nous conduit sur les routes du pays cajun en direction de New Orleans. L’expression sonore ne manque pas de relief. En particulier à cause des interventions prestigieuses de Sonny Landreth à la slide qui balise les voix. Superbe ballade, "I never knew a hurricane" évoque les grands espaces texans. La voix de Zito et celle de Susan Cowsill s’entrelacent. L’orgue Hammond de Leigh Stephens tapisse judicieusement l’ensemble, au sein duquel émerge le sax. La voix graveleuse, proche d'Howlin' Wolf  donne le ton à "Don't think cause you're pretty", un blues/rock qui met en exergue des accès de slide sanglants, dévastateurs, saccageurs, terrifiants… "Death row" trempe dans le blues acoustique, une piste dépouillée au cours de laquelle les sonorités métalliques de la National steel affrontent les lourdes percussions dispensées par Rob Lee. Sculpté dans le pur funk, "Don't break a leg" évoque James Brown. "Take it easy" est une chanson issue de la plume de Delbert McClinton, un célèbre auteur texan. Lente, la version oscille entre country et blues. La voix de Mike est empreinte de passion. Superbe ! Signé par l’ami Devon Allman, "The road never ends" est un blues plein de verve destiné à la route. Imprimé sur un tempo ‘honky tonk’, il a été écrit en compagnie de l'ami Devon Allman. Zito et McClinton se partagent les vocaux, même si c’est ce dernier qui souffle dans son harmonica. Rythme syncopé et ivoires évoquent inévitablement la musique de la Nouvelle-Orléans tout au long du nerveux "Substraction blues". "Hell on me" lorgne carrément vers l’Allman Brothers Band. Ravagée, la voix semble hantée par Greg Allman. Un orgue s’infiltre dans l’ensemble alors que la gratte est remarquablement déjantée. Mike traite de son addiction sur "Voices in Dallas", lors d’une valse appuyée par le sax baryton. Cette belle fresque roots s’achève par une compo acoustique ; en l’occurrence, le "Let your light shine on me" du mythique Blind Willie Johnson, qui a vécu à Beaumont.

 

Mike Zito

Greyhound

Écrit par

Ce jeune chanteur/guitariste a passé sa jeunesse à St Louis, dans le Missouri. Il aime la musique, et décide de se mettre à la guitare, choix opéré après avoir entendu un disque de Van Halen. Dans un style mêlant rock, pop et les racines de la musique américaine, il accomplit ses premiers pas sur la scène musicale, à 19 ans. Et il se révèle rapidement prolifique. Mais la vie sur la route est difficile et parsemée de galères pour un Mike rongé par l'alcool et les drogues. Walter Trout parvient à le remettre sur le bon chemin. Zito s’établit au Texas, avec sa nouvelle famille.

En 2007, il signe sur la branche rock, Eclecto Groove, du label blues Delta Groove. Il y publie l'album "Today", l'année suivante. Un disque suivi par "Pearl river", gravé en 2009, pour lequel il reçoit le concours de Cyril Neville et d’Anders Osborne. Le titre maître de ce long playing lui permet de décrocher un award de "Song of the year", en 2010. Début 2011, il immortalise, sous son nom, "Live from the Top", un elpee enregistré en public. Il y bénéficie de la participation, notamment, Nick Moss, Teresa James, Curtis Salgado et Ana Popovic.

Pour concocter ce troisième chapitre, il a de nouveau reçu un coup de main d'Anders Osborne. Non seulement, ce dernier assure la production, mais il collabore à l’instrumentation. Les onze nouvelles compo de Zito sont très introspectives. Le thème principal de ses chansons ? Ses multiples périples accomplis dans le bus Greyhound. Mike est épaulé par sa section rythmique, Carl Dufrene à la basse et Brady Blade à la batterie. Anders se réserve les parties vocales et gratte épisodiquement ses cordes. 

