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Natalie Merchant

Leave your sleep

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Peu nombreux sont ceux pour qui le nom de Natalie Merchant n’évoque l’once d’un style ; la dame est pourtant sur scène depuis longtemps. Elle a accompli ses tout débuts au sein des 10,000 Maniacs, il y a 30 ans... En 1995, elle quitte son groupe et s’impose modestement en tant qu’artiste solo. Notoire pour sa prose sentimentale et son indépendance créative, la chanteuse poursuit sur la même voie, en publiant aujourd’hui “Leave your sleep” ; mais elle a peut-être poussé la réflexion un peu trop loin.

En alignant des titres prometteurs de spiritualité, Natalie Merchant explique que sa collection de chansons est le fruit des conversations entretenues avec sa fille au cours des six premières années de sa vie, toutes illustrées par des poèmes anglo-saxons des siècles derniers, sélectionnés soigneusement (elle mettra 5 ans). On entre alors dans un univers allégorique où les histoires de marins, d’animaux et de cirques ambulants se chevauchent lors de récits sucrés de princesses et de gitans, de sorcières et de géants.

Dans une instrumentation générale de ‘folk américain’ et ‘folklore européen’ à majorité acoustique, les fables sont contées au moyen de genres musicaux bien identifiables : outre son début celtique tout en cornemuse irlandaise et violon ‘de rue’, qui nous fait retomber au niveau des Corrs (« Nursery Rhyme of Innocence and Experience »), l’album recèle quelques jolies ballades (« The Man in the Wilderness »), mais trahit aussi des influences tziganes (« The Dancing Bear »), country bluegrass (« Calico Pie », « Adventures of Isabel »), accès de pur blues (« The Janitor’s Boy », « Bleezer’s Ice-Cream ») et de reggae (« Topsyturvey World »), pour finir sur une musique cinématographique violoneuse (« Spring and Fall : to a Young child »).

En gros, beaucoup d’effets de style et des textes empruntés pour peu d’originalité. La voix veloutée et nasillarde dans les aigus n’offre, vu sa modeste tessiture, pas plus de reflet que l’ensemble. Et pourtant, parmi la dizaine de collaborateurs sollicités pour participer à la confection du disque (NDR : une procédure identique que pour ses albums précédents), n’ont été choisis que celle est ceux dont l’expertise était avérée. Le ton général folk aux touches fiddle n’est pas ce qui existe de plus excitant et ne bénéficie malheureusement pas non plus d’un effort d’actualisation thématique ou musicale. L’album puise son mérite dans la poésie et les symboles, car l’approche y est plus textuelle et conceptuelle que musicale.

 

Natalie Merchant

Motherland

Écrit par

Pour enregistrer son troisième album solo, Natalie Merchant a reçu le concours de T Bone Burnette (Wallflowers) à la coproduction. Une première, au cours de sa carrière en solitaire ! Et il faut reconnaître qu'il y a apporté sa griffe personnelle. Pas pour la musique, les arrangements ou les orchestrations. Non, paradoxalement, il s'est concentré sur la voix de Natalie. Pour lui conférer des inflexions glacées, crépusculaires et gutturales. Etonnant lorsqu'on sait que son timbre est plutôt miel et sucre. Une métamorphose qui lui permet de se frotter avec beaucoup de bonheur, au blues, au bluesgrass, au r&b et même au gospel. Mavis Staples est ainsi venu donner de la voix sur " Saint Judas " et " Build a levee ". Et puis d'aborder, sans le moindre complexe, la world music. A l'instar du reggae arabisant " This house is on fire ". L'opus recèle également l'une ou l'autre ballade plus intimiste, minimaliste, parfois légèrement électrifiée, dont un superbe titre ténébreux, hispanisant, au cours duquel elle murmure quelques mots dans la langue de Cervantès ; une chanson qui me rappelle quelque part le " Manhole " de Grace Slick. Seul l'alerte " Tell yourself " renoue avec l'acoustique ensoleillée du défunt 10.000 Maniacs. Une œuvre bourrée de charme et de délicatesse, dont le style lyrique, intimiste et poétique reflète les images des brumes automnales…

 

Natalie Merchant

Tigerlily (réédtion)

Réédition du premier album solo de l'ex-chanteuse de 10 000 Maniacs. L'intérêt de cette deuxième sortie procède de la présence des lyrics dans le booklet, lyrics notamment traduits dans la langue de Voltaire. Et puis surtout d'un bonus track de 5 titres. Un remixe de "Jealousy" et quatre covers enregistrées "live", dont une adaptation personnalisée du célèbre "Sympathy for the devil" des Stones. Maintenant si la voix glaciale, monochrome de Natalie collait à la perfection au style des Maniacs, en solo la faiblesse de l'accompagnement musical asphyxie progressivement ce que nous considérions au départ comme d'excellentes dispositions vocales.

 

Natalie Merchant

Tigerlily

Premier album solo pour l'ex-chanteuse/compositrice du défunt 10 000 Maniacs, formation new-yorkaise responsable de six albums en une décennie. Un split consécutif à une crise d'inspiration qui devenait de plus en plus aiguë ; et ce nonobstant l'émouvant chant du cygne immortalisé au cours de leur prestation accordée ‘unplugged’ sur MTV. Malheureusement, on ne peut pas dire que la nouvelle orientation de Natalie soit enthousiasmante. Elle semble même avoir définitivement abandonné son folk pop à coloration new wave pour embrasser un soft soul ennuyeux et insipide. Reste la voix fragile, pure, monochrome de Natalie, mais qui n'est que trop rarement mise en valeur dans un contexte aussi désertique. Alors pourquoi prêcher pour sa chapelle?