New Brutalism de 087 à 089…

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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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My Brightest Diamond

This is my Hand

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Shara Worden, aka My Brightest Diamond est une artiste talentueuse, mais trop discrète à mon goût. Elle revient cependant enchanter nos tympans, tout au long de “This is My Hand”, le 4ème album d’une carrière solo entamée en 2006 par “Bring Me the Workhorse”.

Multi-instrumentiste, elle a cependant apporté sa collaboration à Sufjan Stevens, lors des sessions d’« Illinoise » et de « The Age of Adz » ainsi qu’à The Decemberists pour celles de l’elpee « Hazards of Love ». Une forme de gratitude, tout à fait méritée, de la part de ses pairs.

Responsable de compos particulièrement addictives, l’Américaine n’hésite en effet pas à varier les ambiances tout en torchant des mélodies à la fois inspirées et lyriques. Pourtant, elle ne jouit toujours pas de la reconnaissance internationale. Or, ce miracle pourrait se produire, grâce au remix de « Pressure », un R’n’B mutant, premier véritable hit décroché par l’artiste de Detroit, une plage qui pourrait être décrite comme une véritable montagne russe de rythmes et de chœurs.

 Vu sa formation au chant lyrique, la maîtrise vocale n’est donc pas une surprise. Et elle le démontre tout au long de cet opus à la fois original et ambitieux, une œuvre qu’on pourrait classer aux côtés de celles de Saint-Vincent, dont le rock indie est chargé d’influences classiques. En outre, elle a le bon goût d’insuffler du groove dans ses compos. A l’instar de « Lover Killer ». Une recette qu’elle négligeait un peu trop lors de ses précédents long playings. Bien sûr, les pinailleurs lui reprocheront sans doute de ne pas avoir suffisamment simplifié son interprétation. Mais bon, si on veut, on peut toujours ergoter à l’infini… 

 

My Brightest Diamond

Une skateuse à l’opéra

Écrit par

Petit mètre 60, sweat capuche aux mille têtes de morts, coiffure surmodelée de diva, Shara Worden est l’incarnation du contraste. Tantôt maturité et naturel lui donnent l’aura d’une femme fatale, tantôt indécision et pudeur ravivent son air de moineau égaré. Les propos sont réservés, orientés, puis on saisit une accroche; un accordéon sur la pochette –non, je n’en joue pas ! C’est mon père !– et c’est l’occasion de tisser le fil de l’histoire familiale d’une sensibilité musicale ; les rêves de gamines, les vocalises à l’âge de 7 ans, la formation ‘classique’. Mais alors, les têtes de mort sur le sweat ? Là, les résistances tombent et la posture sage et posée s’effiloche aussi vite que jaillissent les réminiscences. Clins d’œil amusés et elle se raconte enfin ; une ambition d’opérette, une passion de skateuse puis une audition à la limite de l’échec car l’élève tardive –étourdie ou impertinente ?– entre en scène toujours munie de ses skates. Une sérieuse réprimande, un choix, un tournant décisif et, les skates au placard, c’est la musicienne qui triomphe. Tout sourire après ces incursions dans de doux-amers souvenirs et, enfin, Shara Worden rayonne autant que sa voix grave et troublante. Puis la vie reprend son cours. Jolie rencontre pour un joli album ; mille dents de requins et à peu près autant de frissons.

Certaines chansons du deuxième album ont été écrites avant la sortie du précédent, “Bring me the workhorse”. Pourquoi ne pas les avoir intégrées?

Je m’explique. Au début, j’ai voulu distinguer les chansons enregistrées en compagnie du ‘String quartet arrangement’, parce qu’elles semblaient mieux coller ensemble; mais au fil du temps, j’ai commencé à embrasser une nouvelle approche du répertoire et à le trouver plus proche, plus homogène. Là j’ai pensé, c’est vrai, que les chansons « Pluto’s moon » and « Goodbye forever » auraient pu très bien figurer sur le premier album ; par contre « Inside a boy », « The ice and the storm » et « From the top of the moon » sont des nouveaux morceaux. Je les ai composés l’année dernière et ils sont vraiment liés à ce nouveau cd.

Veux-tu dire que tu étais vraiment dans un autre état d’esprit ?

Oui, je crois. Simplement, parce que je ne pouvais pas aller aussi loin qu’avant. Tu vois, sur le premier, la plupart des chansons, je les ai écrites surtout pour moi, au calme. A cette époque, je me contentais d’un concert par mois ; donc elles n’étaient pas spécifiquement destinées à meubler un an de tournée. Par contre, lors du deuxième, j’ai été plus réaliste ; et je me suis dit qu’elles allaient sans doute me servir pendant une année. Alors, qu’est-ce que j’ai envie de jouer ! Mais tu vois, je ne souhaite pas me taper « The diamond » tous les soirs ! A la limite, je n’ai pas trop l’intention de l’interpréter en public. Parce que c’est trop lourd et techniquement extrêmement difficile à reproduire. Et puis ça exige une grande dépense d’énergie.

