New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Rod Piazza

Almighty Dollar

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Rod Piazza est un pionnier du blues, l'un des premiers harmonicistes blancs qui soit parvenu à creuser son trou dans cet univers, pendant les années 60, aux côtés de Paul Butterfield, Charlie Musselwhite et Alan Wilson. Il a milité successivement au sein du Dirty Blues Band, de Bacon Fat et en solo. Ses Mighty Flyers, il les a fondés, il y a déjà trente ans. Au fil du temps, ces ‘aviateurs puissants’ sont devenus ‘tout puissants’ ; et aujourd’hui prétendent que le dollar est ‘tout puissant’. Ce qui reste encore à prouver. 

"Almighty Dollar" constitue déjà le quatrième elpee commis pour le label californien, depuis 2005. Rod est toujours soutenu par sa tendre épouse Honey Alexander aux claviers, le fidèle Henry Carvajal à la gratte et Dave Kida aux percussions. Pour enregistrer cet opus, le patron de Delta Groove, Randy Chortkoff, a fait appel a quelques invités.

Le disque démarre en force par le "Move out baby" de Jimmy Liggins. Du west coast jump pur et dur. Miss Honey est déjà bien échauffée derrière ses ivoires. Comme d’hab. Rod est brillant. Il a une pêche d'enfer sur son harmonica. Rod est entouré de voix féminines lors du blues gospel "What makes you so tough", une compo indolente. Et lorsqu'il prend son billet de sortie à l'harmo, c’est pour échanger un dialogue avec le sax ténor de Johnny Viau. "Blue shadows" marque un nouveau changement de style. La musique est bercée par les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Redoutable et talentueux à la six cordes, Rusty Zinn met la gomme. Il impressionne la galerie. Freddie King avait autrefois traduit "Ain't nobody's business" en classique. Excellente, la nouvelle version ne manque pas de subtilité. Honey siège derrière le piano et Hank Van Sickel se réserve la basse acoustique. Piazza sort son instrument diatonique de sa poche pour attaquer "That's it", un instrumental signé Little Walter. Il y brille de mille feux. On se croirait revenu au cœur des fifties, lorsque Walter était entouré de ses Aces au sein des studios chicagolais de Chess. Le coup de griffe d'un génie de cet instrument. Les Flyers déménagent toujours autant lors d’un remuant "Baby don't go", Zinn se chargeant à nouveau des cordes. Elles jumpent de ravissement! J'adore Rod quand il souffle dans son harmo chromatique. Sa performance est de très haut niveau! En route vers le Chicago Southside, lors d’une adaptation magique du "Loving man" de Muddy Waters, une compo à nouveau hantée par le fantôme de Little Walter. Ami d'enfance de Muddy, Johnny Dyer est aux vocaux. Tout comme sur "Confessin' the blues", une autre piste issue de la plume du même Walter. Rien désormais ne peut plus les arrêter. Ils attaquent la plage éponyme ; et pour la circonstance, c’est Carjaval qui se déchaîne. Un Carjaval qui interprète, d’un timbre empreint de nostalgie, "We belong together", une bien jolie ballade au parfum 50’s. Cet album d’excellente facture, s’achève par "Con-vo-looted", un instrumental de toute beauté signé Piazza. 

 

Rod Piazza

Soul monster

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Parmi les bluesmen blancs, Rod Piazza est sans doute celui qui possède la plus solide expérience. Et pour cause, il compte déjà la bagatelle de 44 années de carrière. Ses débuts, il les a accomplis au sein du Dirty Blues Band, avant de passer chez le Bacon Fat, en compagnie de son mentor, l'harmoniciste noir Georges Smith, un ancien du Muddy Waters Band! Il y a également trois décennies que Rod est aux commandes des ses Mighty Flyers, aux côtés de sa charmante compagne, Honey Alexander. Au cours des dernières années, son nom a davantage été mis en vitrine ; et notamment depuis la sortie de son précédent opus, "Thrillville". La formation répond donc aujourd’hui au patronyme de Rod Piazza & The Mighty Flyers Blues Quartet. Honey double maintenant les claviers et les parties de basse, alors que le reste du line up est identique ; c’est-à-dire le guitariste Henry Carjaval et le batteur Dave Kida. Invités lors de la sortie de la confection de l’opus précédent, les saxophonistes Jonny Viau et Allen Ortiz sont apparemment de plus en plus intégrés à l’ensemble.

