Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Tinez Roots Club

Have you heard?!

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Fondé fin 2008, Tinez Roots Club est un quatuor réunissant des musiciens belges et hollandais. Martijn ‘Tinez’ van Toor en est le leader. Il se consacre au saxophone ténor et au chant. Avant d’enregistrer ce "Have you heard?! ", le groupe avait déjà publié "Something you got", en 2009, suivi de "Almost nasty", l'année suivante. Mais Tinez décide de s’accorder une parenthèse, en 2014 pour, entre autres, participer à l’aventure de Little Steve & The Big Beat. Et en 2016, il remonte son Roots Club, qui implique désormais Evert Hoedt (saxophone baryton), Rob Geboers (orgue Hammond) et Andreas Robbie Carree (drums). Cette formation est notoire pour sa musique particulièrement dynamique, vivifiante. Une expression sonore essentiellement instrumentale alimentée par le r&b, le swing ainsi que le rock'n'roll ; et destinée à la danse. Chez ce combo, pas de guitare, ni de basse! Van Toor signe les treize plages du long playing.

Dès "JL Boogie", l’orgue Hammond est parfaitement intégré et assure les parties de basse. Soliste principal, Tinez ne tient déjà plus en place, lorsqu’il souffle dans son saxophone ténor. Tout comme pour "Please tell me" et "This cat". Passé l’intro indolente de "Have you heard", les percussions prennent le relais et nous entraînent dans le monde du gospel, alors que les saxophones et la trompette de Pier Borkent opèrent des interventions de haute volée. "Ant eater" est imprimé sur un mid tempo et se distingue par les sorties successives des solistes : ténor, baryton et claviers. "Goin' to the church" met une nouvelle fois en exergue les qualités de Rob Geboers à l'orgue. Plus rock'n'roll, "Rock baby rock" et "We're gonna rock" sont charges de swing et jump. Van Toor se consacre au micro pour deux plages, le r&b "Cast away your spell" et le superbe blues lent, "So hard to love you". Et cet opus de bonne facture s’achève par le jazz/blues flemmard, "Indeed I do", une compo qui baigne au sein d’une ambiance nightclubienne. Entretenue par les cuivres elle incite à rejoindre les couples enlacés, sur la piste de danse...

 

The Infamous Roots Rielemans Family Orchestra

Time of day

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L’Infamous Roots Rielemans Family Orchestra est un combo belge réunissant cinq frères et sœurs. Gantois, ils s’étaient déjà produits sous d’autres patronymes. Eduard Rielemans, alias Niels de Caster, se charge du violon, de la mandoline, des guitares, et du piano. Joseph, alias Bruno Deneckere, de la sèche. Gerardo, alias Luis Marquez, de l’harmonica, du saxophone et des flûtes. Josephine, alias Pascale Michel, de la sèche et de la trompette. Hermine, alias Kathleen VandenHoudt, de l’instrumentation insolite ; pour la plupart à cordes et chinois. Ils se partagent les vocaux. La musique de cet ensemble agrège folk, blues, country et world.

"Who's That Man?" ouvre la plaque. Et cette plage ne manque pas de charme. A cause des vocaux qui se conjuguent subtilement, tel un spiritual, souligné par une instrumentation discrète, de laquelle se détache, quand même, l’harmonica de Gerardo. Country/blues, "Life’s too short" épouse le rythme du chemin de fer. Eduard et Josephine combinent leurs voix devant l’harmonica, décidément insatiable! Josephine se réserve le micro tout au long de "Deep in my soul". Relativement éraillée, sa voix navigue au cœur d’un climat exotique, duquel se détachent les cordes d’une mandoline et de la lap steel. "Sentimental blues" met le cap vers l’Orient. Une compo allègre à la mélodie accrocheuse, traversée par une flûte aux sonorités ethniques. "Doing it right" est une plage légère. Les accents jazzyfiants sont véhiculés par le saxophone. Constituée par le bassiste Bart Buls et le percussionniste François Taillefer, la section rythmique entretient cette atmosphère gracile. Gerardo chante, dans la langue de Cervantès, le bien enlevé "Caravana". Sculpté dans le world/hip hop cette piste est interprétée face aux chœurs festifs et aux cordes en effervescence. Talonné par le souffle blafard de l’harmo, Joseph chante "Lowlands clay", une ballade mélancolique. Hermine a récupéré le micro pour "The fire that burns". Chaude, sa voix, est bien mise en exergue. Mais le saxophone de Gerardo parvient à se détacher de l’ensemble. Superbe ! Toute la famille Rielemans attaque l’introduction de "Talking too much", a capella, un blues rythmé et contagieux. De son baryton profond, Eduard aborde "The rest of my life", une ballade aux accents country au sein de laquelle la lap steel s’intègre impeccablement. Titre lent, "I’d do it again" est une invitation à l’étreinte sur la piste de danse. La voix d’Hermine est sensuelle tout au long de cette ballade r&b, soulignée par un saxophone ténor aguicheur. Des cordes enrobent discrètement la roots song ‘old school’, "The time of day". En finale, "The landlord and his maiden" remet le cap sur l’Orient. Un instrumental qui se distingue par ses variantes de ruans, des luths chinois qui oscillent de la basse au soprano…