Et quand as-tu commencé à chanter ?

En fait, je n’ai jamais cessé. J’ai commencé quand j’étais toute petite.

Tu as accompagné Sufjan Stevens, tout un temps ?

Nous avons accompli une tournée au Japon ensemble. C’est un musicien extraordinaire. Ce périple m’a donné l’inspiration pour me lancer dans le projet My Brightest Diamond.

Tu imagines une collaboration avec lui ?

Aucune idée, vraiment ! C’est comme essayer de capturer un papillon ! Sufjan est constamment occupé de zigzaguer. Il est impossible de prévoir sa trajectoire !

Le titre de l’elpee, si j’ai bien compris, les « 1 000 dents de requins » se réfèrent aux mille petits rayons de soleil qui te piquent doucement lorsque tu interagis avec quelqu’un ; ça représenterait donc la distance idéale à garder face aux proches pour être touché sans trop s’exposer… enfin, si j’ai bien compris ?

(rires) Ah ! Maintenant tu comprends combien il est dur pour moi d’expliquer le titre de cet album aux journalistes ! Oui, c’est vraiment l’idée que j’essaie de faire passer ; mais elle demeure très abstraite. Dans toute relation, tu rencontres des dysfonctionnements. Quand tu débranches les connections malsaines, il faut les remplacer par des bonnes connections ; autrement dit, changer sa façon d’aimer. Et j’ai l’impression que la vie c’est ça ; les connections malsaines, c’est l’insécurité, tes propres peurs, tes habitudes, tes façons de te protéger dont tu n’es pas conscient ; alors tu fonces dedans, et c’est en te blessant que ça devient conscient ; là, tu te dis, la prochaine fois que je verrai l’obstacle, je ne foncerai plus dedans ; et donc c’est ça l’équilibre à rechercher, à travers les mille dents de requins.

Sur le morceau « Black’n costaud » figurent des phrases en français. As-tu eu l’occasion de l’apprendre?

Un peu, j’ai pris des cours. Je le comprends mais le parle mal. En fait, ces paroles se résument simplement à quelques phrases issues d’un opéra de Ravel ; la seule ligne que j’ai vraiment changée c’est ‘marmalad’moi’.

Aimerais-tu travailler en compagnie d’artistes francophones ?

Malheureusement, je n’en connais pas beaucoup. J’aime beaucoup les romantiques des années 90. Debussy surtout. C’est toute mon éducation musicale !

Est-ce un choix de se tourner essentiellement vers une formation classique ?

En vérité, je préfère ; car dans le style classique, tu vas plutôt composer ta musique en fonction de l’écriture, alors qu’en rock tu vas peut-être penser les paroles en fonction d’un rythme déjà établi. Personnellement, j’ai plutôt l’envie de conserver une liberté de choix dans l’écriture. Donc j’attache une valeur plus importante au songwriting. C’est la raison pour laquelle j’adopte le profil de type classique. Le rythme y est secondaire, alors qu’il est primordial dans le rock.

Y a-t-il des artistes que tu admires en compagnie desquels tu rêverais de tourner ?

Mais ça serait une véritable torture ! Je fondrais littéralement. J’avoue, ce serait clairement Nina Simone. Je l’aime énormément. Mais vraiment, je me décomposerais sur scène. Et puis j’aurais aimé voir Tom Waits, Peter Gabriel, Sonic Youth… Edith Piaf… Ils sont tous magnifiques.

L’accordéon sur la pochette… C’est bien toi, et pourtant tu n’en joues pas ?

Non, bien vu ! Je n’en joue pas. C’est mon père! Et c’est un symbole fort de ma famille, qui m’a baigné dans la musique. Et puis j’estime que l’accordéon est un pont entre la musique moderne et traditionnelle.

Et l’échelle sur la pochette ?

En fait, j’ai pompé l’idée chez un peintre allemand qui peint toujours des échelles ; c’est un symbole sur lequel il travaille beaucoup. Elle représente le pont entre la terre et le ciel. J’aimais bien cette idée.

« Bring me the workhorse » a été entièrement remixé dans un second album. Projettes-tu de recommencer une semblable expérience pour « A thousand shark’ teeth »?

C’est déjà prévu ! Il y aura plusieurs remixes, mais pas réunis sur un seul disque. Pour la circonstance, le concept impliquera trois artistes différents qui remixeront et produiront 3 EP’s.

Tu aimes aussi les sons électroniques alors, malgré ta formation de classique ?

J’aime tout !

