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Ohbijou

Beacons

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Bella Union est un label que j’apprécie tout particulièrement. J’en suis même devenu un fan. Surtout depuis la parution du premier album de Midlake, en 2004, « Banman & Silvercock ». Un disque qui demeure à mes yeux et mes oreilles encore et toujours un sommet quasi-inaccessible des années 2000… C’est la raison pour laquelle je reste attentif à la moindre sortie enregistrée sur ce label texan. Et puis, l’écurie nous a permis de découvrir des artistes ou des groupes comme Fleet Foxes, Andrew Bird et tout récemment, les excellentissimes Wavves (dont on reparlera probablement bientôt).

Si Ohbijou s’inscrit dans la lignée indie-folk du catalogue de Bella Union, il faut reconnaître que par rapport aux artistes susvisés, la musique évolue un cran au-dessous. « Beacons » constitue leur second opus ; il fait suite à « Swift Feet for Troubling Times » publié en 2006.

Ohbijou est avant tout le projet porté par Casey Mecija, une jeune Canadienne de 27 ans. Elle est accompagnée de sa sœur Jennifer et s’est également adjoint les services de cinq musiciens se partageant le banjo, le violon, la mandoline, le piano, le glockenspiel, l’harmonica et la basse. On est donc en présence d’un sextet de pop orchestrale. Vous l’avez compris, la musique d’Ohbijou est très instrumentée ! Les Torontois pratiquent un cocktail de folk, de pop et de bluegrass. Casey est fan de Julie Doiron, elle affirme s’en inspirer et cela s’entend. L’instrumentation constitue à la fois la force et la faiblesse de « Beacons’ ». Si le tout s’avère parfaitement exécuté, la pléthore de moyens confère uniformité, confusion et monotonie à l’ensemble. Heureusement la voix quasi-enfantine de Casey Mecija apporte un plus d’âme aux morceaux et transcende d’ailleurs certains d’entre eux. « Black Ice » et sa belle intro ainsi que « Memoriam », caractérisé par son crescendo final, constituent à mon sens les points d’orgue de l’album. Les mélodies sont joliment tissées (quoique pas toujours originales ou fédératrices) sur la longueur et magnifiquement portées par la voix chaude et naïve de Casey Mecija. Les lyrics abordent les difficultés des relations romantiques dans le chaos des grandes villes occidentales. L’ambiance hésite constamment entre le joyeux et l’amer…

Le site web de la BBC décrit Ohbijou comme la version indie d’Alanis Morissette. Je ne sais pas si c’est réellement flatteur mais c’est en tout cas relativement juste. Personnellement, j’y verrai plutôt la version féminine et un peu moins habitée de ses compatriotes de Woodpigeon ou une adaptation moderne de Clare & The Reasons.