Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Otis Taylor

Fantasizing about being black

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Agé de 69 balais, Otis Taylor est né à Chicago. Ce chanteur/compositeur/multi-instrumentiste (guitare, banjo, mandoline et harmonica) a été, à de nombreuse reprises, nominé aux ‘Blues Music Awards’. "Hey Joe opus red meat", son précédent opus, avait été très bien reçu par la critique. Otis possède son propre style. Ce n'est pas l'archétype du bluesman de Chicago. Ce "Fantasizing about being black" (Trad : ‘fantasmer sur le fait d'être noir!’) en dit long sur ses sources d'inspiration. Suivant son habitude, il s’est entouré d'excellents musiciens, lors des sessions d’enregistrement.

Otis entame les hostilités par un titre original. Très roots, "Twelve string mile" se distingue par son approche fouillée. Jerry Douglas se consacre à la guitare lap, Larry Thompson, la basse, et Ron Miles, la trompette. Armé de sa sèche, Otis chante d’une voix nerveuse. "Walk on water" s'exprime dans un même décor. L’'artiste et ses cordes acoustiques entrent en dialogue, face aux roulements frétillants des fûts de Larry et, une fois encore, la trompette. Ce qui provoque une transe aux effets hypnotiques. Taylor est passé au banjo pour le plus ethnique "Banjo Bam Bam", une compo relatant l'aventure d'un esclave afro-américain qui perd l'esprit. Et bien que discret, le violon d’Anne Harris amorce une autre transe. L'amplification prend le pouvoir. Les cordes de gratte se densifient, dérapent et tournent en boucle, comme pour reproduire l’aventure vécue par cet esclave. Ron Miles revient une dernière fois souffler dans sa trompette pour dépeindre "Jump Jelly Belly", un épisode de la dernière guerre mondiale. Imprimé sur un tempo lent, "Tripping on this" en revient à du blues plus classique. Taylor chante d’une voix grave et chaleureuse, armé de son banjo électrique, tout en développant une intensité dramatique réminiscente du John Lee Hooker d'une autre époque. La suite est à nouveau généreusement amplifiée. A l’instar de "Jump out of line", un excellent boogie qui relate l'angoisse des marcheurs qui luttent pour les droits civils! De "Roll down the hill", au cours duquel Otis, aux cordes électriques, est épaulé par Larry Thompson et Todd Edmunds. Et encore du rayonnant "Just want to live with you". Le long playing s’achève par le tendre "Jump to Mexico", une piste qui raconte la sombre histoire d'un noir qui doit fuir au Mexique pour éviter la mort. Et c’est la lap guitare de Jerry Douglas qui apporte de la couleur à cette très jolie mélodie… 

 

Otis Taylor

Hey Joe opus Red Meat

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Otis Taylor est un chanteur de couleur noire. Agé de 66 balais, il est issu de Chicago. Il s’est intéressé très tôt à la musique ; et au cours des 60’s et 70’s, il a notamment vécu à Londres. Pourtant, en 1977, il abandonne sa carrière, avant d’y revenir, vers 1995. Il s’est alors établi du côté de Denver, dans le Colorado. Depuis lors, il a publié une dizaine d'albums et composé la musique de deux films. Otis, dans ses textes, traite de sujets qui ne prêtent pas toujours à sourire : la solitude, les SDF, la tyrannie, l'injustice, les meurtres… c’est un multi-instrumentiste : il joue aussi de la guitare, du banjo, du violoncelle et de l’harmonica. En 2003, il signe chez Telarc, et en profite pour briser les structures conventionnelles du blues. Il emprunte alors un virage psychédélique et crée le trance-blues, un style qu’il développe tout au long de l’album "Truth is not fiction". Otis a toujours voulu suivre une voie toute personnelle. Pour concocter ce nouvel elpee, il s'est enfermé chez lui, au sein du studio Immersive à Boulder, dans le Colorado, en compagnie de ses musiciens, mais aussi de quelques invités. Parmi son backing group figurent la violoniste excentrique Annie Harris, le batteur Larry Thompson (ex-John Mayall, John Lee Hooker Band), le bassiste Todd Edmunds et le guitariste Taylor Scott.

