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Organic

Empty Century

Organic est une formation belge fondée en 2011 par Raphaël Haubourdin. Préposé aux voix, claviers et programmations il milite également chez Kinex Kinex. Il est soutenu par Joris Oster à la basse, aux programmations et à la production (NDR : il sévit également au sein de Silver Riot) et le drummer Olivier Justin, qui a aujourd'hui rejoint le line up du combo. Leur premier opus, « Under A Carbon Constellation », avait causé la sensation en 2012, grâce à une musique novatrice, combinant post-rock, électro, prog, psyché, stoner, new wave et post punk : excusez du peu ! « Empty Century », leur second elpee est plus simple, plus direct.

Dans une interview accordée à votre serviteur dans le cadre de l'émission WAVES (Radio Vibration), Raphaël Haubourdin avait confié que l'objectif premier de cet LP était de faire danser le public lors des concerts. ‘C'est un choix collectif de production : on a pris l'option de bâtir des titres pour que les gens tapent du pied. Donc, dès le départ, on a choisi des rythmes entraînants, avec une approche plus directe.’

Le résultat est impressionnant. La majorité des plages sont de véritables bombes. On retrouve bien entendu les fondamentaux d'Organic : les puissants staccatos de basses post punk (Peter Hook n'est pas loin), les drums percutants, les synthés aux arpeggiatos spasmodiques et surtout la voix baryton si caractéristique d'Haubourdin. Mais par rapport au premier LP, la structure des compos est différentes. Elle est plus classique et implique intro, couplet, bridge et refrain.

La musique baigne essentiellement dans un power electro-rock teinté de post punk et de stoner, qu’on pourrait situer quelque part entre Joy Division, New Order, Editors, Nine Inch Nails et Queens Of The Stone Age. Le premier promo-single, « Alyss », évoque davantage le légendaire Chameleons, à cause de son côté post punk plus affirmé, alors qu’« Hyperbola » lorgne plutôt vers Interpol. Ses riffs caractéristiques et ses ‘oh oh’ lui confèrent un haut potentiel radiophonique. D’autant plus que le second couplet nous plonge dans une ambiance très 'dream wave' psychédélique. Il aurait été intéressant qu’une composition complète soit construite sur base de ce passage sublime.

Après « Position », un autre brûlot que n'aurait pas renié Trent Reznor en personne, « Moneytron » fascine par sa rythmique robotique, ses nappes de mellotron et son refrain épique. « Rip Me » est le 'rework' d'un titre d’Agent Side Grinder, un groupe suédois de post punk notoire dans les milieux dark/wave. Du morceau original, seule la voix de Kristoffer Grip a été conservée ; et autour d'elle, les musicos ont élaboré des arrangements 100% Organic. C’est la raison pour laquelle on ne peut pas parler de remix, mais bien de 'rework', un peu dans l’esprit de Trentemøller…

Enfin, chassez le naturel, et il revient au galop : "Mystical color », piste qui clôt l’opus, renoue avec le post-rock/prog exploré dans le passé. Longue de 12 minutes, cette plage est divisée en trois parties : une chanson plutôt classique, un intermède à la basse solo très post-metal et enfin, un final très psychédélique, voire même tribal, traversé par une incantation hypnotique à vous flanquer des frissons partout. Un peu comme si le combo nous laissait entrevoir un monde idéal, illuminé de lumière.

Au final, Organic confirme ici son énorme potentiel et il ne nous étonnerait pas que cet LP rencontre un succès international. Et pour y parvenir, le band a reçu le concours de deux labels qui publient "Empty Century" : Manic Depression, une écurie française, qui sort le disque en format vinyle et SwissDarkNights, label suisse, qui prend en charge le CD et Bandcamp. Superbe, la pochette s’inscrit parfaitement dans la lignée, ‘organique’ et ‘maritime’ du premier elpee. Après le crabe yéti, qui ornait celle d’« Under A Carbon Constellation », cette superbe création met en scène d'un homme tenant une méduse comme un cerf-volant ; une image très floydienne que l'on doit au photographe Gurbir Grewal.

Pour écouter « Empty Century », c’est ici
Pour pré-commander le CD, c'est
Le vinyle sort fin du mois de mai. Pour être informé, suivez ORGANIC sur Facebook ici
On peut réécouter sur mixcloud l'émission WΛVES (Radio Vibration) du 10 mai, au cours de laquelle Raphaël Haubourdin a présenté « Empty Century ». C'est encore  

On peut aussi (re)lire leur interview, parue dans les colonnes de Musiczine en janvier 2013: http://www.musiczine.lavenir.net/fr/interviews/organic/comme-un-yeti-dans-l-eau/

 

 

 

Organic

Comme un Yéti dans l’eau…

‘Under Your Carbon Constellation’ constitue une des meilleures productions belges de 2012. Elle est signée par le groupe Organic. Un véritable OMNI (NDR : objet musical non-identifié) qui combine post-rock, électro, progressif, psyché, stoner, new-wave et postpunk. Excusez du peu ! Créé par Raphaël Haubourdin aux voix, claviers et programmations (également dans Graceland) et Joris Oster à la basse et aux programmations, (aussi chez Silver Riot), ce groupe bruxellois inclassable pourrait bien devenir le nouveau dEUS pour notre petit pays ! Une occasion idéale de les rencontrer.