Instrumental, "Soul monster" ouvre la plaque. Rod empoigne son harmonica chromatique. Le tempo est funky. Dommage que la basse soit assurée par les pédales du clavier de Miss Honey ; le résultat manque manifestement de chaleur. Si le couple Piazza est capable de composer ses propres chansons, c’est un domaine que Rod a rarement privilégié, préférant reprendre des canons du blues. Le quartet attaque le "Can't stand to see you go" de Jimmy Reed ; un compo imprimée sur un mid tempo. Les interventions de Honey au piano sont judicieuses. Voire même brillantes. A l’instar de la superbe cover du "Key to the highway" qu’on attribuera à Big Bill Broonzy. Le notoire "Queen Bee" de Slim Harpo évolue sur un rythme soutenu que renforce les sax de Viau et Ortiz. Un véritable rouleau compresseur ! L’adaptation du "You better watch yourself" de Little Walter est particulièrement dynamique. Ce grand souffleur de Chicago est bien entendu l'un des grands maîtres de notre Californien ; et cela s'entend! Dave Kida excelle aux percus sur "Cheap wine", un excellent r&b qui baigne dans l'ambiance festive de la Nouvelle Orléans ; une plage au cours de laquelle les deux sax ténor épaulent remarquablement leur leader. Instrumental tonique voire agressif, "Sunbird" est issu de la plume de George ‘Harmonica’ Smith, une autre inspiration majeure de Piazza. Et l’exercice de style est parfait ! Le Blues Quartet aborde enfin le west coast blues, lors de la reprise du "That's what's knockin' me out" de Jimmy Liggins. Dommage encore qu'une basse acoustique ne soit pas venue amplifier le groove. "Tell me about it Sam" est la plage qui m’a fait le plus flasher. Un blues lent, bien imprégné de l’esprit texan. Issue de la plume de Rod, elle avait été écrite en souvenir d'un concert accordé à Syracuse (New York), en 1992, lorsque Sam Myers avait rejoint l’équipe sur les planches. Piazza met toute son âme pour rendre ce brillant hommage au souffleur noir disparu, devant un Carjaval rageur et brillant. Autre instrumental, "Expression session" est une autre compo signée Piazza. Faut dire que dans ce domaine, il est excellent. Notamment, quand ce thème est destiné à mettre en exergue ses interventions à l’harmonica. La bonne surprise nous vient de Carjaval au chant. Il se réserve donc les vocaux pour deux plages. Tout d’abord un "Ko ko Mo (I love you so)" très saignant, pimenté d’accents latinos, et une version du "Talk to me" de Joe Seneca, une ballade imparable, très fifties dans sa conception. De bonne facture, cet opus s’achève dans une ambiance festive par "Hey Mrs Jones", un morceau au cours duquel Mr Viau se réserve une brillante démonstration au saxophone…

 

Rod Piazza

His Instrumentals

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Rod Piazza est incontestablement une des valeurs sûres du blues contemporain. Que ce soit sous son patronyme ou à la tête de son Mighty Flyers Quartet, ses aptitudes n’ont jamais été remises en question. Quarante ans plus tôt, il accomplissait ses premiers pas chez le Dirty Blues Band. Mais c’est à la fin des sixties, qu’il a commencé à recueillir une notoriété internationale. En militant au sein de Bacon Fat, une formation multiraciale impliquant son ami et idole George ‘Harmonica’ Smith, un Chicagolais émigré sur la West Coast. Il lui faudra presque une décennie pour monter une nouvelle formation. D'abord baptisée Chicago Flying Saucer Band, elle épousera rapidement le patronyme des Mighty Flyers. Un ensemble au sein duquel vont défiler quelques gratteurs absolument géniaux. Depuis, il se produit très régulièrement en Europe. Sans oublier d’entretenir une carrière discographique conséquente ; que ce soit en solo ou flanqué de ses Mighty Flyers. Il a d’ailleurs aligné toute une série d’albums sur des labels de qualité aussi notoires que Black Top, Blind Pig, Tone Cool et aujourd'hui Delta Groove. Cet elpee se focalise sur des compos sans la moindre partie vocale. Une collection éditée par les Piazza. Elle est d’ailleurs disponible sur son site web! Rod jouit d’une réputation de musicien talentueux, mais c’est avant tout un instrumentiste. Pas étonnant que ses albums regorgent de plages instrumentales. Il puise d’ailleurs ici dans ce type de répertoire, concocté au cours des vingt dernières années.

