Otis assume la majeure partie de cet album. Il chante, joue de la guitare, du banjo, de la mandoline et de l'harmonica. Il est accompagné du redoutable Kenny Passarelli à la basse et aux claviers ; et pour quelques plages, du guitariste Eddie Tuner.
La première plage "My soul's in Louisiana" est dramatique. Elle raconte l'histoire d'un noir, accusé puis exécuté pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Un événement qui s'est produit dans les années 30. L'atmosphère qui règne tout au long de cet elpee est particulièrement ténébreuse. Une impression qui s'amplifie dès "Resurrection blues". Une chanson dont les lyrics parlent de ceux, qui à l'instar de Jésus, souffrent avant de partir. Mais également du cancer, du sida et d'autres maladies. La basse de Passarelli donne le ton. La voix semble venir d'outre-tombe. La slide électrique de Turner vient se mêler à cette atmosphère blafarde. Le même climat inquiétant domine "Stick on you". Otis crie la douleur d'un homme qui voit sa mère malade pousser ses derniers soupirs. Il arrache son désespoir des cordes de son banjo. La douleur devient intolérable lorsqu'il décrit le calvaire d'un enfant mourant faute de soins, sur "3 days and 3 nights". Le ton poignant et le style dépouillé rappellent ici certains vieux titres de John Lee Hooker. Taylor hurle avec un maximum de colère! On retrouve la voix grave de John Lee sur "Rain so hard". Elle véhicule une grande tristesse ; et les cordes renforcent ce sentiment. Proche peut-être de Sonny Boy Williamson, "Round and round" est un court dialogue entre la voix et l'harmonica. Le sommet de la tragédie est atteint sur "Saint Martha blues". Un titre qui retrace l'existence courageuse de Martha, son arrière-grand-mère, qui dut élever seule ses enfants, lorsque son mari fut lynché. Résumé de toutes les festivités rencontrées tout au long de cet opus, "Hungry people" est consacré aux sans abris. Un album sombre, mais dont la démarche est manifestement originale…

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