Otis signe toutes les plages. Hormis le traditionnel "Hey Joe". Un titre écrit par Bille Roberts. Taylor nous en propose deux versions différentes, chacune de plus de sept minutes. La première ouvre l'elpee. Une plage bien balancée, remarquable même. On y savoure les interventions au violon d'Anne Harris, au cornet de Ron Miles, et de guitare, toujours aussi subtiles et aventureuses, de Warren Haynes (Gov't Mule). Langhorn Slim, jeune chanteur/compositeur new-yorkais y assume les backing vocals. Instrumental, "Sunday morning" est partagé en plusieurs segments tout au long du long playing. Le premier baigne au sein d’un climat particulièrement atmosphérique, planant même. Une sorte de transe hypnotique au cours de laquelle s’agrègent violon, cornet et les cordes de Taylor, Scott ainsi que de Haynes. Indolent, dépouillé, empreint d’une grande sensibilité, "The Heart is a muscle (used for the blues)" campe un véritable blues. La voix de Taylor est naturellement passionnée tout au long de cette piste interprétée en format quartet. Acoustique, "Redmeat" est sculpté dans le folk/blues traditionnel. Subtilement funky, "Peggy Lee" ne manque pas de charme. Otis est secondé par les cordes acoustiques de Bill Nershi, un voisin de Boulder qui milite au sein du jam band, The String Cheese Incident, et de celles du banjo de David Moore, membre du Langhorn Slim Band. Autre instrumental, "They wore blues" est une plage acide et climatique. Otis se charge de la gratte électrique et est uniquement épaulé par le cornet et la basse. Et ce morceau prélude la seconde adaptation du fameux "Hey Joe". Elle est assez différente de la première. Otis et Langhorn Slim chantent en duo. Anne Harris est préposée à l’archet. Taylor Scott joue de la gratte en rythmique. Daniel Sproul (Rose Hill Drive) s’autorise un envol remarqué sur la sienne. Et le tout est pimenté par un soupçon de banjo, d'orgue et de synthétiseur. Un exercice de style très réussi, il faut le reconnaître. Les deux dernières tranches de "Sunday morning" figurent en fin de parcours, et adoptent une tonalité contemporaine. La dernière est même futuriste et cosmique. Enfin, les drums de Thompson et les cordes hallucinées de Daniel Sproul illuminent "Cold at midnight"…

 

Otis Taylor

Respect the dead

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Une année à peine après avoir commis le remarquable "White african" (NDR : un disque qui lui avait permis de décrocher le WC Handy Award du meilleur nouvel artiste), le bluesman du Colorado nous revient avec ce " Respect the dead ". Toujours sur le même label.

A l'âge de 52 ans, on peut dire qu'il a de la bouteille. Avant de militer chez Zephyr, il a côtoyé fin des sixties le guitariste de rock, Tommy Bolin. Mais curieusement, entre 1977 et 95, il a complètement disparu de la circulation, avant de réapparaître avec ses musiciens ; c'est à dire le bassiste Kenny Passarelli et le guitariste Eddie Turner. Il enregistre alors deux albums: "Blue eyed monster" en 96 et "When negroes walked the earth" en 98.