L’album s’ouvre par le saignant "The upsetter". Un fragment paru à l’origine sur son opus solo, "Harpburn". A l’instar de "Stratospheric" et "Cold chill", inclus également sur cette plaque. Sous-titré "Blues for George", "4811 Wadsworth" campe un blues très lent. L'instrument chromatique y rend un vibrant hommage à Smith. Le cd recèle quelques slows blues de bonne facture. Et en particulier "Ghostlin'" et "West Coast Midnite Blues". Lorsque sa musique déménage, Piazza affiche beaucoup de classe, sans pour autant négliger l’originalité. A l’instar de "The bounce", "Snap crackle hop", "Greasy foot" et "Harpthrob". Des morceaux figurant respectivement sur "Alphabet Blues", "ThrillVille", "Here and now" et "So glad to have the blues". Parmi les titres qui m’ont fait le plus flasher, je retiendrai le puissant, dynamique et mélodique "Deep fried" (issu de "California blues"), une compo au cours de laquelle la conjugaison de tous les instruments atteint un véritable sommet. Et puis l'explosif "The teaser", un titre au cours duquel Rod démontre toute la puissance de son souffle. Et son intervention à l'harmo chromatique sur "West Coaster" est aussi brillante ! Cette superbe collection s’achève par "Nite's end". Nous sommes au bout de la nuit, prêts à s’assoupir, lors de ce blues laissé en héritage par George Smith. Heureusement, les musiciens veillent encore tous au grain. La charmante Honey siège derrière son piano. Alex Schultz se réserve la guitare, tandis que la section rythmique s’illustre par son efficacité. L’elpee recèle deux plages inédites. Elles sont issues des sessions enregistrées live au BB King's Club (NDR : elles figurent sur un elpee paru chez Big Mo). Il s’agit probablement de "Scary boogie" et "Eliminator", deux titres franchement impressionnants. Alex Schultz y est souverain à la guitare.

Rod Piazza

ThrillVille

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Le nouveau patronyme du groupe de Rod Piazza est surprenant, puisqu’il met aujourd’hui en exergue, son leader. Et pour rester dans l’ordre des événements, les Mighty Flyers ont été rebaptisés le Mighty Flyers Blues Quartet. Plus que quatre musiciens au sein du line up, puisque désormais, la féline Honey assure les parties de basse depuis ses claviers. Le timide Henry Carvajal est toujours préposé à la guitare, tandis qu'un petit nouveau fait son entrée : le drummer Dave Kida. Quoique méconnu, ce dernier n’est pas un néophyte, puisqu’il a déjà bossé pour Janiva Magness, George Fiend (sur l'excellent "Looka here!", concocté en 2004) et Doug McLeod! Les Mighty Flyers avaient commis, l'an dernier, un superbe CD/DVD. Intitulé "For the chosen who", il avait bénéficié de la production de Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Pour ce « ThrillVille », il a laissé carte blanche à Rod, responsable du répertoire, des arrangements, du mixing et de la mise en forme. Rod voulait retrouver la spontanéité inhérente à ses premiers enregistrements réalisés en compagnie du Dirty Blues Band et de Bacon Fat, il y a déjà près de 40 ans. Il voulait aussi démontrer la cohésion de son nouveau quartet. Consacré largement au blues, cet opus concède quelques touches de soul, de R&B et même de funk. L'influence la plus profonde demeure cependant le blues urbain de Chicago, et en particulier celui de George Smith, le mentor de Piazza. A cause de cette tonalité caractéristique de la West Coast.