 

Rootbag

Rootbag

Écrit par

Richard Van Bergen est néerlandais. Il est considéré comme l'un des meilleurs guitaristes de blues dans son pays. Ce n'est plus un débutant puisqu'il a participé aux sessions d’enregistrement de Sugarcane, T-99, JW Roy et Dede Priest. Il puise ses influences majeures dans le Delta Blues du Mississippi, qu’il mêle aux rythmes de la Nouvelle Orléans et au blues atmosphérique des marais louisianais. Il décrit ainsi son style de ‘gumbo’. Il fonde Rootbag en 2010. Et s’appuie alors sur une excellente section rythmique constituée de Dick Wagensveld à la basse et Jeroen Goossens, à la batterie. Wagensweld est malheureusement décédé, quelques mois après l'enregistrement. L’opus lui est d'ailleurs dédié. Réalisées au sein du Sylvester d'Erik Spanjers, à Utrecht, les sessions ont été exhumées et confiées aux soins de Mischa Den Haring (T-99) et d'Isa Azier.

Votre serviteur découvre Van Bergen. Un guitariste passionné et un excellent vocaliste. Son style est plutôt primaire, mais évolué sous son aspect technique. Le combo me fait parfois penser aux débuts des Black Keys, mais en mieux. Richard signe toutes le pistes. Des compos d’excellente facture. Et qui ne souffrent d’aucune faiblesse.

"Nobody", morceau d’ouverture, et "Tired of being the fool that I am" sont deux pistes tout à fait irrésistibles. Caractérisé par ses percussions tribales et la guitare largement amplifiée, à la sonorité métallique, "Nobody" baigne dans le Delta du Mississippi. "When he comes" est un blues bien traditionnel au cours duquel les percus assurent un rôle primordial. Entrelacées, dédoublées, les guitares y apportent le relief. Créatives, les cordes mettent sans cesse le nez à la fenêtre. A l’instar des entraînants "All the time" et "Give me your heart". Un bottleneck parcourt "Stand in line" de sonorités de cordes lancinantes, une piste envoûtante mais aussi lugubre. "Od on love" est un blues lent et dépouillé. Paisible, la voix s’élève face à la basse métronomique et la six cordes, triturée par les effets des pédales. On en vient alors à "Tired of bein' the fool no more", un titre époustouflant qui nous entraîne au Texas. La section rythmique libère un groove pas possible alors que la voix ainsi que la guitare sont dignes de Jimmie Vaughan. Chargé d’intensité, "Don't lose your pride" adopte un profil funky, assez proche des musiques percussives de New Orleans. "Nothing in this world" trempe dans un swamp rock bien réverbéré. Isa Azier apporte son concours à la gratte sur "Will this love", une plage qui opère un retour vers la Crescent City de Nola. Créatif, ce funk est manifestement hanté par le Little Feat du regretté Lowell George. Van Bergen avoue être un adepte de feu Jimi Hendrix ; et il le démontre tout au long de "Love tells no lies", un blues imprimé sur un mid tempo, au duquel ses cordes ont totalement déjantées. Et puis également lors de la finale, un instrumental intitulé "Od on love (Slight Return)". Un excellent opus.

Et pour que votre info soit complète, sachez que Rootbag est reparti en tournée. Van Bergen est cependant soutenu par une nouvelle section rythmique, soit Roelof Klein à la basse et Jody Van Ooijen à la batterie.

