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Morry Sochat

Dig in

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Texan, Morry Sochat est chanteur/harmoniciste. Il y a presque un quart de siècle qu'il a élu domicile à Chicago, afin d’explorer les arcanes du blues qu’il aime tant ; c’est-à-dire celui de Muddy Waters, Little Walter et Junior Wells, notamment. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier le swing et le véritable rock'n'roll, celui des fifties. Il a fondé son groupe, les Special 20s, en 2005. Dès l'année suivante, le band grave un opus éponyme. Et embraie en 2008, par "Swingin', Shufflin', rollin'" ainsi que "Eatin' dirt", en 2010, pour lequel il bénéficie du concours d’une section de cuivres. Pour célébrer son dixième anniversaire d’existence, Morry a publié "Dig in", un elpee réunissant neuf compositions originales et deux reprises.

Le line up actuel de The Special 20s implique le guitariste Shoji Naito (NDR : leader de Chicago Blue Aces, ce musicien japonais milite également au sein du backing band d'Eddie Clearwater, un des vétérans du Chicago blues), le bassiste Ted Beranis, le batteur Marty Binder, le saxophoniste Chris Neal ainsi que le muti-instrumentiste (saxophone, claviers, saxophone et lap steel) Doug Corcoran. Et lors des sessions, le remarquable gratteur local Billy Flynn est venu apporter sa collaboration.

"Pine Box" ouvre l’opus, un rock'n'roll enflammé au cours duquel Shoji décoche rapidement les premières salves de guitare avant qu’il ne soit relayé par le saxophone de Chris. Doug Corcoran s'applique derrière son piano alors que Morry se consacre au chant. Swing blues, "Little melody" est balisé par le saxophone et la guitare dont les interventions sont dispensées dans l’esprit de T-Bone Walker. Morry sort enfin son harmonica pour attaquer "Rodeo Gal" ; et c'est un véritable bonheur. Un excellent Chicago blues simple mais tellement efficace, souligné par des interventions de gratte particulièrement authentiques. Tout au long de "Big Red Rooster, la section rythmique libère naturellement du swing. Doug Corcoran en profite pour nous régaler de sa lap steel guitare parfaitement intégrée. Morry et Chris Neal chantent "Mary Jane", un funk nerveux caractérisé par un envol saignant à l'harmonica. La reprise du "The last time" de Jimmy Dooley est un Chicago shuffle torride. Sochat brille sur son instrument. "I've got what it takes" nous entraîne au cœur des la Nouvelle-Orléans. A cause du rythme imprimé par les percussions de Marty et puis des saxophones qui entrent en effervescence. "Baddest cat alive" est une compo homogène au cours de laquelle harmonica, cordes et piano font bon ménage. Corcoran est passé à l'orgue pour "As long as you're by my side" une plage aux accents funky r&b. Neal en profite pour se libérer au saxophone. Downhouse blues de bonne facture, "She's got it" libère un maximum de feeling. Excellent, cet LP s’achève par une cover originale et épatante du "The Honeydripper" de Joe Liggins, une version soulignée par un solo lumineux de Morry Sochat.

 

Morry Sochat

Eatin’ dirt

Écrit par

D’origine texane, Morry Sochat s'est établi à Chicago, en 1990. Dix ans plus tard, il décide d’apprendre à jouer de l’harmonica. Auprès d’un maître du style : Joe Filisko. Il monte ensuite ses propres formations : The Shakes, Tongue & Groove et enfin, the Special 20s, en 2005. L'année suivante, ce band publie son premier opus. Il est éponyme. Il est suivi trois ans plus tard, par "Swingin', shufflin', smokin'", un elpee produit par Nick Moss. Le groupe rencontre un franc succès et tourne inlassablement.

Début 2010, le combo entre en studio sous la houlette de Jimmy Sutton. Sutton est chanteur et bassiste. Il drive un ensemble de rockabilly, The Four Charms, un combo au sein duquel milite le remarquable guitariste Joel Patterson. Au sein du line up de Morry, figure deux six-cordistes, Jim St.Marie et Shoji Naito, le bassiste Ted Beranis et le drummer Marty Binder. Mais depuis 2010, il a engagé une petite section de cuivres : le trompettiste (également claviériste) Doug Corcoran et le saxophoniste Chris Neal.

L'album démarre en force par le titre maître, un superbe Chicago south side blues inspiré par Elmore James. Caractérisé par son célèbre riff à la slide, la compo déménage. Néanmoins, tout est parfaitement en place. Morry attaque "She's a betty" sur un tempo très rock'n'roll, la rage au ventre, l'harmo entre les dents. Invité, Brother John Kattke est très en verve au piano. St Marie égrène sa gamme de riffs à la Chuck Berry. Le rythme demeure soutenu tout au long de "Someone to love". Morry est au micro. Naitoa a pris le relais à l'harmonica. Guest prestigieux, Billy Flynn se réserve les cordes. Et il y démontre tout son talent. "Meet me in Chicago" change de registre. Au menu : swing et jazz. Une approche bien mise en évidence par les ivoires et la merveilleuse trompette de Corcoran. Dave Herrero est un tout bon gratteur. Il a forgé son expérience à Austin, avant de s'établir dans la Windy City. Il se met dans la peau d’Otis Rush pour nous balancer "Empty rockets". Et il réalise cette réincarnation avec un réel bonheur. Sochat tire enfin son épingle du jeu sur l'instrument chromatique, tout au long d’"Apple of my eye". A cet instant, il me rappelle même William Clarke. Et c’est un compliment! "Natural born lover" campe un boogie particulièrement fougueux. Jimmy Sutton (NDR : le producteur) a ramené sa guitare et marque de son empreinte "Riot up in love", un rock'n'roll déchaîné, de toute bonne facture, au cours duquel les musiciens en présence se mettent, à tour de rôle, en évidence, pendant que Morry souffle comme un forcené! Si "Yo-Yo" est parcouru par les interventions d’une slide, la finale, "Fried chicken & Waffles", trempe dans le swing. Deux reprises seulement. Tout d’abord le "Mother-in-law blues" de Don Robey, une plage qui figurait au répertoire d'Anson Funderburgh et de Sam Myers. Puis le "Telephone blues" de George Smith, un classique réservé à l'harmo chromatique. "Eatin' dirt » ne souffre d’aucune faiblesse. Un pur bonheur !