« On n'aime pas travailler avec des œillères », précise d'emblée Joris Oster. « C’est pourquoi notre album est hybride, voire surréaliste, en proposant beaucoup de couleurs différentes. » Raphaël Haubourdin ajoute : « C'est parce qu'on écoute énormément de styles musicaux ; et comme on fait les choses naturellement, sans essayer de sonner comme d'autres groupes, le résultat est varié, tout en respectant un fil rouge, quand même. »

Un des piliers de la musique d'Organic repose sur la basse de Joris Oster. Omniprésente, elle s'inspire de maîtres comme Peter Hook (Joy Division, New Order) mais aussi Chris Squire (Yes). Polymorphe, elle peut se transformer en guitare solo, façon stoner ou metal, grâce à une armada d'effets. Les arrangements élaborés par le duo lorgnent clairement vers le post-rock ou le krautrock. « On aime beaucoup Neu!, Can, Hawkwind ou plus récemment Fuck Buttons ; tous ces groupes qui font évoluer la musique en la déstructurant et en expérimentant », confie Haubourdin. « On a aussi assimilé certains aspects du prog, mais pas les côtés chiants. » En effet, les solos kilométriques ont été évités pour faire place aux sonorités et structures plus complexes susceptibles d’évoquer King Crimson (‘21st Century Schizoid Man’!), mais aussi Porcupine Tree !

Pas de guitares chez Organic ; cependant, la basse, la batterie et les synthés remplissent à ce point l'espace sonore que cette absence ne se ressent pas. Les claviers sont vintage, avec des vieux synthés comme le Casiotone mais aussi beaucoup de plug-in. Ils sont tour à tour atmosphériques ou bruitistes mais toujours intéressants. On décèle çà et là quelques touches d'un émulateur Mellotron, qui renforce le côté délicieusement prog. La batterie, quant à elle, a une présence extrêmement claire adoptant un côté réaliste typiquement krautrock. Notons, que, sur scène, c'est Olivier Justin qui assure les parties de drums. Ajoutez-y une touche de new-wave, synth-pop des années '80, et vous obtiendrez une musique inédite, totalement novatrice. La voix de Raphaël Haubourdin est également très originale. Versatile, elle peut être tout en retenue, comme celle de Franz Treichler (The Young Gods) ou devenir incisive, voire ‘éructante’ à la manière d'un Bertrand Cantat ou d'un Kristoffer Grip (Agent Side Grinder). « En fait, quand je compose, j'écris quelques bases, je me mets dans la peau d'un personnage lors d’une situation précise ; et puis, je me lâche. Ainsi le résultat peut en effet partir dans tous les sens. »

Comme nul n'est prophète en son pays, Organic a dû se tourner vers l'étranger, plus précisément vers un label suédois de musique alternative (Complete Control Production ou CCP) pour être signé. « On leur a envoyé nos morceaux et ils ont aimé, surtout un de nos titres en français : 'Johnny Craque'. » Aujourd'hui, ‘Under Your Carbon Constellation’ est disponible en CD mais aussi sous la forme d'un magnifique double LP vinyle, enrichi de plusieurs titres en bonus.

La pochette mérite quelques mots d'explications, que nous fournit Oster. « Elle représente un Crabe Yéti, un crustacé entre homard et écrevisse, qui niche dans les profondeurs abyssales de l'océan Pacifique sud. Merveille de l'évolution, cet animal a été découvert en 2005 par un biologiste français, Michel Segonzac, à qui nous avons dû demander l'autorisation pour reproduire la photo. »

Cette photo et le titre de l'opus sont en accord parfait avec la thématique qui transcende les chansons du duo. « On est inspiré par la nature, par sa grandeur, sa force, sa complexité. On aime particulièrement l'eau, donc l'océan », raconte Haubourdin. « C'est une vision très post-rock, voire même écologiste : on appréhende l'humain petit face à la Terre, comme un 'singe tout nu'. En corollaire, on fustige la société de consommation. La dictature de l'argent, aussi. Elle est occupée de détruire la Terre à coups de pelleteuses. »

Après quelques concerts, dont un accordé au Botanique, en première partie de Graham Coxon, Organic recherche des 'bons plans' pour tourner en Belgique et à l'étranger. En attendant la suite, nous avons en nos mains cet album étonnant, extrêmement brillant. Véritable jaillissement créatif, il foisonne de trouvailles et gagne à être réécouté plusieurs fois pour être apprécié à sa juste valeur. Comme un bon vieux Yes. A acheter et à écouter d'urgence !

Pour écouter l'album en streaming : https://soundcloud.com/organic-music-1/sets/album-cd

L'album sera disponible en Belgique chez Mandaï distribution www.mandai.be à la mi-janvier.

Photo : Xavier Marquis

http://www.thisisorganic.be