 

Rusty Roots

Your host

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Ces Limbourgeois vont, en fin d'année, souffler les bougies de leur dixième anniversaire. Ils avaient ouvert le Belgium R&B Festival de Peer, en 2005. Leur premier elpee, "100 miles", date de cette époque, une fresque inspirée du west coast blues, produite par Marc 'Tee' Thijs. La perle du blues belge a encore publié deux albums par la suite, "Electrified" en 2006, et "Something ain't right" en 2011. Changement radical pour l’enregistrement de leur 4ème opus, puisque Rusty Roots a investi le studio de Mario Goossens, à Hechtel. Et Mario n’est autre que le drummer du célèbre trio belge, Triggerfinger. Le line up de Rusty Roots réunit le chanteur/guitariste Jan Bas, le second gratteur Bob Smets, le bassiste Stefan Kelchtermans et le drummer Nico Vanhove. Le quatuor signe les onze plages de ce long playing.

Première constatation, le style du groupe a radicalement changé. On n’y rencontre plus guère de blues authentique. Rusty Roots est devenu un rock band. Mais qui ne manque pas d’originalité. La mise en forme opérée par Goossens y est sans nul doute pour quelque chose.

Un riff rythmique nerveux, récurrent, ouvre "Come on home". Et immédiatement on pense à la quintessence des compos signées par la paire Jagger/Richards. Mais la comparaison s'arrête ici. La voix de Jan est très personnelle. Actuels, les arrangements sont excellents et reflètent un potentiel pop accrocheur. L'attaque de "Sidewalk" est ponctuée d’accents boogie blues. La mélodie est contagieuse. La sonorité des cordes est bien travaillée. La voix s'impose ; elle domine même l'ensemble. Plutôt acide, la six cordes de Bob est sur la réserve. Quoique bluesy, "Better lover" émarge de nouveau à la pop. A cause du travail de mise en forme opéré par Mario. Il ajoute de petites touches personnelles, comme du clavier, de manière à rendre le son plus fluide. Plus pop/rock, "Ohoo" épouse une trame encore légèrement blues, une compo au cours de laquelle la voix pure de Jan Bas s'impose encore et toujours. Sur "Take me down", Rusty Roots semble s’être converti au swamp rock de Creedence Clearwater Revival ; même le chant rappelle John Fogerty. Indolente, la mélodie de "Smiling face" dessine le contour d'un R&B ; mais l’attitude reste ici bien rock. D’ailleurs c’est la limpidité des cordes qui fait ressortir la voix de Jan. "All I want" adopte une attitude rock'n'roll. La section rythmique porte le chant. Les guitares sont débridées. "Backdoor man" n'est pas le blues que Willie Dixon avait écrit pour Howlin' Wolf, mais il adresse un clin d’œil au géant de West Point. On a même droit au motif hypnotique tellement apprécié par le mythique bluesman noir. Le rythme exotique, la guitare acidulée et le chant superbe de Bas complètent le tableau. C'est manifestement un sommet de l'opus. Le travail apporté aux voix sur "Bed of rose" est assez impressionnant. Les Stones ne sont pas loin ! "Fades out" nous immerge dans l’univers de Neil Young. Pendant plus de dix minutes, la guitare de Bob nous étreint, réverbère ses sonorités dramatiques, psychédéliques ; un exercice de style parfaitement maîtrisé qui préserve le sens mélodique. Et les interventions à l'orgue de David Poltrock (ex-Hooverphonic) communiquent à cette compo une dimension majestueuse. Sculpté dans le soul/funk/pop, "Tell it like it is" achève cet excellent long playing de roots rock…

 

The Bloody Beetroots

Wasted Hours

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Bloody déroute. Le bordel annoncé n’a pas eu lieu. Ce mercredi, soit à peu près 3 ans après avoir fait trembler les murs de l’AB une première fois, Simone Cogo aka ‘Bob Cornelius Rifo’ et ses acolytes masqués de Bloody Beetroots revenaient sur les lieux du crime. Et autant dire que le second passage des Italiens sur la grande scène de l’Ancienne Belgique a plutôt eu l’effet d’un pétard mouillé.

