Le plus rassurant chez des groupes comme Molly Hatchett ou AC/DC, c’est que l’on sait toujours à quoi s’attendre avant d’écouter leurs albums. Tout comme nos hard rockers australiens préférés, les rockers sudistes floridiens tracent une ligne de conduite musicale dont ils ne dévient que très rarement. Dès lors, si l’on a aimé un jour l’un des albums du combo, il y a de fortes chances que l’on ne soit pas déçu par le suivant.
Alors, si comme votre serviteur, vous avez craqué en 1983 pour le hard rock teinté de blues et de country rock de l’album « No Guts No Glory » ou pour l’un des 12 autres opus studios enregistré par le combo depuis 1978, une écoute de ce « Justice », tout droit sorti de la machine à rock sudiste de Jacksonville, s’impose d’urgence.
Comme toujours dans le rock du pays des cow-boys, les guitares s’en donnent à cœur joie. Slide, électrique, acoustique : Dave Hlubek et Bobby Ingram sont au top de leur forme et délivrent leur pesant de riffs épiques et de soli magnifiques. Les parties de claviers (synthé, piano, orgue Hammond) de John Galvin dévient parfois le rock sudiste vers le classic rock ou même l’AOR. Les vocaux de Phil McCormack sont, toujours aussi gras que l’huile de vidange et enivrants que le bourbon.
Pour Bobby Ingram, le cerveau du combo, la justice est une philosophie de vie. Comme son nom l’indique les textes de « Justice » sont consacrés aux nombreuses déclinaisons ce thème. A l’instar de la magnifique ballade « Fly On Wings Of Angels (Somers Song) ». Elle raconte l’histoire vraie du petit Somer Thompson dont le viol et l’assassinat brutal avaient profondément choqué le guitariste. Ce dernier n’avait pas hésité à participer à un concert de charité destiné à aider les parents de la victime. La petite fille qui chante au début du titre est d’ailleurs la propre sœur de Somer.
Molly Hatchett est l’un des piliers du rock sudiste, au même titre que Lynyrd Skynyrd, 38 Special ou The Allman Brothers Band. « Justice » est une nouvelle pierre apportée à l’édifice construit par ce groupe légendaire, depuis la fin des seventies. Il sera, sans doute possible, l’album de l’été des bikers qui pourront l’écouter, une bière à la main et la barbe dégoulinante de ketchup, en laissant refroidir les braises du barbecue.