Avez-vous déjà tressailli en faisant ricocher vos sentiments sous l’effet de la peur ? Vos frissons vous semblaient-ils alors motivés par le son d’un carillon enrayé, voire mieux par les mélodies enfantines d’un piano désaccordé ? Si cette sensation provoque en vous de diaboliques turpitudes, mais qu’au hérissement du moindre poil de votre corps vous y puisez une jouissance honteuse, c’est certain, Parenthetical Girls est dans vos cordes. Vos sentiments mi-peur mi-joie, serviront d’aimant afin de suivre le chemin qui vous sépare de lui. Habillé d’une pochette aux tons pastels, « Safe As Houses » est chaleureux et accueillant et surtout déroutant. On est rapidement englouti dans ses méandres tout en partageant avec lui, ses ritournelles infectées par le parfum d’une désillusion cruelle. Un xylophone omniprésent influence l’air léger pendant que la voix nasillarde altière survole la désolation des lieux. Il sert à la fois de guide, de lumière et d’effroi. Mon dieu que c’est bon d’être attiré vers les murs. De frôler l’humidité et se sentir malgré tout serein, guidé par un corbeau aveugle qui narre des histoires de familles atroces tout le long du chemin. Mon dieu que c’est honteux d’aimer ce type de situation. Savourer chaque partie de l’elpee, rehaussant notre sensibilité à chaque étape. Sortir un seul morceau de l’album pour l’expliquer, viendrait à rompre la chaîne. Le tout s’écoute d’une traite, de « Love Connection » ballade rassurante mais piégée jusqu’aux yeux, en passant par « I Was The Dancer » cruelle, voyeuse et perverse conclusion. En effet, « Stolen Children » constitue l’enterrement final des 10 chansons. Atteinte de gigantisme, cette grand-messe orchestrée clouera votre culpabilité et votre morale au pilori des repentis, accusant la honte du plaisir acquis.