Te sens-tu prêt à enregistrer un album électro ?

Pourquoi pas ! Maintenant, je ne suis pas une experte en matière de technique ; mais il est vrai que j’utilise les programmes informatiques pour enregistrer tout moi-même ; donc je pourrais apprendre vite ; je crois. Un jour, qui sait ! Et il est vrai qu’à une certaine époque j’écoutais un large spectre de styles musicaux. Même du punk ! Au collège, je sortais avec mes amis punks et j’étais skateuse. En réalité, j’ai un peu le vertige quand je regarde mon passé. Je me demande vraiment ‘mais qui suis-je au fond ?’ Et je crois que dans ma vie j’ai essayé de me chercher. A travers différentes façons d’être. J’étais une adolescente tourmentée à l’époque et le monde du skate me permettait un peu de sortir ma colère. Mais alors, le contraste, c’est que je me consacrais à l’opéra en même temps. Et j’ai même presque perdu un emploi à cause de mon comportement. Lors d’une audience, à la pause, avec trois collègues, on se rendait sur le parking où il y avait une rampe de skate. Et un jour, j’ai presque raté une épreuve, car j’étais occupée à faire du skate ! Par la suite, je n’ai plus travaillé au sein de cette boîte. Par mesure de prudence, ils voulaient me confisquer mes skates ! C’est vrai que mon attitude n’était pas très professionnelle ; j’ai presque raté mon entrée… J’étais tellement en retard que je suis arrivée sur scène chaussée de mes skates !

Pratiques-tu toujours du skate ?

Non… rires… Ca ne collait pas trop à l’opéra… J’ai fait mon choix !

Album : A thousand shark’s teeth; sortie le 17 juin 2008

 

My Brightest Diamond

Tear It Down

Écrit par

Shara Worden possède certainement des dons de couturière. Du moins, elle est capable de tisser ! Tisser entres eux tous ces artistes venus remixer son précédent album « Bring The Workhorse ». Album –si nécessaire d’en reparler– excellent, au demeurant. Et où la voix gracieuse De Shara Worden semble porter avec facilité la douceur des paroles. La chaleur émise par ce premier opus aurait pu mal digérer les prétentions de ces remixeurs sans peur (NDLR : et sans reproche ?) Ce qui est loin d’être le cas. Tisser, c’est bien mais avec goût, c’est encore mieux. Et là, c’est carrément un plaisir qu’il ne faudrait pas se refuser. Les 13 artistes qui se succèdent aux consoles semblent construire, en compagnie du patron préposé au patchwork initial, une interprétation personnelle version Lego. Les pièces s’emboîtent, se tiennent et montent l’une sur l’autre en conservant un équilibre solide. Parfois audacieuses, les motivations de chacun semblent traduire un appel vers la capacité des autres, du genre : ‘Et toi tu sais faire ça ?’. Un univers revisité de manière radicale par Alias, Lusine, Gold Chains Panique mix, Stakka, Murcof  pour ne citer qu’eux. De très calme au début de l’album jusqu’au limite de l’expérimental vers la fin, les sons reconstruits gonflent les anciennes notes. Les effets n’effacent pas la base solide, ils servent juste à embellir un univers déjà fort riche. A manipuler la qualité, on risque de la dénaturer ; on risque seulement, car quand, comme ici, le travail est réussi, il apparaît un moment que je vous invite vivement à connaitre.

My Brightest Diamond

Bring Me The Workhorse

Écrit par

Shara Worden se cache derrière My Brigtest Diamond. Le diamant véhicule ses nombreuses représentations : brillance, intensité, richesse et consistance. De tous temps, ces attributs ont fait rêver les femmes et débourser les hommes. Certes. Mais qu’en est-il de la pierre précieuse proposée par Shara Worden ? Sur « Bring Me The Workhorse », son premier album, la jeune femme se pose à la croisée du rock et de la musique classique. Sa section rythmique, très rock, la pousse à hausser le ton. Puissante, parfois criarde, sa voix évoque l’emphase de Jeff Buckley, la théâtralité d’Amanda Palmer (The Dresden Dolls). Au final, son goût immodéré pour le dramatisme d’opérette la rapproche davantage d’Anthony And The Johnsons que de CocoRosie. Accompagnée d’un véritable orchestre (violon, violoncelle, contrebasse, flûte, guitare, batterie, etc.) Shara met en lumière une impressionnante palette d’émotions, trop souvent poussée à l’extrême. Certaines chansons véhiculent ainsi une mélancolie colérique captivante (« Golden Star »). D’autres, au contraire, ressemblent à des comptines chantées pour un Walt Disney halluciné (« Disappear »). Bref, même si les diamants sont éternels, My Brightest Diamond ne nous laissera pas un souvenir impérissable.