"Respect the dead" défend les mêmes objectifs sociaux entamés par le précédent opus. Il souligne à nouveau et sans compromission les injustices de ce monde. Armé de son banjo et avec une certaine dose de colère contenue, il relate la condition (in)humaine de 10 millions d'esclaves africains introduits voici deux siècles ("Ten million slaves"). En guise d'ouverture, c'est un fameux manifeste. "Hands on your stomach" est imprimé sur un rythme quasi hypnotique. Tramé en boucle, ce tempo ne le quitte guère. A l'instar de "Changing rules", qui bénéficie du concours de la basse de Passarelli, et de "32nd time", enrichi par les cordes d'Eddie Turner qui se fondent aux siennes. Il retrace les luttes passionnées des Noirs qui se sont produites au cours des 60's, pour acquérir leurs droits civiques, et en particulier celui de vote ; des luttes qui s'enflammaient lorsque des blancs du Nord descendaient vers le Sud, parfois au péril de leur vie. Otis ne laisse sporadiquement souffler sa voix que…dans son harmonica. A travers "Baby so", il nous narre l'histoire d'une partie triangulaire entre deux femmes et un homme qui a mal tourné. Une tragédie qui s'est produite dans les années 30. Et il projette cette aventure minimaliste dans l'espace sonore. Le son devient plus dense sur "Shaker woman". Il fait le deuil de ses passions. Les guitares libérées sont rejointes par l'orgue Hammond et le piano de Passarelli, au sein d'une atmosphère qui flirte avec le psychédélisme. "Black witch" entretient un même climat impénétrable et oppressant : un homme blanc est venu débaucher une sorcière noire dans son quartier misérable ; elle est même devenue sa maîtresse. En toile de fond, les claviers synthétisent les sonorités aériennes. "Seven hours of light" adopte le style de l'un de ses mythes : John Lee Hooker. Un instant de pureté dans son blues ; mais également un moment saisissant, au cours duquel l'émotion est à son paroxysme. Sa manière de chanter et de plaquer ses accords sur la guitare me fait penser à Richie Havens ; même si chez Taylor, on a droit à de petites et savantes doses de guitare rythmique, de la basse et des claviers. "I like you, but I don't love you" est un coup de maître. Sur "Jump Jelly Belly", il donne l'ordre, avec beaucoup d'autorité à ce soldat de la deuxième guerre mondiale, de sauter de la barge de débarquement sur laquelle il se trouve. Otis renoue avec le rythme pour nous conter une nouvelle histoire triste : celle des morts d'une fille mexicaine et d'un couple de compétiteurs, survenues lors d'une course de voitures. Tout au long de ce "Three stripes on a Cadillac", la voix doucereuse de sa fille Cassie lui répond comme si elle venait d'outre-tombe. Cet opus s'achève par "Just live your life". Une composition qui s'achève dans un climat empreint de quiétude, une atmosphère plutôt inhabituelle pour lui. Le blues de Taylor est un blues bien personnel, mais tellement original…

 

Otis Taylor

White African

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Otis assume la majeure partie de cet album. Il chante, joue de la guitare, du banjo, de la mandoline et de l'harmonica. Il est accompagné du redoutable Kenny Passarelli à la basse et aux claviers ; et pour quelques plages, du guitariste Eddie Tuner.

La première plage "My soul's in Louisiana" est dramatique. Elle raconte l'histoire d'un noir, accusé puis exécuté pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Un événement qui s'est produit dans les années 30. L'atmosphère qui règne tout au long de cet elpee est particulièrement ténébreuse. Une impression qui s'amplifie dès "Resurrection blues". Une chanson dont les lyrics parlent de ceux, qui à l'instar de Jésus, souffrent avant de partir. Mais également du cancer, du sida et d'autres maladies. La basse de Passarelli donne le ton. La voix semble venir d'outre-tombe. La slide électrique de Turner vient se mêler à cette atmosphère blafarde. Le même climat inquiétant domine "Stick on you". Otis crie la douleur d'un homme qui voit sa mère malade pousser ses derniers soupirs. Il arrache son désespoir des cordes de son banjo. La douleur devient intolérable lorsqu'il décrit le calvaire d'un enfant mourant faute de soins, sur "3 days and 3 nights". Le ton poignant et le style dépouillé rappellent ici certains vieux titres de John Lee Hooker. Taylor hurle avec un maximum de colère! On retrouve la voix grave de John Lee sur "Rain so hard". Elle véhicule une grande tristesse ; et les cordes renforcent ce sentiment. Proche peut-être de Sonny Boy Williamson, "Round and round" est un court dialogue entre la voix et l'harmonica. Le sommet de la tragédie est atteint sur "Saint Martha blues". Un titre qui retrace l'existence courageuse de Martha, son arrière-grand-mère, qui dut élever seule ses enfants, lorsque son mari fut lynché. Résumé de toutes les festivités rencontrées tout au long de cet opus, "Hungry people" est consacré aux sans abris. Un album sombre, mais dont la démarche est manifestement originale…