Morry Sochat

Swingin' shufflin' smokin'

Écrit par

Originaire d’El Paso, dans le Texas, Morry Sochat s'est établi dans la cité des vents en 1990. Il y vit d’ailleurs toujours. Agé de 40 ans, ce chanteur/harmoniciste a donc découvert le blues à Chicago (NDR : ce qui est loin d’être un désavantage, il faut l’avouer). Il s’intéresse plus particulièrement à l’harmonica et s'intègre assez rapidement dans le circuit des clubs. Il milite au sein des Shakes ainsi que de Tongue & Groove, avant de monter sa formation : les Special 20s. En 2005. Il a le don de colorer son Chicago blues de swing, en invitant Louis Jordan au pays de Muddy Waters et Little Walter! Il a beaucoup appris au contact de Billy Branch, Barrelhouse Chuck, Willie ‘Big Eyes’ Smith et Dave Specter. Les Special 20s avaient déjà commis un premier elpee éponyme en 2007. Un disque réunissant reprises et morceaux issus de leur répertoire personnel. Un opus qui avait reçu un excellent accueil, d’un point de vue local.

Pour concocter "Swingin' shufflin' smokin'", Sochat a pris clairement le leadership. Les sessions se sont déroulées en une seule prise. En mai 2008. Sous la houlette d’un maître de la production contemporaine : Nick Moss. Morry est soutenu par deux guitaristes : le Texan (NDR : il débarque d’Austin !) Jim St Marie et le Japonais Shoji Naito. Le line up implique également le bassiste Ted Beranis (NDR : un ex-Soul Searchers), le drummer de couleur noire Kenny Smith et le claviériste Dave Ross. Sans oublier un second souffleur répondant au nom de Nick Krebs.

L'ouverture est royale. Le tempo enlevé. Morry nous embarque pour un Chicago millésimé "1955". Une année à marquer d’une pierre blanche pour le southside blues des Muddy Waters, Howlin' Wolf, Willie Dixon, Little et Big Walter, Sonny Boy ainsi que les jeunes Buddy Guy et Junior Wells. C'est Krebs qui souffle dans l'harmonica. Sochat ne cache pas son plaisir d’aborder le répertoire de George ‘Harmonica’ Smith. Sa voix ne manque pas de verve pour interpréter son "Rocking". St Marie s’applique très méthodiquement sur sa six cordes, pendant que la section imprime le tempo tout en souplesse et swing. Morry en profite pour décoller sur son instrument, tout en manifestant beaucoup de respect pour le maître Smith. Sochat signe "Mean & evil ways", un blues lent très mélodique. Il vit cette chanson. Son chant est empreint d’une grande sensibilité ‘soul’. L'orgue Hammond communique une chaleur naturelle à l'ensemble. Jim pimente le tout ; circonstanciellement, de courtes phrases sur ses cordes. "Dance little mama" est sculpté dans le rockabilly. Il est repris en chœur par toute l’équipe. Le travail opéré sur les percus par Kenny Smith est remarquable. Jim fait exploser ses cordes alors que Ross ne tient plus en place derrière son clavier. Naito s’implique enfin sur "Humboldt slide", un instrumental très carré, contaminé par le R&B et caractérisé par la présence des deux souffleurs. L’émotion étreint les musiciens lorsqu’ils vont à la rencontre de Muddy Waters, en adaptant son "Standing around crying", un blues lent à la fois immortel et symbolique du southside. Morry se concentre sur son chant. Les interventions de Naito à la slide sont acérées. Hanté par Little Walter, le souffle de Nick Krebs est puissant. "Signifying (I'm a man)" évolue dans un même registre. Une compo issue de la plume de Sochat. Mais de toute évidence, un hommage à son maître. Le répertoire est très varié. La voix est passionnée tout au long d’"I'm in love". Le rythme est emprunté au jazz. L'orgue nappe l’ensemble. Un contexte idéal pour permettre au leader de souffler sa flamme dans son instrument chromatique. La reprise détonante du "Train kept a rollin" de Tiny Bradshaw libère une intensité impressionnante. Imprimé sur le rythme du chemin de fer, cette plage est balisée par le piano boogie de Dave Ross. Parmi les covers, on épinglera encore celle du "Young fashioned ways" de Willie Dixon et de "Can't hold on much longer" de Little Walter. Quelle belle propagande pour le blues!