Il est 21h lorsque les trois betteraves sanglantes se présentent sur les planches, pour un ‘vrai’ live. L’ambiance est à ce moment électrique. Il faut dire que les fans attendent beaucoup de la formation italienne, tant elle avait laissé l’assemblée sur les genoux lors de leur passage en 2010. Mais en lieu et place de l’explosion de BPMs et de riffs electropunk que The Bloody Beetroots avait servi en rafale à son public belge il y a trois ans, ce grand Cornelius s’est illustré par un manque flagrant de conviction tant sur scène qu’au niveau de la setlist.

Celle-ci était principalement, et bien évidemment, axée sur de nouveaux morceaux. Des morceaux d’une fadeur accablante (dont cet horrible single « Chronicles Of A Fallen Love »), très loin des beats tapageurs et putassiers dégoulinants de testostérone qui ont forgé le succès de l’homme et de sa bande. Au rayon vieilleries, les trois musiciens enchaînent même des versions tout aussi fadasses des extraits de « Romborama ». Comme ce « Talkin’ In My Sleep » complètement saccagé. Dans sa version originale, « Talkin’ In My Sleep » est une compo rageuse au sein de laquelle une Lisa Kekaula (The Bellrays) au top de sa forme use de toute sa puissance vocale pour faire trembler les conduits auditifs de son auditoire. Mais ce soir, la force des basses et du gosier de la demoiselle sont tant mis en sourdine qu’il est difficile d’y trouver un quelconque intérêt.

Le sursaut de BPMs purulents a bien eu lieu, en milieu de parcours, lorsque le trio a balancé son grand classique « Warp ». Probablement le seul morceau de la setlist qui a bien produit l’effet escompté, malgré sa fin charcutée. Heureusement, l’AB compte deux bars, de quoi noyer sa déception, un grand verre à la main et se rendre à l’évidence : The Bloody Beetroots s’est un peu trop assagi…

(Organisation : Live Nation)

 

Rusty Roots

Something ain't right

Écrit par

Les Rusty Roots sont incontestablement un des meilleurs blues bands, en Belgique. Fondé en 2004, cet ensemble limbourgeois a effectué ses débuts au célèbre Belgium R&B Festival de Peer. Son premier album, "100 miles", était paru en 2006. Il avait bénéficié de la participation du talentueux chanteur/guitariste Marc ‘Tee’ Thijs. Deuxième elpee, "Electrified" était sorti en 2008.

Jan Bas est le chanteur. Il est soutenu par deux brillants instrumentistes, le guitariste Bob Smets et l’harmoniciste qui double à la guitare rythmique, Kris ‘Rev Hotrod’ Rogiers. Le line up implique également le drummer Nico ‘Tutt’ Vanhove et le bassiste Stefan ‘Body’ Kelchtermans. Pour la première fois, les Rusty Roots signent toutes les compos. Et Tee s’est chargé de la production et du mixing !

"Wiggle" ouvre l’elpee. Le tempo adopté par cette plage me rappelle le Creedence Clearwater Revival. Proche de celle de John Fogerty, la voix de Jan est bien mise en évidence. Le travail opéré sur cette voix, tout au long de "Wake up", est particulièrement soigné. La mise en forme adoptée par Tee n’y est pas étrangère. Agitée de percussions et lacérée par les petits coups de griffe de l'harmo, l’instrumentation est minimaliste. "Too tight" est certainement la compo la plus originale de l’elpee. Allègre voire dansante, elle est couverte d’accents exotiques, latinos. Chant, cordes et cuivres s’y fondent dans un bel ensemble. "Country and wagons" est imprimé sur le rythme saccadé du chemin de fer. La voix est chargée de reverb, mais reste claire. Un morceau qui permet à Rev' Hotrod de s'envoler sur l'harmonica. Un éventail de percus bien choisi électrise "Get down", une piste dont la trame funky se révèle très passionnante. Rogiers arrache tout ce qu'il a dans les poumons pour faire exploser son harmo. Jan chante "Thing" à nouveau comme Fogerty. Son autorité et son assurance impressionnent. L'orchestration demeure sobre et efficace. Si "Easy" s’intègre dans le Chicago Westside, cette compo a été personnalisée. Des vocaux a cappella ouvrent "Money train", à l’instar d’une worksong enrichie de percussions. Puis la plage emprunte un rythme hypnotique, digne du mythique géant disparu, Howlin' Wolf. Le son proposé par Rusty Roots est vraiment original. "Let her down" et "Something ain't right", davantage ska, en sont de nouvelles illustrations. Cet album constitue certainement une des meilleures productions blues belges de ces dernières années…