Le blues classique est donc bien présent. Dès l'ouverture, le collectif se fend d’un medley, partagé entre le "Hate to see you go" de Little Walter et le "Shake your hips" du Louisianais Slim Harpo, un trait d'union qu'affectionne notre souffleur. Le passage de Walter à Harpo s’opère d'une manière très naturelle et sur un même rythme soutenu. Piazza est déjà au sommet de son art. Le "Hoodoo man blues" de Junior Wells est une autre cover de classe. Une version éclatante au cours de laquelle Madame Piazza tapote comme Otis Spann. Inspiré par Wells et Little Walter, Rod souffle comme un dieu. Kida imprime les changements de rythme tout au long du "I don't play" de Willie Dixon. Un régal ! Le "Stranger blues" d’Elmore James a subi un traitement assez classique. Rod et Henry se partagent le chant lors de cette compo décontractée, nonchalante. Très musical, cet opus laisse aussi la part belle aux plages instrumentales. Et tout d’abord "Westcoaster". L'artiste souffle dans son harmonica chromatique en hommage à son maître et compagnon des premiers jours, George ‘Harmonica’ Smith. "The civilian", ensuite. En l'absence de Rod, c'est Henry qui passe sous le feu des projecteurs. Il concède un brillant exercice de jump style sur les cordes. "Snap crackle hop" est un fragment percutant. Et au sein de son ambiance de bar nocturne, "Sad hours" nous rappelle une dernière fois l'influence de Little Walter. Mais d’autres styles sont également abordés. Ballade soul teintée de R&B, "Sugar" bénéficie du concours des saxophones de Johnny Viau et d'Allen Ortiz. Ils prennent tous deux un billet de sortie tandis qu’Henry semble particulièrement et agréablement inspiré. "MFBQ" est le titre qui s’inscrit le plus dans le cadre de la musique actuelle. Largement funk, il est soutenu par des cuivres très James Brown. Henry est très en verve. Les quatre partenaires participent aux vocaux. Ballade soul aux accents swamp très perceptibles, le délicieux "It can't be true" lorgne du côté de Guitar Slim. Le MFBQ prouve en effet ici la cohésion sans faille de ses membres. L’œuvre recèle évidemment quelques morceaux correspondant au schéma classique des Mighty Flyers. Dont "Get wise". Le piano boogie woogie de Honey roule pendant que la guitare nerveuse et rageuse de Carvajal est très en rythme. "Honey Bee", également. Très West Coast, parcouru par un merveilleux harmo chromatique. "Stranded", enfin. Il met en exergue les talents naturels de Honey sur les ivoires. Un album de classe. C’est évident!

 

Rod Piazza

For the Chosen Who

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Delta Groove est un label extrêmement dynamique Ses bureaux sont établis à North Hollywood, en Californie. Une boîte drivée par un certain Randy Chortkoff. Un musicien, mais surtout un grand amateur de blues. Pour l’instant l’écurie se concentre sur le blues californien. Contemporain aussi (NDR : ça rime !). Et ne semble guère enclin à faire des concessions. Après avoir enchaîné trois excellentes sorties (Mitch Kashmar, les Hollywood Blue Flames et Kirk Fletcher), Randy s'est tourné vers une des plus célèbres formations locales : Rod Piazza et ses Mighty Flyers. Le résultat est excellent. En outre, non seulement l’œuvre est habillée d’une pochette cartonnée très séduisante, mais elle enrichie d’un DVD.
 
Rod Piazza est un vétéran qui a passé les quatre dernières décennies sur les routes du blues. Il a fait ses débuts en 1965. Au sein du Dirty Blues Band. Il atterrit ensuite chez Bacon Fat, en compagnie de son mentor, Georges Smith. Il a passé la majeure partie de ces trente dernières années aux commandes des Mighty Flyers en compagnie de son épouse Honey Alexander, devenue Piazza. Il a commis une multitude d’excellents albums, notamment sur Black Top et Tone Cool. Sans oublier le dernier, "Keepin' it real", pour Blind Pig. Aujourd'hui, Rod et Honey sont épaulés par l'inamovible Bill Stuve à la basse, Paul Fasulo aux drums et Henry Carvajal à la guitare.
 
