La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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James Montgomery

From Detroit… to the Delta

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Né à Detroit en 1949, James Montgomery est chanteur et harmoniciste. Il drive également son propre Blues Band, un groupe qu’il a fondé en 1970. Ce combo est considéré comme le leader de la scène blues issue de New England, une région sise au Nord des USA, réunissant six états dont le Massachussets, le Connecticut et le Rhode Island, entre autres! Dès 1974, il est signé par le label Capricorn, pour lequel il grave "First time out". Il a partagé la scène de nombreuses grosses pointures du blues. Et c’est avec une pointe d’émotion qu’il se rappelle s’être produit en compagnie de Muddy Waters, au Mall de Boston. Il a tourné durant plusieurs années comme membre du backing group de Johnny Winter Band. Sa discographie personnelle est assez conséquente. Si le blues créé à l'origine dans le Sud est passé progressivement dans le Nord, suite à l'émigration massive des Noirs, vers les grandes villes à la recherche du travail, on assiste aujourd’hui au phénomène inverse. Et pour cause, les amateurs de blues n’hésitent pas à effectuer un pèlerinage, à la recherche des racines. C'est ce qu'a voulu accomplir Montgomery, depuis Detroit, la grande ville industrielle, afin de retourner vers Clarksdale, au cœur du Delta.

"Intoxicated" démarre bien de Detroit. Largement cuivré par les Uptown Horns, ce R&B déménage. Solide, la section rythmique porte le souffleur qui opère sa première escapade. Contaminés, tous les musicos chantent en chœur, cette compo chargée d’intensité. Signé par l'incontournable Willie Dixon, "Same thing" nous entraîne sur la route du Sud. En acier, le rythme est imprimé par le riff de guitare amplifié de George Mc Cann. James s’autorise une sortie puissante et remarquée sur son harmonica. La slide lorgne déjà vers le Mississippi. "Little Johnny" évolue sur un tempo plus élevé, mais sur celui du chemin de fer. James est soutenu par deux anciens membres d'Aerosmith, Brad Whitford aux cordes et Joey Kramer à la batterie, mais surtout son ex-boss, Johnny Winter qui se déchaîne sur sa Firebird slide. "Motor City is burning" est un titre qui a été popularisé par John Lee Hooker. Montgomery le chante d'une voix grave proche de John Lee. Il crache ses poumons dans son instrument devant les coups de boutoir de Kramer. Séduisante, dansante, "I don't want to have a heart" est une plage légèrement teintée de funk par les cordes rythmiques de McCann. Et James en profite pour s’illustrer sur son instrument chromatique. Les percussions lourdes d'une work song et les accents métalliques de la slide ouvrent "Delta storm", avant que la compo ne glisse vers une ballade R&B bien cuivrée et rythmée. James est convainquant aux vocaux. La surprise ? Le traitement infligé au classique de Bo Diddley, "Who do you love". Un motif rythmique, hypnotique, répète nerveusement le refrain, mené comme une rap party, par le spécialiste DMC, soutenu par un accompagnement qui vire au heavy metal. Rien de tel qu’un bain dans le Delta pour reprendre ses esprits. A l’instar de "Put your money where your mouth is", dont le rythme nonchalant est entretenu par la guitare slide. La version du "Hit the road Jack" de Percy Mayfield est excellente, très personnelle et fort originale. Le tempo est enlevé. McCann est très inspiré aux cordes. Miss Charise White, une ancienne Raylette de Ray Charles, apporte son concours aux vocaux. De bonne facture, cet elpee s’achève par la brillante et bouleversante cover du "Black Cadillac" de Lightnin' Hopkins. On replonge dans le Delta, lors de cette plage, caractérisée par la présence de James Cotton en personne, qui se réserve l’harmonica!   

 

Montgomery

Stromboli

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Et si pour 2009, la bonne surprise nous venait de l’Hexagone ? En fait de surprise, Montgomery n’en est pas tout à fait une, puisque son premier Ep est paru en 2003. Et que son premier elpee date de 2007. Un opus qui n’avait cependant rencontré qu’un succès limité. Ce qui explique pourquoi, il n’était pas parvenu jusqu’à nos oreilles. Donc, Montgomery a décidé de se mettre au diapason de Phoenix, Coming Soon, Revolver et de Delano Orchestra. En enregistrant tout simplement un deuxième album : « Stromboli » !

Au diapason, mais dans un tout autre style. Pas toujours facile d’accès. Et les lyrics ne font rien pour vendre leur marchandise. Des textes abstraits, poétiques, surréalistes et vaporeux qui collent à merveille à leur musique étrange. On pense à Animal Collective, mais surtout à Midlake, Grandaddy voire aux Floyd, qui semblent s’invitent tour à tour au long des douze morceaux de l’elpee. Mais leur singularité procède de ce souci de placer instrumentation et vocaux au même niveau. Morceau introductif, « Baleine » vous harponne instantanément. Plus pop, « 6 Bonnes Raisons » est diablement efficace. Et le magnifique « Daisy » clôt ce superbe triptyque d’introduction. L’elpee recèle des morceaux totalement déjantés. Qui paradoxalement, ne vous perturbent pas à la première écoute ; mais après plusieurs auditions. A l’instar de « Trampoline » et de « Volcan ». Bien sûr, tout n’est pas parfait ; et des titres comme « Pollen » ou « Reinette » sont tout à fait dispensables. Mais ce sont des exceptions qui confirment la règle ; car le reste conjugue efficacité, ingéniosité et originalité. Il y a même une chanson cachée. Bon, bien sûr, ce n’est pas très inventif ; mais cette décision reflète quelque part leur esprit tordu.

Montgomery est un combo qui ne manque pas d’idées. On pourrait même préciser qu’elles sont constamment en éruption, comme si elles étaient crachées par un volcan (NDR : oui, je sais la comparaison est facile). Le Stromboli sicilien, probablement ! (…) Franchement, ce serait une nouvelle injustice si cet ensemble ne rencontrait pas un succès amplement mérité. Malheureusement, il est français. Et dans son style, il ne peut que parier sur l’exportation. Américain, il récolterait aisément un 9.0 de la part de Pitchfork !