 

The Bloody Beetroots

Best Of… Remixes

Écrit par

Les ‘kids’ ne jurent plus que par eux, un peu comme la ‘Jilted Generation’ ne jurait que par Prodigy. The Bloody Beetroots, les nouveaux héros des fans d’électro en manque de beats putassiers, terrorisent les planches du monde entier depuis bientôt deux ans, sans relâche. Après le délirant « Romborama », un premier LP publié en 2009, les Italiens masqués proposent une nouvelle déflagration de BPM sous la forme d’une compile de leurs meilleurs remixes. Bob ‘Cornelius’ Rifo et Tommy Tea ravalent la façade de 17 morceaux choisis qu’ils gonflent d’une bonne mesure de testostérone. L’exercice ne fonctionne pas à tous les coups. Ainsi leurs versions des « Who Are You ? » de Proxy, « Stomp Da Roach » de U-God, « Baseball Bat » de Hervé ou « Pistols & Hearts » de Captain Phoenix sont aussi explosifs que des pétards mouillés. Et les orignaux de titres tels que « Dissolve » des Chemical Brothers et « Escape » de The Toxic Avenger se suffisaient largement à eux-mêmes.

Par contre le duo se révèle infaillible lorsqu’il enfonce son bistouri en plein dans les tripes de morceaux de Sound Of Stereo, Goose, Robyn, MSTRKRFT ou Vitalic. The Bloody Beetroots refaçonne les tubes de ces victimes à leur image et y injecte une dose d’adrénaline à faire trembler les murs des clubs. En guise de bonus, les deux enragés du dancefloor proposent la version collaborative du « Welcome » d’Etienne de Crécy qui apparaissait sur le « Welcome EP » de ce dernier (2010). « Best Of… Remixes » possède quelques atouts parfaitement étourdissants et tapageurs mais les travaux originaux des deux hommes en noir demeurent leurs arguments les plus persuasifs.

The Bloody Beetroots

Born To Be Wild

Écrit par

Depuis 2007, deux hommes masqués sèment la terreur sur les dancefloors du monde entier. En 2009, décidés à prouver à la planète que le paysage musical italien ne se limite pas à des Zucchero, Ramazotti et autres Pausini, The Bloody Beetroots publient « Romborama », un premier album alliant puissance et férocité. Après avoir mis le public du festival I Love Techno sur les genoux en novembre dernier, le duo a réuni une foule de masochistes sous le toit de l’AB pour un concert chaud boulette.

Ce qui est certain, c’est que The Bloody Beetroots attire un public jeune. Très jeune. Début des vacances de Pâques oblige ? Quoiqu’il en soit, le parterre, d’une moyenne d’âge de 17 ans tout au plus, bouillonnait comme jamais. Après quelques bons beats électro dispensés par Highbloo, en première partie, la scène de l’AB est prête à accueillir les terroristes du BPM. Et dès les premières notes de l’intro de « Domino », leur nouveau single, les premiers rangs sont secoués d’un mouvement de foule comparable à celui qu’aurait pu provoquer un Rage Against The Machine (!!!) Impressionnant ! Les petits jeunes, manifestement surexcités, vont, l’espace d’une petite heure, en avoir pour leur argent.

Derrière leurs masques, Bob Cornelius, Tommy Tea et leur batteur doivent certainement étouffer tant l’atmosphère est moite et l’ambiance, survoltée. Tout à leur honneur, The Bloody Beetroots propose un vrai ‘live’. Un contraste rafraîchissant, comparé aux artistes coincés derrière leur laptops. Ici, la gratte en prend pour son grade, les synthés s’affolent et la batterie est à deux doigts de l’implosion. Le climax du set sera atteint lors de l’énorme hymne rave « Warp 1977 » qui, l’espace de 3 minutes à peine, parviendra à retourner l’ensemble de la salle. « Talkin’ In My Sleep », « I love The Bloody Beetroots », « Romborama » et autres « Have Mercy On Us » achèveront brillamment le travail des maestros.