« For the Chosen Who » se consacre essentiellement aux reprises! L'album s’ouvre par "I'm a love you", une plage nerveuse issue de la plume de Jimmy Reed. Un blues teinté de soul. La nouveauté pour les Flyers procède de la présence de chœurs féminins pour soutenir la voix (NDR : toujours aussi convaincante) de Rod. Avec Kid Ramos en renfort. Cette manière de colorer le son est reproduite avec bonheur sur la reprise du "You make it if you cry" de Ted Jarett. Un joyau taillé dans la soul music. Amy Keys, Cynthia Manley, Jessica Williams et Robbyn Kirmsee donnent la réplique vocale à Rod. Le "Broken hearted blues" de Jimmy Rogers permet aux Flyers de renouer avec leur propre style : du Chicago blues largement teinté de West Coast. Les cordes de Kid Ramos sont acérées, saillantes et incisives. Son toucher caractéristique. La version du "She made my blood run cold" de Ike Turner évolue dans un univers sonore très soul et R&B. Une marque de fabrique indélébile pour cet elpee. Les voix féminines sont bien présentes. Mais pour la circonstance, la guitare de Henry Carvajal sort de sa réserve pendant que le sax de David "Woody" Woodruff se joint au rythme. Le "Shoestring" de Red Prysock est une envolée instrumentale saignante. Rod souffle dans l'harmonica chromatique et dialogue quelque peu avec le sax baryton de Woodruff. Le retour à la tradition s’opère lors de la reprise acoustique du classique de Sonny Boy Williamson I : "Ground Hog blues". Impressionnant ! On y mesure tout le naturel de l’interprétation. L'harmonica est léger et sautillant. Le piano de Miss Honey plante le décor. Les Flyers abordent enfin un morceau signé Rod : le funky "Description of a fool". Chaque musicien se met au service du rythme. Y compris Honey et Woody Woodruff. Finis Tasby se réserve la basse et James Gadson (ex Aretha Franklin, Marvin Gaye, BB King) les percussions. Mais accrocheuse, la guitare de Phil Guy prend le dessus, dans un style vivifiant, immédiatement reconnaissable. Honey a écrit - en toute modestie - "Honey's blues". Un merveilleux blues lent qu'elle introduit et colore de son toucher de piano, inspiré du grand Otis Spann. La version du "Got to find my baby" de Little Walter bénéficie de somptueux échanges de vocaux opérés entre Piazza et un Johnny Dyer particulièrement en verve. Lors des deux dernières plages, les invités sont réunis. Tasby, Gadson et Guy se retrouvent d'abord pour le "Call me dangerous" de Randy Chortkoff ; une plage dont le riff nous replonge dans l’ambiance du fameux "Help me" de Sonny Boy Williamson 2. Surprise, Randy a empoigné l'harmonica, dans un style très différent de celui de Rod, bien sûr. Mais son intervention tient la route ! Ensuite pour "Blues player", un titre autobiographique signé Rod Piazza. Le DVD concentre un album photo, le catalogue Delta Groove, mais surtout des images et interviews prises en studio de tous les intervenants. Il épingle également deux des meilleures plages du CD : "You can make it if you cry" (NDR : un grand moment d’émotion !) et un duo échangé avec Honey pour "Ground hog blues". Les Mighty Flyers ont encore commis un très bon album!

Rod Piazza

Keepin´ it real

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Rod Piazza est un des musiciens blancs les plus actifs sur le circuit du blues. Comme harmoniciste, bien sûr. Un statut qu’il partage avec Charlie Musselwhite, puisque Paul Butterfield ainsi qu'Alan Wilson et Bob Hite de Canned Heat ne sont plus aujourd’hui de ce monde. Ses premières apparitions remontent au cœur des années 60. Il milite alors chez le Dirty Blues Band et Bacon Fat, en compagnie de son idole et maître, Mr Georges Smith. Fin des années 70, il sévit au sein du Chicago Flying Saucer Band, juste avant de diriger les Mighty Flyers, dont le premier elpee, "Radioactive material", paraît en 1981. Depuis, il a commis plus de dix albums sous l'étiquette des Mighty Flyers ou sous son propre nom, disques parus tour à tour sur les labels Right Hemisphere, Murray Brothers, Black Top, Big Mo et Tone Cool.
 
Les Mighty Flyers constituent une école de musiciens de très haut niveau. Notamment à cause des guitaristes qui se sont succédés : Junion Watson, Alex Schultz et Rick Holmstrom ! Excusez du peu ! Pourtant, la pierre angulaire des Flyers repose sur le couple Rod Piazza et son épouse Honey Alexander ; une version moderne de Little Walter et Otis Spann! Ils se sont rencontrés en 1973. Par affinités musicales. Puis se sont mariés. En 1977. Alors qu'ils avaient déjà monté les Mighty Flyers. Pour enregistrer ce nouvel opus, le duo a reçu le concours du bassiste Bill Stuve, un ami fidèle dont la présence remonte aux débuts du groupe, du guitariste Henry Carvajal et du batteur Paul Fasulo. Si Piazza est un compositeur assez prolixe, cet elpee épingle toute une série de reprises, dont certains canons du blues.
 
