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Paperweight

Snails of April

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Lancé par deux ex-membres du groupe Alisse, Paperweight naît en 2005 de l’envie de délaisser certaines influences trop rock pour mettre en exergue d’autres facettes issues des influences de ses fondateurs. François Millet (voix, guitare…) et Sébastien Flémal (guitare, basse, claviers…) sont rejoints par Kevin P. à la batterie et, en 2006, sortent leur première production, « All Star Ep », sur leur Label Paperheart Music (www.paperheartmusic.net) créé pour l’occasion. S’en suivent plusieurs prix : concours Pure Demo en janvier 2007, Wolurock festival (second prix), soutien du programme « Ca balance » par la Province de Liège, et un écho favorable dans la presse spécialisée ainsi que sur les sites ‘indie-omanes’.

Une bonne série de concerts plus tard, la formation nivello-bruxelloise se quatuorise en accueillant Cédric Van Mol (basse, guitare, claviers…) afin de conférer un son plus abouti à leur musique. Pour leur premier album, « Snails of April », le groupe a bénéficié des ingénieux services de Loïc Bodson (Flexa Lyndo, Loïc BO…) et de Gaëtan Streels (Me & My Machines, Jeronimo…) Le résultat trempe dans un style indie d’une sombre fraîcheur. Pour continuer dans les paradoxes salutaires dont il regorge, on avancera que ce 12 titres aux  distorsions ‘propres’ est intelligemment pop, sagement post-rock, résolument moderne dans ses influences 90s, et bordéliquement structuré. Ses harmonies sont riches mais subtiles, sa sensibilité mélancolique mais énergique… Les bonnes idées sont intangibles et pourtant le tout est bien solide. On sent qu’on sort des chemins battus mais on a du mal à définir pourquoi. En effet, si les influences sont indéniables (Nada Surf, Pavement, Dinosaur Jr., Lemonheads, Pixies, Chokebore, dont on en retire le meilleur), le groupe, qui se définit comme étant ‘postpop électro-bricolo issu de la vague shoegazer’, n’est aucunement formaté.

Que ce soit par ses riffs accrocheurs (« Oh, My Owa »), ses chœurs et dialogues vocaux singuliers (« Snails of April », « Amy Knows »), sa voix vulnérablement intense sur fond de rythmes ‘ronds’ (« Failure »), la musique semble avancer par bridges noisy et incisifs. A l’instar de « You and I », « Scared » (au diable les couplets et les refrains, ils seront transcendés) tout en axant sa profondeur sur l’intensité de la mélodie. Quoiqu’il arrive, toutes les surprises qu’offre cet elpee sont bonnes. Et, même si l’opus fait preuve de maturité et d’aboutissement, on attend impatiemment la suite…

Bien que partageant la scène belge avec leurs comparses My Little cheap Dictaphone et Girls in Hawaii, Paperweight ne vise pas la tête d’affiche, mais a pour ambition unique de faire de son mieux dans son autodidactisme. Modestie n’empêche pas perfectionnisme.