Après en avoir pris plein les oreilles, le constat est irrévocable, The Bloody Beetroots sont, sans aucun doute, les nouveaux Prodigy. Ou, pour être tout à fait précis, les Prodigy des moins de 18 ans. Mais peu importe votre âge, si vous êtes en possession d’un ticket pour Rock Werchter 2010, il s’agira assurément de l’un des concerts du festival à ne rater sous aucun prétexte.

(Organisation : Live Nation)  

The Bloody Beetroots

Romborama

Écrit par

Derrière The Bloody Beetroots se cache Bob Cornelius Rifo, producteur et DJ nourri à la musique classique. Ce qui se sent à plein nez sur sa première œuvre, les notes de synthés de « Romborama » se rapprochant souvent des travaux de grands maîtres du genre. Une manoeuvre qui le distingue de Justice, auxquels il emprunte parfois trop de gimmicks. Mais « Romborama » opère aussi dans le beat suintant, crade, dégoulinant de BPM. Bref, de l’électro bourru comme il se doit. The Bloody Beetroots compense même l’absence navrante des terribles « Rombo » et « Ezekiel Eats Red Hoodie » par des morceaux presque aussi ravageurs (« Cornelius », « It’s Better A DJ on 2 Turntables », « Anacletus », « House n°84 »,…) et des collaborations bien senties.

Ainsi, The Cool Kids viennent poser un poil courbé de Hip Hop sur un « Awesome » qui fait honneur à son titre. Lisa Kekaula se permet une petite infidélité aux Basement Jaxx en conférant une pointe de volupté au bestial « Talkin’ In My Sleep ». Steve Aoki, lui, s’autorise une incursion tapageuse au cœur de « Warp 7.7 » et un « Warp 1.9 » à réveiller les morts. Seul Vicarious Bliss parvient à calmer les ardeurs de son camarade sur le tendrement hivernal « Little Stars ». Beta Bow tente de faire de même sur un « Second Streets Have No Name » ‘autotuné’, mais le résultat est légèrement moins convaincant.  

Flanqué de Tommy Tea dans sa mouture live, The Bloody Beetroots s’est donné une mission et touche à son but en ne tirant que sur deux ou trois ficelles. Moins cérébral que les travaux de Justice, plus énergisant que ceux Data et aussi survitaminé qu’un Crookers, « Romborama » est une valeur sûre en terme d’ambiance sur les dancefloors. Des betteraves sanglantes à mordre à pleines dents.

The Bloody Beetroots se produira en concert ce 24 octobre dans le cadre du festival ‘I Love Techno’.

The Roots

Des racines et des ailes…

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Curieusement, l’Ancienne Belgique n’affiche pas complet ce soir. Dans la salle, le public est hétérogène. On y croise tous les looks, toutes les personnalités, toutes les couleurs de peau. Une multiculturalité réunie le temps d’une soirée. Un peu à l’image d’un Barack Obama, vainqueur des présidentielles US, The Roots, combo hip hop de Philadelphie, vient à son tour nous faire rêver de changement. Mais ici, il ne s’agit nullement de changement politique. Place à la musique !

En première partie, le trio suédois Looptroop Rockers a tenté de se forger une certaine crédibilité. Juste avant l’apparition des génies de la scène hip hop. Sur fond de boîte à rythmes et de quelques bidouillages électroniques, les flows des deux chanteurs ne font guère bonne figure. Pourtant, respectueux, le public applaudit malgré tout ce rap inerte proposé par  les trois larrons.

Le temps de voir opérer les derniers réglages par les roadies, et la pression commence à monter. Particulièrement excitée, la foule piaffe d’impatience et le manifeste à travers les premiers coups de sifflets. Finalement, quelques notes de bombardon viennent couvrir les cris du public. Qui en une fraction de seconde se mure dans un silence religieux. Les sept membres du combo montent sur le podium en file indienne. Ils rejoignent leur poste et font déjà exploser les premières notes de « Rising Down », le neuvième et dernier opus des Américains. Parfaitement au point, les musiciens s’amusent, sourient, et partagent plus que généreusement leur musique qui oscille du hip hop à la soul, en passant par le jazz et même rock. ?uestlove, batteur mythique à la coupe afro, s’éclate. Son acolyte aux congas est son meilleur complice. Ensemble, ils opèrent un battle de percussions sur le titre phare « Mellow My Man ». Irrésistible ! Les musiciens sont manifestement des virtuoses. Chacun d’entre eux se réserve d’ailleurs un solo. A l’instar du saxophoniste dont les interventions sont dignes d’un Charlie Parker voire même d’un John Coltrane. Il exécute les plus belles impros sur « You Got Me ». Personne n’y échappe. Même, Owen Biddle, le substitut à la basse. Hubbard (et son bâton de réglisse) a donc décidé de quitter le navire. Ce remplaçant est le seul musicien de couleur blanche sur scène. Il parvient à faire rebondir son instrument tout en créant diverses chorégraphies en compagnie des ses partenaires. Le public assiste à une véritable démonstration, riche en maîtrise musicale et en énergie. Le concert s’achève majestueusement par un débit de flows surprenants concédés par Black Tought, Mc. Probablement le moment le plus charismatique de l’elpee. Et les paroles engagées y contribuent largement.