L'album s'ouvre par le funky "Big Blues party". Une plage peu excitante à mon goût, même si elle présente successivement les différents acteurs! La suite aligne les covers annoncées. Les versions très classiques du "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I et "Baby please don't go" de Muddy Waters permettent à Rod et Honey de se libérer. "Baby please don't go" emprunte les formes d'un shuffle bien vigoureux. "Just like a woman" renoue avec le style jump californien. Pour la circonstance, Carjaval prend enfin son envol. Une intervention de qualité, il faut le préciser ! Les musiciens prennent leur pied en jouant ensemble, et cela s'entend : piano, cordes et harmonica sont d’ailleurs à l'unisson. Le Bo Diddley beat contamine "Pretty Thing", une compo signée Willie Dixon, mais bien issue du répertoire de Diddley. Toute la machine est au service du rythme. Rod et Honey chantent ensemble l'entraînant "Tick tock". Carvajal est à la parade. Le nouveau gratteur n'a pas à rougir face à ses illustres prédécesseurs. Intoxiqué jusqu’à la mœlle par sa musique, Rod entame son "Moving in a west coast way" comme un exercice de style. Honey en profite pour éclater dans un son très barrelhouse. Probablement le sommet de cet album ! Honey chante un "Ain't nothing happening" relax et tout en swing ! Instrumental classique, "West coast midnight blues" brille par son interprétation. Les trois dernières plages de cet opus ne sont pas neuves. Version caractérisée par une aventure de près de 10' imaginée par Miss Alexander, "Buzzin" figurait déjà sur "Blues in the dark". En 1991. Et "That's what she hollered" et "Devil's foot" sur "Greasy kid stuff", un opus signé Kid Ramos, en 2001. A l'instrument chromatique, Henry et Rod brillent de mille feux sur "Ain't nothing shakin". Du pur Flyers ! Et personne ne peut arrêter Piazza, lorsqu’il est lancé de cette manière. Midnight Flyers vient encore de commettre un album de toute bonne facture. Et la formation envisage de nous livrer un DVD ‘live’. Lors d’une prestation qu’ils accorderont le 22 mars prochain au Sierra Nevada Brewing Co de Chico, en Californie. Pour un concert qui accueillera également à l’affiche, le Tommy Castro Band.  

Rod Piazza

Beyond the source

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Un nouvel album de Rod Piazza est un évènement toujours très attendu et que l'on goûte avec plaisir. Et chaque fois, on prend une claque. Car Piazza et ses musiciens constituent, sans aucun doute, un des meilleur blues bands de la planète! La déception n'est pas encore au rendez-vous.

Le line up des Flyers est identique : la fidèle Honey au piano, Rick Holmstrom à la guitare, Bill Stuve à la basse et Steve Mugalian à la batterie. Service gagnant à l'ouverture pour "Who knows what's goin' on?". Rod crache ses vocaux dans le micro astatique et les petites phrases à l'harmo sont toutes des flèches qui font mouche. Produit par Jim Dickinson, "Love to spare" est une de ces balades accrocheuses dont Rod a le secret. La reprise de "Shim Sham Shimmy", signée Bill Emerson, est de la pure dynamite. Le rythme est au maximum. Les solistes se bousculent. L'harmo, la guitare jump et surtout le piano ne restent plus en place. Echange rap entre Rod et Honey, "If it is" est récréatif. "Shakin' hands with the blues" est le shuffle très attendu. Il entraîne Rod et Rick vers les sommets. Cette aisance et ce brio se retrouvent sur le jump boogie, "This time, this time". Introduction à l'instrument chromatique avant de hausser le rythme sur "High flyin' baby". Une longue plage ponctuée par de brillantes sorties swing des trois solistes. En fin d'album, nous retrouvons plusieurs instrumentaux, histoire de mettre un peu plus en avant encore les prouesses instrumentales des Flyers. "Easy baby" s'écoule dans la bonne humeur autour de Honey. Plage jazz, "Reece's boogie" est un témoignage de versatilité et du swing naturel de Rick Holmstrom. Evoluant sur un thème très lent, "Ghosting" part à la recherche des fantômes du passé ; et en particulier celui de l'ancien partenaire et maître de Rod, George "Harmonica" Smith. La finale est réservée à Miss Piazza Alexander. Un exercice sur les ivoires pour un boogie woogie de bravoure…