Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force.
Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié.
Dès « Hello, Heaven, Hello », fresque opératique de neuf minutes, Yungblud impose un ton grave, introspectif, presque mystique. Le morceau, sorte de rituel de renaissance, explore la solitude, la quête d’identité, l’appel à un soi oublié : ‘Hello, are you in there ?’. Lentement, il construit une montée cathartique, entre théâtralité et mise à nu. La chanson, à la mise en scène soignée, semble hors du temps, affranchie des carcans commerciaux.
Les morceaux suivants, comme l’émouvant « Zombie », le percutant « Monday Murder » ou encore l’explosif « War », révèlent une palette musicale riche et une maturité grandissante. Dominic Harrison, de son vrai nom, fait preuve d’une grande versatilité, alliant fougue juvénile et expérience acquise, pour proposer un album généreux, intense et parfaitement maîtrisé.
« Idols » s’impose ainsi comme un témoignage fort du talent de Yungblud, à un moment charnière d’une carrière plus prometteuse que jamais. En gravant « Idols », Yungblud tire un trait sur son passé et se réinvente. Ce nouveau chapitre s’ouvre par un adieu : celui de Dom aux postures qu’il a lui-même érigées depuis ses débuts. Fini l’adolescent en colère, porte-voix d’une jeunesse queer, figure rebelle figée dans une image devenue cliché. Il le reconnaît : il était devenu ‘cette photo accrochée au mur’. Cet opus marque la fin de cette époque. Exit les refrains calibrés pour Tik Tok, les gimmicks aguicheurs. Ici, c’est une vision d’artiste qui s’impose.
Mais « Idols » ne se limite pas à l’introspection. C’est aussi une lettre d’amour au rock britannique. Passionné par le son analogique et le récit musical, Yungblud y convoque ses héros : Bowie, Queen, Oasis… L’album entier résonne comme un hommage ambitieux, une traversée de l’histoire musicale anglaise, tout en affirmant une voix propre, sincère, risquée. Avec « Idols », Yungblud Ne cherche plus à plaire. Il cherche à marquer.
La vidéo du clip « Hello, Heaven, Hello » est disponible ici
et celle de « Zombie » là

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