Pourtant plus très jeune, The Roots est parvenu ce soir à tenir le public en haleine, durant un peu moins de deux heures. Depuis plus de dix ans, cet ensemble parvient à souffler un véritable vent de fraicheur sur le hip hop tout en se posant comme une des plus grandes références dans cet univers. La rumeur colporte une fin de parcours pour la formation, pourtant au sommet de son art. On parle notamment de leur dernière tournée mondiale. Si ces infos sont exactes, je dois avouer être fier d’avoir assisté à ce show hors du commun. Mon cœur est d’ailleurs encore empli d’émotion. Merci The Roots ! Et n’hésitez pas à jeter un coup d’œil dans notre rubriques ‘Live photos’….

Organisation : Live Nation

Roots Manuva

Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

Écrit par

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB

The Roots

Rising Down

Écrit par

Mais où est donc passé le temps où The Roots impressionnait par son mélange de jazz et de hip hop made in Philadelphia. Un style que le combo symbolisait à la perfection. Mais où est donc passée cette énergie créative qui la différenciait de toutes les formations. Car aujourd’hui, si les musiciens jouissent d’un potentiel technique irréprochable, on ressent chez Ahmir Thompson aka ?uestlove, batteur, producteur et tête pensante du collectif, un besoin d’explorer univers plus accessible voire commercial. Une constatation qui ne date pas d’aujourd’hui. Mais bien de 2004. C’est-à-dire depuis la sortie de « Tipping Point », un huitième opus pour lequel le line up du quintet avait subi de profondes modifications. La métamorphose apparemment souhaitée par son leader conjuguée aux départs assez douloureux de Rahzel ainsi que de Scratch n’ont pas débouché sur une revalorisation du style musical. Au contraire ! D’ailleurs ils ne sont plus jamais parvenus à reproduire des œuvres incontournables comme « Iladelph Halflife » ou encore « Things Fall Apart ». Ce qui n’empêche pas The Roots de demeurer une institution dans le monde du hip hop et un véritable modèle du genre. Un groupe hors norme et plus que probablement l’antithèse de tous ces gros groupes US colportant une image Bling Bling pathétique.

Si les nouvelles compos de « Rising Down » se suivent et se ressemblent, on ne peut contester le savoir-faire de ces vétérans. Quinze titres assez brefs qui alternent revendications sociales et invitation à la fête. De quoi parfois perdre le fil de leurs (nos) idées… Heureusement, la présence d’invités aussi prestigieux que Malik B., Common, Mos Def ou encore Talib Kweli rehaussent nettement le niveau et démontre que The Roots est toujours considéré comme une influence majeure. Et pour cause, ?uestlove est devenu un batteur mythique alors que Black Tought, chanteur charismatique, est toujours capable, de son aisance habituelle, à nous surprendre par ses flows toujours aussi efficaces. Malgré la légère déception procurée par cet elpee, on ne peut que s’incliner devant leur persévérance. C’est vrai qu’après dix albums, on ne peut pas dire que leur aventure ait été éphémère…

 