Zito possède une voix très caractéristique. Puissante, éclatante, elle alimente des atmosphères tragiques. Les accords rythmiques entrent en effervescence électrique dès l'ouverture "Roll on". Un excellent rock largement teinté de blues. Autoritaire, la voix maîtrise cette plage de toute bonne facture. La slide prend le large tout en adressant un clin d'œil au blues du delta, propice aux tonalités fort métalliques. Le titre maître est imprimé sur un tempo plus vivace. Son Greyhound propulse toute l’équipe sur les routes de l’Amérique profonde. Une plage filmique colorée par la slide. Tous les éléments s'enchaînent et se déchaînent ; et pourtant, la tempête sonore est bien gérée. Zito ne s’accorde guère de répit. Une atmosphère lourde envahit le "Judgement day". Les guitares libèrent des accents durs et métalliques, comme un Calvin Russell au sommet de son art. Répétitif, "Show me the way" se révèle, in fine, un tantinet agaçant. "The hard way" replonge dans le blues, une piste impitoyable qui arrache tout sur son passage. "Motel blues" permet de reprendre son souffle, en cours de route. Un blues acoustique plus cool, au cours duquel la voix s’impose. Les interventions de bottleneck sont primaires, mais sereines. On décèle très bien la présence d'Osborne. "Stay" est une magnifique ballade au cours de laquelle la voix implore et les cordes donnent la réplique, dans un climat menaçant et sinistre. Véritable perle de blues rock trempée dans le delta, "Hello midnight" est une plage chaleureuse. Sur-amplifiée, la guitare en impose, mais les effets produits sont bien torchés. "The southern side" baigne dans la même solution, mais dans un style plus americana, proche du Band (NDR : autrefois, le backing group de Bob Dylan). Excellent, cet opus s’achève par "Please please please", un cri d'amour qui libère une fameuse de sensibilité et de souffrance, à peine contenue.

Mike Zito

Pearl river

Écrit par

Mike Zito est un chanteur/guitariste/compositeur dont la famille est d’origine sicilienne. Il a vécu son enfance à Saint Louis, dans le Missouri. Vingt ans quand même qu’il roule sa bosse. Mais à ce jour, il ne compte que six elpees solo à son actif. "Blue room" en 1996, "America's most wanted" en 99, "Slow it down" en 2004, "Superman" en 2006, "Today » en 2008 et ce "Pearl river », cette année. Ces deux derniers opus sont parus sur le label de Randy Chortkoff, Delta Groove (NDR : sise à Los Angeles, c’est actuellement la boîte la plus active dans le domaine du blues contemporain). Et en particulier pour Electro Groove, c’est-à-dire la branche plus électrique du label. Cet artiste à la voix extraordinaire puise ses racines dans le blues, le rock et la soul ; et il vient de franchir un fameux pas en avant en ouvrant ce nouveau chapitre musical.

Mike est soutenu par ses musiciens habituels : le bassiste Lonnie Trevino Jr et le drummer Eric Bolivar ; sans oublier le claviériste notoire Reese Wynans, un Texan qui a notamment milité chez le Double Trouble de Stevie Ray Vaughan. Zito signe huit plages, en cosigne une et épingle quatre reprises. Si David Z et Randy Chortkoff se réservent la production, ils ont quand même bénéficié du précieux concours du chanteur/harmoniciste à la mise en forme.

L'album s’ouvre par "Dirty blonde", un véritable brûlot. On se croirait revenu 50 ans en arrière, lorsque BB King nous réservait des titres explosifs, empreints de classe, de caractère et de pêche. Saisissant ! Manifestement, c’est un démarrage sur les chapeaux de roue. Le titre maître constitue probablement le meilleur morceau de l’elpee. Une ballade bluesy lente, aux accents volontiers dramatiques, caractérisée par des échanges vocaux tout à fait extraordinaires entre Zito et Cyril Neville, la plus belle voix soul des Neville Brothers (NDR : là, on est du côté de la Nouvelle Orléans !) La guitare est puissante. Wynans se réserve à la fois le piano et l’orgue Hammond. Du grand art que ponctuent les éclats d'une guitare libérée. Nous ne sommes alors pas loin de l’attitude du kid d'Atlanta, Tinsley Ellis! Zito y imprime la force et l'éclat de sa voix. "Big mouth" est un funky blues. La sonorité des cordes nous rappelle le regretté Stevie Ray Vaughan. Tout au long de "Change my ways", une autre ballade lente, la voix est très expressive. Les quelques accès d’orgue Hammond en soulignent la délicatesse naturelle. Les cordes peuvent alors dessiner des arabesques pour nous séduire. Remarquable ! La cover du "Eyesight to the blind" de Sonny Boy Williamson est surprenante. Elle emprunte le style syncopé de la Nouvelle Orléans. Randy Chortkoff (NDR : c’est le patron !) souffle dans sa musique à bouche. Anders Osborne est né en Suède, mais vit aujourd’hui à la Nouvelle-Orléans. Il signe "One step at a time" ; mais partage aussi le chant en compagnie de Mike, tout en grattant ses cordes acoustiques. Du folk d’une grande pureté ! Encore une ballade blues : "39 days". Une compo qui démontre le potentiel d'écriture et d'interprétation de l'artiste. "Shoes blues" nous entraîne sur un rythme rock'n'roll. Mike chante en duo avec Susan Cowsill (NDR : toute gamine, c’est-à-dire au cours des 60’s, cette Néo-orléanaise militait au sein des Cowsills). Les notes fragiles d’un piano d’enfant introduisent "The dead of night", puis se fondent dans une roots song très louisianaise, bercée par les accents d'une valse et colorée par l’accordéon délicat de Jumpin' Johnny Sansone. Zito chante en puissance le "Sugar sweet" de Mel London, un R&B funky qui met en exergue Reese Wynans à l'orgue Hammond. "Natural born lover" est un morceau de grande classe ! Un blues mid tempo caractérisé par son intensité dramatique. Les solistes sont constamment sur le qui-vive, prêt à bondir sur la moindre opportunité afin de tirer leur épingle du jeu. Blues indolent, "All last night" est issu de la plume du légendaire Georges Harmonica Smith. La prestation vocale est époustouflante. Lynwood Slim souffle discrètement mais impeccablement dans son instrument chromatique. Mike libère un solo très inspiré sur ses cordes. D’une beauté implacable, "C'mon baby" est une ballade belle à pleurer. Et elle referme cet opus dont le label Eclecto Groove peut vraiment être fier…  