The Roots

Game Theory

?uestlove et sa troupe de valeureux b-boys n’ont certes plus à rien prouver question hip hop de qualité, mais il n’empêche que ce « Game Theory » sonne comme un album mineur dans leur discographie protéiforme. Sans doute est-ce dû à leurs dernières sautes d’humeur, qui les a vus signer chez leur pote Jay-Z (Def Jam) et pleurer sur la tombe de Jay Dee (lire l’hommage de ?uestove dans le livret de « The Shining », le disque posthume de J. « The Immortal » Dilla)… « Game Theory » se la joue donc profil bas, alors qu’il y a deux ans encore « The Tipping Point » battait en brèche le rap de papa à gros coups de beats futuristes et de refrains vengeurs. Pas que ce disque soit mauvais : il est quand même signé The Roots, soit le plus beau triplé d’as en termes de hip hop instrumental, joué avec cinq paires de mains et une grande gueule aux ‘pensées noires’… Mais à force de cachetonner comme backing band pour Justin Timberlake et Kanye West, les Roots ne misent plus que sur leur savoir-faire live et en oublie l’essentiel : qu’un album se doit lui aussi de séduire, au moins un minimum. Mis à part le single (« Don’t Feel Right », du Roots pur jus, en pilotage automatique) et deux-trois titres au groove intact (« In The Music », « Baby » et « Here I Come »), « Game Theory » se révèle aussi ennuyeux qu’une partie de poker sans strip-tease. Le dernier titre, construit sur un sample des Jackson 5 et produit par feu James ‘Dilla’ Yancey, s’intitule « Can’t Stop This » : on est pourtant bien content que ça s’arrête, un peu déçu par tant de suffisance. Echec et mat !

Rusty Roots

100 miles

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Rusty Roots nous vient de Peer, une formation limbourgeoise née dans la capitale du blues belge. A cause de son Belgian R&B Festival organisé au cours du mois du juillet, depuis plus de vingt ans. Le groupe réunit le chanteur/guitariste Jan Bas (alias Mr Bee Jee), le guitariste Bob Smets, le saxophoniste Steven Scheelen, le contrebassiste Stefan Kelchtermans et le drummer Nico Vanhove. Aux dernières nouvelles le saxophoniste aurait été remplacé par Mr Maseroli! Leur musique est bercée par le swing et plus précisément le west coast swing. Un style inspiré notamment par T-Bone Walker, Lowell Fulsom et Big Joe Turner. L'album a bénéficié du concours d’un de leurs prestigieux voisins à la production : Mr Tee ! Une mise en forme synonyme de qualité. Et cela s’entend !

Le titre maître ouvre l’opus. Un swing très nerveux au cours duquel vous chopez rapidement des fourmis dans les jambes. Une composition personnelle affichant déjà le potentiel des différents protagonistes. Rusty Roots aborde ensuite le répertoire de ses maîtres. Et comme les musiciens sont doués, les versions nous permettent de vivre des moments fort agréables. En particulier lors des trois reprises de Lowell Fulsom. Mr Bob accorde un solo généreux sur "Check yourself" et "I still love you". Le "Compact baby" de Rob Robinson est à nouveau une plage frétillante. Leur "You put your heart in my soul" est très prometteur. Un blues bien rythmé au cours duquel le solo de Bob Smets sur les cordes se révèle parcimonieux et très précis. Un des grands moments de l’opus. D’ailleurs, Rusty Roots aurait tout avantage à écrire ses propres compos. Autre titre fort de l’elpee : le "Back breaking blues" de Big Joe Turner. Du Kansas City blues bourré de swing. Au sein de cette ambiance très fin de soirée, la présence du sax de Steven est très remarquée. On n’a guère le temps de s’ennuyer à l’écoute de ce disque, car les Roots puisent également leur inspiration dans le Chicago blues pour interpréter le notoire "Big Boss man" de Willie Dixon ; et surtout leur version empreinte d’une grande sensibilité du "Ah we baby" de Little Walter. L’adaptation du "She's so fine" de Syl Johnson est tout à fait épatante. La voix de Jan Bas y est au sommet de son art. Mais il faut reconnaître que la présence de Mark Thijs n’y est pas étrangère. Formation solide (NDR : et pas seulement à cause de la section rythmique !), Rusty Roots présente des solistes intéressants. Une chose est sûre : elle est à suivre de très près !

 

 

The Roots

Do You Want More ?!!!?

La musique de cet ensemble philadelphien doit autant au hip hop qu'au jazz. Ce qui explique sans doute sa présence au dernier festival de Montreux. Tempo syncopé, vocaux rapés, claviers fluides et cuivres cotonneux investissent les seize fragments de ce morceau de plastique. Do you want more?!!!??! No, thanks!