 

Mike Zito

Today

Écrit par

Delta Groove est probablement le label blues le plus branché actuellement. Admirablement structurée, il bénéficie d’un site web particulièrement attractif. Les sorties sont régulières et au cours des derniers mois, il s’est doté d’un label satellite : Electro Groove. Davantage ouvert à l’univers rock, il a signé Ana Popovic, puis Jason Ricci. C’est au tour de Mike Zito de rejoindre la boîte. Issu de Saint Louis, ce jeune chanteur/guitariste/compositeur voue une admiration pour des gratteurs notoires. En l’occurrence Hendrix, Clapton, Stevie Ray Vaughan et… Van Halen! Et en matière de chant et d’écriture, il apprécie Neil Young, Mick Jagger, Johnny Cash et John Hiatt. A ce jour, il comptait quatre albums personnels à son actif : "Blue room" en 1996, "America's most wanted" en 99, "Slow it down" en 2004 et "Superman" en 2006. « Today » constitue donc son cinquième.

Randy Chortkoff a ouvert toutes grandes les portes des studios FX à Los Angeles. Il a confié la production à David Z et lui a collé un adjoint : Tony Braunagel. L’ex-musicien de Taj Mahal et du Phantom Blues Band se charge, en outre, des drums. Hutch Hutchinson, musicien de Bonnie Raitt, se réserve la basse et Benmont Tench (NDR : il a fondé les Heartbreakers en compagnie de Mike Campbell et Tom Petty), les claviers.

Dès les premiers accords du morceau d’ouverture, "Love like this", on se prend au jeu de Zito. Il possède une superbe voix. Très personnelle aussi. Cette plage passe bien la rampe. Un service gagnant, puissant et très rythmé susceptible de rappeler Bruce Springsteen. Notamment à cause des répliques féminines formulées par Teresa James et Ce Bullard. "Superman" évolue au sein d’une atmosphère plus blues. Les arrangements pop/funk lorgnent vers Clapton. Cependant, voix et mélodie affichent un charme indéniable. L'opus est homogène. Ce qui s’explique surtout par le style très caractéristique de Zito. La qualité instrumentale est également au rendez-vous. « Holding out for love » en est une belle illustration. Le monde de Mike est également empreint de douceur. Cette douceur peut même se révéler d’une simplicité désarmante. Mais aussi d’une beauté incomparable. A l’instar de "Little Red Corvette", une compo signée Prince, que Zito susurre d’une voix soul blues très expressive. "Universe" s’inspire davantage de Hendrix. Mais un Hendrix visionnaire. Une invitation au voyage, au cours duquel on assiste à une superbe partie de cordes… Le blues est plus présent sur les morceaux suivants. Et tout d’abord sur "Blinded", une plage abordée dans un style laidback raffiné ; quoique paradoxalement proche de Carlos Santana, vu le style de percussions proposé par Braunagel. Et la même recette est reproduite pour "No big city". Blues lent, presque classique, "Slow it down" est sculpté par les accords dramatiques de la guitare. Contaminé par le funk, "Deep down in love" est balisé par un riff rythmique. Ce qui n’empêche pas la guitare de s’autoriser des dérapages contrôlés. Les lignes directrices de "Dirty things" sont tracées suivant un profil très Chicago Westside. Mitch Kashmar est venu renforcer l’équipe à l’harmonica. Faut dire qu’il relève de l'écurie Delta Groove. Autre plage funkysante, "Hollywood" est cuivrée par les excellentes interventions de Joe Sublett et Darrell Leonard, alors que la six cordes emprunte les accents de Stevie Ray Vaughan. Enfin, la voix de Zito crache ses dernières cartouches sur la ballade indolente, "Time to go home".